[Chronique] L’autre soeur de Cylin Busby, et si la soeur retrouvée n’était pas celle qu’elle prétend être ?

Publié aux éditions Milan – Page Turners – Janvier 2018 – 288 pages
Traduction Sarah Dali
Merci à Page Turners pour cette lecture

Quand la sœur aînée de Nico, Sarah, disparaît mystérieusement, sa famille est dévastée. Quatre années ont passé, et chacun a commencé à faire son deuil. Jusqu’au jour où elle réapparaît… Amnésique, mais vivante. Pareille et différente. Au fil des jours et des semaines, Nico en vient à se demander s’il ne s’agit pas d’une imposture. Comment réagir si c’est le cas ?

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[Chronique] Dans l’ombre de Stella de Alexandra Sirowy

Publié aux éditions Pocket Jeunesse – septembre 2017 – 416 pages
Merci à Pocket Jeunesse pour cette lecture

Il y a 11 ans, deux petites filles sont parties jouer dans la forêt, seule l’une d’elles est revenue…

Il y a onze ans, Jeanie et Stella sont parties jouer dans la forêt ; seule Stella est revenue… Aujourd’hui adolescente, elle aspire à passer un été doux et tranquille avec ses amis. Pourtant, la découverte d’un corps, dont la ressemblance avec Jeanie est troublante, va raviver des souvenirs enfouis depuis tant d’années. Stella va tout faire pour se remémorer et comprendre ce qui s’est passé lors de cette journée fatidique. Mais attention ! affronter les monstres du passé n’est pas sans conséquences…

À trop parler de monstres, ils finissent par prendre vie… Lire la suite

[Chronique] Follow me back de A.V. Geiger

Publication Collection R – 8 juin 2017 – 358 pages
Merci à Netgalley et Collection R pour cette lecture

Follow me. Love me. Hate me.
#EricThornObsessed

Agoraphobe, Tessa Hart ne parle à presque personne au quotidien, exception faite des réseaux sociaux où elle nourrit sa passion pour Eric Thorn, le prodige pop-rock de sa génération. Prenez-la pour une folle si vous voulez, mais il est le seul qui semble la comprendre, alors même qu’ils ne se sont jamais rencontrés…
Pris au piège entre son contrat et des fans envahissants au point de lui faire craindre pour sa vie, Eric se crée un faux compte Twitter pour troller l’un de ses plus gros followers, @Tessa<3Eric. Au lieu de ça, la relation qu’ils tissent sur Twitter dépasse vite tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Et lorsque les deux se donnent rendez-vous dans la vraie vie, ce qui aurait pu être la plus belle rencontre de tout les temps vire au cauchemar…

Si vous pensez savoir sur quelle piste ce livre va vous mener, oubliez tout. Vous ne savez rien, vraiment. Jusqu’à l’ultime page. Oui, notre romancière Wattpad parvient à vous entrainer dans une histoire addictive sur laquelle vous n’avez finalement que peu d’indices et les pions sont avancés quand on ne les attend pas. Si cette histoire concerne des personnages assez jeunes, 18 ans, ils sont parfaitement ancrés dans la réalité assassine des réseaux sociaux et leurs faux semblants. Deux jeunes perdus sur Twitter et qui y trouvent soudainement quelque chose. Mais si la vérité n’était pas celle que l’on craint ? Alternant les points de vue de ses deux héros, l’auteure signe un premier tome déroutant et fascinant. Lire la suite

[Chronique] La fille d’avant de JP Delanney

Publié aux éditions Mazarine – 8 mars 2017 – 462 pages
Merci à Netgalley et Mazarine pour cette lecture

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu’elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’oeuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.
Alors qu’elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s’engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes… et vit dans la même terreur que la fille d’avant.
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[Chronique] Ne pars pas sans moi de Gilly MacMillan

neparspassansmoiPublié aux éditions Les Escales – Collection Escales Noires – 2016 – 480 pages

