[Bilan mensuel] Juillet 2017

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Chers flamants,

Je n’en reviens pas que le mois de juillet ait pu filer aussi vite ! Plus on vieillit, plus le temps passe vite, je vous assure. Et ce, même si vous restez chez vous ! J’ai moins lu que j’aurais aimé ce mois-ci mais l’essentiel est de se faire plaisir, ce n’est jamais une course ou un record à battre mais encore et toujours du PARTAGE !
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[Chronique] KO, tome 1 : Massacre à Odessa de Alex de Brienne

Publié aux éditions Le Livre de Poche – Janvier 2017 -285 pages
Merci à Babelio pour cette lecture via Masse Critique

Qui avait intérêt à massacrer Viktor et ses camarades le 2 mai 2014 à la Maison des syndicats d’Odessa ? Les nationalistes ukrainiens, Kiev, Moscou, le FSB ou la CIA ? A quoi jouent les oligarques des deux camps ? Kali Grant et son frère Odys mènent l’enquête sur l’un des drames susceptibles de faire plonger l’Europe dans la Troisième Guerre mondiale.

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[Chronique] Paradise de Simone Elkeles

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Publié aux éditions Le Livre de Poche – 2016 – 384 pages

Précédente édition : De la Martinière – 2012

resumeUn accident de voiture lie le destin de Maggie à celui de Caleb, le garçon qui l’a renversée. Malgré la culpabilité et la rancune, pourront-ils se reconstruire et se pardonner ? Condamné pour avoir renversé Maggie alors qu’il conduisait en état d’ivresse, Caleb Becker rentre chez lui, à Paradise, après avoir purgé sa peine. Quant à Maggie, elle sort tout juste de l’hopital, où elle vient de subir une longue rééducation. Les deux jeunes gens veulent s’éviter mais Paradise est une toute petite ville. C’est plus fort qu’eux : le destin les a réunis et, petit à petit, leur amitié naissante se transforme en romance. C’est sans compter sur l’ex petite amie de Caleb, qui n’a pas l’intention de laisser le garçon lui échapper…

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[Chronique] Les lieux sombres de Gillian Flynn

leslieuxsombresPrésente édition : publiée chez Le Livre de Poche – 512 pages 

resumeLibby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n’aura pas d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire, quelles qu’en soient les conséquences.MONAVISV2

Cela fait un sacré moment que j’ai lu ce livre maintenant et que je repoussais la chronique en me disant que je voulais d’abord voir l’adaptation cinéma pour vous en parler en même temps. Mais pour des raisons indépendantes de ma volonté propre je ne peux pas me concentrer sur un film depuis quelques temps donc ce sera pour plus tard. Cela ne m’empêche pas de vous parler de ma lecture, même si ce n’est plus aussi frais. Attendez-vous, peut être donc, à une chronique moins précise que d’habitude, moins développée, moins étoffée.

Je me souviens avoir vraiment aimé ma lecture. C’est sombre, très sombre. C’est glauque. C’est lent, trop lent. Mais c’est oppressant. Et on VEUT savoir. On avance, à petits pas, on écoute les indices et on réfléchit. On souffre avec Libby, on veut la protéger et en même temps qu’elle se bouge, se prenne en mains. On est terrifiés par ce club mystérieux rempli de « passionnés » de meurtriers…Mais sans ce club, jamais Libby n’aurait pu retourner au fin fond de cette sordide histoire. Et si elle avait envoyé le mauvais coupable en prison ? C’est ce dont son nouveau club est persuadé. Libby va devoir retourner dans les lieux les plus sombres de sa vie et de son âme pour découvrir une terrible vérité.

