[Chronique] Smoke de Dan Vyleta, saurez-vous résister aux tentations et à la Fumée ?

Publié aux éditions Robert Laffont – Janvier 2018 – 572 pages
Traduction Isabelle Delord-Philippe
Merci à Robert Laffont pour cette lecture


Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner.
Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afi n de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l’aide de la ravissante et très prude Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.
Dès lors, une lutte à mort s’engage entre eux et la police politique. C’est la guerre de la passion contre la raison, du désir contre la bienséance, du droit contre l’injustice – même si leurs frontières sont souvent imprécises.
Un tour de force d’une féroce imagination, un conte d’une audace dickensienne en parfaite résonance avec notre époque.

« Smoke est une réflexion provocante sur la nature du mal, du pouvoir, de la foi et de l’amour. » Publishers Weekly. Lire la suite

[Chronique] David Bowie n’est pas mort de Sonia David

Publié aux éditions Robert Laffont – 24 août 2017 – 180 pages
Lu en partenariat avec Netgalley et Robert Laffont , merci !

« Ma mère est morte. Mon père est mort. David Bowie est mort. Ce ne sont pas uniquement de mauvaises nouvelles. »

À un an d’intervalle, Anne, Hélène et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi disparaît. Dans l’enfance d’Hélène, la « soeur du milieu », le chanteur a eu une importance toute particulière, dont le souvenir soudain ressurgit. Alors, elle commence à raconter… Sur les thèmes inépuisables de la force et de la complexité des liens familiaux, de la place de chaque enfant dans sa fratrie, voici un roman d’une déconcertante et magnifique sincérité.

Il m’aura fallu du temps pour vous parler de ce roman. Celui de l’assimiler et celui qui est nécessaire à lui accorder le meilleur possible. Car pour la « petite » histoire, David Bowie n’est pas mort restera dans la liste des ouvrages ayant marqué ma vie. C’est pour cette raison que j’en ai offert un exemplaire à ma mère, qui elle même en a offert un à sa sœur. Parce qu’aimer lire, c’est aussi partager, transmettre. Nos parents nous transmettent un héritage, nous le transmettons nous-mêmes à nos descendants, etc. Pour moi, la lecture c’est ça. En l’occurrence, j’ai offert l’opportunité à ma mère de lire un livre qui ne pourrait que lui plaire et lui parler. Car la thématique abordée par Sonia David est universelle, celle du deuil. Et que, si vous avez vécu ces moments si particuliers de l’existence, vous ne pouvez que comprendre. Un récit intimiste, mais universel, voilà ce qu’est ce roman. Et sous la plume de l’auteure, il se transforme en une sublime histoire familiale, qui pourrait être la vôtre, la nôtre. Lire la suite

[Chronique] C’est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood

Publié aux éditions Robert Laffont – Pavillons – 17 août 2017 – 450 pages
Merci à Netgalley et Robert Laffont pour cette lecture 

Le nouveau chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, l’auteure de La Servante écarlate
Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture… Aussi, lorsqu’ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n’ont plus rien à perdre.
À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d’oeuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison… ou ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s’installe chez eux avant d’être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n’y est pas : « Je suis affamée de toi. »
Avec C’est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu’inquiétant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de disparaître.

Je suis certaine que vous connaissez le nom de l’auteure pour son roman La servante écarlate, récemment adaptée en série TV. Dystopie profondément féministe, elle a fait du bruit et apparemment devenue incontournable. Je compte bien la lire d’ailleurs, mais je n’ai pas pu résister à cette nouveauté de Rentrée littéraire chez Robert Laffont. Je tenais donc à remercier Netgalley et Robert Laffont pour cette lecture sympathique. Si le début du roman et même je dirai sa première moitié me laissait présager d’un coup de cœur, ce ne fut pas le cas malheureusement, mais il n’empêche que c’est un très bon roman qui pousse sur des pistes de réflexion solides, sans hésiter à jouer avec des codes clichés et sarcastiques.

