[Chronique] L’honneur de Preston de Mia Sheridan

Publié aux éditions Hugo New Romance – Novembre 2017 -421 pages 
Traduction Caroline de Hugo 
Merci à Hugo New Romance pour cette lecture

 

« Ils étaient deux frères –des jumeaux– je les aimais tous les deux, mais mon âme n’appartenait qu’à l’un d’entre eux. »
Toute sa vie durant, Annalia Del Valle a aimé Preston Sawyer. Elle a grandi dans une cabane dans Central Valley en Californie, mais a découvert la liberté, dans la ferme Sawyer vosine et auprès des garçons qui étaient ses seuls amis.
Preston est amoureux de Annalia depuis son enfance. Il a réussi à le lui cacher jusqu’ à ce que leurs mondes – comme leurs corps– sont entrés en collision par une chaude nuit d’été. Une nuit qui va bouleverser leur vie pour toujours.
Après avoir disparu corps et âme pendant six mois Annalia est de retour en ville. Si Preston a échappé à son désespoir amoureux, son sens de l’honneur et sa fierté parviendront-t-ils à le retenir à nouveau, lorsque, l’objet de son désir de toujours, est de retour.

Comment fait-on pour dépasser les blessures du passé ? Réparer L’irréparable ?

Note : si vous voyez le livre en librairie, je vous conseille de ne pas lire la 4e qui est très longue et dévoile beaucoup trop sur le roman.

Vous savez, il y a des livres parfois qui viennent vous cueillir, là où vous ne vous y attendez pas et qui vous remuent tellement que les larmes coulent toutes seules. Ce n’est plus un secret je suis empathe et hypersensible et cette « faculté » (ou malédiction des fois) s’applique aussi aux personnages des romans quand l’histoire est bien écrite. Avec Mia Sheridan, ça fonctionne. Je me souviens que le premier roman que j’ai lu émanant de sa plume fut Archer’s voice et qu’il était totalement déchirant. Je l’avais adoré, mais j’avais reproché la trop grande différence de style entre les scènes « ordinaires » et les moments de sexualité qui de suite devenaient trop crus. Problème de traduction ou pas, je l’ignore.
Par souci de transparence avec vous, je dois vous avouer que mon exemplaire de L’honneur de Preston contenait un bon nombre de coquilles et fautes et même un échange de SMS manquant. Cependant, je ne peux pas vous dire ce qu’il en est pour ceux qui vous allez croiser dans les librairies. Même si ce genre d’erreurs peut faire lever les yeux au ciel, nous savons aussi que désormais, les maisons d’édition travaillent sous une immense pression et que malheureusement la relecture peut en pâtir. Alors, attention, je ne suis pas en train de trouver des excuses ou quoi que ce soit, mais juste donner MON avis sur le sujet qui fait « mal ». Vous avez sûrement lu/vu des informations à ce sujet et je voulais vous dire comment cela s’est passé pour moi avant de se lancer vraiment dans la chronique. Déjà, il faut savoir que je suis une consommatrice qui n’affiche que très rarement en public les défauts d’un produit, préférant prévenir directement la marque/le vendeur, etc. Ainsi, quand j’ai vu qu’il y avait pas mal de coquilles, même après avoir été avertie du fameux échange de SMS manquant, j’ai envoyé un message en privé à l’éditeur. Ce que je veux dire, c’est que pour ma part, je ne souhaite pas afficher les erreurs des uns et des autres au grand jour. Alors, oui, c’est particulièrement embêtant les fautes. Nous en faisons tous et normalement on ne devrait pas en voir dans les livres. Mais moi, petite bisounours flamant, ce que je voudrais c’est du respect. L’erreur est humaine. Envoyez vos griefs par mail ou message privé. Après bien entendu, si personne ne vous répond, je peux comprendre que cela vous conduise à exposer sur les réseaux sociaux. Mon ami n’a pas répondu à mon mail, c’est abusé, il a que ça à faire, je vais l’afficher sur le net pour dénoncer quel crétin il est et l’arnaque qu’est son amitié, tu t’attaches, tu dépenses sans compter et l’autre il n’est même pas capable de te répondre… Bref, vous voyez ce que je veux dire ? En aucun cas les fautes, plutôt bêtes en plus donc sans doute d’inattention, ne viennent pourrir votre lecture (bien entendu ça peut vous couper quelques instants). Au pire, vous allez lever les yeux au ciel et puis continuer parce que ce qui suit est tellement bon.
Pour finir : je ne me fais pas l’avocat du « diable ». Je rêve juste d’un monde où les reproches ne se font pas façon lapidation sur la place publique. Je comprends que quand on paie un produit on veut qu’il soit conforme. Pour ma part, c’est un livre que j’ai reçu en service de presse et c’est certain que je ne vais pas en plus aller me plaindre. Quant aux autres exemplaires, ceux en commerce, je vous l’ai dit, je n’en sais rien. En tout cas je peux vous dire avoir déjà lu des livres achetés dans le commerce avec des fautes aussi, certes moins nombreuses, mais présentes quand même. Et pour finir 2 : je n’ai pas une orthographe irréprochable donc je ne balance pas. Bien entendu, les maisons d’édition se doivent de faire corriger, je le sais. 

