[Chroniqu’Express] Acid Summer de Christophe Lamber, back to 69

Publié aux éditions Milan – Page Turners que je remercie pour cette lecture

Vendredi 15 août 1969, John Hudson, 18 ans, est en route pour Woodstock. Il prend en stop Penelope, blonde, délurée, et en tombe immédiatement amoureux. Mais la belle s’évapore. Comment la retrouver parmi le demi-million de spectateurs qui assistent au plus grand festival de l’histoire du rock ? 
Sa recherche éperdue va le mener de rencontre en rencontre, dessinant un portrait de l’Amérique en cette fin des années 1960.

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[Dinosaures #1] Dinosaures Les géants du vignoble – Eidola

Mes chers lecteurs,

S’il y a bien un thème que je ne pensais pas spécialement aborder sur mon blog, c’est bien celui des dinosaures (enfin de tas d’autres choses hein, on va évoquer les araignées de suite comme ça c’est fait on en parle plus, et euh les épinards parce que moi, j’adore ça, mais peu d’humains ayant mis les pieds dans une cantine scolaire peuvent en avaler. Bref, dinosaures.) Mais mon mari est un amoureux de ces animaux préhistoriques disparus. Grand fan de l’univers Jurissac Park, il se passionne pour leurs représentations dans l’art et la littérature désormais. Je suis très en retard par rapport à la date de la Masse Critique concernée, mais l’ouvrage que nous avons eu la chance de recevoir n’est pas évident à chroniquer et je vais vous expliquer cela de suite.  Lire la suite

Un mercredi en enfance #7 : Le petit fantôme de Lisa Biggi et Paloma Corral

Publié aux éditions Passepartout- septembre 2017 – 32 pages
Format 17×24
Traduction Florence Camporesi
Reçu dans le cadre d’une Masse Critique Babelio

Hans, le petit fantôme, s’ennuie à mourir dans cette grande maison où il est renfermé depuis des années. Ne faisant désormais plus peur à personne, tel un oiseau en cage, il hante les lieux, avec désoeuvrement et ses occupations hebdomadaires lui semblent des plus futiles. Jusqu’au jour, où il se retrouve, dans le jardin, accroché sur le fil à linge à côté d’une jolie fantôme, toute vêtue de rose ! Grâce à cette rencontre, Hans va enfin retrouver la joie et la bonne humeur et chaque jour va devenir une fête. Une histoire qui raconte comment l’amour illumine et transforme les êtres. Lire la suite

[Chronique] Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

riennesoppose

Présente édition Le Livre de Poche – 2013 – 408 pages

resume« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

MONAVISV2Dans ce roman, biographique, Delphine de Vigan nous raconte sa mère, quelque temps après la disparition de celle-ci. C’est la vision propre de l’auteure concernant Lucile. « Sa » Lucile. Un dernier hommage poignant, mais, surtout, la nécessité au cœur même du deuil, d’écrire Lucile, pour, peut-être, enfin la comprendre.

Delphine de Vigan commence son récit d’une manière forte en revenant sur le jour brumeux où elle découvrit sa mère inanimée dans son lit. À partir de là, elle va nous entrainer au sein d’une enquête familiale poignante pour démêler l’histoire de Lucile. S’interrogeant et se posant régulièrement sur cette enquête, elle nous fait part de ses doutes et de ses difficultés à écrire sur sa propre mère. Tout au long de son récit, elle cherchera les fils de lumière dans la pelote complexe de ténèbres dont la vie de Lucile était composée. Déroulant les éléments un à un, parfois en douceur, parfois de manière plus abrupte, les vérités sur cette femme nous apparaissent de plus en plus clairement. Douloureusement, Delphine de Vigan replonge dans sa propre enfance et sur ce qu’elle a dû affronter face à cette maman quelque peu différente. Elle réfléchit sur son comportement et interroge sa sœur de manière respectueuse, en préservant, au mieux, l’intimité de chacun. Car il y a des secrets familiaux qui sont parfois, mieux engloutis que libres de se répandre, c’est ce que Delphine va apprendre petit à petit. L’enfance de Lucile, pleine de drames et de morts, peint déjà un tableau sombre pour l’avenir. Même si, parfois, des moments de joie, de grâce et de lumière s’ajoutent à la vie de Lucile, nous comprenons qu’ils n’auront jamais pu faire le poids face aux drames de son existence.

Quand votre vie entière fut composée de la douleur de votre mère ou de son absence, il faut beaucoup de force pour avancer dans les investigations. Mais Delphine de Vigan, poussée par ce besoin viscéral de comprendre et aussi animée par l’envie de rendre hommage à Lucile va se battre contre ses propres peurs et doutes. Le moins que l’on puisse dire sans trop en dévoiler de cette histoire, c’est que cette famille ne fut pas épargnée par les drames, les secrets, les mensonges, les violences et la mort. Un tableau sombre pour une Lucile qui ne semble pas faite pour survivre à tout cela. Lucile, malade, vouée au silence et à la résignation, tombée dans une vie qu’elle n’aime pas et sans cesse rattrapée par ses propres démons, se retrouve face à la réalité d’une existence trop difficile. La « folie » sera sa seule échappatoire, laissant alors ses deux filles, désemparées et blessées. Des enfants qui ne peuvent plus faire confiance à leur maman et se retrouvent ballotés au gré du vent, de place en place, d’appartements en appartements. Une vie faite de désastres, mais aussi parfois d’espoir, et c’est à cela que Delphine va se raccrocher pour nous peindre Lucile.

L’auteure s’attache à écrire la vérité, à contourner rumeurs et fantasmes pour nous présenter « sa » Lucile, mais aussi sa famille. Lucile, une femme certes peu fiable, mais aimante et généreuse qui n’aura sans doute jamais été comprise et aimée comme il se doit, voilà la vérité qui nous est dressée. L’auteure trouve la force dans sa douleur, d’exhumer ses souvenirs, y compris les plus tragiques, et de plonger au cœur de ceux des autres personnes ayant connu Lucille. Mettant alors son histoire familiale à nue, elle nous dévoile avec une grande sensibilité le récit douloureux d’une famille détruite par les secrets et le pouvoir du Verbe. Il est difficile d’en dire plus sur ce roman qu’il faut lire pour comprendre et en saisir toute la délicatesse, le drame et la beauté. La plume de l’écrivain met beaucoup de lumière dans ce récit intimiste et évite à chaque tournant de nous faire tomber dans le voyeurisme. Parler de ses morts, mais aussi de ses blessures n’est pas un exercice aisé et pourtant Delphine de Vigan brille par une formidable réussite ici.enbref

Un hommage poignant à une mère, véritable travail de deuil et de compréhension de l’être disparu. C’est un livre particulier, à la plume sensible qui vous touchera en plein cœur et vous fera vous interroger sur votre propre famille. À lire et à méditer en prenant un peu de recul avant de le juger. Émouvant.

MANOTE

18/20

4flamants

CITATIONS

« L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. »

« Elle rêvait de devenir invisible : tout voir, tout entendre, tout apprendre, sans que rien de palpable ne signale sa présence. »

« Avais-je besoin d’écrire ça? Ce à quoi, sans hésitation, j’ai répondu que non. J’avais besoin d’écrire et ne pouvais rien écrire d’autre, rien d’autre que ça. La nuance était de taille. »

« Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la psychogénéalogie ni aux phénomènes de répétition transmis d’une génération à une autre qui passionnent certains de mes amis. J’ignore comment ces choses (l’inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent. »

« Le fait est qu’elles traversent les familles de part en part, comme d’impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni. »

« J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mystère qu’elle a toujours été pour moi ».