[Chronique] Happiness Palace de Blandine P. Martin

Auto-édité – Blandine P. Martin – Août 2017 – 422 pages
Disponible en numérique ou papier.
Merci à Blandine P. Martin pour cette lecture

Happiness Palace. Deux mots bien étranges, comme tombés du ciel. Amy, 26 ans, n’est plus que l’ombre d’elle même, victime d’un mari violent et spectatrice d’une vie déjà tracée. Alors qu’elle n’aspire plus qu’à quitter ce monde infâme, le destin semble lui tendre la main. Une seconde chance où l’entraide et la solidarité seraient maîtres mots. Un endroit pour les gens « comme elle », ceux dont la société se fiche, ceux qui n’ont plus rien, ni personne. Peut-elle encore faire confiance à qui que ce soit ? Partagée entre une peur viscérale de tomber et l’envie dévorante d’espérer, Amy devra trouver le chemin de la guérison. Le Happiness Palace lui ouvre ses portes.

Avant de commencer cette chronique, je tenais à remercier encore une fois Blandine, l’auteure, pour sa confiance en m’envoyant son nouveau roman en service de presse. J’ai grandement apprécié ma lecture et Blandine a réussi à me réchauffer le cœur dans un moment adapté. Ce roman, concentré de feel-good et d’amour, panse notre cœur et nos blessures et nous redonne foi en l’humanité. Alors, bien entendu, j’ai conscience qu’on ne va pas tous trouver un Happiness Palace sur notre route (et en même temps, tant mieux, car on n’y rentre pas par « plaisir » à l’origine, mais ce serait tellement chouette pour les gens qui en ont besoin), ni même de si belles amitiés, cependant le tout laisse rêveur. Permettez-moi vous en dire un peu plus sur cette lecture du bonheur qui agit comme le câlin d’un ours en peluche. Ou de l’un des pensionnaires de Happiness Palace.

Quand nous rencontrons Amy, elle revient de loin, très loin. La jeune femme de 26 ans, passée à tabac une énième fois par un mari violent et alcoolique, amour de jeunesse pourtant perdu, a bien failli y rester cette fois. Alors elle le décide : c’est la dernière. Car elle sait qu’elle ne survivra pas plus longtemps et que lors de la prochaine attaque, elle mourra sous les coups. Amy a peut-être « accepté » la situation jusqu’à présent, mais là, elle renonce définitivement à son couple qui de toute façon est enterré depuis longtemps. Mais où aller pour survivre ? Sous les ponts ? Non. Dans un foyer ? Non, complet. Amy a peur, mais c’est à ce moment-là qu’un homme séduisant et altruiste va lui proposer son aide. S’il pourrait presque passer pour un ange gardien, sachez-le dès le départ, Mesdames, non, il n’en est pas un et rassurez-vous je ne spoile rien. Sa proposition est simple : une chambre vient de se libérer à l’HP (non, pas l’hôpital psychiatrique) et il la propose à Amy qui semble en avoir besoin. Aucun loyer, pas de délai, juste se reconstruire et accepter de vivre avec d’autres âmes en peine, tout en ayant une indépendance au niveau de sa chambre. La solution rêvée. Mais Amy, méfiante, va rester sur ses gardes un long moment, car elle ne croit plus en la solidarité et en ces mains tendues de manière gracieuse… À elle de mettre un pied dans le palace et de voir les surprises que la vie lui réserve sur le chemin de la guérison…

Zach, infirmier dans l’hôpital lequel Amy était soignée, dirige le Happiness Palace et propose une seconde chance et protection à ses habitants. Totalement autofinancé, le centre est géré par Zach et ses membres qui se relaient à merveille pour les différentes tâches à effectuer. Tous, sauf Zach (enfin…), sont là pour une bonne raison : une vie brisée, une vie à réapprendre. Offrant gite et couvert c’est également le lieu de l’amitié par excellence et de la solidarité. L’entraide est au cœur même de la vie du foyer et cela n’empêche pas l’humour dévastateur de certains qui sortent des vannes très lourdes. Lisez, vous comprendrez. Chaque personnage que nous rencontrons, à l’exception du mari d’Amy, est touchant, attachant. Nous n’avons aucun mal à nous glisser dans le salon commun et rire sur les mêmes films, tout en nous blottissant dans les bras de son voisin de canapé. Car la guérison c’est aussi réapprendre à vivre avec les autres. Dans le cas d’Amy c’est accepter d’être touchée et ne plus sursauter de peur au moindre bruit. Pour d’autres encore, l’aventure est différente. Quant à Zach, s’il a fait tout cela, ce n’est pas pour rien, mais je me tais.

À nouveau, la plume de Blandine m’a charmée, entrainée jusqu’au dernier mot de ce récit, me donnant envie de rester dans le HP. Le style est simple, mais doux, la souffrance parfaitement explicite sans en faire des tonnes et notre héroïne, si forte et déterminée nous impressionne vite par les pas en avant qu’elle fait. C’est ce genre de roman que j’aime, celui où l’héroïne décide de se prendre en main, d’accepter l’aide qu’on lui donne et de faire confiance pour avancer. Bien entendu, nous comprenons que parfois des doutes l’assaillent, après tout, tant de générosité envers des inconnus, ce n’est malheureusement pas si commun. Mais nous saisissons vraiment ce que cet endroit représente pour Zach et nous trouvons alors son initiative formidable. Que Blandine ait imaginé un tel lieu de paix et d’amour prouve bien la douceur qu’elle a pu mettre dans ce roman et dans ses personnages.

Bien entendu, tout va ne pas être « peace and love » dans cette histoire, des épreuves se présenteront pour chacun, y compris pour notre bel infirmier séducteur. Chacun les passera accompagné de l’un ou de tous les pensionnaires. Il y aura des au revoir, tristes et joyeux à la fois, car lorsque l’on quitte le Happiness Palace c’est qu’on a pu reprendre en main sa vie et qu’on est désormais autonome. Aucun jugement n’est émis sur les épreuves et même si parfois, certains font des gaffes, ils savent toujours rebondir pour transformer la situation de manière positive. Oui, il y a une romance dans ce joli récit, mais je n’ai pas vraiment envie de vous en dire plus, pour vous laisser la savourer comme un morceau de marshmallow. C’est amené de façon très progressive, naturelle, et ce qui nait sous nos yeux n’est que douceur, sensualité, volupté et respect. Un amour qui, espérons-le, sera toujours signe d’Happiness. Blandine s’impose encore une fois comme une auteure romantique, mais pas que, et ce roman est véritablement réussi. Tant de jolies émotions, un concentré de bonheur, des personnages hauts en couleur, que demander de plus ? 

Happiness Palace est une histoire douce et réconfortante alors même qu’elle aborde des sujets difficiles. Entre les murs de la maison, les amitiés et la solidarité sont à l’honneur. Grâce à sa plume belle et délicate, Blandine P. Martin nous livre un récit crédible et touchant, qui vient nous apporter un réel sentiment Feel-Good ! À lire, comme on déguste un marshmallow et un chocolat chaud en rencontrant les personnages du HP.

6 réflexions sur “[Chronique] Happiness Palace de Blandine P. Martin

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