[Chronique] Maestra de L.S. Hilton

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Publié aux Editions Robert Laffont – Collection La Bête Noire – Mars 2016 – 384 pages

Lu grâce à Netgalley

resumeLe jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l’exploite malgré ses diplômes et son talent. La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses où elle séduit sans effort.
Judith sait qu’elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille… Jusqu’à ce qu’elle découvre une gigantesque escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Licenciée avant d’avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d’Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.

blabla

DISCLAIMER : CHRONIQUE TRÈS LONGUE – POINTS DE DÉPART EN GRAS POUR VOUS PERMETTRE DE ZAPPER PLUS VITE SI SOUHAITÉ

A moins de ne pas du tout s’intéresser aux sorties littéraires, vous avez forcément vu ce nouveau phénomène débarquer dans les libraires à coup de renforts publicitaires énormes. Maestra, le tant attendu, Maestra le livre « innovant » qui promet de vendre 100 millions d’exemplaires dans le monde et dont les droits ont été acquis dans 36 pays. Maestra, ce même livre qui fut jugé « trop cru » et même « dégoutant » par certains éditeurs l’ayant refusé. Beaucoup en fait si on en croit son auteure. Et la presse s’emballe déjà :

« Un thriller brutal, dérangeant, surprenant de bout en bout » 20 minutes

« Lisa Hilton n’a froid ni aux yeux…ni au mots » Elle

« Maestra assume sa sexualité manipulatrice et embobine les personnages comme le lecteur ». 24 heures

« Maestra met en scène une héroïne intelligente, moralement complexe et au caractère bien trempé qui séduira les fans de la série Millenium de Stieg Larsson et de Les Apparences de Gillian Flynn » The New York Times

Terrafemina va même jusqu’à nous donner 4 bonnes raisons de lire Maestra

Pourquoi ai-je voulu lire ce livre ? Même si j’étais assez sceptique sur le mélange du genre thriller avec de l’érotique à la Fifty shades of grey (ce qu’il n’est en fait absolument pas), j’ai voulu lire ce livre car c’est une publication La Bête Noire de Robert Laffont, que j’ai lu toutes les sorties de cette collection et que je les ai toutes aimées. Voilà pourquoi. Je suis donc partie en toute confiance, pensant qu’obligatoirement j’allais aimer. Mais non, tant pis pour moi, il en séduira des millions d’autres, pour ça je ne m’inquiète nullement. D’ailleurs le directeur de collection, Glenn Tavennec y croit et il a sans doute raison  » Ce n’était ni un bon polar, ni un thriller, ni un bon roman érotique, c’était les 3 à la fois ». Il qualifie cette lecture de jubilatoire car « l’héroïne assume ses désirs dans un monde phallocrate et misogyne, et ça, c’est nouveau et jouissif ».

Maestra est un thriller érotique. Oui vous avez bien lu. Cela va faire grimacer certain, en exciter d’autres (ici rien de sexuel, je parle de l’excitation de la découverte), en dérouter quelques uns, laisser perplexe d’autres encore. Mais alors ce mélange des genres, ça marche ou pas ? Pour moi, désolée, non. Un gros non. Mais je vais vous expliquer pourquoi dans cette chronique. Car même si je n’ai pas aimé ce roman, il est impossible de ne pas lui reconnaître certaines qualités. Pour une fois cette chronique n’est pas organisée comme mes habituelles chroniques et ce sera un peu un fil de réflexion. Parce que ce livre, il m’a posé problème. Non il ne m’a pas dérangée même si oui il est dérangeant. Non, le problème qu’il m’a posé ce que globalement je n’aimais pas ce que je lisais, je n’aimais pas l’héroïne MAIS je voulais avancer, lire ses aventures jusqu’au bout. Avec le recul, est-ce que je lirai la suite ? Pas certaine du tout mais je n’oppose pas non plus un NON ferme. Vous voyez pourquoi ce livre me pose autant de soucis et de questions ? Parce que oui il est perturbant, parce que oui c’est un livre « nouveau » dans son genre et qu’il est porté par une plume particulièrement brillante et talentueuse. Lisa Hilton est douée et ça on ne pourra pas lui enlever, qu’on aime ou non son livre.

