[Chronique] La fille de la plage d’Alexis Aubenque m’a fait prendre le large

Publié aux éditions Hugo Roman – mai 2018 – 464 pages
Merci aux éditions Hugo pour cette lecture

 

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?
En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus Santa Barbara. La ville de tous les excès. des plus riches familles de la ville, et d’autres moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence. Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur. Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre. Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ? Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

Vous allez penser qu’en ce moment, je suis trop exigeante avec les romans et qu’ils finissent en déception. Mais je vous assure que ce n’est pas le cas de chacun et que c’est juste… pas de chance. Honnêtement, je me suis remise en question en me demandant ce qui clochait pour enchainer les déceptions. Alors bien entendu, plus on lit, plus on est exigeant. Ici, je pense que j’en attendais plus, bien qu’il soit publié chez Hugo et non chez La Bête Noire comme celui de l’auteur que j’avais lu. Je n’ai pas terminé La fille de la plage, j’ai fini par capituler à 100 pages de la fin. Il valait mieux se quitter en bons termes, ou du moins corrects, plutôt que d’entrer dans le conflit frontal et lui faire payer les conséquences. Récit d’une expérience avortée.

Êtes-vous de la génération Beverly Hills ? Donc des années 90 ? Ou bien des séries plus récentes mettant en scène des adolescents ou jeunes adultes, plein aux as et vivant une vie ô combien difficile entre relations amoureuses foireuses, investissements financiers, schéma parental à fuir, etc. Eh bien ce n’est absolument pas ce que je pensais trouver dans ce roman. Absolument pas. Et pourtant c’est exactement ce que j’ai pu lire. Amère déception. Avant toute chose, je tiens quand même à préciser que je respecte le choix de l’auteur de s’essayer au roman léger et à des choses moins sombres que d’habitude. Ce n’est donc pas sur ce seul roman que je peux juger l’auteur, mais malheureusement, quand on a lu un autre de ses écrits, qui, avouons-le, sont excellents, difficile de « descendre en gamme » même en s’y préparant. C’est dingue comment nos attentes peuvent nous conditionner, de même que nos expériences. Je précise donc que si je n’ai pas aimé et pas terminé La fille de la plage, cela ne veut en aucun cas dire qu’il est mauvais. Juste, totalement pas fait pour moi et pourtant, le style façon young adult… le thriller YA même, j’adore. Je lisais sur ce site que selon eux, La fille de la plage est un « gros roman (qui) vaut bien un Guillaume Musso ». Et je trouve qu’ils ont probablement raison. J’ai aimé Musso, je me suis lassée. Ici, les intrigues liées peuvent en effet rappeler la trame des romans de l’auteur à l’immense succès.

Bienvenue chez les riches héritiers de Santa Barbara. Quatre amis depuis toujours s’apprêtent à passer un été mémorable après leur année de fac. Tous les quatre sont complémentaires et il est rare de les voir les uns sans les autres. Qui sont-ils ? Jason, Nathan, Keith et Sandy. Trois garçons, une fille. Une fille qui est d’ailleurs sans cesse moquée et décrite comme véritable garçon manqué et qui se transformerait en bombe avec du maquillage et une robe. Mais, passons, les clichés ont la peau dure. Si ces jeunes sont blindés d’argent et n’ont aucun souci à se faire pour l’avenir, roulant en Ferrari ou autre véhicule de luxe, ce n’est pas pour autant que leur vie familiale est rose. Bien au contraire. Chacun y va de ses difficultés et complications; J’ai particulièrement détesté la mère de Nathan, qui ne cesse de l’abaisser plus bas que terre. Parce que si Nathan est brillant et riche, son principal problème c’est qu’il est en surpoids. Et ça aussi on va nous le rappeler souvent. Trop souvent. Le souci de Jason ? Aimer les bimbos qui n’ont visiblement rien dans le cerveau, mais qui savent très bien comment contenter un homme. Keith ? Ah. Alors lui il n’est plus vraiment riche. Mais heureusement l’amitié très forte qui lie les quatre jeunes ne s’arrête pas à cela. Ils sont très complices et cette relation est très bien modelée dans le roman, j’ai adoré. Même si les garçons se permettent des réflexions un peu trop sexistes avec Sandy qu’ils jugent sans cesse peu féminine.

