[Chronique] Happiness Palace de Blandine P. Martin

Auto-édité – Blandine P. Martin – Août 2017 – 422 pages
Disponible en numérique ou papier.
Merci à Blandine P. Martin pour cette lecture

Happiness Palace. Deux mots bien étranges, comme tombés du ciel. Amy, 26 ans, n’est plus que l’ombre d’elle même, victime d’un mari violent et spectatrice d’une vie déjà tracée. Alors qu’elle n’aspire plus qu’à quitter ce monde infâme, le destin semble lui tendre la main. Une seconde chance où l’entraide et la solidarité seraient maîtres mots. Un endroit pour les gens « comme elle », ceux dont la société se fiche, ceux qui n’ont plus rien, ni personne. Peut-elle encore faire confiance à qui que ce soit ? Partagée entre une peur viscérale de tomber et l’envie dévorante d’espérer, Amy devra trouver le chemin de la guérison. Le Happiness Palace lui ouvre ses portes.

Avant de commencer cette chronique, je tenais à remercier encore une fois Blandine, l’auteure, pour sa confiance en m’envoyant son nouveau roman en service de presse. J’ai grandement apprécié ma lecture et Blandine a réussi à me réchauffer le cœur dans un moment adapté. Ce roman, concentré de feel-good et d’amour, panse notre cœur et nos blessures et nous redonne foi en l’humanité. Alors, bien entendu, j’ai conscience qu’on ne va pas tous trouver un Happiness Palace sur notre route (et en même temps, tant mieux, car on n’y rentre pas par « plaisir » à l’origine, mais ce serait tellement chouette pour les gens qui en ont besoin), ni même de si belles amitiés, cependant le tout laisse rêveur. Permettez-moi vous en dire un peu plus sur cette lecture du bonheur qui agit comme le câlin d’un ours en peluche. Ou de l’un des pensionnaires de Happiness Palace. Lire la suite

[Chronique] Cette obscure clarté de Estelle Laure

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Publié aux éditions Hachette – 14 septembre 2016 – 300 pages

Merci à Netgalley France et Hachette pour cette lecture

resumeMon père est à l’asile. Ma mère a pris des vacances à durée indéterminée. Si on apprend qu’elle nous a laissées seules, Wren et moi, on va nous séparer.
Après le lycée, il reste le frigo à remplir, les factures à payer, la maison qui tombe en ruines, nos voisins à gérer… Heureusement, deux personnes connaissent notre secret : ma meilleure amie Eden, et Digby, son frère jumeau merveilleusement parfait – et parfaitement casé.
Certains jours, j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver. Alors quand, en rentrant du boulot, je trouve le frigo qui déborde ou des muffins encore fumants au pied de l’escalier, je ne peux m’empêcher de me demander : est-ce qu’on cherche à nous empoisonner ? Ou bien, même au cœur des ténèbres, est-ce que l’espoir ne pourrait pas briller ?

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[Chronique] Sweet Mama’s Café par Elaine Hussey

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Lu en partenariat avec Netgalley et les Editions Mosaïc, un grand merci pour votre confiance.resume

1969, Biloxi. Le Sweet Mama’s Café. C’est là qu’on peut déguster le meilleur Amen cobbler du Mississippi, cette délicieuse pâtisserie que Sweet Mama, soixante-quinze ans, confectionne depuis cinq décennies. C’est là aussi que vit Sis Blake, auprès de la figure lumineuse et protectrice de sa grand-mère. Un endroit où la jeune femme peut oublier la dureté de la vie, et les responsabilités qui pèsent sur ses épaules depuis ses quatorze ans, depuis la mort de ses parents. Mais un jour Sis fait une découverte qui bouleverse son monde : de vieux ossements humains, enterrés dans le jardin de Sweet Mama. Pour percer ce mystère et découvrir ce qui est arrivé bien des années plus tôt, elle va devoir plonger dans le passé de sa famille, et arracher au silence les secrets qu’on lui a cachés.

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Le résumé nous promet une quête, et une plongée dans les souvenirs d’une famille du Mississippi à la fin des années 60 mais ce livre vous offre bien plus que cela. Véritable tableau social des Etats Unis, véritable plongée dans une famille où les femmes sont très présentes, Sweet Mama’s Café nous invite en fait dans le quotidien d’une famille américaine, ayant ses secrets, ses forces, son passé et un avenir menacé, le tout en vous mettant un délicieux goût de pâtisserie et de café en bouche, à déguster sous la chaleur de Biloxi.

