Journée internationale de la Jeunesse : sélection livresque thématique

J’ai pris connaissance de cette journée seulement à mon réveil ce matin. Il est évident que si j’en avais eu vent plus tôt, j’aurais préparé un article encore plus complet. Toutefois, je me suis dit qu’il était impossible de laisser passer cette journée sans la marquée par une sélection livresque, surtout en abordant des thématiques spécifiques. En effet, quand on se réfère à l’origine de cette journée créée en 1999 et célébrée le 12 août, nous apprenons, d’après l’Unesco :

Il s’agit aujourd’hui d’une célébration annuelle des jeunes femmes et hommes en tant qu’acteurs essentiels du changement, mais aussi d’une opportunité d’attirer l’attention internationale sur les défis et les épreuves auxquels ils font face.

Alors les problématiques des jeunes, nous en lisons beaucoup dans la littérature young adult ou même parfois new adult. Je me suis dit que c’était l’occasion de ressortir des romans qui devraient être lus pour apprendre la tolérance, la bienveillance et comprendre la différence. Lire la suite

[Chronique] L’île aux mensonges de Frances Hardinge

Publié aux éditions Gallimard (on lit plus fort) – 11 mai 2017 – 371 pages
Merci à Gallimard pour cette lecture

Faith Sunderly, 14 ans, est la fille d’un révérend et éminent naturaliste. Accusé d’avoir trompé la communauté scientifique, il part s’exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais les rumeurs l’accablent et bientôt il est retrouvé mort. Suicide déshonorant comme le fait croire la respectable société victorienne ? Ou assassinat, comme en est persuadée sa fille ? Avec son insatiable curiosité, Faith mène seule son enquête, qui l’entraine de révélations en secrets précieusement dissimulés. Elle est prête à défier toutes les convenances sociales pour faire surgir la vérité. Mais cette vérité pourrait se révéler dangereuse…

Une héroïne passionnée, follement audacieuse et féministe avant l’heure. Une intrigue captivante, une écriture magnifique.
Un thriller victorien haletant d’une élégance rare.

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[Chronique] La véritable histoire de Noël de Marko Leino

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Publié aux éditions Michel Lafon – 2014 – 300 pages (existe en format poche)

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Au cœur de la Laponie, pays des neiges éternelles, le jeune orphelin Nicolas est recueilli par les habitants de son village. Mais ils sont tous trop pauvres pour pouvoir l’adopter. Le Conseil des Anciens prend alors une décision inédite : chaque année, le garçon sera pris en charge par une famille différente, et il en changera le jour de Noël.
Avec une étincelle d’espoir et de joie de vivre, Nicolas décide de se consacrer à sa passion : fabriquer des jouets. Le garçon va ainsi raviver l’émerveillement au cœur de cette région glacée. Et pourrait bien être à l’origine d’une des plus belles légendes. Lire la suite

[Chronique] Dan et Celia les jumeaux d’Autremonde – L’impossible Mission de Sophie Audouin-Mamikonian

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Publié aux éditions XO – Octobre 2016 – 373 pages

Merci à XO pour cette sympathique découverte et lecture.

resumeIls ont désormais treize ans.
Celia et Dan, les jumeaux de Tara Duncan et de Caliban Dal Salan, ont grandi sur Terre, loin des turpitudes d’AutreMonde. Alors que Dan fait preuve d’un caractère fort et téméraire, Celia, elle, est une adolescente plutôt timide et fragile.
Pour suivre les traces de ses légendaires parents, Dan n’invente rien de mieux que de se laisser kidnapper. Où se trouve-t-il?? Personne ne le sait. Jusqu’à ce message reçu par Tara et Cal : leur fils sera exécuté s’ils entreprennent la moindre recherche !
Les deux Hauts Mages n’ont pas le choix : ils doivent obéir. Mais Celia, elle, a les mains libres. Accompagnée par Luck, le demi-vampyr, et Dred, le dragon rouge, la discrète jeune fille se révolte, bien décidée à sauver son jumeau.
L’affaire, pourtant, se complique. Les enfants de l’ancien roi des démons n’ont pas dit leur dernier mot. Celia se retrouve bientôt au cœur d’un dangereux complot : une conspiration qui menace d’ébranler l’entente cordiale régnant depuis treize ans entre les différentes planètes.
Le suspense est à son comble : Celia et ses amis parviendront-ils à libérer Dan et à sauvegarder la paix ?