L’intrigue de fond ne va pas mettre longtemps à démarrer puisqu’elle apparait au bout de quelques pages. À la suite du bal de fin d’année, Nathan a enfin décroché un rendez-vous avec une fille qui lui plait beaucoup et qui se fiche de son surpoids. Alors qu’ils s’isolent sur une crique, la température monte. Mais le pauvre Nathan n’aura pas de chance et apercevra un corps sur la plage. En s’approchant, le couple constate qu’il s’agit d’une jeune femme, inanimée, qui les supplie de ne surtout pas alerter les secours lors de ses brefs moments de conscience. Nathan fait appel à ses amis et ils entrainent la demoiselle sur le bateau de luxe de Nathan. Elle ne se souvient de rien, juste de son prénom Chelsea et qu’il faut rester secret. Au fil des heures, des flashs viennent assaillir Chelsea. Et si elle n’était pas quelqu’un de bien ? Alors que Keith s’éprend d’elle, Jason veut vire sa vie d’adulte dans son nouveau logement et profiter de sa copine, Sandy craque pour un garçon indisponible et Nathan se retrouve dans une situation délicate avec Laura. Et si tout était lié ?

Une fois ces histoires posées, je m’attendais à un roman rythmé et plein de suspens. Je sais très bien que l’auteur a voulu ici quelque chose de plus léger, ainsi je ne m’attendais pas à quelque chose de très angoissant ou sanglant. Mais j’ai regretté le peu de psychologie des personnages. Ils sont jeunes, certes, riches et ont tout dans les mains, mais, bien qu’ils soient tous confrontés à des potentiels problèmes lourds, la réflexion ne va pas bien loin. On est en plein dans le cliché de la jeunesse dorée avec tout ce que cela implique, mais les schémas familiaux ont un goût bien trop prononcé de déjà vu. L’intrigue se tient sur un court laps de temps et j’avoue m’être vite ennuyée. Si les discours sont parfaitement construits et sonnent authentiques, ils sont, pour moi, trop nombreux et presque trop explicites. Et puis apparait un personnage fascinant, certes, âgé et qui ne parle que par énigmes et maximes positives. Sans doute le personnage le plus attachant, mais vite lassant en fait.

On passe en revanche d’excellents moments dans un cadre de rêve même si les descriptions à rallonge de chaque instant en gâchent un peu le plaisir. Là où le personnage de Chelsea est intéressant, c’est par son histoire qui se constitue peu à peu. Il apparait très rapidement qu’elle n’est pas claire et une fois le doute semé dans les esprits, chacun va progressivement vaciller et exposer ses faiblesses, ses doutes, ses peurs. Ils sont donc tous confrontés à la question de confiance, la notion de famille et à la valeur de leur amitié. Comme je le disais plus haut, leur amitié est touchante et profonde et bien que certains soient clairement des clichés gosses de riche, la relation n’en est pas moins sincère et dépourvue d’intérêt. Des sentiments authentiques transparaissent aussi dans les couples, même si certains d’entre eux peuvent nous questionner. Après tout, nous sommes encore dans l’insouciance.

Malheureusement, la lenteur de l’intrigue aura eu raison de moi et j’en ai eu plus qu’assez des échanges de ces jeunes auxquels je n’étais pas suffisamment attachée. L’ennui s’est emparé de mon esprit de lectrice, anéantissant tout espoir de pouvoir poursuivre la lecture sur une note agréable. C’est pour cela que j’ai fait le choix d’abandonner ma lecture à 100 pages de la fin. Dommage, certainement, mais en les parcourant rapidement, j’ai vite constaté que mon idée de départ se tenait et que les choix faits par l’auteur ne m’ont pas vraiment une surprise. De manière générale, Alexis Aubenque a réussi l’exercice d’un roman plus léger et aux accents young adult mais j’ai trouvé certaines réflexions du narrateur trop faciles, trop clichées. Je pensais vraiment tenir entre mes mains un récit palpitant sous fond de romance jeunes adultes plein aux as. L’histoire n’a rien suscité en moi. C’est donc un abandon, toutefois, je vous invite à vous faire votre avis par vous-mêmes si vous êtes fan de l’auteur ou si l’intrigue vous semble faite pour vous. Peut-être n’aurez-vous pas la même expérience que moi, car encore une fois, l’auteur a réalisé une belle prestation. Disons que je le préfère largement dans son schéma sombre habituel et que l’or qui coule entre les doigts des personnages m’a sincèrement agacée bien plus que je ne l’imaginais. 

