[Chronique] Harper & Hicks – Tome 1 L’ombre de Gilgamesh par Cyriane Delanghe

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Publié aux Editons Voy'[el] – 2016 – 244 pages

Lu en partenariat avec Livraddcit et la maison d’éditions, MERCI.

resumeDavid Harper, lieutenant à la brigade criminelle de la police de Pennsylvanie, poursuit sans relâche les malfaiteurs et les meurtriers. Il adore son job. Pour lui, les règles sont les règles et jeter les assassins en prison obéit à son sens de la justice.
Quand un tueur mystérieux sème la terreur à Philadelphie en reproduisant sur ses victimes d’antiques rites funéraires, il n’a d’autre choix que de se tourner vers la victime survivante d’une agression identique.
Depuis trois ans, Morgan Hicks est interné en hôpital psychiatrique pour avoir voulu agresser l’un de ses étudiants qu’il soupçonne d’avoir momifié sa petite amie. Pour les besoins de son enquête, Harper obtient de ses supérieurs qu’il soit provisoirement relâché.
S’engageant dans une véritable course contre la montre, les deux hommes se lancent à la poursuite du serial killer, lequel semble bien décidé à semer la Mort sur la ville pour s’ouvrir ainsi les portes de l’au-delà… à moins qu’il ne s’agisse d’assouvir une terrible vengeance.

MONAVISV2J’ai pu lire ce roman en partenariat avec Livraddict et ce fut pour moi l’occasion de découvrir une nouvelle maison d’édition. Je n’ai pas beaucoup d’expérience en matière de romance M/M (entre deux hommes), mais le peu que j’ai suffisait à me convaincre de renouveler l’expérience et c’est pour cela que j’avais choisi ce livre. De plus, si l’on ajoute à une sympathique histoire d’amour, un tueur en série et une enquête « course contre la montre », je me disais que ce roman était forcément pour moi. Malheureusement, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture et je suis ressortie très mitigée de tout cela.

David Harper est un lieutenant de police, plutôt acharné de boulot et solitaire. Quand nous faisons connaissance avec lui, il vient de faire un cauchemar et a du mal à gérer ses sens exacerbés. Nous comprenons rapidement que son travail représente à peu près toute sa vie et qu’il a un passé de soldat. Lorsqu’un redoutable assassin sème la terreur à Philadelphie, Harper se retrouve confronté à un dossier vieux de 3 ans et va devoir interroger le petit ami de la victime de ce cas, témoin et interné en hôpital psychiatrique depuis. Leur tueur en série semble reproduire des rites funéraires ancestraux. Quand Harper rencontre Hicks, il ne s’attend pas à ce genre de personnage et quelque chose de mystérieux l’attire. Il va alors obtenir de faire relâcher le jeune professeur, en assurer la protection et l’héberger pour que celui-ci l’aide dans ses recherches. D’autant plus que Hicks semble être la clé de l’affaire, mais aussi la seule personne capable de remonter la piste du meurtrier. Au fur et à mesure de l’enquête, les deux hommes vont se mettre à éprouver des sentiments alors inédits pour eux et être attirés l’un par l’autre.

Le postulat de départ a de quoi séduire. On s’attend à une enquête corsée, passionnante, se déroulant à un rythme effréné et l’on se demande même comment l’auteure va réussir à y inclure la romance. Il s’avère, que dans ce roman, les fils sont gros, trop gros malheureusement et les énigmes résolues bien trop facilement. L’intrigue, que l’on pense complexe, est assez creuse, plate et on s’ennuie, car nous n’avons jamais à réfléchir, tout nous est mâché par le super professeur. Le méchant de l’histoire est plutôt pathétique, mais on ne va pas lui enlever son obsession et sa cruauté envers les victimes. Très peu de compassion sera d’ailleurs accordée aux victimes, elles n’intéressent pas vraiment les enquêteurs de toute façon. Démêlant les indices d’une manière plutôt mystérieuse, Hicks se révèle être d’une aide très précieuse pour Harper. Mais les sentiments qui naissent entre eux sont TRÈS peu exploités et on se demande vraiment à quel moment cela va démarrer.

Et là, nous tombons dans la banalisation d’un fait pourtant grave (et je ne suis pas prude du tout), dont tout le monde « rigole », dont personne ne s’offusque, à commencer par les concernés. J’avoue que j’ai été très déroutée par ce passage que j’ai trouvé « too much » voir inutilement « violent psychologiquement » et trop peu naturel pour déclencher une histoire d’amour. Je n’ai pas vraiment les mots, mais cette scène est pour moi affligeante. Peut-être que ça plaira à certains, en tout cas moi, je n’adhère pas du tout. De plus, le reste de la romance manque cruellement d’émotions, de sentiments, de passion. Alors, oui, les deux hommes se posent quelques petites questions, mais pas plus que cela.