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Prix littéraire des Chroniqueurs Web : la sélection des livres

Souvenez-vous, je vous parlais il y a quelque temps de projet génial dont Fiona (My Pretty Books) avait eu l’idée. Elle a crée le concept et a invité quelques blogueurs à rejoindre le comité de sélection. Après des semaines de discussions et concertations, nous avons réussi à finir la sélection pour vous la proposer ! Je tenais à vous la partager ici et y ajouter des petits commentaires.banfbPrixlit

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[Chronique] Elia, la passeuse d’âmes de Marie Vareille

EliaPublié chez Pocket Jeunesse – Mai 2016 – 317 pages

Premier tome d’une saga

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“Les prophéties ne s’accomplissent que si quelqu’un a suffisamment de courage pour les réaliser”

Elia est une Passeuse d’Âmes, un être sans émotions. Elle doit exécuter ceux qui sont devenus des poids pour la société : vieux, malades, opposants. Mais un jour elle ne parvient plus à obéir aux ordres et s’enfuit dans la région la plus déshéritée du pays, là où les Passeurs d’Âmes sont considérés comme les pires ennemis. Au plus profond d’immenses mines à ciel ouvert, Elia découvrira, telle une pépite, une destinée qui la dépasse.

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Il faut que je vous parle de quelque chose : Mme Pocket Jeunesse, la voix Twitter (entre autres) et community manager de PKJ est une horrible tentatrice. A force d’échanger sur les réseaux, elle vous connait et sait vous dire le livre que vous allez aimer. Oui, elle fait bien son job, mais pour le moment quand elle m’a promis que j’aimerais, ce fut le cas. Donc, sur ses conseils, et parce que j’avais confiance en l’auteure, je me suis lancée dans Elia, la passeuse d’âmes. Parlons-en plus en détails.

Amis de la dystopie, ce livre est fait pour vous. Notre ère a pris fin, une nouvelle communauté a survécu sur des Terres où les règles sont bien différentes de celles que nous avons connues, dans le but de préserver la paix. Ce monde, divisé en castes repose surtout sur une opposition majeure entre sa caste supérieure et son inférieure. Elia est une Kornésienne et vit dans le bel univers des riches. Son destin l’a désignée comme Passeuse d’âme, c’est-à-dire qu’elle est en mesure d’euthanasier tous les citoyens dangereux ou devenus inutiles à la communauté (exemple, c’est ainsi que se déroule votre départ en retraite). Mais un jour, elle aide un Nosoba dont elle ne conçoit pas d’abréger la vie. C’est alors qu’elle est accusée de trahison et doit prendre la fuite jusqu’aux plus sombres recoins de la cité. Elle doit donc s’intégrer aux Nosobas, vivre comme eux. Mais Elia a une particularité physique qu’elle va devoir garder secrète au risque de s’exposer au danger…

L’univers dystopique est parfaitement construit, orchestré et totalement crédible. Les citoyens ont, finalement, peu de droits et doivent le plus grand respect à leur gouvernement. Les conditions de vie sont véritablement opposées entre l’élite et les esclaves qui n’ont pas le droit d’apprendre, de se cultiver, mais qui sont juste bons pour extraire la nouvelle énergie de la cité, le Phosnium. Ce monde est en tout point une dictature et pour nous aider à mieux comprendre la communauté, l’auteure nous propose à un rythme régulier et agréable des archives de texte de lois ou de recherches scientifiques. Tout est basé sur le Livre d’Hubohn qui déclame « La liberté, autrement appelée individualisme, est un poison source d’angoisse, de solitude et de chaos. Elle n’est qu’un concept théorique inaccessible, l’illusion d’une civilisation arriérée qui a causé sa propre perte. Pour le bonheur collectif et pour éviter la reproduction des erreurs passées, la suprématie de la Communauté sur l’individu doit être absolue et irrévocable ». Ceci est le Premier Verset, Chapitre 1 du Livre d’Huborn. Et rien qu’avec cette citation pour commencer le livre nous comprenons où nous mettons les pieds.

