[Chronique] Dernier été à Tokyo de Cecilia Vinesse

Publié aux éditions Pocket Jeunesse – Juin 2017 -352 pages
Merci à PKJ pour cette lecture

Sept jours pour s’aimer
6 jours,
19 heures,
24 minutes…
Pour Sophia, le compte à rebours a commencé !

Sophia, 17 ans, a une semaine pour dire au revoir à Tokyo et à son groupe d’amis expatriés. Mais ses adieux sont gâchés par le retour surprise de Jamie, avec qui elle a toujours eu une relation compliquée. Alors que tout s’écroule autour d’elle, Jamie se révèle pourtant le seul sur qui elle peut compter. Peut-être n’est-ce pas trop tard pour leur histoire ? Mais que peut-on construire, lorsqu’on n’a que sept petits jours ?

Accrochez vos ceintures, notre vol pour Tokyo va décoller dans quelques instants. Une fois sur place, nous parcourons les heures d’une charmante adolescente, dans les rues de la ville, courant après la vie et l’amour, le sens des choses et les liens. 6 jours, 19 heures et 24 minutes, pas une de plus. Pourriez-vous parier qu’elle tombe irrévocablement amoureuse dans ce laps de temps ? Dans ce compte à rebours dont chaque seconde s’égraine plus vite que la précédente rendant le départ encore plus angoissant, saisissant, terrifiant, oppressant ? En attendant, allons nous promener dans les rues de cette ville qui ne dort jamais, suivons les jeunes sur les activités typiques du pays, embrassons la démesure offerte par Tokyo.

Je vais être très honnête avec vous, comme pour chaque chronique écrite sur mon espace ou ailleurs, je m’attendais à beaucoup plus avec ce roman. Si j’ai passé un agréable moment en compagnie de Sophia et de ses amis, plongés dans la vie fascinante des habitants de Tokyo, je n’ai malheureusement pas ressenti grand-chose et j’ai perçue les choses presque trop gentillettes. Alors attention, nous sommes bien d’accord, on est dans du young adult et non du new adult, de ce côté-là, pas de soucis. C’est plus l’innocence de Sophia que j’ai trouvé un peu démesurée et ses deux amis presque trop caricaturaux. Bien entendu nous aurons des éléments de réponse au sujet de ces personnes et de pourquoi ils se comportent de la sorte, mais j’aurais vraiment aimé mieux apprendre à connaitre tout le monde. Le compte à rebours est en revanche un excellent vecteur de rythme et nous retenons notre souffle au fur et à mesure que le sablier égraine les dernières heures de notre jeune Sophia au Japon. Du coup, je suis passée à côté d’un coup de cœur, qui pourtant s’annonçait d’entrée de jeu…

Sophia a l’habitude de déménager, c’est comme ça depuis qu’elle est enfant. Cette fois-ci, après 4 années à Tokyo, sa mère, sa grande sœur et elle doivent repartir aux U.S.A. dans le New Jersey. Seulement pour Sophia, c’est très difficile, car c’était la première fois qu’elle se sentait chez elle. La première fois qu’elle avait de vrais amis, David et Mika. David est un bourreau des cœurs et Sophia est amoureuse de lui depuis toujours. Mika est une jeune fille déjantée qui profite de la vie et se passe très bien des convenances. Ils sont ce que Sophia a de plus précieux. Elle ne voit que peu sa mère qui travaille beaucoup, est très distante avec sa sœur, quant à son père il est occupé à pouponner ses jumeaux avec sa nouvelle compagne à Paris. Elle a donc une semaine pour faire ses cartons et ses adieux à ses amis. Mais tout va être chamboulé par le retour de Jamie. Jamie avec qui elle a toujours eu une relation ambiguë. Jamie qui semble vraiment tenir à elle et qui, finalement, dans l’effervescence du départ, sera son seul repère, toujours là pour elle et de la meilleure façon qui soit. Alors que les sentiments naissent, Sophia voit le retour approcher. Peut-on s’aimer en 7 jours ? Comment construire quelque chose en si peu de temps ?