L’histoire est peut-être sauvée par un style facile à lire et par les traits d’humour dont savent faire preuve les personnages. En revanche, ne comptez pas vraiment sur eux pour vous faire partager leurs émotions, leurs terreurs alors qu’ils ont vécu des choses très graves. De même, la sortie de l’hôpital psychiatrique, la mère qui fait pression, les médecins clichés, etc., tout ça forme un ensemble bien trop invraisemblable et finalement on perd le fil d’une histoire qui aurait pu, pourtant, être très bonne. Clairement, tout est trop effleuré et manque cruellement d’approfondissement. On ne sent jamais l’investissement des deux hommes dans leurs émotions, leurs sensations ou même leurs peurs. Tout est « facile ». Certaines scènes et interrogations ne semblent rien nous apporter de plus et nous cherchons alors plus d’intensité dans l’histoire. Quant aux personnages secondaires, et bien, ils le resteront clairement et nous n’en saurons pas plus sur eux. Enfin, l’acte final (et je ne parle pas de l’épilogue) est bien trop vite expédié, bien trop « facile » à son tour. Dommage, car même si l’on en apprend très peu sur eux, Harper et Hicks ont un potentiel intéressant, ce sont des hommes attachants et très intelligents qui ne veulent pas laisser leur passé traumatisant prendre le dessus. Toutefois, n’oublions pas que les blessures font partie de nous et ces deux-là semblent vraiment bien s’en sortir.

Une enquête trop peu approfondie, une romance qui démarre par la banalisation d’un acte violent et qui ne nous emporte dans aucun sentiment, voilà le principal problème de ce livre. Toutefois, notons que le choix narratif n’est pas inintéressant, puisque le roman est partagé à moitié, répartissant ainsi la narration entre Harper, puis Hicks. Si le tout ne manquait pas cruellement de profondeur, nous aurions pu être immergés dans une enquête sordide contrebalancée par la naissance de sentiments nouveaux et puissants. Malheureusement, rien de cela ne s’est produit pour ma part. À noter que quelques coquilles dans l’ouvrage n’arrangent pas la lecture. Un livre qui se lit vite, mais sera rapidement oublié dans mon cas.

Je termine quand même avec des points positifs, car clairement même si je n’ai pas spécialement aimé cette lecture je ne l’ai pas non plus détestée. L’auteure a un style fluide et enchaine très bien ses scènes. Même si ce n’est pas aussi haletant que ce à quoi je m’attendais, elle parvient à garder un rythme constant. On pourra également saluer l’idée de certains rebondissements qu’on ne voit pas venir (bien que ceux-ci surgissent de manière un peu trop « facile »). Je pense donner malgré tout une chance au second tome, car je reste persuadée que l’auteure a en mains des atouts indéniables pour faire d’Harper & Hicks un duo d’enquêteurs au top et un couple passionnant qui va devoir apprendre tout de la vie à deux hommes. Nous apprécierons aussi les capacités, presque fantastiques, développées par Harper qui complètent parfaitement l’intelligence supérieure de Hicks.. Le concept de l’enquête et surtout des meurtres est intéressant et s’il avait été plus élaboré, la mythologie plus fouillée, nous aurions eu entre les mains un très bon policier.enbref

Ce roman part d’une très bonne idée mais manque de profondeur et de sentiments. Le mélange entre enquête policière et romance M/M prend bien, mais souffre ici aussi de trop peu d’émotions. L’ensemble nous apparait à peine effleuré et pourtant nous sentons que le potentiel est présent. Si l’enquête était plus fouillée, tout comme la romance, nous aurions vraiment eu un bon roman entre les mains. Malheureusement, pour moi, ce n’était pas suffisant.

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[Chronique] Am stram gram de M.J. Arlidge

amstramgramPublié pour la version poche aux éditions 10/18 – 2016 – 407 pages

Disponible en grand format aux éditions Les Escales (Noires)

Merci aux éditions Les Escales pour cette lecture

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Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.
Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.
Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

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Ce titre je l’avais repéré et « mis de côté » en me disant que je finirais bien par le lire, le thème me plaisait. Et puis j’ai vu la sortie du second titre de l’auteur et donc seconde enquête de Helen Grace et là je fus irrésistiblement attirée : Il court, il court le furet. Oui il m’en a fallu peu pour me pencher sur cette nouveauté (dont je vous parlerais dans les semaines qui viennent) et avoir envie de le lire. Mais il était préférable de commencer avec Am stram gram pour bien faire connaissance avec notre policière et je me suis « exécutée » avec le plus grand plaisir. C’est très simple, ce livre se lit vit, très vite et il est très difficile de le relâcher avant de connaître la vérité, terrifiante.

