[Chronique] Je m’appelle Leon de Kit de Waal

jemappelleleonPublié aux éditions Kero – Août 2016 – 352 pages

Merci aux éditions Kero et à Netgalley France pour cette lecture

resume

Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop. Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action… Lire la suite

[Chronique] Cette obscure clarté de Estelle Laure

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Publié aux éditions Hachette – 14 septembre 2016 – 300 pages

Merci à Netgalley France et Hachette pour cette lecture

resumeMon père est à l’asile. Ma mère a pris des vacances à durée indéterminée. Si on apprend qu’elle nous a laissées seules, Wren et moi, on va nous séparer.
Après le lycée, il reste le frigo à remplir, les factures à payer, la maison qui tombe en ruines, nos voisins à gérer… Heureusement, deux personnes connaissent notre secret : ma meilleure amie Eden, et Digby, son frère jumeau merveilleusement parfait – et parfaitement casé.
Certains jours, j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver. Alors quand, en rentrant du boulot, je trouve le frigo qui déborde ou des muffins encore fumants au pied de l’escalier, je ne peux m’empêcher de me demander : est-ce qu’on cherche à nous empoisonner ? Ou bien, même au cœur des ténèbres, est-ce que l’espoir ne pourrait pas briller ?

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[Chronique] Sous la même étoile de Kelley York

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Publié aux éditons Pocket Jeunesse – Juin 2016 – 286 pages

resumeUne fois le lycée terminé, Hunter et sa demi-sœur Ashlin décident de prendre une année sabbatique et d’emménager chez leur père. Là-bas, ils retrouvent Chance, un garçon fantastique avec qui ils passent tous leurs étés depuis l’enfance. Si le jeune homme les a toujours fascinés, Ashlin et Hunter éprouvent bientôt pour lui de tout autres sentiments. Mais ils comprennent aussi que les excentricités de Chance dissimulent une vérité bien plus noire…

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[Chronique] Nora ou le paradis perdu de Cecilia Samartin

Nora ou le paradis perdu

Publié aux éditions France Loisirs avec accord des éditions de l’Archipel – 2016 – 539 pages

resumeCuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante. Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s’installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s’apprête à vivre des heures sombres à La Havane. Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s’accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu’elles continuent d’échanger, Nora comprend que la vie d’Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide. Mais ce qu’elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu’elle pouvait imaginer.

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[Chronique] Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

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Présente édition Le Livre de Poche – 2013 – 408 pages

resume« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

MONAVISV2Dans ce roman, biographique, Delphine de Vigan nous raconte sa mère, quelque temps après la disparition de celle-ci. C’est la vision propre de l’auteure concernant Lucile. « Sa » Lucile. Un dernier hommage poignant, mais, surtout, la nécessité au cœur même du deuil, d’écrire Lucile, pour, peut-être, enfin la comprendre.

Delphine de Vigan commence son récit d’une manière forte en revenant sur le jour brumeux où elle découvrit sa mère inanimée dans son lit. À partir de là, elle va nous entrainer au sein d’une enquête familiale poignante pour démêler l’histoire de Lucile. S’interrogeant et se posant régulièrement sur cette enquête, elle nous fait part de ses doutes et de ses difficultés à écrire sur sa propre mère. Tout au long de son récit, elle cherchera les fils de lumière dans la pelote complexe de ténèbres dont la vie de Lucile était composée. Déroulant les éléments un à un, parfois en douceur, parfois de manière plus abrupte, les vérités sur cette femme nous apparaissent de plus en plus clairement. Douloureusement, Delphine de Vigan replonge dans sa propre enfance et sur ce qu’elle a dû affronter face à cette maman quelque peu différente. Elle réfléchit sur son comportement et interroge sa sœur de manière respectueuse, en préservant, au mieux, l’intimité de chacun. Car il y a des secrets familiaux qui sont parfois, mieux engloutis que libres de se répandre, c’est ce que Delphine va apprendre petit à petit. L’enfance de Lucile, pleine de drames et de morts, peint déjà un tableau sombre pour l’avenir. Même si, parfois, des moments de joie, de grâce et de lumière s’ajoutent à la vie de Lucile, nous comprenons qu’ils n’auront jamais pu faire le poids face aux drames de son existence.