Quand nous rencontrons Elia, nous apprenons qu’elle est une adolescente ordinaire, hormis une particularité physique rare et inédite, et qu’en plus d’aller au lycée elle est une Passeuse d’âmes. Son rêve est de devenir médecin et elle aime observer les professionnels sauver les vies ou panser les blessures. Alors que son rôle à elle est d’euthanasier les citoyens à la chaîne, elle est dans une routine plutôt « ordinaire » pour quelqu’un de sa caste. Elle rend service à la communauté et contribue à l’harmonie de celle-ci. Mais nous comprenons vite qu’Elia n’est pas une passeuse d’âmes ordinaire le jour où elle aide un jeune Nosoba à s’enfuir. Elle n’a pas la force de tuer un homme contre son gré. Aidée de son père, Elia va prendre la fuite vers les mines et découvrir alors une destinée bien différente de ce qu’elle avait imaginé. Marie Vareille nous a sculpté une jeune fille attachante, qui malgré sa caste, n’est pas arrogante. Bien sûr, elle est conditionnée à éviter les Nosobas, mais va vite réaliser que c’est une erreur. Trouvant là bas amitié et solidarité, elle va devoir faire preuve de beaucoup de courage et patience, ainsi que de maturité. Ses nouveaux amis sont généreux et tout simplement humains. Elia sera soutenue tout au long de son parcours et même quand elle prendra une terrible décision. Car au fur et à mesure de son « séjour » d’exil, elle apprendra qui elle est vraiment…

Ce premier tome nous introduit parfaitement le monde dans lequel notre héroïne vit et les personnages qui s’articulent autour d’elle. Nous arrivons à cerner la psychologie de la majorité d’entre eux et l’injustice de cette Communauté. Elia aura, dans les prochains tomes, un rôle très important à jouer et nous le comprenons rapidement. La prophétie se doit d’être accomplie, sera-t-elle celle qui doit la mettre en œuvre, celle qui aura le courage de le faire ? Car dans ce monde rien n’est simple et le moindre écart de conduite condamne à la mort. La justice, dont les Défenseurs sont les outils de contrôle, est impitoyable et violente. Les secondes chances n’existent pas et Elia doit saisir chaque opportunité qui se présente. Nous apprécions de la voir découvrir le monde, grandir, évoluer, mûrir. Elle va s’ouvrir sur l’inconnu et éprouver, pour la première fois des sentiments forts d’appartenance à un lieu, d’amitié, de solidarité et de générosité. Tel un roman initiatique, Marie Vareille fait grandir son héroïne en la projetant d’une manière assez violente dans les étapes de l’adolescence.

Le style d’écriture, très fluide, de Marie Vareille rend ce livre totalement addictif et nous tournons les pages à un rythme soutenu. Chaque chapitre apporte son lot de révélations, des plus anodines (en aspect) aux plus importantes. Chaque rencontre peut s’avérer déterminante et nous ne pouvons que saluer l’orchestration de tout cela. Tout se tient, de l’intrigue à l’univers, des relations aux trahisons. L’auteure prend véritablement le temps, dans ce premier tome, de mettre en place sa dystopie, et c’est très agréable d’en voir une aussi développée et expliquée. Les extraits « officiels » sont vraiment un atout majeur de cet ouvrage et critiquent un système de pure dictature injuste et cruel. Les personnages prennent vie au détour des lignes et nous nous attachons à eux. La fin nous laisse sur un cliffhanger presque timide, mais qui n’en rend pas moins insupportable l’attente du second tome qui promet d’être bien différent sur le contexte et l’action.

enbref

Un premier tome qui laisse présager d’une saga totalement addictive. À l’aide d’une dystopie parfaitement mise en place, d’un univers riche à explorer et de personnages, attachants, à la psychologie travaillée, Marie Vareille nous entraîne au cœur d’une Communauté dont les jours pourraient être en danger. Qui aura le courage d’accomplir la Prophétie pour mettre fin à la dictature ? MANOTE