Vous le savez j’aime lire de tout et régulièrement des thrillers viennent ponctuer mes lectures. J’aime les romans bien sombres où la nature humaine est mise en lumière dans ses aspects les plus pervers, cruels, terrifiants. J’aime la complexité du cerveau humain et comprendre ses agissements, tenter de démêler ce qui est peut conduire un être humain à de telles atrocités. Car ici c’est vraiment tordu. L’histoire commence par Sam et Amy, deux amoureux fous l’un de l’autre. A la fin d’une soirée, ils rentrent en stop, ils ont l’habitude Une personne s’arrête et les prends à bord de son véhicule, leur offre un café bien chaud. Trou noir. Réveil, terreur. Très vite le jeune couple découvre l’effroyable vérité, ils sont dans une piscine vide, sans issue possible (trop haute, pas de faille dans le carrelage pour escalader et bien sûr pas d’échelle), sans eau ni nourriture. Un téléphone sonne et délivre le terrible message : pour survivre l’un doit tuer l’autre, un seul sortira vivant. Puis le portable s’éteint et ne permet bien sûr aucun contact avec l’extérieur. Les cris sont inutiles, personne ne peut entendre les appels au secours. Personne ne leur rend visite. Ils sont seuls avec un pistolet chargé d’une unique balle. Comment peut se comporter un être humain privé de l’essentiel jour après jour. Pourra-t-il lutter ? Amy et Sam seront les premiers à échouer et l’un d’eux va mourir pour sauver l’autre. Et les crimes du genre se répètent. D’autres victimes, d’autres liens entre eux, d’autres lieux. Comment relier ces « innocents » entre eux, quelle est la motivation de l’assassin et ses méthodes ? Helen Grace se lance dans cette enquête aux crimes pervers et inimaginables, rencontrant les « survivants » traumatisés par « l’expérience » à laquelle ils ont alors participé bien involontairement. Pourquoi eux ? Et tout simplement pourquoi ?

Composé de chapitres courts et de divers points de vue sur l’affaire ce roman se dévore en un rien de temps et le lecteur est poussé par l’envie incroyable de comprendre. Comprendre certes les mobiles du tueur et comment le choix est fait mais aussi comprendre les survivants. Au fond on s’interroge sur une question essentielle : vaut-il mieux être mort et libéré ou avoir survécu avec le souvenir du crime atroce perpétué pour survivre ? La survie justifie-t-elle tout ? Et puis nous avons les policiers, personnages bien imparfaits. Ici certes nous avons un très bon flic, Helen mais qui cache un côté sombre, très particulier. Qui ne lâche jamais rien qui pourrait permettre aux autres de franchir les barrières en béton qu’elle a érigé autour d’elle. Helen et sa propre perversité, ses propres démons, son douloureux vécu. Et puis nous avons Marc, très bon flic mais totalement à la dérive et qui noie son chagrin, celui d’un divorce et d’un enfant qui lui a alors été enlevé, dans l’alcool. Helen et Marc forment pourtant un bon duo et savent s’entourer des meilleurs pour avancer sur cette enquête. Mais à mesure qu’on avance, la perversité devient de plus en plus sordide et la vérité encore plus terrible à affronter pour Helen.

Beaucoup de suspens, de tension. Chaque « meurtre » apporte son lot de noirceur, de questions, de regrets, de douleurs et complexifie l’enquête. Très vite un « profil » est posé sur l’identité sexuelle de l’assassin, mais rien d’autre ne perce les ténèbres de cette histoire. Les victimes traumatisées ont beau décrire la personne, tout est flou. Opaque. Helen parviendra à dénouer les fils horribles de cette histoire bien sûr mais pas sans sacrifices. Ici, chacun y laissera une partie de son âme. Nous ne sommes pas dans une histoire où tout est bien qui finit bien, les flics rentrent sagement chez eux et font la fête. Non, là, chacun y perdra quelque chose. Noirceur est le maître mot de ce thriller dont l’intrigue, complexe, est drôlement bien ficelée et nous entraîne sur une révélation finale explosive et douloureuse.