Quand j’ai refermé le livre, j’ai pris une claque. Vraiment. C’est assourdissant. La vérité est cruelle, encore plus sombre qu’on ne l’imagine. Libby qui peine à se reconstruire depuis toujours affronte tout cela du mieux qu’elle le peut et je la trouve terriblement courageuse. Elle accepte finalement de se replonger dans tout cela et en comprend les conséquences. Sa vie pourrait être totalement bouleversée par une nouvelle vérité. Les théories font rage sur le crime auquel Libby a assisté, laquelle doit elle suivre ? Son frère est-il vraiment innocent ? C’est aussi une réelle introspection pour la jeune femme qui va aussi devoir apprendre à faire confiance aux autres, à se livrer, mais qui doit aussi prendre sa vie en mains désormais. Maintenant que son cas est oublié du grand public, elle est « livrée » à elle même dans un monde qu’elle n’a pas eu l’occasion de vraiment connaitre.

L’auteur nous a crée un personnage principal auquel il est très difficile de s’attacher. Certes on ressent une certaine empathie, mais pas d’attachement. Ce n’est pas une jeune femme ordinaire et on peut bien le comprendre avec ce qu’elle a vécu. Mais, même si Libby se remet en question et mène l’enquête, elle nous apparait comme froide, avec des mauvaises pensées voir presque par moment des instincts méchants. Bien sûr, elle est détruite mais les traumatismes peuvent ils justifier tous les comportements ? C’est donc très bien joué de la part de l’auteure de nous mettre dans une telle position face au personnage principal. Nous mettre mal à l’aise.

D’ailleurs, c’est un roman qui met mal à l’aise. Qui perturbe, qui marque. Rien ne nous est épargné sur la terrible nuit, sur les enjeux, sur les enquêtes, sur les meurtres. Rien. L’enquête que mène Libby est personnelle, elle ne reçoit pas d’aide de la police, le cas est classé depuis si longtemps. Alors elle piétine et nous entraîne avec elle dans ses interrogations, doutes, espoirs. Elle nous entraîne au plus profond des ténèbres qui la dévorent, dans les lieux les plus sombres de son esprit, de sa vie. C’est un roman sans espoir, sans lumière. L’intrigue est plutôt bien menée et malgré un personnage principal distant, froid et l’ambiance très glauque qui s’ajoute à des lenteurs rendant l’ensemble encore plus « lourd », on dévore le livre et on veut connaître la vérité. On espère pouvoir aider Libby à retrouver une humanité, une sensibilité, une vie.enbref

Un roman glauque et sombre, porté par une héroïne distante, froide et dénuée d’émotions réelles. Profondément marquée par le traumatisme de son enfance, elle devra pourtant faire preuve de maturité et de détermination pour replonger au plus profond des zones d’ombres et découvrir la vérité. Et si elle s’était trompée en désignant le coupable ? Si ce frère qu’elle déteste plus que tout était innocent ? Libby peut-elle retrouver une vie « normale » et sortir des lieux sombres ?MANOTE

16/20

[Chronique] 22/11/63 de Stephen King

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Paru aux Editions Le Livre de Poche – 2014 – 1044 pages

resume22 novembre 1963: 3 coups de feu à Dallas.
Le président Kennedy s’écroule et le monde bascule.
Et vous, que feriez-vous si vous pouviez changer le cours de l’Histoire?

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d’une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d’un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d’un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d’une jolie bibliothécaire qui va devenir l’amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu’altérer l’Histoire peut avoir de lourdes conséquences…
Une formidable reconstitution des années 60, qui s’appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

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Quel meilleur jour que le 22 novembre pour parler de ce livre. 22 novembre 1963 assassinat de JFK. L’Amérique pleure la perte de son président. Stephen King nous livre au cours de ses 1044 pages énormément d’infos sur cet événement, mais aussi une question : et si son héros pouvait empêcher cet assassinat ?

