[Chronique]Normal(e) de Lisa Williamson

Publié aux éditions Hachette – mars 2017 – 379 pages
Merci à Netgalley et Hachette pour cette lecture

« Je ne suis pas gay. Je suis juste une fille hétéro coincée dans un corps de mec. »

À 8 ans, David Piper a déclaré devant sa classe : « Je veux être une fille ». Six ans plus tard, il reste le mouton noir de son école. Tout le monde le croit gay, mais au fond de lui, il est simplement une fille dans un corps de garçon.
Leo Denton vient d’arriver au lycée. Il se fait passer pour un dur inaccessible. Pourtant, il cache lui aussi un secret… Il n’est pas né Leo Denton. Il est une fille devenue un garçon.
À compter du jour où Leo prend la défense de David, une amitié naît. Au cœur des tourments adolescents, une question revient sans cesse : qui sont-ils réellement ? David et Leo refusent de se conformer aux étiquettes qu’on leur a collées. Confrontés au regard des autres, auront-ils le courage et la force de se réaliser ? Lire la suite

[Chronique] Celle dont j’ai toujours rêvé de Meredith Russo

Publié aux éditions Pocket Jeunesse – février 2017 – 306 pages
Pour devenir celle dont elle a toujours rêvé, Amanda a parcouru un chemin très éprouvant mais c’est l’amour de Grant qui va l’aider à achever sa destinée.

Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir vraiment aux autres.

Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Alors qu’ils passent de plus en plus de temps ensemble, Amanda comprend qu’en se protégeant ainsi, elle passe à côté de sa vie. Elle sait qu’elle doit se faire violence et lui révéler qui elle est vraiment, mais elle est terrifiée à l’idée que cela le fasse fuir…

Celle dont j’ai toujours rêvé est un récit universel sur le fait de se sentir différent, et une fantastique histoire d’amour qui ne laissera personne insensible.

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[Chronique] Les mots d’Eden de Céline Etcheberry

lesmotsdedenPublié chez Milady – Romance Slash – 27/07/2017 -480 pages
Merci à Milady pour cette lecture

resumeC’est la dernière année de lycée pour Eden – le point final à son adolescence orageuse dans une petite ville des États-Unis, coincé entre une mère fantasque et un père aussi richissime qu’absent. La suite de sa vie, il compte l’écrire ailleurs, loin de cet univers étriqué. Un univers soudain mis sens dessus dessous par la mort d’un autre élève, et par la détresse de son frère, qui bouleverse Eden. Mais comment pourrait-il s’y prendre pour approcher ce jeune homme, dans un milieu aussi réfractaire à toute forme de différence… ?MONAVISV2

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Top Ten Tuesday : 10 livres pour s’ouvrir au Monde et enseigner la tolérance

Cette semaine, je triche. Et oui, le thème français proposé ne me convient pas, je n’étais pas inspirée et j’ai du mal à avoir un jugement aussi arrêté, définitif sur la plume d’un auteur. Qui sait ce que l’avenir nous réserve dans ce domaine ? Donc, je voulais vous faire un TTT des 10 livres que je voudrais faire lire au monde entier mais j’ai vu que ma copine Saefiel faisait le thème 10 livres que je voudrais vous faire lire de force. Ca me semblait tellement similaire que j’ai décidé de reporter le mien pour plus tard et de parler de livres importants, qui véhiculent des valeurs, des messages pour mieux comprendre les autres, leurs modes de vie, leurs choix. Pour moi lire peut enseigner l’amour et la tolérance et c’est donc dans ce domaine que je vais aller piocher. Ne soyez pas étonnés de revoir surgir ici des livres dont j’ai déjà parlé plusieurs fois… C’est juste que ces livres nous percutent et continuent de vivre en nous par la suite.