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[Chronique] Ni le feu ni la foudre de Julien Suaudeau

nilefeu

Publié aux éditions Robert Laffont – Août 2016 – 270 pages

Merci à Babelio et Robert Laffont pour cette lecture dans le cadre de Masse Critique

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« Si les choses pouvaient en rester là.
Le boulevard Magenta, marinant à jamais dans le bruit, le noir des murs et les vapeurs des pots d’échappement.
Les feuilles encore vertes aux branches des platanes.
Ma bouteille à moitié vide, mais à moitié pleine.
Moi, toujours en vie, sentinelle au-dessus du trafic, parlant au chien pour le rassurer et sentant sous mes doigts le fer forgé de la balustrade.
Cinq sens, aucune raison que ça s’arrête. Pas de date de péremption. J’envelopperais tout dans du papier cadeau et je le mettrais à l’abri, en promettant de ne pas regarder.
J’aimerais la pollution et le vacarme des autobus comme la prunelle de mes yeux – comme la vie elle-même.
Les feuilles des arbres ne finiraient pas par tomber.
Ma bouteille ne se viderait pas.
J’aurais neuf vies de chat devant moi. »
Du petit matin jusqu’au soir du 13 novembre 2015, cinq personnages chassent le bonheur dans les rues de Paris, poussés par des vents contraires : l’espoir et les regrets, la colère et le calme, la joie et le deuil. Les pas de ces Parisiens les rapprochent du concert ou les en éloignent ; leurs destins s’entrelacent ou s’écartent. Ni le feu ni la foudre capte la lumière de ces étoiles sur le point de s’éteindre. Lire la suite

[Chronique] À demain, Lou de Marie-Claude Vincent

AdemainlouPublié aux Éditions Robert Laffont –  Avril 2016 -168 pages

Livre découvert grâce à Pretty Books, merci ❤

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Élisabeth, Lou et la petite Laura forment avec leurs parents une famille unie et joyeuse. Jusqu’au jour où Éli part passer le week-end chez une amie et ne revient pas. Bloquée par le silence des adultes, Lou n’ose pas poser de questions. Le corps pressent ce que l’esprit refuse d’accepter, mais admettre qu’Éli est morte serait plus terrible encore que ce mutisme qui, peu à peu, empoisonne tout.

C’est sur cet événement que Lou revient à la veille de ses seize ans, l’âge d’Éli à sa disparition. Comment continuer à vivre sans cette grande soeur qu’elle chérit tant ? Comment se résoudre à devenir plus vieille qu’elle ? Comment cesser d’être « la petite soeur d’Éli » ? Il va bien falloir, pourtant, passer ce cap…

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Quel sujet touchant, émouvant, bouleversant que celui du deuil. Je crois que je vous en ai déjà parlé sur mon blog, mais le deuil ainsi que l’accompagnement de fin de vie sont des sujets qui me passionnent. N’y voyez rien de morbide, seulement une envie de comprendre ce processus, d’accompagner, aider les gens. Ici, Lou aurait sans doute dû bénéficier d’un accompagnement. À 12 ans, comment comprendre que sa grande sœur chérie ne reviendra jamais ? À la veille de ses 16 ans, l’âge auquel son aînée a disparu, Lou revient sur les 4 dernières années, celles passées sans Éli, celle à attendre son retour. Mais comment, maintenant qu’elle a bien compris que sa sœur était morte peut-elle accepter de devenir plus vieille qu’Éli au moment de la mort de cette dernière ? Comment accepter alors de ne plus être « la petite sœur d’Éli ».

Vous l’aurez compris, ici, le deuil est raconté sous une forme différente, originale. La narratrice Lou va plonger dans ses souvenirs des jours qui ont précédé le drame, des jours qui ont suivi, des mois de déni, des moments d’acceptation et surtout cette angoisse d’être plus vieille que sa soeur. Quand Éli est partie pour le week-end chez une copine, après de formidables vacances en famille, Lou était triste. Mais Éli, lui a promis de rentrer le lendemain « À demain, Lou ». Mais Éli ne rentre pas, on parle à Lou d’accident et qu’Éli est « partie ».

« Cela fait quatre ans que ma sœur aînée est morte. Laura, ma petite sœur n’avait qu’un an à la mort d’Éli. Moi j’en avais douze, mais il a fallu qu’oncle Charles rentre de Yokohama le jour de mes treize ans pour que je réalise que je ne reverrais plus jamais Éli. Mon oncle est le premier à avoir prononcé ces mots : Élisabeth est morte ».

Voilà les premières lignes de ce roman. Il aura fallu des mois à Lou « Louloulou » pour admettre la vérité, comprendre que sa sœur ne reviendrait pas. Pendant de longs mois, elle fera tout ce qu’elle peut pour oublier l’absence de son aînée, imaginant des stratagèmes voués à occulter la vérité. Elle sera profondément bouleversée, mais surtout, autour d’elle, tout n’est que silence. Personne ne parle d’Éli, personne ne dit qu’elle est morte, on évite d’en parler, on décroche sa photo du mur, on vide ses tiroirs, donne ses vêtements. Lou, elle, ne comprend pas ce silence et va devoir malgré tout avancer. Mais la pauvre jeune fille est comme bloquée par ce silence. Elle n’ose pas poser de questions. Elle ne peut pas se confronter à une réalité que ses parents, pensant bien faire et gérant leur chagrin comme ils le peuvent, font tout pour occulter. Ne plus parler d’Éli semble pour eux la solution pour que chacun puisse faire son deuil.