Pourquoi Maestra n’est pas un nouveau Fifty Shades of Grey : parce que déjà selon l’auteure de Maestra « 50 nuances de Grey est un livre pour enfants » (source). Comprenez ici que la sexualité présente dans Maestra ne s’encombre ni de sentiments ni de romantisme, Maestra n’a aucune limite et aucune morale. L’héroïne Judith est une vraie beauté vénéneuse, manipulatrice, calculatrice et n’a « rien à découvrir » de sa sexualité qu’elle maîtrise et assume parfaitement. Parce qu’ici le sang coule et qu’importe les conséquences, Judith, notre femme fatale parviendra à ses fins, quel que soit le prix à payer. Pas de remords. Passons maintenant à ma chronique après cette longue introduction qui me semblait nécessaire vu l’ampleur attendue de ce nouveau phénomène littéraire.MONAVISV2

Ce thriller érotique nous promet une héroïne dans la veine de celle du livre de Gillian Flynn, Les Apparences ou encore La fille du train de Paula Hawkins ou Millenium. Déjà à partir de là on se doute qu’on a une héroïne un peu sociopathe. Voir totalement. A moins qu’elle n’ait même franchi la ligne et soit psychopathe. Mais non, nous le découvrirons, Judith est une criminelle sans être psychopathe, elle assume sans perdre la tête, c’est une femme fatale et indépendante sans être féministe pour autant.

Judith travaille dans le milieu de l’art et peine à faire reconnaître son talent dans le milieu. Passionnée d’art elle connaît l’histoire de l’art sur le bout des doigts et aspire à monter en grade. Au lieu de cela, elle est reléguée à un rôle de « stagiaire » et déteste son patron, le « gros » Rupert. La nuit, Judith devient Lauren, pour arrondir ses fins de mois. Hôtesse dans un bar à champagne elle fait casquer les hommes en leur tenant compagnie, sans jamais avoir à « se mouiller ». L’établissement est sérieux. Sur son temps libre, Judith, ce qu’elle aime, c’est le sexe. Les parties à plusieurs, baiser avec des inconnus, des hommes comme des femmes. Alors qu’elle s’apprête à révéler une escroquerie au faux tableau dans sa respectable galerie et hôtel des ventes, elle est virée par le fameux Rupert. C’est sans doute à ce moment là que la jeune femme établit son plan de vengeance. Elle s’échappe le temps d’un week end avec un client sur la Côte d’Azur. Alors que les choses tournent mal, Judith, devenue désormais Lauren usera de ses charmes et de son intelligence machiavélique pour s’infiltrer dans ce riche milieu de la Côte d’Azur et de la jet set. Passant l’été sur le yacht d’un milliardaire, Lauren savoure son succès à l’avance et met son plan en place pour la vengeance…

Amateurs d’art, sachez que ce roman est très pointu en la matière. Nous sentons la passion de Judith pour l’art et les oeuvres qu’elle découvre, pour son métier, mais à travers cela nous découvrons la plume passionnée de l’auteure, professionnelle de l’art. Pointue et documentée elle nous entraîne de la Côte d’Azur à l’Italie et nous fait découvrir d’une manière très immersive l’art sous ses formes les plus pures, les plus belles mais nous montre également le sombre côté du traffic et des magouilles du milieu. Judith nous entraînera sur des pistes toujours plus vertigineuses pour parvenir à ses fins, traquant les riches collectionneurs et prête à tout pour s’introduire dans le milieu et y briller. En tout cas, je ne peux qu’admirer le travail de documentation fait au sujet de l’art et la capacité de l’auteur à nous faire voyager dans les beautés mais aussi les ténèbres du monde de l’art.

La force de ce roman est sans doute notre narratrice non fiable. Ne la croyez jamais, elle aura toujours un coup d’avance sur tout le monde, y compris sur vous. Alors que vous pensez comprendre ce qu’elle est en train de faire, alors que vous croyez la comprendre, la réalité est toute autre et vous explose à la figure un peu plus tard, de manière brutale, froide, sanguinaire, sans états d’âmes. Judith/Lauren n’a aucune pitié et agit de sa propre initiative, elle est libérée, intelligente, brillante et n’a pas de maître ni de morale. L’auteure est persuadée que beaucoup de lecteurs haïront Judith (ou même le livre). Et il est vrai que Judith est méprisable. Qu’il est facile de la détester. Mais en même temps, elle est admirable car elle reste fidèle à elle même. Elle suit ses propres codes, sa propre loi, et elle brille pas une intelligence incroyable. C’est une manipulatrice hors normes. Judith n’a aucune empathie. Elle assume son goût immodéré pour la mode (d’ailleurs Merci Lisa Hilton de nous citer TOUT un catalogue de marques de luxe, le jour où je gagne au loto je serai qu’il faut tel it-bag, tel it-shoes…je le dis ici avec humour mais c’est un point qui m’a PROFONDEMENT agacé dans ce roman, le placement de marques à tout va). Lauren assume son goût immodéré pour le sexe. Lauren ne fait pas l’amour, Lauren baise. Lauren jouit de la vie et du sexe, de l’argent et de l’art. Ne lui cherchez pas d’excuses, elle n’en attend pas. Ne cherchez pas pourquoi, elle ne vous le dira pas.