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10 livres pour s’ouvrir au Monde et enseigner la tolérance
Si je parle d’enseignement, c’est tout simplement dans le fait de transmettre, que ce soit le livre, l’histoire ou des passages. J’ai volontairement « divisé » en catégorie, ce qui est paradoxal pour quelqu’un qui n’aime pas les étiquettes mais c’était ici plus simple pour vous. La plupart des romans ont été chroniqués sur mon blog si vous voulez en savoir plus. Lire la suite

Top Ten Tuesday : Les 10 livres où il y a des scènes de sexes régulièrement

Aujourd’hui, c’est un Hot TTT qui nous est proposé. Et oui puisqu’on doit parler de 10 livres où il y a des scènes de sexes régulièrement. Pas de problèmes, j’ai ça en stock même si ce n’est pas le genre que je lis le plus. (Sexytude représentée par Dita Von Teese, qui d’autre pour moi ici ?) (NB : j’aurais pu mettre les Colleen Hoover mais j’ai résisté !)toptentuesdayintro Lire la suite

[Chronique] Harper & Hicks – Tome 1 L’ombre de Gilgamesh par Cyriane Delanghe

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Publié aux Editons Voy'[el] – 2016 – 244 pages

Lu en partenariat avec Livraddcit et la maison d’éditions, MERCI.

resumeDavid Harper, lieutenant à la brigade criminelle de la police de Pennsylvanie, poursuit sans relâche les malfaiteurs et les meurtriers. Il adore son job. Pour lui, les règles sont les règles et jeter les assassins en prison obéit à son sens de la justice.
Quand un tueur mystérieux sème la terreur à Philadelphie en reproduisant sur ses victimes d’antiques rites funéraires, il n’a d’autre choix que de se tourner vers la victime survivante d’une agression identique.
Depuis trois ans, Morgan Hicks est interné en hôpital psychiatrique pour avoir voulu agresser l’un de ses étudiants qu’il soupçonne d’avoir momifié sa petite amie. Pour les besoins de son enquête, Harper obtient de ses supérieurs qu’il soit provisoirement relâché.
S’engageant dans une véritable course contre la montre, les deux hommes se lancent à la poursuite du serial killer, lequel semble bien décidé à semer la Mort sur la ville pour s’ouvrir ainsi les portes de l’au-delà… à moins qu’il ne s’agisse d’assouvir une terrible vengeance.

MONAVISV2J’ai pu lire ce roman en partenariat avec Livraddict et ce fut pour moi l’occasion de découvrir une nouvelle maison d’édition. Je n’ai pas beaucoup d’expérience en matière de romance M/M (entre deux hommes), mais le peu que j’ai suffisait à me convaincre de renouveler l’expérience et c’est pour cela que j’avais choisi ce livre. De plus, si l’on ajoute à une sympathique histoire d’amour, un tueur en série et une enquête « course contre la montre », je me disais que ce roman était forcément pour moi. Malheureusement, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture et je suis ressortie très mitigée de tout cela.

David Harper est un lieutenant de police, plutôt acharné de boulot et solitaire. Quand nous faisons connaissance avec lui, il vient de faire un cauchemar et a du mal à gérer ses sens exacerbés. Nous comprenons rapidement que son travail représente à peu près toute sa vie et qu’il a un passé de soldat. Lorsqu’un redoutable assassin sème la terreur à Philadelphie, Harper se retrouve confronté à un dossier vieux de 3 ans et va devoir interroger le petit ami de la victime de ce cas, témoin et interné en hôpital psychiatrique depuis. Leur tueur en série semble reproduire des rites funéraires ancestraux. Quand Harper rencontre Hicks, il ne s’attend pas à ce genre de personnage et quelque chose de mystérieux l’attire. Il va alors obtenir de faire relâcher le jeune professeur, en assurer la protection et l’héberger pour que celui-ci l’aide dans ses recherches. D’autant plus que Hicks semble être la clé de l’affaire, mais aussi la seule personne capable de remonter la piste du meurtrier. Au fur et à mesure de l’enquête, les deux hommes vont se mettre à éprouver des sentiments alors inédits pour eux et être attirés l’un par l’autre.

Le postulat de départ a de quoi séduire. On s’attend à une enquête corsée, passionnante, se déroulant à un rythme effréné et l’on se demande même comment l’auteure va réussir à y inclure la romance. Il s’avère, que dans ce roman, les fils sont gros, trop gros malheureusement et les énigmes résolues bien trop facilement. L’intrigue, que l’on pense complexe, est assez creuse, plate et on s’ennuie, car nous n’avons jamais à réfléchir, tout nous est mâché par le super professeur. Le méchant de l’histoire est plutôt pathétique, mais on ne va pas lui enlever son obsession et sa cruauté envers les victimes. Très peu de compassion sera d’ailleurs accordée aux victimes, elles n’intéressent pas vraiment les enquêteurs de toute façon. Démêlant les indices d’une manière plutôt mystérieuse, Hicks se révèle être d’une aide très précieuse pour Harper. Mais les sentiments qui naissent entre eux sont TRÈS peu exploités et on se demande vraiment à quel moment cela va démarrer.