Quand votre vie entière fut composée de la douleur de votre mère ou de son absence, il faut beaucoup de force pour avancer dans les investigations. Mais Delphine de Vigan, poussée par ce besoin viscéral de comprendre et aussi animée par l’envie de rendre hommage à Lucile va se battre contre ses propres peurs et doutes. Le moins que l’on puisse dire sans trop en dévoiler de cette histoire, c’est que cette famille ne fut pas épargnée par les drames, les secrets, les mensonges, les violences et la mort. Un tableau sombre pour une Lucile qui ne semble pas faite pour survivre à tout cela. Lucile, malade, vouée au silence et à la résignation, tombée dans une vie qu’elle n’aime pas et sans cesse rattrapée par ses propres démons, se retrouve face à la réalité d’une existence trop difficile. La « folie » sera sa seule échappatoire, laissant alors ses deux filles, désemparées et blessées. Des enfants qui ne peuvent plus faire confiance à leur maman et se retrouvent ballotés au gré du vent, de place en place, d’appartements en appartements. Une vie faite de désastres, mais aussi parfois d’espoir, et c’est à cela que Delphine va se raccrocher pour nous peindre Lucile.

L’auteure s’attache à écrire la vérité, à contourner rumeurs et fantasmes pour nous présenter « sa » Lucile, mais aussi sa famille. Lucile, une femme certes peu fiable, mais aimante et généreuse qui n’aura sans doute jamais été comprise et aimée comme il se doit, voilà la vérité qui nous est dressée. L’auteure trouve la force dans sa douleur, d’exhumer ses souvenirs, y compris les plus tragiques, et de plonger au cœur de ceux des autres personnes ayant connu Lucille. Mettant alors son histoire familiale à nue, elle nous dévoile avec une grande sensibilité le récit douloureux d’une famille détruite par les secrets et le pouvoir du Verbe. Il est difficile d’en dire plus sur ce roman qu’il faut lire pour comprendre et en saisir toute la délicatesse, le drame et la beauté. La plume de l’écrivain met beaucoup de lumière dans ce récit intimiste et évite à chaque tournant de nous faire tomber dans le voyeurisme. Parler de ses morts, mais aussi de ses blessures n’est pas un exercice aisé et pourtant Delphine de Vigan brille par une formidable réussite ici.enbref

Un hommage poignant à une mère, véritable travail de deuil et de compréhension de l’être disparu. C’est un livre particulier, à la plume sensible qui vous touchera en plein cœur et vous fera vous interroger sur votre propre famille. À lire et à méditer en prenant un peu de recul avant de le juger. Émouvant.

MANOTE

18/20

4flamants

CITATIONS

« L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. »

« Elle rêvait de devenir invisible : tout voir, tout entendre, tout apprendre, sans que rien de palpable ne signale sa présence. »

« Avais-je besoin d’écrire ça? Ce à quoi, sans hésitation, j’ai répondu que non. J’avais besoin d’écrire et ne pouvais rien écrire d’autre, rien d’autre que ça. La nuance était de taille. »

« Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la psychogénéalogie ni aux phénomènes de répétition transmis d’une génération à une autre qui passionnent certains de mes amis. J’ignore comment ces choses (l’inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent. »

« Le fait est qu’elles traversent les familles de part en part, comme d’impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni. »

« J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mystère qu’elle a toujours été pour moi ».

Top Ten Tuesday : Les 10 livres que vous offririez à un/une ami(e)

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Il est pas chouette ce Top Ten Tuesday ? Moi j’adore ! Alors c’est avec grand plaisir que je vais y répondre. Si mes ami(e)s passent par là, ce top est pour vous. Comme vous le savez, je suis incapable de faire un top ten tuesday sans expliquer mes choix. Je dois être trop bavarde bien que je pense qu’en fait je suis tellement passionnée que j’ai besoin d’expliquer pourquoi. J’espère que ce top vous plaira.

  • Tout plutôt qu’être moi de Ned Vizzini

A ma soeur de coeur et d’âme, Vanessa. Parce que nous vivons des choses similaires, parce que notre amitié a dépassé le virtuel depuis 2010 et cette semaine magique à Paris et parce que même si nous vivons loin, l’amour est là. Ce livre qui m’a touché en plein coeur ne peut que la toucher aussi. Tout plutôt qu’être moi, récit d’une dépression à l’âge adolescent et destin tragique d’un auteur. Ma chronique.vintagefriendship

  • Dans chacun de mes mots de Tamara Ireland Stone

A ma maman. Oui car dans ce livre, dont je vais bientôt publier la chronique, les mots sont salvateurs. Les poèmes sont libérateurs et ouvrent le coeur. Parce que la thérapie par les mots est un chemin qui peut mener au bonheur. Parce que ma maman adore écrire. Alors même si les personnages sont des adolescents, ce livre, très touchant et coup de coeur pour moi ne peut que lui plaire. Parce qu’avec les mots on peut être nous même et faire tomber le masque.