Mia Sheridan a gravé mon cœur de très belles histoires d’amour avec les quatre romans que j’ai eu la chance de lire. Sa plume, magique et envoûtante détient l’art de vous briser le cœur. Et de mettre les morceaux encore plus en miettes. Avant de les jeter aux cendres. Et de les recoller et de recommencer. Bon ok, j’exagère. Mais j’ai pleuré avec tous ses livres ou presque. En gros, quand je prends un Mia Sheridan, c’est comme pour un Colleen Hoover j’envisage le book hangover ou comme avec Britainny C. Cherry d’ailleurs. Elles sont coupables de cœurs de lectrices réduits en poussière, de larmes qui coulent pour des personnages de papier, mais qui le temps d’un roman sont entrés dans nos vies et se sont fait une place dans notre grand cœur livresque. L’honneur de Preston n’a définitivement pas épargné ces petites joies livresques, et je pense même qu’avec Archer’s voice, c’est celui qui m’aura le plus touchée.

« Un jour je vais partir, mais une partie de mon cœur restera ici. Avec toi. » Annalia

J’ai un peu l’impression de tourner en rond afin de retarder le moment de livrer mes émotions, le temps de trouver les mots les plus justes pour exprimer tout ce que ce roman vous fait ressentir. Dans l’idéal, j’aimerais tellement que vous le lisiez, alors vous ressentiriez vous aussi le panel d’émotions vives et contradictoires que notre auteure a su mettre dans son roman. Et, même si la traduction n’est pas la meilleure qui soit, on retrouve tout du talent de Mia Sheridan. Annalia est fille d’une émigrée mexicaine et vit dans un taudis avec sa mère qui la déteste et ne cesse de la comparer au diable. Jeune fille douce et discrète, Annalia rencontre, alors qu’elle est enfant, les jumeaux Sawyer, Cole et Preston. Ces derniers ne sont autres que les fils du patron de sa mère. Au fil des années, les 3 jeunes s’amusent ensemble et prennent Lia, leur cadette de 3 ans, sous leur aile, la protégeant, la rassurant et l’aimant. Bien entendu la jeune fille aussi va développer des sentiments pour ces garçons. Seulement, si les jumeaux sont totalement identiques sur le plan physique, il n’en est rien sur le plan du caractère. Les deux jeunes hommes se complètent, ils sont une paire, ils sont un tout. Annalia, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne a toujours aimé Preston, celui qui est discret, qui ne dit rien, se pare d’un masque neutre, mais dont les yeux peuvent exprimer tellement. Mais elle est persuadée qu’il ne l’aime pas et qu’il ne l’aimera jamais. Pourtant Preston est très amoureux d’elle, mais lui reste certain qu’elle lui préfère son frère. Ne partez pas en courant, il ne s’agit pas d’un triangle amoureux, pas le moins du monde.

Si le titre du roman est L’honneur de Preston, ce n’est pas pour rien. Les garçons Sawyer ont été élevés dans cette image d’homme qui tient parole et ont même créé un pacte à ce sujet. Si Annalia envoie des signaux très clairs à Preston, celui-ci fait tout pour ne pas y répondre, malgré son envie. Mais un soir, plus rien ne les arrêtera et ce moment d’union passionnel et intense va avoir d’énormes répercussions sur leurs vies… Lia fera tout pour comprendre et aimer, mais finira aussi par fuir avant de revenir… Est-ce que leur amour est définitivement brisé ?