Si ce thriller est assez classique dans sa construction, il se démarque par son côté haletant et totalement addictif. Des chapitres courts et efficaces tels des coups de fouets de vérité, des personnages imparfaits mais qui donnent tout ce qu’ils ont. Et puis la réalité économique d’une ville et ses difficultés, les constructions abandonnées, le quotidien d’une commune portuaire en proie à la crise. La délinquance, les dérives, les perversions. Un roman qui derrière son intrigue complexe prend le temps de nous présenter ses personnages, leur psychologie et nous permet de faire connaissance avec eux. Un point d’autant plus important puisque nous retrouverons donc Helen dans Il court, il court le furet. Helen est un personnage passionnant, une femme de caractère qui cache quelque chose de lourd, trop pesant et qui gère son quotidien d’une façon bien personnelle, bien sombre. Au fil des découvertes les pièces s’emboîtent mais à aucun moment il n’est possible de vraiment savoir QUI est à l’oeuvre de ces crimes sordides. Seule Helen pourra parvenir jusqu’à la réalité effroyable.

Enfin saluons la plume de l’auteur qui est parfaitement adaptée aux codes du thriller et qui fait dans la noirceur sans jamais tomber dans le glauque, dans la douleur sans tomber dans le pathos, il torture ses personnages et n’épargne personne. Il parvient à nous entraîner dans cet am stram gram insoutenable et nous fait tourner les pages avec avidité. Le style est cru, direct, sombre mais aussi réaliste, immersif.

enbref

Des victimes séquestrées et forcées de se livrer à un diabolique jeu d’am stram gram pour survivre, des flics imparfaits qui combattent leurs propres démons et une intrigue parfaitement ficelée, voilà ce qui fait de ce roman un très bon thriller hautement addictif. Noirceur de l’âme et perversité, traumatismes et désespoir sont explorés à la loupe pour notre plus effroyable plaisir. Bonus : un dénouement final surprenant.

MANOTE

17/20

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[Chronique] Tout le monde te haïra de Alexis Aubenque

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Paru aux Editions Robert Laffont, collection La Bête Noire – 2015 – 432 pages

Lu en « partenariat » avec NetGalley et les éditions Robert Laffont, merci à eux pour leur confiance.

 resumeEn Alaska, la ruée vers l’horreur a commencé.

White Forest, petite ville côtière du sud de l’Alaska, est en émoi. Pris dans les glaces, un navire ayant sombré en 1920 vient d’être découvert. Les corps des marins en ont été extraits, mais manquent à l’appel ceux d’une centaine d’orphelins…
C’est dans cette étrange atmosphère que débarque Alice Lewis, avec l’espoir de retrouver sa sœur disparue. Elle engage aussitôt un ancien flic au passé trouble devenu détective privé, Nimrod Russell.
De l’autre côté de la ville, la lieutenante Tracy Bradshaw récupère une sordide affaire : pendu par les pieds dans sa grange, un notable a été éventré à l’aide d’un hakapik, l’arme inuit servant à abattre les phoques.
Envers, et surtout contre tous, les deux ex-coéquipiers, Tracy et Nimrod, vont devoir travailler ensemble alors que plane sur eux l’ombre des enfants disparus.

MONAVISV2Voici le troisième titre paru dans la collection La Bête Noire. Ayant particulièrement aimé les deux premières parutions ( Tu tueras le père de Sandrone Dazieri et Les Fauves d’Ingrid Desjours) c’est très naturellement que j’ai eu envie de lire cette nouveauté. Surtout que l’auteur, sur Facebook a su « tesaer » avec succès son histoire avant la sortie du livre, nous abreuvant d’image pour nous plonger dans le contexte et les paysages de son livre.

Bienvenue dans une petite ville de l’Alaska, bienvenue dans un froid glacial et une ambiance tout autant polaire. Alice Lewis a appris très récemment qu’elle avait une sœur. Seulement, celle ci ne donne plus signe de vie et son mari semble très évasif quand il en parle…Elle serait partie avec un autre homme abandonnant derrière elle son enfant. Alice en est persuadée, il lui est arrivé quelque chose. Elle engage alors Nimrod, ex flic devenu détective privé et connaissant les environs comme sa poche pour comprendre ce qui est réellement arrivée à la belle fille du maire de la ville. De son côté, Tracy Bradshaw a du pain sur la planche avec ce meurtre sordide dont elle peine à trouver le motif. Quand des pistes s’éclairent elle fait appel à son ex-coéquipier, Nimrod pour tenter d’y voir clair. Ils sont loin de s’imaginer ce que cette sordide histoire cache…

C’est donc un thriller dans un univers glacial à l’intrigue captivante que nous allons suivre. Les pistes restent brouillées très longtemps et on avance péniblement dans les découvertes et le lecteur semble pris dans la torpeur du climat ambiant. La plume de l’auteur, bien que simple, nous embarque sans mal dans ces paysages et cette météo particulière, nous fait faire connaissance avec ses personnages sympathiques et déterminés à découvrir la vérité. Nous adorons suivre la complicité et l’amitié puissante entre Nimrod et Tracy, qui bien qu’ils n’en ont plus le droit, vont s’associer pour comprendre les récents événements de la vie plutôt tranquille de White Forest et tenter de voir si le tout peut être relié.

