[Chronique] Les insurgés – Tome 1 : Conquête de Elle Kennedy

Publié aux éditions Hugo NewRomance – 14 septembre 2017 – 335 pages
Merci à Hugo NewRomance pour cette lecture

 

Hudson Lane est la demi-sœur du leader des Souverains qui ont pris le pouvoir et instauré la loi martiale. Son frère a décidé de la marier à son second, ce qu’elle ne veut même pas envisager. Elle s’enfuit et risque la mort pour cette désertion.
Dans sa fuite effrénée, elle croise le chemin de Connor Mackenzie qui a pris la tête des Insurgés. Elle ne peut lui révéler sa véritable identité.
Entre ces deux-là naît une attirance immédiate, mais Connor n’est pas tout à fait prêt à accueillir une inconnue dans son groupe et Hudson va devoir lutter pour se faire accepter.
Elle découvre ce que c’est que de vivre avec les Insurgés, les difficultés et les dangers du quotidien.
Elle découvre aussi les histoires terribles qu’ont vécues ses nouveaux compagnons à cause des Souverains, en particulier celle de Connor et de sa famille.
Mais son terrible secret va finir par être découvert, sa situation au sein des Insurgés est devenue plus que précaire. Connor va-t-il accepter qu’elle reste parmi eux ?

Avant de me lancer dans la chronique à proprement parler, je souhaite vous expliquer ce qui m’a donné envie de lire ce roman. En fait, c’est simple et ça tient aux mots suivants : Elle Kennedy (valeur sûre après la série Off-Campus), dystopie (j’adore ça), New Romance (la collection Hugo que j’aime beaucoup). Donc tout ça nous donne une dystopie romantique. Pourquoi résister plus longtemps. Bon, juste pour préciser une chose, j’aurais plutôt dit dystopie érotique que romantique. Car clairement, les scènes de sexes y sont très (voire trop) nombreuses et avec un vocabulaire très cru. Mais ça, je vous l’explique en détail dans la chronique.

Le Monde tel que nous le connaissons a disparu sous les bombes, nous plongeons alors dans un univers post-apocalyptique. L’argent n’existe plus ni les soins médicaux, laissant la planète se charger de la sélection naturelle (enfin sauf si vous êtes « important »). Les survivants de la Grande Guerre d’il y a 40 ans se divisent généralement en deux catégories : les insurgés ou les citoyens de la Classe Mondiale dite CM. Toute religion ou même libre arbitre est effacé et les exécuteurs traquent les rebelles pour les parquer dans des colonies. Cependant, on trouve aussi le groupe des bandits qui n’ont peur de personne. Le leader des Souverains a une réputation épouvantable et il semble semer les cadavres sur son chemin. C’est bien simple, désormais, la loi martiale est instaurée. Un déserteur est condamné. Si les camps des Insurgés sont trouvés, ils seront tous exécutés. À moins d’accepter de se soumettre au régime en place qui est bien loin d’être agréable. Concours de pouvoir au programme, mais très peu pour Connor, dit Conn. Lui, il veut vivre libre et il a de sacrées raisons. Ses compagnons de camp et d’aventure, très peu nombreux à avoir gagné sa confiance, l’ont naturellement placé en leader. Connor est un homme fort et posé, intelligent et robuste. Mais dans ce monde dévasté, il en faut du courage pour aller se ravitailler et se cacher. Les hommes de Connor sont efficaces et discrets. C’est pour quoi, lorsqu’une soirée dans un bar clandestin tourne mal, ils hésitent à accepter la requête d’une magnifique jeune femme qui semble faire beaucoup d’effet à Connor. Hudson demande à les rejoindre. Ce qu’ils ignorent c’est qui elle réellement. Sans doute avec une légère faiblesse masculine, ils acceptent de la prendre avec eux temporairement. Mais la tension sexuelle entre Hudon et Connor pourrait bien contrarier leurs plans. Dans un monde où l’urgence de vivre fait rage et où, comme James Dean le clamait (même s’il ne fut pas le premier à le dire), il vaut mieux vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre, les aventures sexuelles se multiplient. Après tout, il faut bien occuper son temps libre, non ?

Au fur et à mesure des pages, nous comprenons dans quel contexte l’histoire prend place. Si l’univers dystopique n’est pas très travaillé ni très développé, la lecture n’en pâtira pas pour autant. En effet, dans ce premier tome, Elle Kennedy s’attache à nous donner l’essentiel afin de comprendre d’une part Hudson, d’autre part la bande d’Insurgés qui va l’accueillir. Ce que nous savons du monde de nos personnages suffit largement à comprendre le contexte et les informations arrivent petit à petit, nous laissant prendre conscience de l’ampleur du désastre. Alternant les points de vue entre Hudson et Conn, mais toujours à la troisième personne, l’auteure nous offre de nombreux éléments et secrets, puisant dans les désirs et les plaisirs de chacun. Alors oui, ce roman contient énormément de scènes de sexe avec un vocabulaire cru (si vous n’aimez pas les mots « queue », « chatte », « putain », « baise » passez votre tour), et elles sont vraiment très nombreuses, mais elles collent parfaitement à l’ambiance du camp « vivre comme si demain n’existait pas ». Et le sexe fait partie de ses rares plaisirs qu’ils peuvent encore s’accorder dans un monde en ruine. Certes, la sexualité de Conn et Hudson se fait très vite bestiale, animale, urgente, mais elle n’en cache pas moins des sentiments et des émotions, des blessures et des craintes.