Une expérience de lecture avortée pour moi ! Je n’ai pas accroché à ce livre et il fait partie de mes rares abandons. Cependant, le roman est loin d’être mauvais, il s’agit ici pour moi d’un problème de rythme et d’un manque de substance dans l’intrigue. L’auteur n’a plus vraiment à prouver son talent, mais je le préfère largement dans son registre habituel. À vous de vous faire votre propre avis, après tout ce livre pourrait bien incarner le thriller léger de l’été. Et si vous ne partez pas en bord de mer, avec l’histoire vous y serez transportés. (PS : j’ai du mal à « classer » ce roman, est-ce vraiment du YA ? Pas certaine, disons qu’on oscille entre YA et adulte, dans la mesure où les personnages sont en pleine construction identitaire, dans ce chemin alambiqué qui mène à l’âge adulte).

PS Je ne donne pas de note pour les livres abandonnés. Je pars du principe qu’on peut certes parler d’une œuvre dont on ne connait pas l’intégralité, mais en aucun cas lui attribuer une note. Pour cela, il faudrait avoir tout lu, ce qui n’est pas mon cas.

37 réflexions sur “[Chronique] La fille de la plage d’Alexis Aubenque m’a fait prendre le large

  1. Natieak dit :

    Coucou
    C’est dommage car le résumé était sympa avec cette jeune fille qui visiblement n’est pas si claire que ça. ça aurait pu faire une belle histoire. Après, le côté « fils de riche » qui n’a que des malheurs m’agace un peu en lecture. Et pourtant, j’ai regardé Beverly Hills ( mais je n’ai jamais vu la fin car la série avait fini par me lacer!). Bref, il ne sera pas fait mon moi ce bouquin.
    Passe une belle journée

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  2. Serena dit :

    Hello,
    Oh mince c’est hyper dommage et décevant mais bon si l’intrigue est lente j’aurais lâché moi aussi je pense, c’est un peu énervant faut dire et ça ne donne pas envie de finir le livre lol, je passe mon tour du coup mais merci de ta franchise 🙂
    Gros bisous !

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  3. lecture en blog dit :

    Dommage pour cet enchaînement de déceptions. J’ai eu le coup récemment où j’avais l’impression d’enchaîner des lectures qui ne parvenaient à me convaincre totalement. Je pense que je vais passer mon tour sur ce titre et j’espère que ta prochaine lecture sera plus concluante

    Aimé par 1 personne

  4. Sarah_Croft dit :

    Oh ben mince alors tu as abandonné ! Peut être que dans les 100 dernières pages il se passait quelque chose de dingue… lol. En tout cas je te comprends, je pense que j’aurais fait pareil si le rythme du livre est lent comme tu le dis. Je n’aime m’as trop quand il ne se passe pas grand chose :/

    Aimé par 1 personne

  5. crozaclive dit :

    A te lire, c’est un peu long, perso, si ça ne bouge pas un minimum, c’est pareil, je m’ennuie… J’aime pas abandonner un livre mais, parfois, c’est trop « chiant » pour être sincère…

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    • BettieRose dit :

      Pourtant au début, j’étais à fond ! J’ai trouvé que les premières pages nous mettaient sous le soleil, les poches remplies d’argent et l’avenir grand ouvert. Bim, bam, boum, on dégringole et l’intrigue est trop plate.

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    • BettieRose dit :

      Hum non, on est plus sur un roman contemporain avec de jeunes adultes riches mais dont l’existence n’est pas pour autant dorée.
      Roman d’apprentissage par certains aspects… Feel good un peu sans doute, mais vu que je ne suis pas allée au bout à cause d’un ennui certain :/

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  6. Golden Cheer Grahams dit :

    Wahou c’est dur ! Je crois que ça m’est rarement arrivé de ne pas aller au bout d’une lecture… Mais comme toi, c’etait toujours a cause d’un rythme trop lent. A force d’attendre l’intrigue on fini toujours par perdre patience…
    Je ne me tournerais pas forcément vers cette lecture pour l’été du coup…

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  7. Les lectures d'Alice dit :

    Je suis en train de le lire et je rejoins beaucoup ton avis…
    J’ai du mal avec le sexisme ambiant des garçons, qui ont l’air de ne pense qu’au cul en passant, et je trouve le tout très superficiel au final. Sandy est la seule qui me plaît un tant soit peu. Je vais aller jusqu’au bout mais je ne crois pas en une grosse surprise (j’en suis là où tu t’es arrêté, à peu près).
    Tu me rassures pour les autres écrits de l’auteur en tout cas, car un autre des ses romans qui me tente beaucoup est dans ma PAL !

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    • BettieRose dit :

      Hello,
      Tu me rassures, toi aussi à ne pas trop apprécier tout cette histoire. J’ai pu lire d’autre avis mitigés, et visiblement on a les mêmes problèmes avec les clichés qui entourent les personnages. Mais franchement dans son autre registre il m’avait impressionné 🙂

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