17/20

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CITATIONS« Contrairement à la croyance répandue, la plupart des objets que nous utilisons au quotidien, nos vêtements, nos aliments, nos appareils électroménagers ne sont pas le fait du secteur Innovation, mais celui de la civilisation antérieure. On peut assurer avec quasi-certitude que les moyens de production barbares étaient tout autant, voire plus développés que les nôtres. L’absence de Phosnium avant la guerre de Cent Ans, qui a longtemps induit les chercheurs en erreur sur ce sujet, laisse supposer qu’il existait alors d’autres sources d’énergie, aujourd’hui épuisées. »

« La morale de cette comptine

Enfant, déjà tu l’imagines

Rien ne sert de s’interroger

Mieux vaut ne pas trop discuter »

 

[Chronique] Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir

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Publié aux éditions PKJ – 2015 – 523 pages

resume« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. »

Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.MONAVISV2

Voilà un petit moment que ce livre traînait dans ma PAL et je l’ai sorti à l’occasion d’une lecture commune sur Livraddict. J’ai passé un excellent moment, j’ai adoré ce livre et désormais j’en attends la suite avec la plus grande impatience.

Avec ce livre nous allons vivre une histoire intense et complexe depuis le point de vue des deux personnages principaux. Tout d’abord Laia. Elle est une jeune fille de 17 ans, ordinaire, qui vit chez ses grands-parents depuis la mort de ses parents. Elle est très proche de Darin, son frère. Mais un soir, un Mask, soldat le plus impitoyable de l’Empire débarque chez elle, dans un quartier pauvre des Érudits à la recherche de son frère. Sous ses yeux, ses grands-parents sont assassinés, son frère fait prisonnier…Elle doit fuir si elle veut survivre et surtout avoir une chance de libérer son frère. Elle part alors à la recherche de la Résistance en espérant qu’ils pourront l’aider à sauver Darin des griffes impitoyables de l’Empire. Et puis nous avons Elias qui est élève à Blackcliff, très proche d’être nommé officiellement Mask mais qui incarne tout ce qu’il déteste…il n’a qu’une envie, fuir et il s’y prépare depuis un moment. Il veut retrouver sa liberté et ne plus avoir de sang sur les mains.

L’Empire, univers crée par Sabaa Tahir est d’une rare complexité. Ce monde fut auparavant divisé entre les Martiaux et les Érudits mais ces derniers ont pris le pouvoir de manière tyrannique et sanglante et depuis ce jour, les Érudits sont privés de savoir, n’ayant le droit ni de lire ou écrire. Ils n’ont aucune liberté et l’Empire peut les décimer comme bon lui semble sans états d’âmes. Les écoliers de Blackcliff sont des futurs tueurs (soldats), choisis par des Augures et n’ont pas le choix : devenir soldat ou mourir. Aucune faut n’est permise, la Commandante est impitoyable et violente. Ce monde, passionnant, nous entraîne dans quelque chose d’unique, d’innovant, avec un savant mélange de mythologie, légendes, fantasy et un soupçon d’Orient. Nous sommes en immersion totale au sein même de la terrifiante Blackcliff puisque c’est ici que l’auteure a choisi de placer la majeure partie de l’intrigue.