Jamie est très probablement le personnage le plus attachant de toute cette histoire, celui avec le plus de consistances et qui se positionne le mieux dans le groupe qu’il n’avait pas vu depuis 3 ans. De plus, ce garçon sait s’ouvrir, mais aussi être présent pour Sophia sans même qu’elle ne le demande. Ainsi les sentiments qui naissent entre eux sont parfaitement naturels. Sophia, au contraire, manque un peu de charisme, mais cela fait véritablement partie de son personnage, de son caractère. Elle est encore un peu dans l’insouciance avec l’envie de découvrir des choses. Elle est fortement attachée à son père qui ne le lui rend pas vraiment et aller de déception en déception sur ses derniers jours à Tokyo va finir par user la patience de notre jeune fille. Heureusement, sa sœur et Jamie savent comment l’aider, lui faire remonter la pente. Ce sont des moments touchants et presque émouvants. Malheureusement, il manque un petit quelque chose pour nous saisir réellement et nous donner envie de nous battre avec eux contre le temps qui s’écoule. De plus, je n’ai pas du tout réussi à m’attacher aux autres personnages qui, s’ils sont jeunes et drôles, ne m’ont pas du tout touchée et je les ai trouvé bien trop égoïstes, en plus de manquer d’honnêteté.

Pour ce qui est de l’intrigue, elle est simple et suit un compte à rebours. À partir de là tout peut se passer, ou rien. Le destin est entre les mains de Sophia et Jamie. À eux de décider d’un avenir commun ou pas, si leur amour en vaut la peine ou pas, sachant qu’ils seront séparés par des milliers de kilomètres dans peu de temps. Sophia manque cruellement de confiance en elle, mais cette dernière semaine va lui faire comprendre beaucoup de choses sur la vie, les amitiés et la famille. Tant de thèmes qui sont abordés par des touches délicates, mais efficaces, même si certaines auraient mérité un approfondissement. De même, bien que nous soyons imprégnés par la ville de Tokyo et en dépit du glossaire de début, je pense qu’il aurait pu être intéressant de se pencher un peu plus sur la culture japonaise et ce que cela a pu apporter à notre héroïne pendant 4 ans, en dehors de ses amis. Toutefois, nous ne sommes pas dans un récit d’aventure ou de contemplation de la nature alors ne soyons pas trop exigent. Le rythme est bon, l’histoire du compte à rebours touchante, et le chat, n’oublions pas le chat, semble tout à fait charmant.

Venez passer une petite semaine à Tokyo pour suivre les derniers instants de Sophia sur le sol japonais. Bouleversée par le retour d’un vieil ami, Sophia va devoir se demander s’il est possible de construire une relation amoureuse en si peu de temps. Des escapades dans les nuits de Tokyo, des amitiés remises en question et une romance toute en douceur. Dommage que certaines choses manquent de profondeur, je suis passée tout près du coup de cœur. Une lecture bien agréable cependant.

 

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16 réflexions sur “[Chronique] Dernier été à Tokyo de Cecilia Vinesse

  1. Rien que pour le lieu, ça me dirait beaucoup. Le Japon est vraiment un pays fascinant et c’est toujours agréable d’en apprendre plus sur le quotidien des habitants à travers un récit. Je le note !

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  2. Ce n’est a priori pas du tout du tout mon genre (les romances et moi, ça fait 3 en règle générale), mais je suis très curieuse du pitch. Bon, ta chronique me fait quand même craindre le pire, vu qu’à la base, ce n’est pas ma came. Je pense que je verrai si je peux l’emprunter.

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  3. bonjour, ce livre me plait bien, j’aimerais bien l’offrir a ma fille de 12 ans qui est une bonne lectrice, seulement je voudrais savoir si la romance n’est pas trop « poussée » , enfin s’il y a des scènes trop explicite pour son âge? merci

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