Concernant les scènes de sexe, rien à redire, elles sont bien mises en place, fidèles à l’héroïne et ses « non limites », elles appuient vraiment le côté libéré de la jeune femme et sa passion du cul. Concrètement Judith/Lauren est prête à tout pour se faire baiser, elle ne rechigne pas à tailler des pipes si besoin est pour lui ouvrir des portes. Mais, ces scènes ne sont pas vraiment captivantes. Elles ne sont pas dérangeantes mais n’apportent rien si ce n’est prouver que Lauren aime ça. Je ne sais pas quel est le but pour l’auteur de ces scènes ? Exciter le lecteur ou battre 50 nuances de Grey ? Bonne question. Personnellement, ces scènes m’ont vite ennuyées même si elles ne m’ont ni choquées, ni ennuyées. Rappelons ici que c’est l’héroïne qui dirige tout, qu’elle n’est JAMAIS soumise ou manipulée. Elle est la dominatrice, elle est entreprenante et accro au sexe, elle manipule et dirige.

Le côté thriller maintenant. Qu’il est plat. La grosse première partie de ce roman consiste à nous raconter une première mort, accidentelle, la fuite de Judith qui saisit alors l’occasion de mettre à exécution la vengeance tant attendue, et de se faire entretenir par un milliardaire obsédé de travail qui n’oublie jamais de lui glisser une liasse de billets pour aller faire du shopping. Judith va donc s’introduire dans la jet set et y prendre du plaisir, s’acheter des milliers d’euros de sacs, chaussures et robes (avec le guide des marques, rappelez-vous). Bien sûr tout cela est utile pour le plan de Judith, n’oubliez pas qu’elle a toujours un temps d’avance sur vous, sur tout le monde. N’oubliez pas qu’elle dirige tout grâce à son brillant esprit et son mignon petit cul. Oui mais…j’ai trouvé pour ma part qu’il y a par moments une avalanche de clichés (la bimbo mariée à l’ignoble homme riche, les mecs qui cherchent qu’à baiser la plus bonne du coin etc…même s’ils ont une part de réalisme) et surtout que l’héroïne s’en sort toujours un peu trop facilement de ses saletés d’embrouilles, qu’elle arrive un peu trop facilement à berner son monde et obtenir TOUT ce qu’il lui faut. Très calculatrice certes mais un peu chanceuse aussi non ? Remarquez, peut-on lui reprocher d’user de ses charmes ? Fait-elle pour autant de la femme, une femme objet. Et bien non…Là aussi l’auteure nous épate. A aucun moment la femme n’est réduite à l’état de femme objet, ce serait même plutôt le contraire (car Judith méprise les femmes objets). Pour autant le roman, je le répète n’a rien de féministe. Bref revenons en à ce côté thriller. Oui il y a du sang, des cadavres et quelqu’un qui va suivre la piste de Lauren. Mais c’est trop tardif pour moi dans l’histoire, ça arrive après un temps infini. On a le temps de décrocher et de ce dire que le côté thriller est un peu trop en arrière.

Bon maintenant répondons à la question la plus difficile de cette chronique (qui est probablement la plus difficile à écrire pour moi) : pourquoi n’ai-je pas aimé ? Et bien il est très difficile de préciser mes pensées. Les livres qualifiés de « dérangeant » en général ne me posent aucun soucis, même au contraire. Mais ici, avec moi ça n’a pas pris. Premièrement, non je n’ai pas aimé le mélange des genres. Je ne dis pas qu’un thriller ne peut pas se mêler à l’érotisme mais ici c’est trop et c’est presque écoeurant (pas dans le sens dégoutant mais dans le sens trop y’en a marre). De plus j’ai détesté l’avalanche de marques citées à la moindre occasion. On peut parler de luxe sans citer toutes les it-marques du moment, non ? Citer sans arrêt ces marques m’a donné un peu l’impression de feuilleter un livre ponctués de phrases sponsorisées (placement ou pas ? passion de l’auteure pour ces marques ?) Une simple indication du prix de la paire de chaussures aurait suffit pour nous placer dans ce monde de luxe, n’est ce pas ? (Enfin au moins si vous voulez faire tomber un millionnaire vous saurez quoi acheter pour le garder dans votre lit). Judith ne m’a pas plu, c’est évident. Je n’aime pas son personnage et à partir de là et bien difficile d’accrocher à l’histoire vu qu’elle en est la narratrice (non fiable rappelez-vous). Elle est par contre une formidable actrice et je ne peux m’empêcher de me demander quel coup de maître elle nous réserve dans la suite de ses aventures…Ce que j’ai aimé en revanche chez elle c’est qu’elle est déterminée et qu’elle assume qui elle est, qu’elle croit en elle et ses talents. J’ai aussi aimé sa passion de l’art et ses connaissances très pointues en la matière. Mais globalement son personnage ne m’a pas captivé, je ne me suis absolument pas attachée à elle et m’en suis vite lassée. Elle se joue de tout le monde, vous serez prévenus. Et soyez certains qu’elle évolue comme un poisson dans l’eau dans ce milieu jet set pourri et perverti. Nous ne pouvons pas être en empathie avec Judith, par contre, elle ne cessera de nous surprendre.