« – Je t’ai attendue si longtemps, Lia. Si longtemps, ai-je réussi à dire d’une voix étranglée.
– J’ai envie de toi, j’ai envie de toi, j’ai envie de toi, murmurais-je. »

Le thème de la gémellité est ici parfaitement abordé et d’ailleurs nous comprenons dès le départ que l’histoire de Cole et Preston sera forte, intense, unique, difficile. Comme je le disais précédemment, les jumeaux ont un caractère totalement différent tout en étant fusionnels. Preston est plus effacé, plus doux que Cole qui lui est un peu tête brûlée et impulsif. Mais au-delà de leur physique, un autre point les unit : leurs sentiments pour Lia. Difficile de laisser un amour venir bouleverser une relation fraternelle si forte. Pourtant, il va bien falloir faire un choix. À moins que le destin ne se veuille plus fort qu’eux, plus sombre et cruel. La relation familiale est aussi un thème important dans ce roman. La mère de Lia ne l’aime pas, mais nous en aurons les explications, le père des jumeaux est à l’image de Preston et Cole ressemble plus à sa mère, toujours est-il que ce couple ne s’aime plus. De plus la mère des frangins prend les gens de haut et juge sur le niveau social. Ainsi, elle n’aimera jamais voir trainer ses enfants avec la fille de la Mexicaine qui bossait pour eux…

Pour ce qui est justement de la culture mexicaine, nous ne pouvons pas dire que Annalia soit totalement immergée dedans. Née aux États-Unis, elle est américaine, mais vit avec sa mère qui elle n’a pas de papiers. Sa mère et elle ne communiquent que très peu, la femme ne parle quasiment pas anglais. Par contre, quand Annalia reviendra de 6 mois de fuite, c’est un restaurant mexicain qu’elle trouvera un emploi, mais aussi une famille, tout simplement. Rosa, la patronne du restaurant est un personnage que j’ai adoré et qui aurait même pu être plus présent, plus visible. C’est une femme qui va vraiment faire beaucoup pour Annalia, l’aider, la mettre sur la voie. Mais comprenez bien que Lia est très intelligente, et que si elle fait tout pour passer inaperçue et ne pas déranger, elle n’en demeure pas moins humaine avec des envies, des doutes, des peurs.

Concrètement, nous avons face à nous une jeune femme fragile et brisée, mais qui n’est ni soumise, ni en détresse. Si elle a tendance à tout prendre sur ses épaules, elle n’en oubliera jamais de réfléchir aux différentes situations. Son amour pour Preston est absolument magnifique, intense, réel, pur. Elle l’aime de tout son cœur, tout son être et nous comprenons que c’est réciproque. Preston… ah Preston, je veux bien l’épouser sur-le-champ (ou plutôt dans les champs, vu que Lia le surnomme « mon petit fermier »). C’est un homme exceptionnel, il est bon, loyal, dévoué, intelligent, bosseur, aimant et beau. Que demander de plus ? Il aime tellement Lia qu’il en a du mal à respirer et nous sentons la souffrance de ne pas ou plus l’avoir à chaque instant. Mais c’est auprès d’un personnage terriblement attachant, nommé Hudson que nous comprendrons toute la sensibilité et l’amour dont est empli Preston. Annalia et Preston sont beaux et lumineux ensemble, ils se complètent et leur amour ne peut que vous toucher. Bien entendu, vous l’aurez compris, leur histoire ne sera pas toute rose et nous aurons le cœur brisé. Malheureusement, ce n’est pas le seul point qui va nous faire pleurer. Oh que j’aurais aimé prendre Preston dans mes bras ! Et j’ai tant espéré que la communication soit la clé de leur histoire, que je n’ai pu que pleurer face à un amour si pur, si beau et juste tellement évident. Certains êtres sont faits pour être ensemble, mêler leur essence vitale et ne faire qu’un tout. Preston et Lia sont de ceux-là et leur amour vient nous bouleverser…

L’immersion dans l’histoire est complète grâce à une narration fascinante et pertinente. Tout n’est pas dans l’ordre chronologique, mais les pièces du puzzle s’emboitent en laissant un minimum de suspens et nous adorons découvrir les souvenirs de Preston et d’Annalia au fil de leur jeunesse. Les points de vue sont alternés, nous permettant (de mieux briser notre coeur) d’aller plus en profondeur dans les sentiments, doutes, douleurs, et émotions de deux amoureux. Preston est particulièrement touchant, on a vraiment envie qu’il soit heureux. Il est bon, généreux, doux et reste malheureusement un peu trop souvent dans l’ombre de Cole. Quant à Annalia, nous saisissons rapidement la force de son amour pour Preston mais aussi malheureusement les conséquences de son éducation et de ses origines, car elle ne cesse de s’effacer, de faire en sorte de ne pas déranger, de ne pas faire d’histoires, de ne pas dépasser. Elle aussi s’interdit beaucoup de choses en raison de la valeur qu’elle pense avoir. Alors qu’elle mérite le meilleur, car elle est d’une grande générosité, son coeur est immense et son regard sur le monde particulièrement sensible. Elle sait se contenter de peu et ne se plaint jamais, heureuse de pouvoir juste vivre, dans un pays libre et avoir une éducation correcte, quitte à affronter les pires pestes de l’école.