L’intrigue est parfaitement menée du début à la fin. Par moment nous avons le récit d’un enfant de la mine qui vient compléter le récit et épaissir les mystères de ce thriller. Fait il partie des 100 orphelins disparus à l’époque de la ruée vers l’or ? Qui a pu tuer sauvagement cet homme dans la grange et surtout, pourquoi ? Quand en plus le maire se sent intouchable et tente de faire dériver l’enquête, la patience des enquêteurs sera mise à rude épreuve.

Tracy est un personnage auquel on s’attache tout de suite. Tiraillée entre la passion de son métier et sa famille qui lui réclame un peu plus d’attention, elle est une dure à cuire et ne voudra rien lâcher tant qu’elle ne connaîtra pas la vérité. Elle a une conscience professionnelle incroyable mais n’hésitera pas à contourner un peu la loi si nécessaire pour avancer. Elle pourra compter en permanence sur l’aide de Nimrod, dévoué et surtout en manque du terrain. Nimrod est un personnage torturé par son passé qui vit un peu à l’écart avec sa chienne mais qui n’hésite pas une seconde à aider la douce et fragile Alice. Bien sûr d’autres personnages évoluent autour d’eux, tels que les autres flics ou le shérif, le mari de la soeur d’Alice, le maire intouchable etc.

Au delà de l’histoire sordide dont il est question, Alexis Aubenque vous promet un véritable dépaysement dans les paysages sauvages et neigeux de l’Alaska. Le climat refroidit l’ambiance générale et nous tentons de comprendre s’il y a un lien entre les 4 histoires : le bateau retrouvé dans la glace, Vassili, la femme disparue et le meurtre. L’auteur prend le temps de faire s’imbriquer les pistes et la révélation s’avère plutôt surprenante. Pour ma part, je ne l’ai pas sentie venir, j’étais loin de m’imaginer une telle chose, tant c’est une histoire plus profonde que je le pensais. Bravo pour le suspens ménagé, pour les personnages sans scrupules et pour les héros de cette histoire qui donneront tout ce qu’ils ont au nom de la vérité. Toutefois, il y a quelques points qui restent dans le flou et ce malgré des explications pourtant données par le « méchant » de l’histoire; certains détails auraient pu être un peu plus creusés pour approfondir un sujet pourtant marquant. Allons-nous retrouver le duo Nimrod- Tracy pour une autre enquête au coeur de l’Alaska ?

enbrefUn thriller au style fluide qui vous embarque dans les sublimes paysages, la froid polaire et l’immensité de l’Alaska pour découvrir de terribles secrets. Une intrigue menée parfaitement et laissant place au suspens avec des personnages forts, attachants et déterminés. Une fin en apothéose qui nous entraîne au plus profond de la noirceur de l’âme.

MANOTE16/20

 

[Bibliographie Auteur] Les livres de Michel Bussi

Afin de conclure en beauté cette semaine consacrée à Michel Bussi, voici sa bibliographie. Je n’ai chroniqué que ceux que j’avais lu mais je suis très tenté par Gravé dans le sable et puis ça tombe bien il vient de sortir chez Pocket, le partenaire de notre concours que je tiens encore à remercier pour les lots.

 

code-lupin-bussiL’aiguille creuse d’Etretat, les tours blanches de l’abbaye de Jumièges, le vieux phare de Tancarville, le tombeau de Rollon sous les ruines de Thibermesnil, la valleuse déserte de Parfonval, les îles englouties de la Seine, les marées d’équinoxe de la Barre-y-va… Autant de lieux mystérieux dont les énigmes sont percées par Arsène Lupin, dans de fascinantes chasses aux trésors, au coeur du triangle d’or, le fameux triangle cauchois, imaginé par Maurice Leblanc. Imaginé ? Est-ce si sûr ? Et si les aventures d’Arsène Lupin dissimulaient un code ? Un sens secret ? La clé d’un trésor normand, bien réel celui-là ? Le professeur Roland Bergton en est convaincu. Il dispose d’une journée pour percer l’énigme, avec pour seuls indices une pièce d’or trouvée sous les falaises, une nouvelle inachevée de Maurice Leblanc… et l’aide d’une jeune étudiante en histoire, aussi brillante que séduisante