Pour autant, Lou vit dans une famille équilibrée, soudée, aimante et qui prend soin d’elle. Seulement, quand on est parents et qu’on perd un enfant, il doit être très difficile de gérer son propre chagrin et en plus de comprendre celui des autres enfants restants. Ses parents, même s’ils commettent, en quelques sortes, cette erreur du silence, ne cesseront d’être présents pour Lou et Laura. Ils ne deviendront pas des fantômes, ne laisseront jamais tomber leurs autres filles, seulement, ils sont silencieux.

Lorsqu’à la veille de ses 16 ans, Lou prend conscience que bientôt, elle sera plus vieille que sa propre grande sœur, elle panique et perd de nouveau contrôle de ses émotions. C’est ainsi qu’elle nous raconte son parcours. Elle nous ouvre la porte de son cœur, de son chagrin, de ses pensées les plus intimes, et nous livre un récit, certes court, mais profondément touchant. Nous comprenons sa détresse et aussi les étapes par lesquelles elle est passée. Nous acceptons que pour elle, Éli ne peut pas être partie pour toujours. Elle développe des TOC, des réflexes et nous, lecteurs, nous lisons sa souffrance, impuissants. Quelle douleur plus vive que la perte de quelqu’un d’aussi proche ? Lou a perdu son modèle, son repère, sa bouffée d’oxygène et elle ne sait plus quoi faire de cet âge qui s’approche et la ramène à tant de douloureux souvenirs. Lou prend conscience de tout ce que sa sœur aurait dû vivre.

C’est une histoire magnifique qui peut tirer quelques larmes. Après avoir refermé le livre, il m’a fallu quelques heures pour me poser et digérer l’histoire. L’émotion est puissante, belle, salvatrice. L’écriture, un peu particulière, reste sublime et parfaitement adaptée à Lou. Nous avons l’impression de vivre ce deuil à ses côtés sans jamais pouvoir l’atteindre, ni l’aider. Nous vivons vraiment cette épreuve comme si nous étions dans la tête d’une jeune fille de 12 ans et non comme un adulte le raconterait. Bravo à l’auteure pour cette prouesse. Nous pourrions, peut-être, juste regretter la brièveté de ce roman, quelques pages sur les autres années de Lou, auraient peut être pu renforcer notre attachement à la jeune fille. En revanche, il est très facile de succomber au charme de « l’âme » d’Éli et encore plus à celui de Laura, adorable petite fille que cette mort n’a pas vraiment atteint.

enbref

À demain, Lou est un court roman sur le deuil. À 12 ans comment admettre la mort de sa sœur aînée et son caractère immuable ? Avec une plume profondément adaptée à l’âge de la narratrice sans faire enfantin pour autant, l’auteure nous entraîne aux côtés de Lou qui va devoir grandir et devenir plus vieille que sa grande sœur. Une histoire d’une émotion intense et bouleversante. Quelques pages de plus auraient pu prolonger notre émotion et l’intensifier.

MANOTE

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[Chronique] Brooklyn de Colm Tóibín

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Edition présentée ici : Robert Laffont – Collection Pavillons – Mars 2016 – 324 pages

resumeEnniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s’occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l’idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l’Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.

MONAVISV2Voilà un roman dont je n’avais pas entendu parler avant qu’il voit sa médiatisation accentuée par la sortie de l’adaptation cinématographique. Malheureusement le film ne passe plus par chez moi donc je ne pourrais pas vous en parler. En revanche j’ai passé un excellent moment dans ce roman qui nous plonge au coeur des années 50, ma période favorite de l’histoire.

