[Chronique] Angels can fly – Tome 1, Le chant des murmures de Anaïs Montreau et Sandra Szaja

Publié aux éditions Le Quai des Écrivains – janvier 2018 – 352 pages
Merci à Pauline et aux éditions LQÉ pour cette lecture

Et si une jeune fille de 17 ans se retrouvait téléportée plusieurs centaines d’années dans le futur, suite à la Catastrophe pendant laquelle ont eu lieu des guerres sans fin qui ont dévasté le monde.
Et si…

C’est le destin d’Heloa… Belle et mystérieuse, elle est physiquement différente des humains de cette nouvelle civilisation, où le transhumanisme et l’intelligence artificielle règnent.
Dans ce monde où la nature a repris ses droits, seules quatre Communautés survivent. Parmi elles, Natis, en Europe, vaste territoire où la vie s’écoule paisiblement… en apparence.

Zoé et Leïla sont meilleures amies et elles n’ont jamais connu le monde au-delà des frontières de la ville. L’une compte bien suivre les traces de ses parents, tandis que l’autre veut partir à l’aventure. Mais l’arrivée d’Heloa va tout bouleverser…

Comment engager cette chronique ? Vous le savez, je suis toujours honnête sur mes avis littéraires, mais je reste « bon public », dans le sens où les livres que j’abandonne et/ou que je n’aime pas du tout se font très très rares. Là, j’étais persuadée que ce roman était fait pour moi. Il s’agit d’une lecture en service de presse et j’avais vraiment cette envie de nouveauté, de découverte. Celle des autrices, mais aussi celle de la maison d’édition que je ne connaissais que très vaguement de nom. D’ailleurs réglons tout de suite l’histoire de cette ME : rien à leur reprocher ! Le travail éditorial est là, la couverture est largement correcte, l’objet livre aussi, bref, de ce côté-là, R.A.S. C’est malheureusement presque tout le reste qui pêche. Du moins SELON MOI, n’oubliez jamais que vous avez le droit d’adorer un livre que quelqu’un déteste et inversement. Donc, si en dépit de mon avis négatif vous avez envie de lire le roman, mais lancez-vous sans hésitation. Toujours se faire son avis par soi-même et si au pire vous hésitez trop, n’hésitez pas à lire différentes chroniques. Maintenant, c’est parti.

J’aime les romans dystopiques, c’est un fait indéniable. Tout comme j’aime la littérature YA. Ainsi, je n’avais que peu d’inquiétudes concernant ce livre puisqu’on me l’avait décrit (et attention à juste titre cependant) comme « roman young adult post-apocalyptique qui se déroule en 2250 entre transhumanisme, robots et société baignée dans le numérique. De nombreux sujets d’actualité tels que les attentats, la conception d’un enfant, la dernière volonté après la mort, ou encore les inégalités entre les classes sociales sont également abordés. » Alors oui, ce roman repose bien sur tous ces concepts. Seulement, pour moi, rien ne s’emboite, rien n’est fluide, le tout est terriblement bancal et plat. Pourtant, il est difficile de ne pas être emballé par des sujets aussi forts, aussi pertinents et actuels (même si nous sommes en 2250). De plus, selon le résumé, on allait également aborder le voyage dans le temps, un thème que je trouve fascinant (bien entendu on n’est pas dans une version Retour vers le Futur). L’histoire manque cruellement de consistance, les bases qui auraient pu être solides pour bâtir l’histoire, ne sont en fait que bien trop tremblantes. Si l’on peut très difficilement prévoir ce qu’il va se passer, c’est principalement parce que l’intrigue nous tire des lapins du chapeau et qu’on reste un peu… décontenancé.

Notre personnage principal est Heloa, mais elle ne sera pas la seule dont nous aurons le point de vue (3e personne). Elle est de notre époque, mais va se retrouver dans le futur, un futur assez étrange où règne une silencieuse dictature. L’atteinte aux droits individuels est saisissante, mais les Grands de ce nouveau monde font en sorte que les Anciens (nous) ne soient que peu abordés même si importants. Le monde où arrive Heloa n’est pas le sien, ni géographiquement ni dans l’époque. Pourtant, la jeune femme n’a aucun mal à s’habituer aux différences et nouvelles technologies. Dans cette société où les robots ont une place déterminante, il apparait évident au lecteur que le moindre mouvement des citoyens est traqué. Natis n’a rien d’un lieu de rêve même si on tente de faire croire à ses habitants qu’ils ont une chance en or de pouvoir vivre dans la cité totalement close, car le Monde n’est plus que ruines, ou presque. De même, l’être humain a évolué et les auteurs expliqueront la perception des différences pourtant percutantes de physiques pour Heloa et son frère, bien trop rapidement, expédié comme une info peu pertinente. Pourtant… moi j’aurais aimé en savoir encore plus. Et c’est là où réside tout le problème du livre en premier lieu : du potentiel particulièrement mal exploité.