Paru aux Editions des Falaises – 2006 – 186 pages

 

 

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Un meurtre, huit millions de témoins…

Sixième jour de l’Armada. Un marin est retrouvé poignardé au beau milieu des quais de Rouen Quel tueur invisible a pu commettre ce crime impossible ? Quel étrange pacte semble lier les matelots du monde entier ? De quels trésors enfouis dans les méandres de la Seine sont-ils à la recherche ? Quel scandale dissimulent les autorités ? Une implacable machination qui prend en otage 8 millions de touristes. Une course effrénée contre la montre avant la parade de la Seine.

Paru aux Editions des Falaises – 470 pages – 2008

 

 

 

 

couv37460872“Je m’appelle Colin Rémy. J’ai seize ans. Je suis orphelin. C’est du moins ce que tout le monde m’a toujours dit. Pour ma part, je ne l’ai jamais vraiment cru.”C’est aussi pour cela que je suis retourné cet été d’août 2000 à Mornesey, la petite île anglo-normande au large de Granville où j’ai passé les premières années de ma vie. C’est alors que tout à basculé dans la folie.
Quel rapport entre mon histoire et l’évasion de deux prisonniers lors d’un transfert vers le centre de détention, semant la panique sur Mornesey au coeur de la saison touristique ? Dois-je croire les légendes de l’île ? Mornesey serait peuplée de bagnards et de leurs descendants… Un trésor légendaire, la Folie-Mazarin, dormirait dans le labyrinthe de souterrains creusés sous l’île.A qui puis-je faire confiance ? Peut-on voler la mémoire d’un enfant de 6 ans ? Pourquoi suis-je le seul sur l’île de Mornesey à avoir reconnu mon père ? Vivant !

  Paru aux Editions des Falaises – 400 pages – 2009

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«Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Elles possédaient pourtant un point commun, un secret en quelque sorte : toutes les trois rêvaient de fuir» Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au coeur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit tout et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps.

Paru aux Editions Pocket (pour l’édition présentée sur le blog) – 493 pages  – Editions Presse de la cité 2011

 

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Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Paru aux Editions Pocket (pour l’édition présentée sur le blog) – 573 pages – Editions Presse de la cité 2012

 

 

 

nelachepasmamainUn couple amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente,palmiers, soleil.Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n°1. D’autant qu’il prend la fuite avec leur fille de six ans.Barrages, hélicoptères… la course-poursuite est lancée au coeur de la population la plus métissée de la planète.Et si cette chasse à l’homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?

Paru aux Editions Pocket (pour la version présentée sur le blog) – 448 pages 

Editions Presses de la Cité 2013

 

 

 

 

 

Noublier jamais bussi » Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ? Ne lui tendez pas la main ! On pourrait croire que vous l’avez poussée.  » Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper et l’ambition de devenir le premier handicapé à réaliser l’une des courses d’endurance les plus ardues du monde, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Parti s’entraîner, ce matin de février, sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe rouge accrochée à une clôture ; puis la vision d’une femme, incroyablement belle, les yeux rivés aux siens, prête à sauter dans le vide. Ils sont seuls. Le temps est suspendu. Ultime recours, Jamal lui tend l’écharpe, mais la femme bascule. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, Jamal trouve le corps inerte de l’inconnue, un filet de sang qui s’échappe du crâne. A son cou, l’écharpe rouge.Ceci est la version de Jamal. La vraie ? »

Paru aux Editions Pocket (pour la version présentée sur le blog) – 544 pages – Editions Presses de la Cité 2014

 

couv45968523Quel est le prix d’une vie ? La veille du Débarquement en Normandie, face à une mort certaine, que seriez-vous prêt à promettre pour échanger votre place ? Et que vaudra cette promesse, après la guerre, alors que tous les témoins seront morts ou disparus ? Lorsqu’une jeune veuve, Alice Queen, découvre des bri­bes de vérité, vingt ans plus tard, que peut-elle prouver ? Alice décide pourtant de fouiller le passé et de s’engager dans une quête improbable qui va la mener de la Normandie aux quatre coins des Etats-Unis… Au péril de sa vie ! Accidents, disparitions, meurtres se succèdent… (Ce livre est une rééditon de Omaha Crimes paru à l’origine en 2007)

Vient de paraître aux Editions Pocket – 480 pages 

Editions Presse de la Cité – 2014

 

 

 

Maman a tortQuand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit. Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche. Le compte à rebours a commencé. Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Que les masques tombent. Qui est Malone ?