Nous retrouvons toute la magie de la plume de Stephen King. Incroyablement bien documenté c’est un ouvrage qui vous apprendra des tas de choses sur l’assassinat du président, ses théories et le contexte politique des U.S.A. des années 58 à 63. En donnant à son héros la possibilité de voyager dans le temps, King nous fait découvrir l’Amérique des sixties et tout son contexte socio-culturel, politique et quotidien. Notre héros Jake, réputé pour ne pas savoir montrer ses sentiments et ne pas savoir pleurer, va devoir s’adapter à un autre mode de vie qu’il trouve parfois plus simple, plus doux, plus beau, parfois plus compliqué, plus rude. Bien sûr, c’est du Stephen King et il est évident qu’au cours des 1000 pages vous n’échapperez pas à quelques longueurs et descriptions sans fin. Mais que ce livre est bon. Quelle plongée fantastique dans cette époque que j’aime tant…et déteste tant à la fois. C’est un avis objectif sur la vie sociale qui nous est livrée avec ses difficultés. Racisme, condition de la femme, tabagisme et alcoolisme excessif, sublimes voitures américaines, enseignement, courants de pensées, musique, dance, insouciance, renouveau…Tout y est et nous avons vraiment l’impression de traverser le temps avec Jake.

Jake est un homme pourtant ordinaire mais qui va vivre une formidable aventure et surtout il pourrait bien tenir entre ses mains le destin d’un pays tout entier, voir du monde s’il parvient à déjouer l’assassinat de JFK. Pendant 5 ans il va devoir vivre dans le passé et élaborer ses plans, trouver Lee Harvey Oswald et l’observer. Mais bien sûr notre héros va aussi croiser le destin d’autres personnes…comment ne pas vouloir aussi les aider ? Et s’il sauvait Harry, son élève du programme adulte dont la famille fut massacrée à présent qu’il connait son histoire et qu’il est revenu pile à la bonne époque ? A-t-il vraiment le droit de tomber amoureux ? Comment faire les choses sans altérer le cours du temps ?

Il faut savoir que peu importe le nombre d’années que passe Jake dans le passé, dans son présent, sa réalité à lui il ne se passera que deux minutes. Bien sûr, cela ne l’empêchera pas de vieillir. S’il part et reste 5 ans dans le passé, il a vieilli de 5 ans même s’il est parti de son présent que 2 minutes. Ainsi il est évident qu’il ne peut pas se permettre de faire et refaire ses actions pour les perfectionner et qu’il n’aura que « peu de chances » de parvenir à son but. Mais est-il vraiment pertinent de déjouer cet assassinat ? Pourquoi son ami y tient tant ? Qu’est ce que cela va changer pour le Monde entier ? Jake ne cessera de se remettre en question et apprendra beaucoup des années 50/60 et de ses rencontres. Il s’attachera à des gens formidables, tombera amoureux. Mais il n’appartient pas à cette époque. Le récit à la première personne nous permet vraiment de comprendre les sentiments, émotions, doutes, questions de Jake au cours de cette expérience unique en son genre. Nous vivons avec lui cette formidable et déroutante traversée du temps.

Il y a aussi un mystérieux personnage dans cette histoire, c’est Carton Jaune. Je ne vous en dis pas plus car c’est un personnage qu’on va découvrir au fil des pages et qui a un rôle lourd, très lourd, un poids énorme sur ses épaules et Jake va devoir se confronter à cet homme s’il veut comprendre l’enjeu de ce qu’il fait. Peut-on changer le passé sans conséquences ?

Stephen King nous livre ici un roman très touchant, empreint d’une certaine nostalgie, à l’émotion intense et crédible. Je ne vous en dis pas plus car c’est vraiment un livre qu’il faut découvrir. Il faut passer au dessus de certaines longueurs. Vous découvrirez le monde coloré des sixties, mais aussi la face plus sombre de cette époque. Vous n’échapperez pas à la critique de la société, de la politique. Vous rencontrerez Lee Harvey Oswald et sa famille, vous apprendrez énormément de choses sur le contexte politique de l’époque et les enjeux de l’assassinat. Tant de choses à découvrir, captivant, passionnant et finalement le pavé de 1000 pages se lit plutôt bien, porté par la célèbre plume entraînante de Mr King. Un mélange parfaitement équilibré entre la mission de Jake mais aussi entre sa mission personnelle, visant à comprendre qui il est vraiment et ce qu’il attend de la vie, jonglant avec sa double identité George/Jake…années 2010/années 60. A noter que la part historique est présente, mais sans jamais dominer. Ne vous attendez pas à un document historique, non, ce ne sera que la trame de fond de l’ensemble du roman, donnant un but à notre héros et à son voyage dans le passé. Toutefois comme je l’ai déjà indiqué, nous aurons l’occasion d’apprendre de nombreuses choses sur cet assassinat sans jamais tomber dans le roman ou document purement historique, mais à la fin du livre l’auteur ne manquera pas de vous confier ses références si vous souhaitez approfondir le sujet (une documentation d’une vingtaine d’années pour notre cher écrivain). C’est avec nostalgie que nous quittons Jake/Georges et les années 60. Bravo Mr King pour cette plongée fantastique dans l’histoire.