Dernier petit point sur la maman de Lia et sa situation irrégulière. Au début nous la détestons, cette femme qui méprise son enfant. Mais les explications qu’on nous donnera à cela seront pertinentes. Insuffisantes certes, mais tellement douloureuses. Et puis il n’est jamais trop tard pour apprendre à aimer, à pardonner. Fuir son pays n’est pas toujours facile et il est évident que cette femme n’avait pas prévu tous ces retournements de situations dramatiques. C’est une femme que nous n’apprendrons pas vraiment à connaitre et qui restera toujours un peu à part, mais pour qui la vie va s’ensoleiller, car comment pourrait-il en être autrement avec une enfant comme Annalia ?

Coup de cœur pour ce roman ! L’histoire de Preston et Annalia est touchante, bouleversante et notre cœur se brise à plusieurs reprises, s’accompagnant de larmes intenses. Des personnages authentiques et terriblement attachants, des épreuves, mais surtout de l’amour. La communication s’avère être la clé de tout et nos deux âmes sœurs vont devoir en apprendre les rudiments tout en prenant confiance en eux. Apprendre à s’aimer soi-même permet de mieux aimer l’autre. 

Que rajouter ? Vous l’avez déjà compris, ce roman est un immense coup de cœur pour moi et je ne peux que vous le recommander. Certes, il est quelque peu truffé de fautes d’orthographe, mais si, comme moi, vous aimez vraiment Mia Sheridan, vous devriez passer outre et ressentir de bien belles émotions. L’auteure fait des choix audacieux, comme toujours, elle n’a pas peur de blesser ses personnages, mais en revanche, elle les fait toujours grandir avec bienveillance. Preston comme Annalia ont beaucoup de choses à nous enseigner et leur amour ne peut que nous toucher. Un sans faute pour Mia Sheridan !

50 réflexions sur “[Chronique] L’honneur de Preston de Mia Sheridan

  1. Coucou, je ne connaissais pas ce livre. Il a l’air pas mal du tout. En ce moment je lis la derobade qui est un livre tres vieux mais que je n’avais jamais lu…
    Sinon j’adore les livre dramatique autobiagraphique en general
    Bisous

    J'aime

  2. Merci de ta recommandation – je sens le livre très riche en paliers du point de vue des personnalités, des relations, pas faciles d’ailleurs, entre les personnages. Je note précieusement pour le trouver en librairie lors de mon prochain voyage en France!

    J'aime

  3. J’avoue que pour moi les fautes d’orthographe en trop grand nombre ça me fait lever les yeux au ciel, et je ne vois plus que ça au point que je n’apprécie plus ma lecture 😦 (mon côté future correctrice qui ressort^^)
    Parce que, certes, on pourra toujours trouver des excuses aux maisons d’édition et aux auteurs/traducteurs/relecteurs, mais je trouve quand même que si il y en a trop c’est un peu un manque de respect pour le lecteur … Après je comprends qu’aucun livre ne soit parfait à ce niveau-là, c’est tout à fait normal, mais quand c’est trop c’est trop ^^

    J'aime

    • Ah mais je vois et entends parfaitement ce que tu veux dire. Je dénonçais plutôt l’affichage sauvage et public de cela. Autant prévenir par message. C’est comme quelqu’un qui vient sur un blog et qui relève toutes les fautes pour les afficher partout 🙂

      J'aime

  4. ce livre me tente beaucoup 🙂 j’ai lu deux romans de l’auteur et j’ai adoré à chaque fois ! j’ai eu un peu peur au triangle amoureux en commençant la lecture de ta chronique mais tu m’as très vite rassuré 🙂

    J'aime

  5. Je n’achète pas tellement de livres, mais je trouvert ça surprenant aussi que tu aies eu un livres avec des fautes d’orthographe. Logiquement il y a des personnes qualifiées pour vérifier ce genre de choses avant impression et distribution donc je ne comprends pas trop :/

    Aimé par 1 personne

    • Logiquement oui. Sauf quand les étapes sont brûlées ou que quelqu’un se plante…
      L’erreur reste humaine. Je ne dis pas que c’est pas grave, encore une fois, c’est juste que j’ai vu trop de critiques ouvertes et déplacées ^^

      J'aime

  6. Pingback: [Bilan mensuel] Novembre, les premiers jours de froid et encore plus de plaids | BettieRose books

  7. Pingback: L’honneur de Preston de Mia Sheridan | Sorbet-Kiwi

Un petit mot ? Une réaction ? Une émotion à partager ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s