Paru aux Editions Presse de la cité – 512 pages – 2015

 

 

 

 

 

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A noter que Michel Bussi a également participé Les Couleurs de l’instant paru aux Editions des Falaises en 2010, recueil de nouvelles impressionnistes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, la semaine Michel Bussi s’achève ici, avant de partir je vous fait un récap de tout ce que j’ai publié à ce sujet cette semaine sur le blog. J’espère que vous avez apprécié cette semaine autant que moi. Ma prochaine lecture Bussi sera très certainement Gravé sur le Sable. 

Chroniques publiées :

Nymphéas NoirsUn avion sans elle Ne lâche pas ma mainN’oublier jamaisMaman a tort

Autre : Biographie et concours

Pour rappel, les gagnants du concours seront annoncés lors de la Pause Thé du dimanche 1ier novembre, sur le blog. Les lots partirons dans les jours qui suivent. Je ne saurais être tenue responsable des pertes ou vols de La Poste. Fin des participations au concours le lundi 26 octobre 2015 – 16H

Site web de Michel Bussi – Encore merci aux Editions Pocket 

[Chronique] Maman a tort de Michel Bussi

Maman a tort

Paru aux Editions Presse de la Cité – mai 2015 – 512 pages

resumeQuand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit. Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche. Le compte à rebours a commencé. Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Que les masques tombent. Qui est Malone ?MONAVISV2

Maman a tort est le tout dernier roman de Michel Bussi et c’est aussi le tout dernier que j’ai lu, et je dois vous dire que j’ai eu un énorme coup de coeur pour le personnage de Malone. Cet enfant est adorable, exceptionnel et Bussi a sur le rendre vivant, émouvant, attachant. Bussi est rentré dans la tête de l’enfant pour le faire raconter sa version à lui de l’histoire, pour nous lire les histoires de sa peluche si mystérieuse Gouti. Car Malone entretient une relation toute particulière avec Gouti et Malone affirme que Maman-da n’est pas sa maman. Où se situe la vérité ? A l’âge où les souvenirs d’un enfant s’effacent rapidement il n’y a pas de temps à perdre pour comprendre la vérité et Vasile, son psychologue scolaire ne veut pas perdre une minute…

Encore une fois, Bussi brouille les pistes en permanence et le dénouement final nous explose au visage avec fracas. On tombe de haut quand toutes les pièces s’assemblent mais au fond, la seule chose que l’on souhaite c’est que Malone n’oublie pas qui il est et qui est sa vraie maman, on veut que les adultes le croient et l’aident. Vasile, son psychologue est certain que Malone dit la vérité mais il va devoir trouver des alliés et ce ne sera pas forcément facile…Car le monde dans lequel vit Malone n’est pas tout blanc et n’est pas étranger au crime. La commandante Augresse est très loin d’imaginer ce qu’il l’attend quand elle se lance dans cette enquête ? Et si tout était bien plus complexe ? Pourquoi croire un enfant si jeune alors que ses parents ont toutes les preuves de son existence et de son identité ?

Une vérité effroyable, une manipulation à plusieurs niveaux et d’une complexité certaine. Aucun temps mort dans ce récit de Michel Bussi dont la plume est toujours aussi fluide et agréable. La psychologie des personnages est ici bien travaillée, particulièrement celle de Malone. Nous nous attachons à ce fragile petit bonhomme qui ne demande qu’à être aimé et être à sa place, ce petit garçon encore plein d’innocence et d’imagination qui explique à sa façon d’où il vient et qui il est, ce petit ange qui ne se sépare jamais de Gouti, la peluche qui lui parle tous les soirs en secret. Une psychologie enfantine parfaitement menée, un psychologue convaincant et avançant de très bons arguments. Une commandante déterminée et professionnelle déjà empêtrée dans une sordide histoire de braquage et une équipe policière aux personnalités affirmées. Quant aux « parents » de Malone…que dire ? J’ai eu beaucoup de mal à les apprécier, je pense que si vous avez lu ce livre vous savez pourquoi. Angie, la meilleure amie de Marianne Augresse est également un personnage parfaitement construit, de même que Vasile, psychologue scolaire très crédible, il est évident que Bussi s’est documenté sur la mémoire et sa construction à l’âge de Malone. Nous sommes ici face à une machination complexe, bref, Bussi signe encore un excellent policier.

enbref

Fidèle à sa réputation, Bussi nous entraîne de rebondissements en rebondissements, à un rythme effréné pour nous conduire vers un fin inattendue et spectaculaire, bien plus compliquée qu’on se l’imagine. Un policier dont le fil conducteur sera la mémoire d’un enfant qu’il faut sauver. Bussi a tout particulièrement soigné la psychologie des personnages ce qui est un réel plus au cœur de l’enquête.