 

enbref

Un scénario bluffant, un voyage dans le temps qui pourrait tout changer et un héros qui voit sa vie bouleversée du jour au lendemain. Un voyage temporel pour le lecteur qui se prend d’affection pour le personnage principal et ses rencontres. Nous retenons notre souffle pour sa mission qui n’est en fait que la trame de fond de l’histoire. Un savant mélange de fantastique, un peu d’horreur, historique et romance. Captivant, envoûtant et ce, malgré les habituelles longueurs et descriptions sans fin de Stephen King.MANOTE

19/20

(honnêtement sans les longueurs, ce serait un 20/20 tant ce livre est formidable)


A noter qu’il a été annoncé cette semaine que ce roman se verrait adapter en une série de 8 épisodes. Je vous laisse lire la news mais moi j’ai hâte ! Et je trouve l’acteur principal parfaitement choisi.221163serie


 

CITATIONS

« Le passé est tenace, il ne veut pas être changé. »

« Parce que le passé ne veut pas être changé. Il se défend quand on essaie. Et plus le potentiel de changement est important, plus il se défend. »

« Ne jamais regarder en arrière. Combien de fois se donne-t-on ce genre d’injonction après avoir vécu une expérience exceptionnellement bonne (ou exceptionnellement mauvaise) ? Souvent, j’imagine. Et l’injonction reste généralement lettre morte. Les êtres humains sont ainsi faits qu’ils regardent en arrière, c’est même pour cela que nous avons cette articulation pivotante dans le cou. »

« Il y avait 2 portes et 3 écriteaux. MESSIEURS, nettement imprimés au pochoir sur une porte, DAMES sur l’autre, et le troisième était apposé sur une flèche tournée vers la pente broussailleuse derrière la station-service. L’écriteau indiquait GENS DE COULEUR.
Curieux, j’ai descendu le sentier, en prenant soin de me faufiler de biais en plusieurs endroits où les feuilles huileuses du sumac vénéneux étaient aisément reconnaissables.
Il n’y avait pas de cabinets. Au bout du sentier, je suis tombé sur un tout petit ruisseau avec une planche posée en travers sur deux blocs de béton effrités.
Une femme pouvait se retenir à un buisson (à condition que ce ne soit ni un sumac, ni un chêne vénéneux) et s’accroupir sur la berge. Quant à la planche, c’était tout ce qui était prévu pour s’asseoir en cas de grosse commission. Idem sous une pluie battante.
Si jamais je vous ai donné l’idée qu’en 1958, tout n’était qu' »Age tendre et tête de bois », rappelez-vous le sentier dans les broussailles, d’accord? Bordé de sumac vénéneux. Et de la planche en travers du ruisseau. »

« Vous voulez savoir un truc drôle ? Même les gens capables de vivre dans le passé n’ont aucune idée de ce que l’avenir leur réserve. »

«  » Jake ? Dis-moi une seule bonne chose de l’avenir. »
Bizarrement, pas grand chose ne m’est venu. Les téléphones portables ? Les attentats suicide ? non, sûrement pas. La fonte des calottes glaciaires ? Peut-être une autre fois.
Puis, dans un grand sourire : « Je vais t’en donner deux pour le prix d’une.
La guerre froide est terminée et le président est noir ». »

[Chronique] Shining de Stephen King

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Edition présentée Le Livre de Poche – 2007 – 576 pages

resumeSitué dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté… L’hiver, l’hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance : c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny. Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus. Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée ? Ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? Cette vie si étrange qui anime l’hôtel ?


