[Chronique] Et du ciel tombèrent 3 pommes de Narinai Abgaryan

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Publié aux éditions MACHA – octobre 2016 – 288 pages
Merci à Quentin de La Fringale Culturelle pour cette lecture 

resume

Le point de départ de ce roman sincère et délicat est un village situé au sommet des montagnes arméniennes. Au fil des pages, il devient une allégorie du monde moderne : la guerre et les catastrophes naturelles anéantissent la vie des familles qui y vivent et qui doivent puiser en elles-mêmes pour surmonter ces tragédies.
Construit autour de quatre histoires personnelles captivantes, le roman crée un récit universel et met en lumière la force de l’amour, de la famille et des souvenirs heureux, inaltérables.
Le titre du roman vient d’un proverbe ancien : « Et du ciel tombèrent 3 pommes : la première dans les mains de celui qui a conté, la deuxième dans celles de celui qui a écouté, la troisième dans celles de celui qui a compris. »

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Voilà un roman qu’il va m’être bien difficile de chroniquer. Pourquoi ? Parce que Et du ciel tombèrent 3 pommes est un récit de vie, et en tant que tel, il se lit pour se vivre. Même s’il n’a pas su conquérir totalement mon cœur, certains passages ont su m’étreindre, m’émouvoir, me toucher. La grâce des mots, la difficulté des épreuves, mais surtout la solidarité si lumineuse fait que l’on se sent terriblement bien dans ce roman et qu’on prend alors le temps de le savourer, de l’assimiler et d’en comprendre la profonde signification. Je ne connaissais pas l’auteure et son travail avant que l’on vienne me proposer ce roman au titre si particulier ! En fait il s’agit d’un proverbe ancien « Et du ciel tombèrent trois pommes : la première dans les mains de celui qui a conté, la deuxième dans celles de celui qui a écouté, la troisième dans celles de celui qui a compris. » Ainsi les trois premières parties reprennent ce proverbe : A celui qui avait vu, A celui qui avait raconté, A celui qui avait écouté, suivi de l’épilogue des histoires déroulées ici. Toute cette importante première trame narrative (jusqu’à la page 214/288) m’a fascinée. Absorbée par l’histoire et les personnages. En revanche, la fin du livre divisé aussi en plusieurs parties, beaucoup moins importantes ici m’a moins emballée. Nous avons ainsi Zoulali qui est une histoire très touchante et délicate, puis Khaddoum, Matchoutcha et nous terminons sur « Je vis ».

Ce qui va constituer la force de ce roman est incontestablement la plume, le ton choisi, à la fois réaliste et délicat, poétique et dramatique. Car nous sommes dans un pays en guerre, qui va connaître de grands malheurs et des catastrophes écologiques également. Le village autour duquel prend vie notre intrigue se vide de ses âmes au fur et à mesure des années, et bientôt il ne restera que les plus âgés, ayant survécu à la famine et non appelés au combat. Mais l’écriture se fait toujours lumineuse, chaleureuse. Le roman s’ouvre pourtant sur une femme qui attend la mort et s’y prépare. Persuadée qu’elle va partir, elle met tout en ordre pour faciliter la vie de ceux qui vont la trouver. Seule depuis toujours ou presque, elle est très liée à ses voisins qui veillent sur elle. Mais, c’est bien connu qu’on ne peut que mourir seule. Tout ne va pourtant pas se dérouler comme prévu et sa vie va prendre un tournant inattendu et magnifique. L’auteur nous brode alors les histoires familiales avec une délicatesse et un amour incroyable. Nous sentirions presque les odeurs des tisanes de sa voisine et des plats préparés le soir. Nous ressentons la chaleur de la force, la sécheresse de la terre, les larmes qui coulent et se tarissent. Mais surtout, ce que nous percevons c’est la lumière apportée par l’amour, sans condition et sans besoin de liens de sang.

Si la première et plus longue des histoires fut ma préférée, donc celle d’Anatolia, les autres nous apportent un éclairage sur d’autres points importants. Comment ne pas être touché par le destin de Zoulali et l’amour qui l’entoure ? Mais les autres aussi. Et puis ils ont tous en commun quelque chose de dramatique : ils ont connu la guerre, la peur, la faim, la mort. Mais tous ont fait leur choix, celui de la vie, de la lumière, de prendre le chemin qui les mènera à une existence toute nouvelle, qui connaitra certes encore des épreuves, mais… Et tu ciel tombèrent 3 pommes, la première dans les mains de celui qui a conté, la deuxième dans celles de celui qui a écouté, la troisième dans celles de celui qui a compris.

enbref

Un roman lumineux qui emmène le lecteur à la rencontre d’un peuple, qui drame après drame, doit se retrouver, se reconstruire. Au travers des histoires de chacun, c’est l’impact des évènements que nous percevons et la force que ces personnages en tirent. Un hommage à la vie, à la beauté des choses et aux choix d’avancer. Le maitre mot : l’espoir.

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PS : mon nouveau système de notation n’est pas encore au point, cela va venir ^^

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16 réflexions sur “[Chronique] Et du ciel tombèrent 3 pommes de Narinai Abgaryan

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