Je reconnais par contre que ce roman présente des qualités non négligeables et que le livre pourra en effet séduire des milliers de lecteurs. Ca n’a pas pris avec moi, dommage. Mais soulignons l’audace de l’auteure qui construit sa trilogie autour d’une anti héroïne, une femme détestable qui manipule comme vous respirez et remarquons aussi le côté ultra addictif de cette histoire. Comme je vous le disais si ce livre ne m’a pas plu, il n’empêche que je voulais absolument lire la suite et qu’il me rendait accro. Etrange non ? Non, tout simplement la plume est suffisamment brillante et vu que Judith a toujours un temps d’avance sur nous, on se demande sans arrêt où elle veut en venir. Ce thriller érotique est donc un véritable page turner, l’auteur ne mâche pas ses mots, elle emploie du vocabulaire adapté aux situations, très cru quand il le faut, très pointu quand il s’agit d’art. Elle parvient à nous « ouvrir les portes » d’un monde aussi beau que pourri, aussi machiavélique que l’esprit de Judith qui y a finalement toute sa place et sera une parfaite marchande d’art…

 

enbref

Un thriller érotique déroutant auquel je n’ai pas su accrocher. Toutefois, la plume est bonne, documentée et assumée. Ce livre, pavé dans la marre de la littérature érotique en bouscule les codes pré-établis et s’en joue en construisant son intrigue autour d’une héroïne accro au sexe qui n’a aucune limite et manipule tout le monde pour parvenir à ses fins dans le monde véreux de l’art. Elle n’a pas besoin d’homme pour lui porter secours, elle se joue de tout et même de vous, vous ne l’oublierez pas de sitôt.

08/20

Et oui, désolée. 08 pour les qualités citées mais non je ne peux pas lui mettre plus, ce serait hypocrite envers moi et envers vous. Malheureusement on ne peut pas tout aimer et même (particulièrement peut être ?) les GROS succès annoncés. Peut être donnerais-je une chance au second tome, et peut-être celui-ci saura me satisfaire d’avantage ?

Lisa Hilton

 

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28 réflexions sur “[Chronique] Maestra de L.S. Hilton

    • Et bien je trouve important de détailler pourquoi on aime pas un livre quand on le peut.
      Ici comme je l’ai dit le livre n’est pas mauvais, mais j’ai pas aimé. C’est pour moi un mélange qui ne prend pas du tout…

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  1. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #35 | BettieRose books

  2. Très très chouette chronique qui laisse bien paraître ton agacement (et ça fait parfois du bien, de voir qu’un livre ne fait pas l’unanimité !). J’aime assez les parutions de la Bête Noire mais j’avoue que celui-là me laisse totalement de marbre, je ne comprends pas le mélange érotique/thriller qui ne semble en plus pas être franchement réussi ici ! En plus, l’avalanche de marque que tu décris me gonfle déjà ! Si je veux lire un catalogue, je lis un catalogue… Enfin bref. A voir ou pas. Et surement pas ^^.

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    • Merci. C’est vrai que ma chronique n’a pas pour but de « descendre » l’ouvrage, j’ai bien trop de respect pour les auteurs pour cela, mais vraiment pointer pourquoi moi je n’ai pas aimé…
      Je n’ai vraiment pas aimé ce mélange de genre qui n’est pas équilibré et oui les marques mais qu’est ce que ça m’a énervée… J’adore ton « et sûrement pas ».

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  3. Tu résumes totalement ce que je pense de ce roman ! Je n’ai pas aimé l’héroïne, je n’ai pas aimé ce que je lisais et pourtant je voulais continuer … Bref tu as bien mis les mots sur mon ressenti 🙂

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