La véritable force de ce roman réside probablement dans ses personnages. Une famille plus unie que jamais, des femmes fortes et solidaires qui font face à leurs responsabilités et donnent tout ce qu’elles ont en elles pour protéger ce qu’elles ont de plus cher : leur famille. Le récit sera souvent articulé autour de Sis qui, depuis le décès de ses parents, s’est beaucoup occupée avec Sweet Mama et Beulah (meilleure amie de Sweet Mama depuis toujours) des jumeaux Emily et Jim. Jim revient de la guerre au début du récit, avec une jambe en moins et bien sûr l’esprit encore dans la jungle et la violence. Emily, mère célibataire qui fut la risée du village à l’époque de sa grossesse, s’apprête à épouser Larry Chastain, afin de donner un père à son fils, Andrew. Mais la famille d’Emily s’inquiète beaucoup et aimerait bien éviter ce mariage…A l’heure des préparatifs, Sis fait une macabre découverte dans le jardin de Sweet Mama. Elle va alors interroger Beulah qui va se murer dans le silence à ce sujet, solidaire de son amie Sweet Mama qui n’a malheureusement plus toute sa tête…

L’auteur nous plonge avec poésie dans la chaleur suffocante de Biloxi où une tempête se prépare. Tempête familiale avec les dangers qui planent sur cette famille si unie, Sis va tout faire pour sauver chacun d’entre eux. Ces femmes nous donnent une leçon de courage, de solidarité, d’amour et d’esprit de famille face aux horreurs du monde. L’auteur accordera aussi quelques passages à la dureté de la ségrégation, Beulah étant une femme Noire. Chaque personnage est parfaitement sculpté, la psychologie parfaitement travaillée et nous avons l’impression de faire partie de cette famille et de vouloir nous aussi apaiser le petit frère qui revient traumatisé de la guerre, empêcher Emily de commettre une erreur en épousant Larry, d’aider Sweet Mama à récupérer ses souvenirs et ne plus jamais en perdre, de trouver un homme pour Sis qui saura l’aimer et lui redonner la joie de vivre, d’aider Andy à construire sa fusée…Nous avons envie de franchir la porte du Sweet Mama’s Café, d’y rejoindre ses habitués et d’y déguster l’amen cobbler…puis de finir la journée avec un verre de thé glacé en écoutant les deux amies de toujours discuter.

C’est un roman doux comme une pâtisserie et pourtant la famille va soudainement être plongée dans la tourmente. Mais, cette famille nous montrera que l’union fait la force et que l’amour familial est plus fort que l’adversité. Le roman nous interroge sur ce que nous, nous serions prêts à faire pour protéger ceux qu’on aime. Les personnages sont tellement humanisés qu’on se projette dans cette famille et qu’on comprend leurs choix, même les plus terribles. Chacun d’entre eux est attachant. Sis avec son caractère assez fort qui a du grandir plus vite que prévu et qui s’est oubliée en route ; Emily jeune femme toujours optimiste qui est prête à tout pour offrir une vie décente à son fils et lui trouver un papa ; Beulah l’amie la plus fidèle à qui on est prêt à confier sa vie, tellement solidaire de son amie ; Sweet Mama qui nous fait de la peine avec ses trous de mémoire mais qui protège sa famille et son entreprise ; Jim traumatisé mais qui se révèle capable de beaucoup de choses si on touche à sa famille et enfin l’adorable petit garçon qu’est Andy qui rêve de fusée pour aller voir son papa parti au ciel…

La plume est douce, poétique, chaleureuse mais sait se faire plus lourde et plus dramatique quand le tournant de l’histoire le nécessite. Elaine Hussey sait donner vie à ses personnages et rendre chaque situation réelle, humaine, profonde. Les émotions et les sentiments coulent de sens, on s’attache et on vibre au même rythme que notre famille Blake. Je n’ai pas lu le précédent roman de l’auteur, La Petite fille de la rue Maple* mais il vient de sortir en poche et j’espère aimer autant que Sweet Mama’s Café. Ah et au fait ne rêvez pas, Sweet Mama ne vous donnera jamais la recette de son Amen cobbler

 

enbref

Un magnifique roman sur les femmes, la famille, l’amour et la solidarité. L’union des cœurs face à l’adversité, les liens qui se resserrent plus que jamais quand l’orage gronde sur la famille. Une plongée dans la chaleur du Mississippi mais aussi dans la chaleur d’une famille touchante, qui a su faire des choix pour protéger ce qu’ils ont de plus cher…eux. Une jolie leçon de solidarité familiale portée par la force de femmes exceptionnelles, sous la plume poétique et sincère d’Elaine Hussey.

MANOTE

16/20

*Pour aller un peu plus loin, voici le résumé de La Petite Fille de la rue Maple

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Shakerag, quartier noir de Tupelo, Mississippi. Eté 1955 C’est sur un air de blues joué à l’harmonica que Billie, dix ans, apprend que sa mère va mourir. Face à l’inacceptable, elle décide alors de braver son entourage et de retrouver son père, un musicien de blues autrefois renommé, mais qui vient de passer plusieurs années en prison, un homme dont ni sa mère ni sa grand-mère ne lui parlent jamais. Pour Billie, c’est la seule façon de défier le sort, et de trouver un nouveau point d’encrage dans un monde qu’elle voit encore comme une enfant, mais que l’adolescente qui se pointe en elle pressent plein de mystères et de dangers. Sans savoir qu’en se lançant dans cette quête, elle va faire voler en éclats des secrets enfouis depuis bien longtemps, et révéler une vérité bouleversante sur ses origines

Encore merci à Netgalley et aux Editions Mosaïc