  • Les derniers jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

A ma cousine, Elodie. Parce que récemment nous avons traversé tant d’épreuves, surtout toi qui est désormais orpheline. Même si tu es adulte, la douleur n’en est pas moins intense. Parce que si nous avions su, nous aurions tout fait pour que ces départs soient plus doux. Pour que nos morts, oui les 4, soient des Rabbit à tout jamais dans nos coeurs. Ce livre sur la fin de vie et la préparation au départ est une merveille. Parce qu’il m’a permis de lâcher des larmes retenues depuis trop longtemps. Ma chronique.

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  • Entre mes mains le bonheur se faufile d’Agnès Martin-Lugand

Celui-ci je l’ai lu pour ma grand mère même si elle n’est plus de ce monde depuis longtemps. Ce livre, si elle était encore là, je le lui aurais offert ou même je lui aurais lu. Car elle se serait reconnue dans le personnage principal. Elle, grande couturière mais qui a sacrifié pas mal pour ses enfants. Elle qui s’est oubliée au profit d’une famille qu’elle a aimé. Ma chronique.

  • Rien n’est trop beau de Rona Jaffre

A Aurore qui sait comment vivre et profiter de la vie. Qui incarne pour moi la femme professionnelle et déterminée. Qui est une super petite maman dans sa maison à la campagne avec son adorable chéri (mais chut faut pas dire qu’il est adorable). Ce livre, pour le titre car Rien n’est trop beau quand on est déterminée dans la vie et qu’on sait franchir les étapes.

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  • Le plus bel endroit du monde est ici de Franscec Mirales et Care Santos

A Solène car c’est toujours ce que je ressens quand je vais là bas. Parce que son énergie, son esprit positif et son sourire sont des choses magnifiques qu’elle a à vous offrir et qu’elle le fait avec générosité. Parce qu’elle est un rayon de soleil, ou même mieux, une licorne sur un arc en ciel. Ma chronique.

  • Le Silence de Mélodie de Sharon M. Draper

A Marie car elle sait. Car en plus, le bleu orne la couverture. Parce qu’elle est une maman exceptionnelle. Alors non je n’ai pas encore lu ce livre, c’est prévu très vite mais je me fie aux avis pour savoir que ce livre est un cadeau à faire. Pour elle et son mini elle.friends

  • Nos étoiles contraires de John Green

A mon homme qui m’en a offert le blu ray et qui a regardé le film avec moi. Qui n’a pas eu « honte » de dire qu’il a aimé l’histoire et que c’est touchant et qui m’a déjà dit que oui, pourquoi pas lire le livre. Parce que “I’ll fight it. I’ll fight it for you. Don’t you worry about me, Hazel Grace. I’m okay. I’ll find a way to hang around and annoy you for a long time.” Lui seul comprendra. Ma chronique.

  • Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven

A Sam et Elise, mes amis, ma famille de coeur. En souvenir de tous ces endroits lumineux où nous sommes allés ensemble, de ces journées de ténèbres éclairées par notre amitié. Pour vous dire que je vous aime et que ça ira. Parce que vous, comme personne, savez me ramener à la vie. Ma chronique.

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  • Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman

On dit souvent que nous sommes notre propre ami et qu’il faut s’aimer pour avancer. Qu’il faut aimer celle qu’on est. Alors ce livre, j’aurais aimé l’offrir à celle que j’étais à 17 ans. Et j’aurais dit à cette ado paumée que j’étais : ce livre est précieux. Relis le chaque fois que tu doutes, chaque fois qu’il te fait pleurer, chaque fois que tu es paralysée par la peur de vivre et d’être ce que tu veux. C’est un trésor, fais en bon usage.

Voilà chers lecteurs pour ce nouveau Top Ten Tuesday. J’y ai mis tout mon coeur et mes émotions pour que ce TTT ne soit pas juste des titres mais des messages. Et vous, quels livres offririez vous à vos amis ?

Sinon comme toujours le récapitulatif des liens des autres blogueuses et la prévision du prochain TTT, c’est chez Frogzine :

TTTfrogzine

Sources images : Quotesgram et Pinterest