Et là, nous tombons dans la banalisation d’un fait pourtant grave (et je ne suis pas prude du tout), dont tout le monde « rigole », dont personne ne s’offusque, à commencer par les concernés. J’avoue que j’ai été très déroutée par ce passage que j’ai trouvé « too much » voir inutilement « violent psychologiquement » et trop peu naturel pour déclencher une histoire d’amour. Je n’ai pas vraiment les mots, mais cette scène est pour moi affligeante. Peut-être que ça plaira à certains, en tout cas moi, je n’adhère pas du tout. De plus, le reste de la romance manque cruellement d’émotions, de sentiments, de passion. Alors, oui, les deux hommes se posent quelques petites questions, mais pas plus que cela.

L’histoire est peut-être sauvée par un style facile à lire et par les traits d’humour dont savent faire preuve les personnages. En revanche, ne comptez pas vraiment sur eux pour vous faire partager leurs émotions, leurs terreurs alors qu’ils ont vécu des choses très graves. De même, la sortie de l’hôpital psychiatrique, la mère qui fait pression, les médecins clichés, etc., tout ça forme un ensemble bien trop invraisemblable et finalement on perd le fil d’une histoire qui aurait pu, pourtant, être très bonne. Clairement, tout est trop effleuré et manque cruellement d’approfondissement. On ne sent jamais l’investissement des deux hommes dans leurs émotions, leurs sensations ou même leurs peurs. Tout est « facile ». Certaines scènes et interrogations ne semblent rien nous apporter de plus et nous cherchons alors plus d’intensité dans l’histoire. Quant aux personnages secondaires, et bien, ils le resteront clairement et nous n’en saurons pas plus sur eux. Enfin, l’acte final (et je ne parle pas de l’épilogue) est bien trop vite expédié, bien trop « facile » à son tour. Dommage, car même si l’on en apprend très peu sur eux, Harper et Hicks ont un potentiel intéressant, ce sont des hommes attachants et très intelligents qui ne veulent pas laisser leur passé traumatisant prendre le dessus. Toutefois, n’oublions pas que les blessures font partie de nous et ces deux-là semblent vraiment bien s’en sortir.

Une enquête trop peu approfondie, une romance qui démarre par la banalisation d’un acte violent et qui ne nous emporte dans aucun sentiment, voilà le principal problème de ce livre. Toutefois, notons que le choix narratif n’est pas inintéressant, puisque le roman est partagé à moitié, répartissant ainsi la narration entre Harper, puis Hicks. Si le tout ne manquait pas cruellement de profondeur, nous aurions pu être immergés dans une enquête sordide contrebalancée par la naissance de sentiments nouveaux et puissants. Malheureusement, rien de cela ne s’est produit pour ma part. À noter que quelques coquilles dans l’ouvrage n’arrangent pas la lecture. Un livre qui se lit vite, mais sera rapidement oublié dans mon cas.

Je termine quand même avec des points positifs, car clairement même si je n’ai pas spécialement aimé cette lecture je ne l’ai pas non plus détestée. L’auteure a un style fluide et enchaine très bien ses scènes. Même si ce n’est pas aussi haletant que ce à quoi je m’attendais, elle parvient à garder un rythme constant. On pourra également saluer l’idée de certains rebondissements qu’on ne voit pas venir (bien que ceux-ci surgissent de manière un peu trop « facile »). Je pense donner malgré tout une chance au second tome, car je reste persuadée que l’auteure a en mains des atouts indéniables pour faire d’Harper & Hicks un duo d’enquêteurs au top et un couple passionnant qui va devoir apprendre tout de la vie à deux hommes. Nous apprécierons aussi les capacités, presque fantastiques, développées par Harper qui complètent parfaitement l’intelligence supérieure de Hicks.. Le concept de l’enquête et surtout des meurtres est intéressant et s’il avait été plus élaboré, la mythologie plus fouillée, nous aurions eu entre les mains un très bon policier.enbref

Ce roman part d’une très bonne idée mais manque de profondeur et de sentiments. Le mélange entre enquête policière et romance M/M prend bien, mais souffre ici aussi de trop peu d’émotions. L’ensemble nous apparait à peine effleuré et pourtant nous sentons que le potentiel est présent. Si l’enquête était plus fouillée, tout comme la romance, nous aurions vraiment eu un bon roman entre les mains. Malheureusement, pour moi, ce n’était pas suffisant.

