[Chronique] De l’autre côté du monde de Stephanie Bishop

Publié aux éditions Fleuve – 24 août 2017 -288 pages
Merci à Decitre, Fleuve et Netgalley pour cette lecture

Cambridge, 1963.
Une chambre à soi. Du temps pour peindre. Tel est le rêve de Charlotte après la naissance de ses deux filles. Son mari Henry, lui, ne supporte plus le climat anglais pluvieux et brumeux, et rêve d’un pays aride et ensoleillé comme l’Inde de son enfance. Une brochure, glissée dans la boîte aux lettres, semble apporter la solution : « L’Australie réveille le meilleur en vous. » Henry y croit.
Charlotte, en dépit de ses réticences, finit par céder, et peu après la petite famille embarque pour l’autre côté du monde.
Cependant, sous le soleil cuisant de Perth, la terre s’assèche tout comme leur relation dont la substance semble progressivement s’estomper. À l’image des aquarelles, les contours de leur vie précédente se brouillent, se perdent.
Lorsqu’un nouvel événement vient chambouler l’équilibre familial fragile, Charlotte décide de prendre en main son avenir, quitte à renoncer à ce qu’elle a de plus précieux…

« Elle sait désormais que ce n’est pas le fait de quitter un endroit le pire ; c’est, une fois arrivée à destination, de devoir vivre comme si son pays d’origine avait disparu. C’est cela la tragédie — au bout d’un certain temps on finit par douter de la réalité du lieu d’où l’on vient. Cette première existence, jadis pleine de sens, s’efface peu à peu. Sans faire de bruit, elle sombre dans l’oubli.» Lire la suite

[Chronique] M pour Mabel de Helen Macdonald

MpourMabel

Publié aux éditions Fleuve – Août 2016 – Rentrée littéraire – 380 pages

 

resumeEnfant, Helen rêvait d’être fauconnier. Elle nourrit des années durant son rêve par la lecture.
Devenue adulte, elle va avoir l’occasion de le réaliser.

De manière brutale et inattendue, son père, journaliste qui a marqué profondément sa vision du monde, s’effondre un matin dans la rue.
Terrassée par le chagrin, passant par toutes les phases du deuil, le déni, la colère, la tristesse, Helen va entreprendre un long voyage physique et métaphysique. Elle va se procurer un rapace de huit semaines, le plus sauvage de son espèce, Mabel. Réputé impossible à apprivoiser. Elle va s’isoler du monde, de la ville, des hommes. Et emprunter un chemin étonnant. Lire la suite

[Chronique] Le syndrome de la vitre étoilée de Sophie Adriansen

lesyndromedelavitreetoilee

Publié aux éditions Fleuve – Rentrée littéraire – 25 août 2016 – 352 pages

resume

« – Alors, cette soirée ?
Je n’ose pas regarder Guillaume.
– Maeva est enceinte.

Mon ventre à moi n’est gonflé que de bière. Fausse, de surcroît. »

Un garçon, une fille, dix ans de vie commune. De cette équation parfaite naît le désir d’enfant. Puis les difficultés arrivent. Le désir se transforme. Le garçon et la fille aussi. Un couple sur cinq connaît des difficultés pour avoir un enfant.
Derrière cette proportion, combien d’autres statistiques ? De formules intrusives ? De conseils « bienveillants » ? De boîtes de tampons ? De pieds dans les étriers ? D’amis auxquels on ment ? De bouteilles éclusées ? Combien de pensées magiques pour conjurer le sort et cette foutue proportion ?

Voilà des questions – des obsessions – que la narratrice de ce roman tente d’éclairer sous un jour nouveau en découpant sa pensée comme on range la commode de son adolescence.
Ce qui démarrait comme un chemin de croix frappe par sa lucidité, sa drôlerie, sa cruauté et prend la forme du journal rétroéclairé d’une jeune femme qui découvre le pouvoir d’être libre.

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