Un grand merci à la maison d’édition pour cette lecture

 

resumeUn petit garçon de 8 ans est enlevé. Pour l’opinion et les médias, une seule coupable : sa mère. Et ils veulent sa peau… Alors qu’elle se promène dans les bois avec son fils Ben, Rachel le laisse partir devant elle jusqu’à l’aire de jeux. Quand elle arrive sur les lieux, Ben a disparu. Bientôt, médias et réseaux sociaux se déchaînent : Rachel est accusée d’être une mauvaise mère qui n’a pas veillé sur son fils…à moins qu’elle n’ait fait le coup ? Attaquée de toute part, soupçonnée par la police, Rachel ne peut se fier à personne : Elle seule peut découvrir la vérité et retrouver Ben.

MONAVISV2Voilà un roman que j’avais déjà repéré lors de sa sortie chez France Loisirs. Je dois avouer que je préfère largement la couverture proposée par Les Escales. Vous savez que j’aime les beaux livres et je trouve que l’édition des Escales est sublime. Sombre et mystérieuse tout comme le roman qu’on nous propose alors.

C’est l’histoire de ce qui pour vous sonnera peut être comme un fait divers. L’histoire d’un enfant qui disparaît et de parents qui supplient les ravisseurs de le ramener. L’histoire d’un enfant qu’on doit retrouver au plus vite si on veut qu’il ait une chance de survivre. Les statistiques angoissantes égrainent les heures et tout le monde spécule sur le coupable. Alors que la maman dérape (elle craque), tout le monde lui crache sa haine. Pour eux, elle est la seule coupable. Devenue une « mauvaise mère » incapable de veiller sur son enfant puis passant au statut de meurtrière probable, Rachel ne peut se fier qu’à elle même pour retrouver son enfant qu’elle pleure chaque jour.

Une histoire tragique et douloureuse, celle de la perte d’un enfant. Rachel se promenait dans les bois avec Ben, comme tous les dimanches. Avec son chien, fidèle ami du petit garçon. Rachel, femme divorcée et malheureuse qui a encore du mal à faire le deuil de sa relation amoureuse et qui en veut au père de Ben d’avoir refait sa vie. Rachel, photographe qui aime plus que tout son fils et qui lui laisse ce jour-là un peu plus de liberté, d’autonomie. C’est alors que le drame survient, Ben a disparu dans les bois. Après recherches une seule conclusion s’impose, le petit garçon a été enlevé. Mais par qui et pourquoi ? C’est ainsi que toute la vie de Rachel mais aussi celle de son ex-mari va être passée au peigne fin. Quand Rachel est attaquée de toute part, elle culpabilise mais garde à l’esprit qu’il lui faut rester présente pour Ben. Elle est persuadée qu’il est vivant et veut le retrouver. Elle est prête à tout quitte à se débrouiller par elle même.

C’est une histoire à deux voix que nous avons, qui nous content les évènements depuis le jour de la disparition jusqu’à la conclusion de l’enquête. Rachel nous donne son ressenti, nous livre son expérience mais surtout nous fait part de sa souffrance, de l’intolérable attente, de la douleur innommable qu’est celle de la perte d’un enfant. Elle passe par tout un tas d’émotions et nous les livres sans pudeur. Pour que nous comprenions qui elle est. Pourtant même en se livrant aussi crument qu’elle le fait dans son récit, le lecteur ne pourra s’empêcher de se poser des questions sur cette maman…Et si elle nous menait en bateau ? Si elle nous manipulait ? Confronté à un second point de vue, celui du flic en charge de l’affaire et traumatisé par cette disparition, le lecteur sera sans cesse amené à élaborer des hypothèses qui seront démontées au fil de l’avancement de l’enquête. Les journées entre la disparition nous sont racontées une à une, comme le temps d’un sablier qui s’écoule bien trop vite, les grains se déversant à une vitesse folle, aussi folle que la douleur de Rachel qui sait que plus le temps passe moins il y a de chances de retrouver son enfant vivant. La voix du policier nous est apporté par un rapport / récit complet qu’il livre à sa psychologue, qui doit juger s’il est capable ou non de reprendre le travail après cette histoire. Elle y ajoute des comptes rendus d’entretiens entre eux et ses notes sur le comportement du patient. Le fait que ce policier soit traumatisé par l’histoire, plus le fait que les journées nous soient contées l’une après l’autre entretient le suspens tout au long du roman quant à l’issue de cette affaire : Ben est-il vivant ? Qui s’en est pris à lui ?