Commençons par parler des personnages totalement inconsistants et peu crédibles. Je ne me suis attachée à aucun. Heloa qui devrait nous faire vivre les choses est plutôt ennuyeuse et trouve les solutions aussi facilement qu’une clé dans une serrure. Je veux bien reconnaitre son intelligence, mais quand même. De plus, la construction de l’amitié avec Zoé et Leila est peu crédible, en deux lignes c’est expédié. Concernant ses deux jeunes filles, admettons que Zoé soit suffisamment étoffée pour nous agacer et Leila est par contre un peu plus intéressante même si, encore une fois, le tout manque vraiment de profondeur. Quant aux autres personnages, je n’en parle même pas… ils me sont déjà sortis de la tête et n’auraient rien révolutionné dans tout cela. Les explications ou descriptions sont confuses, bien trop « rapides » et le peu d’informations que nous avons à nous mettre sous la dent nous laisse une impression d’inachevé. Certaines situations sont trop « faciles », et trop peu de questions sont posées, du moins pas de la manière aussi profonde que pourrait nous le laisser penser toute la thématique du roman. Et c’est très enrageant de voir ce potentiel peu travaillé, cette société pas tant développée que cela. Mais, pour moi, et là, je suis désolée de devoir le dire, c’est le style, la plume, la construction narrative qui m’a le plus posé problème.

Cet avis n’engage que moi et ne vient en aucun juger les compétences des autrices, je ne suis pas là pour cela. Je vais vraiment parler uniquement de ma perception. J’ai eu l’impression de lire un brouillon de ce que le roman aurait pu réellement être. Des idées fascinantes, mais qui retombent aussitôt à plat. Des conversations peu crédibles, absolument pas réalistes. Des actions sans queue ni tête. Des passages d’un point de vue à l’autre sans la moindre transition; rendant le tout peu compréhensible. On ne sent pas la menace ni le danger. Tout semble anecdotique alors que pourtant, cela pourrait être fort, vraiment. Je ne m’y suis pas du tout retrouvée et ce n’est même pas un manque de maturité d’une plume ou de l’histoire. D’ailleurs, c’est bien du Young Adult, là-dessus, pas d’erreurs de style ou autre maladresse, le travail est fait. Mais c’est un tout qui forme quelque chose de bien trop inconsistant et que j’ai dû me forcer à terminer, parcourant les dernières pages de manière assez rapide. Bien entendu, on ne m’a pas du tout donné envie de lire la suite. Mais quel dommage avec des idées comme celles-ci ! La trame narrative ne m’a pas convaincue, plutôt ennuyée, déboussolée, mais dans le mauvais sens; parfois on a l’impression qu’on sort du brouillard stylistique pour s’engouffrer dans une montée en puissance des idées, du concept, de l’action, mais c’est tellement vite bouclé que l’espoir s’envole en un battement d’ailes. Difficile de comprendre la temporalité concrète, là je dirais que c’est peut-être volontaire, mais globalement ce roman reste flou, les explications trop vite envoyées, les « illuminations » des personnages sur un sujet sortent de nulle part, les pseudo intuitions sont peu crédibles… Bref, un style pour moi brouillon et inabouti en dépit de plumes qui pourtant ont un quelque chose… Si la cohérence, la consistance et les enchainements étaient au point, pourrions-nous alors tirer un peu plus du récit ?

Vous l’aurez compris, c’est un échec complet pour moi et j’en suis la première désolée. J’étais persuadée de passer un bon moment comme je les aime avec ce genre d’histoire, mais ce ne fut pas le cas. Encore une fois si le résumé vous parle, je vous invite à vous faire votre propre avis. Nous savons bien que ce qu’aime untel ne sera pas aimé par son voisin par exemple. Il est vraiment, mais alors vraiment dommage que le groupe de résistants à cette société, les Silencieux, ne soit pas mieux travaillé. Si l’exploitation était cohérente, consistante, nous aurions déjà pu avoir un roman plus accrocheur.