Nous sommes donc en Irlande dans les années 50 et Eilis avec ses qualifications de comptable ne parvient pas à trouver de travail, hormis son petit job à l’épicerie du coin tenue par une femme pour le moins particulière. Mais Rose, sa soeur qui est populaire et a un très bon boulot parvient à lui trouver un emploi aux U.S.A. A vrai dire, Eilis n’avait jamais prévu de partir. Leur mère ne peut pas vraiment vivre seule et elle était persuadée que sa soeur, belle et intelligente partirait de la maison avant elle. N’ayant pas vraiment le choix, Eilis se voit propulsée dans un bateau en direction des Etats-Unis. Eilis ne laisse pas grand chose derrière elle, juste sa mère et sa soeur, ses deux frères ayant déjà fait le choix d’aller travailler ailleurs aussi. Toutefois, elle est terrorisée à l’idée de tout quitter et de se retrouver dans une nouvelle ville sans personne. Certes, le prêtre qui lui obtient un emploi là bas est présent mais il n’est en rien sa famille ni ses rares amies irlandaise. Eilis se retrouve donc à vivre dans une pension de famille irlandaise avec une logeuse au très fort caractère et commence une carrière de vendeuse en magasin. Petit à petit elle va devoir se faire à ce rythme, à ce climat, cette ville, ce pays et à la distance entre elle et ses proches. Remettons nous dans le contexte, les appels longue distance était un luxe quasi impossible à se permettre. Alors Eilis écrit à sa mère et sa soeur très souvent et leur raconte son quotidien. Bien sûr, elle connaîtra le mal du pays. Elle sortira avec les autres filles de la pension mais sans vraiment avoir d’affinités avec elles. Un long parcours attend alors notre jeune irlandaise.

Eilis est une jeune femme un peu fragile et attachante. Elle affrontera sa nouvelle vie du mieux qu’elle le peut et mesurera sa chance même si ce n’est pas simple. D’une nature plutôt réservée et soumise nous aimerions vraiment la voir s’imposer un peu plus dans sa vie auprès des autres et surtout s’épanouir. Sans doute trop bien élevée, la jeune femme se met toujours en retrait afin de combler les attentes des autres, comme sa mère ou sa soeur par exemple, plutôt que les siennes. Sa rencontre avec un adorable américain d’origine italienne va venir bouleverser son quotidien et sa vision de la vie aux U.S.A. Mais Eilis ne vit jamais pleinement les choses et nous aurions parfois envie de la secouer. Clairement, c’est un roman de vie, d’un instant particulier et il ne se passe pas grand chose. Jusqu’à ce qu’un drame survienne, très tardivement dans le roman et qu’Eilis se voit obligée de retourner quelques temps en Irlande. Elle doit laisser Tony derrière elle. Une fois en Irlande elle est assaillie de doutes et se devra choisir entre deux hommes.

Ce roman est donc une histoire de vie et d’amour. Eilis va découvrir la vie aux U.S.A., de nouvelles expériences dans le monde professionnel et social, s’investir dans sa paroisse avec bonté et générosité, découvrir l’amour. Mais elle sera toujours « soumise » et victime du choix des autres, ne parvenant pas à s’imposer. La fin du livre est à la fois surprenante et attendue. Le caractère même d’Eilis pousse vers un tel choix alors que le lecteur s’attend peut être à un déclic, un changement. Eilis est une jeune femme qui a le sens du sacrifice sans même s’en rendre compte et elle a toujours l’impression de devoir quelque chose aux autres. L’auteur parvient à nous faire ressentir beaucoup d’émotions au travers des renoncements et des choix par défauts de notre jeune irlandaise qui accepte sans broncher de vivre le contraire de ce qu’elle voudrait.

Si la plume de l’auteur est belle et nous entraine passionnément dans cette histoire d’amour et de vie, le manque d’action se fait parfois trop ressentir. Toutefois cette platitude est en accord parfait avec le caractère passif de la jeune femme. Tony, lui, apportera du dynamisme, de la joie et de la spontanéité dans cette histoire. Nous apprécions également beaucoup la logeuse qui voit tout et sait tout et qui bien qu’elle ne soit pas toujours commode peut s’avérer d’une aide assez précieuse pour les filles qu’elle loge. Les règles de la pension sont strictes mais conformes à l’époque et au caractère irlandais. Nous sommes confrontés à un choc des cultures. Certes la langue est semblable mais Américains et Irlandais ne vivent pas de la même façon. C’est une époque à laquelle beaucoup d’Irlandais sont partis tenter leur chance aux Etats Unis et en cela, ce roman est un parfait instantané social de cette période. Nous découvrons ainsi le monde du travail mais aussi la position de la femme et des Noirs dans un monde qui est encore en pleine évolution et qui panse ses blessures de guerre.

enbref

Une jolie histoire d’amour et de nouveau départ pour une jeune femme fragile ne sachant pas s’imposer et qui quitte sa famille irlandaise pour les Etats Unis. Là bas de nouvelles expériences et des rencontres. Son coeur sera constamment tiraillé entre les Etats Unis et l’Irlande, entre la raison et la passion. Même s’il ne se passe pas grand chose c’est un roman plein d’émotions et porté par une très jolie plume.

MANOTE

17/20

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