[Chronique] Un avion sans elle de Michel Bussi

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Paru aux Editions Pocket – 573 pages

resume
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent….

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23 décembre 1980, un avion s’écrase sur les pentes du Mont Terrible avec 169 passagers qui périssent tous, à l’exception d’une petite fille de 3 mois. Cependant, il y avait deux bébés du même âge dans l’avion ce jour là, deux bébés que les familles n’avaient pas rencontrés, deux bébés dont seuls les parents peuvent attester l’identité…problème les parents sont morts dans le crash. C’est ainsi que deux familles très différentes vont se battre, se déchirer pour obtenir la garde de l’enfant, chacune étant persuadée d’avoir raison et que le bébé est de leur famille, chacune étant dans l’épreuve terrible du deuil. D’un côté les richissimes et influents de Carville et leur autre petite fille Malvina la potentielle sœur de l’enfant inconnu, de l’autre les Vitral, pauvres commerçants ambulants, qui ont à charge Marc, le potentiel frère de la petite fille inconnue…La presse et les forces de l’ordre s’emparent de l’enquête mais impossible de déterminer qui est cette enfant. Contexte, 1980, on a pas recours à l’analyse ADN. L’enfant est placée après jugement dans la famille Vitral. 18 ans plus tard, 1998, elle disparaît en laissant un mot à Marc qui va alors tout faire pour la retrouver. Pendant ces 18 ans un enquêteur/détective a piétiné sur cette enquête sans avancer. Crédule Grand-Duc a tout consigné dans un cahier qui va tomber entre les mains de Lylie pour qu’elle puisse se faire son opinion, qu’elle puisse décider de son identité.

Le récit nous est raconté en grande partie via le cahier de Grand-Duc qui en association avec Michel Bussi nous embrouille totalement. Nous suivrons également Marc qui veut à tout prix prouver que Lily n’est pas sa sœur. On suit l’enquête, on piétine. Nous sommes en 1998, on a pas les moyens d’aujourd’hui…on voyage, on découvre, on part sur des fausses pistes en permanence, on change d’avis sur l’identité de la jeune femme en cours de route et ce à plusieurs reprises. Et si la vérité était ailleurs ? Que cache le détective ? Que savent les deux familles qui n’ont cessé de se battre pour avoir l’enfant ? Et puis l’instable et dangereuse Malvina peut-elle aider Marc dans sa quête ? Peuvent-ils s’allier pour découvrir ensemble la vérité ? Au fond, ils veulent la même chose…

Les personnages sont intéressants et leur psychologie bien établie. On rentre dans la tête de Marc et on est pris d’empathie pour lui, il est gentil, aveuglé par l’amour et attachant. Il saura se montrer courageux. On ne saura pas grand chose de Lylie mais c’est encore mieux pour préserver le mystère de son identité, mais malgré tout le peu qu’on sait d’elle ne me l’a pas rendue super sympathique. Après mettons nous à sa place, comment se construire en étant incertaine de son identité. Le personnage de Malvina est complètement dingue, presque trop mais apporte un grand rythme à l’histoire. C’est une jeune femme extrêmement perturbée et potentiellement dangereuse qui sera prête à tout pour obtenir la vérité. Grand-duc est un détective un peu sur le déclin, auquel on ne s’attache pas vraiment, on a même du mal à le trouver sympathique et ce malgré son « implication dans l’affaire ». Les deux familles sont parfaitement peintes avec des caractères et des mœurs à l’opposé et pourtant unis par la même douleur. Alors qu’une des familles pense que l’argent peut tout acheter, l’autre base tout sur l’amour et la chaleur d’un foyer…Un thriller qui pointe du doigt les excès, la perversion et jusqu’où peuvent aller certains riches pour obtenir ce qu’ils veulent et ce dans leur propre intérêt.

Le détective est cliché mais indispensable à cette histoire. Rendu un peu fou par cette enquête insolvable nous le voyons perdre pied. Au tout dernier moment, alors qu’il s’apprête à mettre fin à ses jours la vérité lui saute aux yeux…Mais il ne va pas nous la révéler si facilement et c’est un véritable jeu de pistes pour Marc et Malvina, un jeu qui pourrait s’avérer bien plus dangereux et destructeur qu’il n’y parait. Et Marc veut à tout prix retrouver Lylie…

Ici aussi Bussi vous tient avec du suspens, une quête de vérité, l’envie de comprendre, l’envie de savoir. Nous suivons les personnages en retenant notre souffle et le final vient comme une claque. Certes pour ma part j’avais quelques doutes mais j’étais bien loin d’imaginer quelque chose de si détaillé, quelque chose passé inaperçu pendant tant de temps…De l’émotion, des sentiments, du suspens, un jeu de pistes et des fausses pistes, un détective un peu étrange et qui ne dit pas tout, des familles qui ne sont peut être pas ce qu’elles laissent paraître, bref tous les ingrédients pour un thriller au suspens haletant et qui ne se ménage pas sur la psychologie des personnages.

enbref

Un thriller à l’intrigue bien menée et au suspens ménagé. Une révélation finale surprenante après une enquête et un voyage en quête de vérité et d’identité. Des personnages à la psychologie bien définie et encore une fois Bussi aime nous embrouiller pour mieux exposer la vérité.

MANOTE

16/20

Ici, j’avais un gros pressentiment sur « l’identité » de la jeune femme, je me doutais légèrement du dénouement, bien sûr pas avec les détails pointus que l’auteur a pu mettre.

On continue la semaine spéciale Bussi, vous pouvez toujours participer au concours jusqu’à lundi. 

17 réflexions sur “[Chronique] Un avion sans elle de Michel Bussi

  1. Ingrid P dit :

    Très belle chronique. Pour ma part c’est avec ce premier roman que j’ai découvert l’auteur Michel Bussi. D’ailleurs, ce roman a été un réel coup de cœur pour moi et contrairement à toi je n’avais aucun pressentiment sur l’identité de la jeune femme. En tout cas ta chronique est vraiment très bien écrite. Tu es très douée. Gros bisous.

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  2. Mooneyes Emilie Nezumi dit :

    C’est le premier et le seul pour l’instant que j’ai lu de M. Bussi!
    J’ai mis du temps a me mettre dedans (je venais d’être hospitalisée pour une longue période) donc peut etre pas a fond dans le livre au départ, mais après, l’enquête évolue plus rapidement et j’avoue que je pensais pas à ça du tout!

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