Je ne vais pas en rajouter, tout est dit et développé plus haut.

 

40 réflexions sur “[Chronique] Angels can fly – Tome 1, Le chant des murmures de Anaïs Montreau et Sandra Szaja

  1. Girls n Nantes Eva (@GirlsnNantes) dit :

    Merci pour ton avis honnête, ce n’est jamais facile de donner un avis négatif quand on est une blogueuse mais tu le fais avec style.
    Alors effectivement ce livre me donnait pas super envie à la base car je ne suis pas fan de ce style mais là en plus avec les personnages bof ça donne encore moins envie.
    bonne journée ma belle ❤

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    • BettieRose dit :

      Je sais que tu as cette problématique de l’honnêteté à coeur aussi. C’est important de se respecter mais surtout de respecter les gens qui viennent nous voir. Et c’est important de rester dans le constructif 🙂

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  2. MamanDeOuistiti dit :

    Sur ce coup, je vais te suivre doublement car je n’aime pas les romans futuristes et je ne suis plus dans la cible YA.
    Si tu avais eu un coup de cœur, je me serais laissée sans doute tenter. Mais là, il y a trop d’éléments en défaveur.
    C’est dommage car la couverture me plaisait bien

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  3. Kathleen Torck dit :

    C’est dommage, surtout si tous les ingrédients étaient réunis pour en faire quelque chose d’incroyable. C’est frustrant quand on sent qu’il y a du potentiel mais qu’il manque quelque chose pour que l’on rentre vraiment dans l’histoire. J’ai rencontré le même soucis avec un livre dernièrement, difficile d’être honnête sans descendre le livre, surtout quand le potentiel est là.
    En tout cas, je suis contente de voir que tu as su rester honnête sans pour autant démonter le livre, une chronique constructive, ça fait plaisir à lire !

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    • BettieRose dit :

      Merci beaucoup !
      Ce qui me fait toujours peur avec ce genre de chronique, c’est la formulation et surtout comme mon avis, ma pensée peut-être reçue. Je pense toujours aux auteurs des livres, je fais en sorte de bien marquer la limite entre ce que j’ai lu et « qui » peut-être l’auteur. Je ne juge jamais du travail fourni juste du résultat que j’ai lu avec mes yeux à moi. Je ne peux pas mentir à mes lecteurs sur mon ressenti mais je ne peux que les inciter à découvrir par eux-mêmes si le thème plait. Car si je n’ai pas aimé, il pourrait très bien être le coup de coeur d’autres personnes, ce que je souhaite à ce roman 🙂

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  4. Laura dit :

    Coucou,

    Ha mince, tu vois, il me tentait bien. La couverture me fait penser au célèbre film « Je suis une légende » et le synopsis avait l’air sympa ! Du coup, je pense qu’il ne sera pas fait pour moi !

    Belle journée,
    Laura – Bambins, Beauté et Futilité

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    • BettieRose dit :

      Ah mais merci ! J’arrêtais pas de ma demander à qui/quoi la couverture me faisait penser et mon homme qui me dit « j’en sais rien moi tu as tellement de livres… » Mais oui, remarque, les humains sont en nombre fortement réduit 🙂

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    • BettieRose dit :

      Mais oui, car tu n’as pas la même « lecture » que moi, on a chacune notre façon de voir les choses, nos expériences, nos attentes… et si ça se trouve tu aimeras ! D’ailleurs je suis quasi certaine que l’univers te plairait (même si ça manque de développement) car les idées sont riches et variées.

      Aimé par 1 personne

  5. Anais dit :

    Ton article me plaît car il n’est pas lisse comme un peu trop souvent je trouve concernant les romans futuristes. Merci pour ton honnêteté car de primeur abord ce livre paraissait top. Commme quoi!

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  6. Nacera YAH dit :

    Coucou, c’est clair que c’est bien dommage que le sujet soit traité trop en surface et pas assez en profondeur. C’est un thème qui pourtant pourrai être ultra vibrant. Parlez d’avenir et en même temps de thème actuelle. Peut être que les autruches ne se sont pas assez mis à la page des personnages. Il y a certainement eu un manque de personnification. D’après ton avis le sujet a été bâclé et c’est dommage. Cela ne me donne pas forcément envie de m’y plonger!

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