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Lu dans le cadre du Bookclub Livraddict d’octobre. Je place aussi ce livre dans la sélection Halloween car il semblerait qu’il ait effrayé de nombreuses personnes en 38 ans. Ce livre est l’un des premiers chefs d’oeuvre du maître de l’horreur et du fantastique, Stephen King et je n’avais jamais pris le temps de le lire avant. Je n’avais jamais vu le film non plus d’ailleurs. Pour moi, peu de frissons au rendez-vous, mais explications ci-dessous.

 

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Jack Torrance a perdu son emploi d’enseignant suite à une altercation avec un élève. Colérique et alcoolique ceci n’est pas le premier accident et sonne pour lui l’heure de se reconstruire s’il ne veut pas perdre sa famille. Il arrête alors de boire et accepte un emploi dans un grand hôtel isolé où il emménage avec sa femme Wendy et son fils Danny, dit prof. Danny n’est pas un enfant ordinaire mais ses parents préfèrent ne pas trop tenir compte de ce qu’ils attribuent à l’imagination débordante d’un enfant. Ils ont bien conscience qu’il est différent mais semblent préférer se voiler la face. Le vrai don de Danny est nommé « le shining » par un homme qu’il va rencontrer à son arrivée à l’hôtel, Dick Hallorann et le cuisinier possède lui aussi ce don. Celui de voir des choses et d’entrer dans la tête des gens. C’est ainsi qu’il met en garde Danny des dangers de l’hôtel et des esprits qui l’habitent. Danny entrevoit les dangers mais alors que les premières semaines sont heureuses, légères et semblent profitables pour le couple formé par ses parents, il préfère ne rien dire. Le mot « divorce » a disparu de l’esprit de ses parents et pour un enfant de 5 ans, fasciné par son père c’est le plus important. Mais peu à peu l’hôtel semble prendre possession de Jack et les incidents se multiplient…C’est alors qu’ils sont en plein coeur de l’hiver, seuls, isolés.

Nous sommes à la fin des années 70 et Stephen King le retranscrit parfaitement. Dès le départ, l’hôtel s’annonce imposant, sombre et perturbant. Des secrets semblent l’habiter et des drames semblent encore résonner à travers les murs. Le récit monte crescendo en angoisse au rythme des découvertes et visions de Danny sur lequel le roman est très centré mais également au rythme de la perte de « conscience » de Jack qui devient peu à peu agressif et incontrôlable. Le bonheur du couple éclate, les tensions et incompréhensions s’installent, la confiance se rompt. Malheureusement, l’angoisse, la peur que devrait ressentir le lecteur est bien trop souvent interrompue par des descriptions longues, trop longues et parfois superflues ainsi que par des flashbacks qui n’apportent pas forcément de réel plus au récit. Bien sûr il n’est pas forcément question de mettre le lecteur sous tension permanente mais il est dommage que le climat pesant, l’atmosphère angoissante de l’hôtel ne soit pas en continu…Il y a des scènes magistrales telle celle de la chambre 217 ou celle des animaux de buis, le bal masqué etc qui contribuent à faire du livre un excellent ouvrage malgré tout.