MANOTE10/203flamants

 

[Chronique] Black Iris de Leah Raeder

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Publié aux Editions Prisma – 2016 – 453 pages

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Laney Keating est une adolescente marginale. Depuis que sa mère s’est suicidée, elle voit bien que son père est dépassé par les événements et, en dehors de la littérature et la poésie, son seul réconfort est son petit frère Donnie, qu’elle adore. Au lycée, elle est souvent moquée et les rumeurs courent sur sa sexualité. Entre alcool et drogues diverses, Laney, révoltée par l’hypocrisie du monde qui l’entoure, explore toutes les limites. L’année suivante, lorsqu’elle tombe dans un piège qui la ridiculise sur les réseaux sociaux et fait ressurgir les vieilles rumeurs, son univers bascule. C’est Armin, son seul ami, un garçon passé maître dans l’art de la perversion, qui la sauve. Laney nourrit alors une haine violente pour ceux qui l’ont attaquée et décide de se venger. Elle embarque dans sa virée sanglante Armin et la sensuelle et féroce Blythe dont elle est amoureuse. Puisque Laney est une bad girl aux yeux de tous, le trio infernal va se montrer à la hauteur de sa mauvaise réputation. Black Iris est le récit d’une vengeance terrifiante et machiavélique, et des dangers de la manipulation.MONAVISV2

J’ai mis un sacré moment à vous rédiger cette chronique. Pour tout vous dire j’ai lu ce livre fin janvier. Mais voilà, je ne savais pas vraiment comment vous en parler. Parce que ce livre, il vous met une claque et une sacrée bonne raclée même. Parce que vous percevez les choses d’une autre manière. Parce que l’héroïne n’en est pas une et qu’elle vous prévient de suite.

« Je ne suis pas l’héroïne de cette histoire. Et je ne cherche pas la sympathie. C’est la vérité. Je suis atteinte de troubles de la personnalité, perturbée grave. Je suis pleine de ressentiment. En fait, je garde ma haine en bouteille, le temps qu’elle fermente, devienne du poison, puis j’en sniffe les vapeurs. Je suis à fond anormale et bien comme ça, alors n’espérez pas une trajectoire classique de mon personnage aboutissant à la rédemption, la maturité et le changement, ou encore l’apprentissage du pardon envers moi-même et les autres. Rien à foutre du pardon ». Page 9 du livre. Vous êtes prévenus.

Classée dans le genre New Adult, cette histoire s’en démarque profondément par sa construction et la trame même de ce qu’il s’y passe. Cette romance LGBT est construite sur la vengeance et sur le sang, le sexe, l’alcool et la drogue. Laney prépare une vengeance terrifiante et sanglante, elle est prête à tout, elle n’a rien à perdre, même pas elle-même. C’est une adolescente marginale qui a eu le malheur de tomber dans un piège humiliant au lycée et qui est déterminée à faire payer jusqu’au dernier des crétins l’ayant ridiculisée sur les réseaux sociaux. Dirigée par sa haine, sa rancoeur, elle va parcourir un chemin surprenant pour tenter de prendre sa revanche. Un peu comme le conte de Montecristo ou encore Emily Thorne dans Revenge. Rien ne l’arrête. Elle n’a pas de sens moral, le roman est de toute façons totalement immoral. Mais que c’est bon. La plume de Leah Raeder vous capte dès le départ, elle vous embrouille, vous mâche et vous recrache qu’à la fin, vous laissant sans souffle. C’est brillant, magique, sanglant, sexuel mais aussi sensuel. Oui Leah Raeder nous conte une histoire de vengeance machiavélique orchestrée par une jeune femme profondément perturbée, accro à l’alcool, au sexe et à la drogue, qui n’a pas de sexualité définie, le tout avec une plume d’une sensualité inouïe. De la beauté dans le vulgaire, de la lumière dans la vengeance, de l’espoir dans le déséquilibre et aucune chance de rédemption ou de pardon.