Si vous êtes vraiment romantique, ce tome 1 ne satisfera pas vos attentes, autant être honnête. Connor n’a rien du book boyfriend ordinaire, lui est un authentique bad boy, mais par nécessité. Ses souffrances sont touchantes et nous comprenons sa rage, celle qu’il contient difficilement. Bien entendu, le secret de Hudson va créer des tensions, mais dans le monde de nos personnages, très peu de temps est accordé à ce genre de problématique. Il faut avancer et vite. Et Conn a bien l’intention de détruire le pouvoir en place. Du moins, de tuer son pire ennemi, celui qu’il n’a de cesse de traquer et de chercher partout. Hudson est intelligente, rusée, forte et relativement indépendante. Elle n’a aucune peur à remettre les gens en place, la « fille gâtée  » et privilégiée qu’elle était n’existe plus. J’avais très peur de voir une femme réduite à l’objet sexuel du camp, mais ce n’est pas le cas. Chaque relation sexuelle est bien plus que consentie, désirée. Elle sera un atout formidable pour les garçons, elle qui connait l’autre face du monde, la CM, comme sa poche. Connor brille aussi par son intelligence, sa robustesse et son côté pragmatique. Pas facile à faire plier, il n’en est pas moins attachant et aimant. S’il ne voulait pas de sa place de leader, force est de constater que cela lui colle pourtant à la peau. Connor nous montrera ce qu’est le courage, mais aussi la solidarité et l’amour. C’est un personnage particulièrement prometteur et nous ne pouvons qu’avoir hâte de le connaitre encore mieux, de même que sa team, efficace et sympathique.

Le côté qui m’a vraiment le plus séduit dans cette histoire est l’urgence de vivre, la rage de survivre dans un univers qu’on ne comprend plus et dont on ne veut pas. Qu’importe le nombre de fois où il faudra se déplacer, tant que l’esprit du groupe est bon et déterminé à vivre. Cette façon de voir les choses rend chaque expérience plus intense, plus vibrante. Par conséquent, les scènes érotiques sont parfaitement à l’image de cette situation. J’avoue, j’aurais aimé qu’elles soient moins nombreuses ou moins vulgaires, mais l’heure n’est pas encore au romantisme. J’attends en revanche une atmosphère un peu différente pour le tome 2, même si l’urgence sera toujours présente. Le roman se déroule dans un court laps de temps et c’est incroyable tout ce que nous pouvons y vivre en si peu de jours. Tout va vite, très vite, mais attention à ne pas foncer tête baissée vers l’ennemi. Les personnages sont terriblement attachants et l’on ne peut que craindre pour leur sécurité à chaque action, chaque page tournée. J’avoue avoir eu un gros faible pour Rylan, dont j’espère bien connaitre plus de choses dans l’avenir. En tout cas, ce premier tome est pour moi une belle réussite et je suis conquise (bah oui il s’appelle Conquête le tome… pardon). Conn et Hudson m’auront embarqué dans leur histoire et nous réaliserons alors à quel point ils ont un grand cœur.

Les Insurgés marque un tournant dans l’univers de la New Romance, celui de la dystopie érotique. Si les scènes de sexe sont très nombreuses et particulièrement hot, ce n’est que pour mieux coller à la maturité des personnages, hors-la-loi, qui souhaitent profiter de chaque seconde. Cependant, tous ont un objectif, le premier survivre. Un début prometteur avec des personnages très attachants et une dystopie qui semble originale. Addictif !


PS : petite explication sur le « Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre ». Bien entendu cette phrase est attribuée à James Dean, collant à sa funeste destinée et à son mode de vie. Mais il faut savoir que cette phrase est extrait d’un roman de 1947, « Knock on Ant Door », écrit par Willard Motley. Cet roman fut adapté en un film désormais classique et dans les salles en 1949. 

« I want to live fast, die young, and leave a beautiful corpse », personnage Nick Romano, joué par John Derek dans « Knock on Any Door ». Pour en savoir un peu plus, cliquez.

 

21 réflexions sur “[Chronique] Les insurgés – Tome 1 : Conquête de Elle Kennedy

  1. Hello 😊
    Maintenant, je connais l’origine de cette expression. J’éviterai de dire des bêtises 🤣 Moi aussi, il m’a suffit de voir que c’était du Elle Kennedy pour être convaincue. Et pour une fois que je trouve une romance chaude-bouillante sans m’ennuyer, je valide 200%. C’est vraiment le perso de Hudson qui m’a le plus plu.

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    • Ah ah oui j’ai pensé à notre discussion d’ailleurs ^^
      Mais bon, c’est parce que je « bosse » pour un magazine sur la culture vintage que je le sais. J’avais fait un dossier sur James Dean…
      Mais oui Hudson est très intéressante. Mais j’ai hâte aussi de voir ce que nous réserve Dominik. Je ne sais pas si les prochains tomes seront du même point de vue ou d’autres personnages. Je ne me suis pas encore renseignée à vrai dire.

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  2. Je suis franchement franchement intriguée. Je me demande ce que érotique + dystopie peut donner ! Peut-être que je lui laisserais sa chance 🙂
    Parfois le vulgaire me choque, me dérange, parfois. Tout dépend comment c’est utilisé, et la relation, je pense. Donc de ce côté, je verrais bien !

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    • Eh bien érotique + dystopie = le bordel ^^
      Non je plaisante. Disons que ça renvoie vraiment à ce que j’en dis, la rage de vivre.
      Pour ce qui est du vulgaire je n’aime pas toujours, mais là, dans le contexte c’est juste pleinement pertinent.

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  3. Cette nouvelle saga de l’auteure n’est pas faite pour moi. J’aime bien les scènes de sexe, à partir du moment où il n’y en a pas plus que 4 ou 5 dans un roman. Ensuite, le côté très vulgaire ne me plaira pas du tout, c’est certain ! Et puis, j’avoue, je ne me suis pas tellement tenté … 😦

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