MANOTE

17/20

Le concours est ouvert jusqu’à lundi prochain, n’oubliez pas (en revanche Maman a tort n’est pas à gagner)

[Chronique] N’oublier jamais de Michel Bussi

Noublier jamais bussi

Paru aux Editions Pocket – mai 2015 – 544 pages

resume« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ? Ne lui tendez pas la main ! On pourrait croire que vous l’avez poussée.  » Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper et l’ambition de devenir le premier handicapé à réaliser l’une des courses d’endurance les plus ardues du monde, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Parti s’entraîner, ce matin de février, sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe rouge accrochée à une clôture ; puis la vision d’une femme, incroyablement belle, les yeux rivés aux siens, prête à sauter dans le vide. Ils sont seuls. Le temps est suspendu. Ultime recours, Jamal lui tend l’écharpe, mais la femme bascule. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, Jamal trouve le corps inerte de l’inconnue, un filet de sang qui s’échappe du crâne. A son cou, l’écharpe rouge.Ceci est la version de Jamal. La vraie ? »MONAVISV2

Ce livre de Bussi m’a séduit par son résumé en 4ième de couverture. D’entrée de jeu, Michel Bussi place son personnage dans une situation ambigue : devons-nous croire sa version et le penser innocent ou bien nous ment-il ?  Il nous met donc volontairement à distance du personnage mais crée un homme suffisamment sympathique, courageux et plein de ressources pour qu’on s’y attache et le croire innocent quand tant de faits l’accusent. Les pistes se brouillent, et on suit le parcours de Jamal pour prouver son innocence. De plus ce meurtre rappelle celui d’une autre femme, exactement dans les mêmes circonstances il y a 10 ans…Jamal est troublé, je ne peux pas en dire plus pour ne pas vous dévoiler l’invraisemblable histoire de Jamal.

Autour de lui de bien curieux personnages qui brouillent encore plus les pistes. Jamal est seul face à ce crime qu’il jure ne pas avoir commis. Jamal en vient à regretter d’avoir pris cette écharpe et l’avoir tendu à la jeune femme qu’il voulait sauver…Mais comment expliquer qu’à l’issue de la chute l’écharpe se soit retrouvée autour du coup de la jeune femme ? Une sordide histoire au déroulement plein de rebondissements, on passe du doute à l’étonnement, on compile les infos au fur et à mesure que Jamal les reçoit…Jamal ce coupable idéal, « arabe unijambiste », facile à accuser vu d’où il vient dans une France aux clichés tenaces.

Il est difficile de parler de ce livre sans en révéler de trop. Bussi sème sans arrêt indices et contre indices, mêlant le tout à l’improbable, à des personnages plus que mystérieux et rend le tout invraisemblable pour mieux perdre le lecteur. Son personnage principal que tout semble accuser est doté d’une force incroyable et va tout faire pour prouver son innocence. Quand les pièces du puzzle s’emboîtent et que nous comprenons l’incroyable première vérité, nous tombons de haut. Et je dis bien première vérité car le premier dénouement n’est que le premier effet d’une vérité et d’une machination bien plus machiavélique. La plume de Bussi est toujours aussi addictive même si le début est ici un peu plus traînant et qu’on redoute les clichés raciaux d’un système judiciaire aux préjugés faciles. J’ai eu un coup de coeur pour Jamal, ce jeune homme incroyablement fort qui, malgré tout ce qui lui arrive fera tout pour s’en sortir et nous faire croire en son innocence. Une histoire à l’issue triste et tragique, à déconseiller pour les fans de happy ending.

enbref

Une enquête mystérieuse, des faits inexplicables et un personnage principal dérouté pour lequel on est pris d’une grande empathie. Qui croire ? Est-il coupable ou innocent ? Des rebondissements incessants après un début un peu lent et un suspens montant. Encore une fois, Bussi a l’art de ménager ses fins théâtrales où explose enfin l’effroyable vérité, exposée ici en deux actes épatants.

MANOTE

16/20

N’oubliez pas le concours Michel Bussi sur le blog cette semaine avec 4 Pockets à gagner !