Dotée d’une plume ensorcelante elle nous enferme totalement entre les murs froids et cruels de Blackcliff. Laia devenue esclave de la Commandante va devoir se montrer très courageuse et encaisser les coups et autres tortures infligées à la moindre occasion par sa maîtresse dépourvue de tout coeur et même d’âme. Bien que Laia soit une jeune fille au départ assez fragile, elle va vraiment tout faire pour tenir en ayant qu’une idée en tête : sauver son frère. Elle se remet beaucoup en cause, se pose des tas de questions et fait tout pour agir selon son instinct tout en se conformant aux valeurs qu’on lui a enseigné. Elle est déterminée et prête à donner sa vie pour sauver celle de Darin. Elle est très loin d’imaginer tout ce qu’elle va devoir vivre pour parvenir à ses fins. Elias est un personnage auquel on s’attache immédiatement. Nous palpons toute sa souffrance, son désaccord avec la tyrannie de l’Empire et ce qu’ils font subir au peuple. Les guerres, les morts, le sang, tout cela hante Elias qui n’a qu’une envie : s’enfuir. Malheureusement son plan est mis à mal par un évènement inattendu et le jeune homme va devoir alors faire preuve d’une bravoure incroyable. C’est un personnage masculin fantastique. Sans cesse tiraillé entre son enseignement, les instincts qu’il a acquis au cours de cette longue et barbare formation et ses moeurs, ses pensées à lui, il ne veut pas être Mask, il veut être libre. Mais à quel prix peut-il acquérir la liberté ? Quand il rencontre Laia, quelque chose change encore plus en lui…C’est un personnage, qui contrairement à ses enseignements et à ce qu’il devrait être, est doté d’une sensibilité et d’une certaine fragilité.

Les personnages sont très complexes et ils ne cessent de nous surprendre. Aucun de leur comportement n’est attendu. On ne sait jamais comment ils vont réagir, ils sont presque difficiles à cerner. Tout se déroule sous nos yeux sans que nous puissions anticiper. Même les personnages secondaires sont d’une rare profondeur, que ce soit à Blackcliff ou au coeur de la Résistance. Nous vivons véritablement à leurs côtés et nous comprenons rapidement le poids de la tyrannie de l’Empire sur ce monde si particulier. Le style d’écriture est magnifique, soigné, une plume si belle qu’elle vous happe en un rien de temps et qu’elle rend cette histoire addictive sans jamais tomber dans la superficialité ou le léger, sans nous assommer de romance ou de descriptions de « beaux gosses ». Tout sonne juste, vrai, cruel, sanguinaire. Rien n’est épargné au lecteur de ce monde sans âme. Elias porte un poids énorme sur ses épaules, tout comme Laia, et suivre ces deux personnages n’est que du bonheur. C’est une quête de liberté dans une histoire sombre, la recherche de son âme au coeur des ténèbres. Nos personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires seront confrontés à de très lourds choix et des sacrifices pour atteindre leurs objectifs. Chaque choix compte et peut impacter l’avenir du peuple. Le roman est alors rempli d’actions déterminantes pour la liberté et l’avenir entier de l’Empire. Chaque action découle d’une précédente et nous coupe le souffle.

Là où Sabaa Tahir brille également c’est dans le maelstrom d’émotions que son histoire nous procure. C’est tellement intense, bouleversant, touchant. Rare de ressentir tant de choses dans un seul et même roman. Et agréable aussi que les notions de « romance » restent légères, à l’écart, comme par pudeur. Certes il y a des sentiments amoureux naissants mais c’est effleuré avec délicatesse pour ne pas transformer l’intensité du récit en quelque chose de mielleux. Ici, même l’amour est complexe, un peu triangulaire mais sans trop l’être. Les sentiments ne sont pas non plus que ceux entre deux amants et prennent alors toute leur force quand il s’agit de ceux entre un grand père et son petit fils, entre une mère et son fils, entre deux frères, entre deux meilleurs amis, entre une soeur et son frère, entre une fille et ses défunts parents… Il y a de l’amitié, de la complicité, mais aussi malheureusement, du mensonge, de la trahison, de la manipulation, de la haine, de la colère. Tout cela forme un tsunami venant littéralement submerger le lecteur qui finit ce livre sur la corde raide et se dit qu’une telle fin, non c’est pas possible, il nous faut la suite…Ce livre nous présente tellement d’actions et d’émotions qu’il est difficile de retomber sur Terre et de le refermer. Brillant. enbref

Un roman époustouflant à l’écriture exceptionnelle qui ne ménage pas le lecteur et l’entraîne dans un rythme effréné au coeur de la ténébreuse école Blackcliff, celle destinée à former les plus tyranniques des soldats. Des personnages très travaillés, attachants et déterminés qui devront faire des choix décisifs au nom de leur liberté et pour sauver ceux qu’ils aiment. Un premier tome totalement addictif.

MANOTE

18/20