L’écriture est précise, fluide et entretient un suspens incroyable tout au long de ce roman qu’on dévore à une vitesse folle. Il est très facile de se mettre dans la peau de Rachel (et pourtant je n’ai pas d’enfant) et d’être pris d’une grande empathie pour cette maman au bord du désespoir. Cette femme, imparfaite comme tout le monde, qui en plus de gérer sa souffrance va devoir affronter la haine des médias et de la population, les secrets de famille mis à jour par l’enquête, et voir son ex-mari avec sa nouvelle femme…Cette femme qui va beaucoup se remettre en question et se livrer. Cette maman qui finalement ne sait plus à qui se fier. Et si tout le monde mentait ? Et puis on a ce policier qui passe d’un doute à l’autre et se flagelle de passer à côté de certains éléments pourtant capitaux. Ce policier, lui aussi imparfait, alors que dans une histoire de disparition d’enfant, on a pas le droit à l’erreur. Mais quand un secret aussi dramatique que l’enlèvement d’un enfant est aussi bien gardé, peut on vraiment reprocher à la police de passer à côté ? Les personnages sont analysés, décortiqués et sont impitoyables envers eux même. Cet enfant les réunit et les rend fragiles. Qui a le coeur de s’en prendre à un gosse de 8 ans ? Qui pourrait vouloir lui faire du mal et pourquoi ? Le lecteur sera autant questionné que les personnages de cette histoire. On s’interroge même sur la soeur fidèle de Rachel, on peut presque douter de la nouvelle femme de l’ex mari, ou pourquoi pas de cet étrange assistant d’éducation ou de ce joueur un peu loufoque de jeux de rôles ? La plume nous prend à la gorge et nous fait nous poser toutes ces questions et bien d’autres et on est tellement en quête de vérité qu’on ne veut pas lâcher le livre. Cette écriture sans faille est capable de vous faire passer du récit narratif, à l’interview psychologique, à l’article de journal puis à un rapport psychologique en un claquement de doigts avec une fluidité précise et efficace. Tout est fait pour rendre ce roman addictif et énigmatique. Angoissant et émouvant.

Et puis le dénouement. Inattendu et pourtant pas tant que cela. Qui arrive sans prévenir. Qui nous met une claque. On se dit « qu’est ce qu’on a loupé » dans cette histoire. On attend la réaction des médias, chacals de l’information, sans pitié et qui n’hésite pas à détruire la vie d’une femme meurtrie par la disparition de ce qu’elle a de plus cher. On attend la réaction du policier mais aussi et Rachel. On se dit que l’instinct d’une mère est formidable et ne trompe pas. La conclusion se tient parfaitement et pourtant on ne la voit pas venir, c’est brillant, efficace. Un livre sombre et magistral sur une thématique sensible et douloureuse.

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Un livre sombre sur une thématique éprouvante, celle de la disparition d’un enfant. Alors que la mère est accusée, le lecteur devra lui aussi élaborer ses propres hypothèses et suivre ou non l’instinct d’une mère blessée et désemparée. Avec des personnages parfaitement travaillés, une plume efficace et un suspens entretenu, l’auteur signe ici un livre énigmatique et addictif.