Les personnages sont en revanche parfaitement sculptés, définis. Nous sommes pris d’une forte affection pour Danny, ce petit garçon de 5 ans qui doit faire face à de terribles réalités. C’est un enfant qui se doit par conséquent de grandir un peu plus vite et, celui que ses parents considèrent comme son ami imaginaire, Tony, ne l’épargne pas. Jack Torrance est sans aucun doute le personnage à la psychologie la plus complexe puisque nous le voyons se transformer au fur et à mesure que l’emprise de l’hôtel se renforce. C’est un homme intelligent et volontaire, très attaché à sa famille qu’il veut reconstruire et à son livre qu’il veut écrire. Mais, son passé est tenace et est son point faible, il ressasse le négatif qui prend alors le contrôle de son être, l’hôtel n’ayant qu’à en jouer. Wendy a aussi ce côté volontaire, elle accepte l’isolement dans l’hôtel dans l’espoir de faire renaître leur couple. Par contre elle souffre un peu de voir son fils si attaché à son père et est même parfois un peu jalouse de la complicité qui les unit et de l’admiration que Danny voue à son père. Elle aura à faire preuve de beaucoup de courage et de sang froid au cours du récit et cette femme va aussi se développer par la force des choses. Danny est un enfant à la psychologie extraordinaire, muée par son don et il va lui aussi apprendre beaucoup de cette terrifiante expérience, apprendre à s’en protéger et faire en sorte que l’hôtel ne s’empare pas de son don, de sa force. Il devra lutter contre des visions bien trop terribles pour un enfant de son âge mais jamais il ne se plaindra. Il sait qu’il peut compter sur son « ami » Dick Hallorann, personnage secondaire capital dans l’histoire pour lequel nous ressentons immédiatement une profonde empathie. L’Hôtel est peut être le personnage le plus important de l’histoire mais n’en parlons pas ici pour ne pas trop en dévoiler. Sombres mystères et passé sanglant il semble posséder sa propre conscience agissant en tout autonomie…

Bien sûr la plume de Stephen King est à la hauteur de son talent et même avec les longueurs on a qu’une envie comprendre, avancer, connaître le dénouement. King n’est pas forcément le spécialiste des happy end mais plutôt de fins réalistes. C’est une fin par contre un peu « hâtée » par rapport au reste du récit et qui aurait pu connaître encore plus de rebondissements. King a réussi à peindre un parfait tableau d’une famille sur le point d’exploser et qui se trouve confrontée à des forces bien plus destructrices encore. Le vocabulaire est soigné mais sans chichis, les descriptions trop longues mais fouillées et réalistes et on sent la passion qui anime l’auteur à travers ses personnages.

enbref

Un très bon roman fantastique à l’angoisse montante et à l’atmosphère pesante mais au cours duquel de trop longues et trop nombreuses descriptions viennent casser le climat de terreur qui aurait pu s’installer. Une violence psychologique parfaitement maîtrisée et une histoire de famille sur le point d’éclater qui se retrouve confrontée à l’horreur avec un petit garçon doté d’un don terrifiant pour son âge. Un lieu isolé et doué d’une conscience propre installant un huis clos glacial au cœur de l’hiver à l’heure où aucune issue n’est possible.

MANOTE

15/20

Dommage pour les longueurs qui coupent l’angoisse…En revanche, âmes sensibles ou non habituées du genre, s’abstenir.

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L’adaptation cinématographique, réalisée par le très grand Stanley Kubrick en 1980, de ce livre peut et même se doit d’être considérée comme une adaptation libre et un chef d’oeuvre à part entière. De nombreuses différences sont à noter entre le livre et le film mais le film réussit avec brio à installer un climat pesant et nous épargne les longueurs. Dommages certaines scènes manquent selon moi (celle des abeilles par exemple) et le labyrinthe m’impressionne moins que les animaux de buis. En toute honnêteté je n’ai pas eu le temps de le regarder jusqu’au bout à l’heure où je vous publie cette chronique mais saluons le talent de Jack Nicholson qui fait une interprétation magistrale du personnage de Jack Torrance. J’ai trouvé très dommage en revanche que le personnage de Wendy apparaisse si soumis et si geignard dans le film. Le petit Danny est bien dans son rôle et des anecdotes racontent qu’à aucun moment l’enfant n’a su qu’il jouait dans un film d’horreur et qu’il aurait vu ce film seulement à ses 16 ans. Shining

Il va falloir que je termine le film mais j’avoue que depuis quelques années j’ai du mal à apprécier le génie de Kubrick, allez savoir pourquoi. La fiche Wikipedia, très bien documenté mettra en lumière les différences principales entre le livre et le film.