Les personnages de cette histoire sont bluffants. Notre « héroïne » qui, rappelez-vous, n’en est pas une, est à la fois détestable et agréable. Il est assez facile de se laisser charmer, manipuler. Pourtant nous savons que toutes ses intentions sont mauvaises. A moins qu’elle ne tombe sur une étape non prévue…Laney est déjantée, elle se fiche de tout, elle se drogue, boit et aime le sexe. En quête d’identité sexuelle, incapable de se définir à ce niveau là, elle rejette les gens qui cherchent à la mettre dans une case. Le livre de Leah Reader nous parle alors d’homophobie, d’homosexualité, d’hétérosexualité, de la plurisexualité, elle dépasse les limites avec excès de drogue et d’alcool. Elle peint des scènes d’une intensité exceptionnelle. Et c’est là tout son talent. Réussir à nous faire aimer un livre profondément violent et immoral. Nous accrocher tout au long d’une sombre histoire de vengeance orchestrée par une jeune fille totalement malsaine. Aucun personnage de cette histoire n’est bon. Pas de « mec » parfait pour lequel succomber. Pas de « super copine » qui a la solution à tout. Pas de parents exemplaires. Pas de sauveur. Pas de rédemption. Pour personne. Non, chaque personnage a un mauvais côté, sombre mais exposé, assumé et volontaire, ou parfois enfoui mais éblouissant malgré tout. Aucun n’adopte un comportement « normal » aux yeux de la société, vivant dans les excès et le mensonge, la manipulation et la trahison.

Le style narratif est déroutant, perturbant et colle parfaitement à cette histoire. On alterne entre passé et présent. On a des bribes de moments puis d’autres, au début on s’y perd avant de comprendre le fil tordu de l’histoire. C’est surprenant et rend le récit encore plus addictif. On apprend à connaître Laney et, même si elle est machiavélique, on a envie de la voir atteindre ses objectifs. Oui, on veut la voir assouvir sa vengeance et surtout comprendre comment elle veut s’y prendre. Qui sont les coupables ? Pourquoi ? Comment ? Les révélations seront à la hauteur du roman, explosives et sanglantes. C’est un roman profondément sombre qui vous entraîne sur une piste vertigineuse que vous ne pouvez vous empêcher de descendre tant c’est un terrain glissant, éblouissant et captivant. A l’instar de Free Fall, Leah Raeder nous propose de l’amour dans les ténèbres, de l’espoir sans rédemption et des personnages mauvais et qui s’assument comme tels. C’est une plume grandiose qu’il faut découvrir car si vous accrochez au style, vous succombez et en redemandez. Alors que Free Fall ressemblait à un film plein de couleurs, ici vous plongez aussi dans un univers cinématographique démesuré et malsain, et les couleurs plus sombres ressortent à merveille sous l’écriture talentueuse de l’auteure.

L’intrigue est bourrée de surprises pour le lecteur alors que nous savons bien que Laney a tout orchestré, observé, calculé, préparé. Elle est championne de manipulation et même nous on est pris au piège de ses mensonges et manoeuvres jubilatoires pour obtenir gain de cause. Les deux autres personnages importants dans l’histoire, Armin et Blythe nous captivent. Ils transpirent le mal-être assumé, le sexe, la drogue, l’alcool, la sensualité. Tout est exacerbé, comme sous exctasy ou autres drogues consommés par les personnages. C’est vif, c’est éclatant, c’est percutant, bluffant. Bref, lisez-le, je ne veux pas en dire plus parce que ce serait vous gâcher une histoire exceptionnelle d’une intensité rare et d’une violence sensuelle exceptionnelle.

Merci à Cindy Van Wilder pour m’avoir conseillé ce livre, vraiment. 

enbrefUn roman captivant et profondément immoral. Des personnages perturbées et accros à l’alcool, au sexe et à la drogue. Une soif de vengeance inouïe et une anti héroïne prête à tout pour y parvenir. Une réflexion pertinente sur la sexualité et l’absurde nécessité de la définir. Un livre qui vous colle une claque, vous emporte violemment et vous n’en ressortez pas indemnes. Un bijou de violence, sombre et sensuel qui laisse passer la lumière dans les ténèbres.

MANOTE17/20