MANOTE18/20

 

[Chronique] Innocenti de Eric Descamps

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Paru aux éditions Atine Nenaud – 332 pages

Innocenti est un livre que j’ai eu la chance de lire, au format numérique et je tiens à remercier l’auteur Eric Descamps ainsi que Livraddict. Ensemble, ils organisent une rencontre virtuelle sur le forum et j’ai hâte d’y participer

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resumeParis, le 13 janvier 2013.
Au cours de la manifestation contre le mariage pour tous, six femmes s’écroulent, et meurent dans les minutes qui suivent, saignées à blanc.
Hantée par l’idée d’un attentat politique, la police mène une enquête dans la plus grande discrétion. Rien ne relie les victimes les unes aux autres, si ce n’est que chacune est enceinte de son premier enfant.
Deux semaines plus tard, durant la manifestation en faveur du mariage pour tous, d’autres femmes meurent, laissant les enquêteurs sans la moindre piste.

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D’entrée de jeu nous savons que nous allons avoir affaire à un thriller médical que l’on redoute politique. Des femmes meurent mystérieusement, rien ne semble les relier entre elles. Nouveau virus ? Comment se transmet-il et quels sont les risques de propagation ? Attaque terroriste ou Serial killer ? Les enquêteurs doivent agir au plus vite et trouver le coupable avant que la terreur se propage et s’empare de la population.

Vincent est le personnage principal de notre thriller. Il n’est pas flic mais travaille dans les bureaux de la Police pour l’installation d’un redoutable logiciel de reconnaissance faciale, Crowdscan. C’est ainsi qu’il va se retrouver, malgré lui, emporté dans l’enquête car sa maîtrise du logiciel peut aider à remonter jusqu’au coupable. Sauf que rien n’est simple, les pistes se mêlent et s’emmêlent et Vincent qui n’a pas les épaules pour ce genre de mission donnera tout ce qu’il a même s’il se sentira dépassé. Vincent est un personnage un peu perdu, un peu naïf mais attachant et on le plaint de le voir mêlé à cette enquête effrayante sur d’horribles meurtres. Les autres personnages sont également intéressants, à l’instar de la mystérieuse Alice et de son redoutable père ou encore des enquêteurs qui jouent volontairement la carte du cliché pour être sûr de ne jamais se laisser berner.

Il est difficile de parler du livre et de l’intrigue sans vous spoiler. Sachez que toutes les femmes ont bien un point commun et que ces victimes sont choisies pour une bonne raison et que cela fait froid dans le dos. Les détails médicaux du « virus »sont effrayants et petit à petit on redoute une épidémie dévastatrice. La paranoïa s’installe alors rapidement dans l’esprit du lecteur qui se monte tout un tas d’hypothèses qui s’effondrent au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête. Dès les premières pages nous entrons dans le vif du sujet et il n’y aucun temps mort. Le rythme est soutenu, intense et efficace. Les éléments s’imbriquent avec cohérence. Jusqu’au bout du livre on doute, on s’interroge, on cherche les indices jusqu’au moment de la grande révélation finale qui reste époustouflante et effroyable. Le suspens est donc présent tout au long du livre et est réellement maintenu jusqu’au bout. Nous nous retrouvons dans le tourbillon infernal des découvertes des enquêteurs et l’angoisse monte lentement mais sûrement. L’enquête est complexe et les policiers doivent faire preuve de réactivité et de sang froid en permanence.

L’auteur a su faire preuve d’originalité, d’inventivité et de créativité dans un domaine qu’il n’est pourtant pas facile de renouveler. A l’aide d’une plume simple et efficace, il nous entraîne sans détour dans une paranoïa redoutable, ajoutant petit à petit des détails effroyables et sobrement exposés.

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Un thriller au rythme soutenu et fluide, qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Un dénouement surprenant, qu’on ne voit vraiment pas venir et qui fait voler en éclat nos hypothèses. Un style fluide et percutant, un auteur qui nous marque avec un très bon premier roman. Amateur de suspens, ce livre est pour vous, il vous entraînera dans un tourbillon infernal d’interrogations et d’angoisse.

MANOTE

18/20