[Chronique] Eden, tome 1 Le mirage de Gemma de Blandine P. Martin

Publié chez Bragelonne – Collection Snark – 247 pages

 

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?

L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.

Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…

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[Chronique] Bienvenue à Night Vale de Joseph Fink et Jeffrey Cranor

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Publié aux Editions Bragelonne – Mars 2016 – 378 pages

Lu grâce à Babelio lors de son opération Masse Critique Imaginaire – Merci

resumeNight Vale? Une sympathique communauté au cœur du désert, où de mystérieuses lumières nous survolent pendant que nous faisons tous semblant de dormir. Un endroit à part, peuplé de spectres, d’anges et d’extraterrestres, où prennent vie théories conspirationnistes et légendes urbaines… une ville où il ne fait pas bon croiser les créatures encapuchonnées qui ont investi le nouveau parc à chiens interdit au public, où la police secrète a pignon sur rue, où l’acquisition d’un poisson rouge vous fera vous poser des questions sur son régime de souris, où certains jours de la semaine sont annulés à cause de contraintes de calendrier. Bienvenue à Night Vale.

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Attention, voici un sacré O.V.N.I. livresque même si jusqu’à preuve du contraire, les livres ne volent pas. Mais il se pourrait bien qu’ils en soient capables à Night Vale vu que les bibliothécaires y sont les plus vicieuses des créatures. Night Vale, charmante commune où rien n’a de sens, si ce n’est le sens qu’on lui donne à ce sens. Oui, vous avez bien lu. Bon, je n’ai absolument pas l’humour des auteurs qui ne s’arrêtent pas une seconde pour nous faire tomber dans un monde absurde, irréel, surréaliste, farfelu, loufoque, invraisemblable, délirant, hors-norme, fou, sens dessus dessous, un monde où le temps n’a pas de prise sur les gens, une ville où veillent des agents d’une agence gouvernementale aussi floue que menaçante qui ne savent pas enlever le flash des appareils photo. Une ville où vous n’avez pas le droit de croire aux anges, où vous pouvez prendre une décharge par votre téléphone si vous contactez quelqu’un que vous ne devriez pas essayer de joindre, voilà c’est que Night Vale.

Ce roman est tiré d’un podcast américain qui tourne depuis 2012 et diffuse deux émissions par mois. Le but est de proposer des histoires tordues et intelligentes à la fois, étranges, mais merveilleuses. Night Vale est tout cela : une ville effrayante et attirante. Un endroit qu’on veut à tout prix à éviter, mais absolument visiter. Les règles de vie y sont absurdes, véritable critique de notre réalité. Car oui, derrière ses apparences de comédie burlesque, cet ouvrage drôle dépeint avec complexité et sévérité notre société en usant et abusant des codes de l’absurde, et de l’extravagant.

Les personnages du roman vont se retrouver confrontés à une sorte de problème commun. Deux femmes qui ne s’apprécient pas plus que cela vont devoir unir leurs forces pour mettre la main sur un homme qui leur cause des ennuis. Depuis qu’un mystérieux visiteur est venu à la boutique de Jackie, cette dernière est prisonnière d’un morceau de papier collé dans sa main. Impossible de s’en défaire. « King City » martèle le satané papier. Elle n’est pas la seule à subir ça. Comment Diane se retrouve-t-elle mêlée à cela ? Et bien, son fils pourrait bien être celui d’un homme qui pose problème. Jackie est une jeune femme curieusement bloquée à 19 ans. Elle n’a jamais passé d’autre cap. Certes, le temps à Night Vale est particulier, mais sur Jackie encore plus que les autres. Elle est même incapable de nous dire depuis combien de temps elle a 19 ans. Diane élève seule son fils adolescent qui peut prendre n’importe quelle forme, qu’elle soit humaine, plus ou moins ou pas du tout. Quel quotidien de vivre avec un insecte, une larve, un vers, un garçon, bref la métaphore de l’adolescence dans sa forme la plus exacerbée. Diane et Jackie vont donc devoir collaborer. Au passage, nous rencontrerons une Police secrète aussi inefficace que peu discrète, un animateur de radio locale totalement déjanté (au fait, vous a-t-il parlé de son petit ami scientifique qui ne résout rien, mais la science, c’est sérieux), des bibliothécaires très dangereux, des informations télévisuelles que vous ne pouvez pas couper et dont les présentateurs s’adressent directement à vous, des participations à des loteries automatiques… Bref un monde délirant.

Mais alors ce roman étrange, on aime ou pas ? Et bien j’ai envie de dire que c’est difficile à prévoir. Au début, je trouvais le concept complètement dingue et j’ai bien eu peur de ne rien y comprendre. Finalement, ça se lit très facilement, bien que parfois l’humour frise la lourdeur, et l’on s’attache à cette histoire à l’ambiance si particulière. On se sent bien dans ces pages, même si l’on ne sait pas toujours où veulent en venir les auteurs, ce qu’ils veulent faire vivre à leurs personnages. Par contre, il est difficile de parler d’empathie ou d’attachement aux personnages, ils sont tellement particuliers dans un monde absolument étrange qu’il n’est pas aisé de s’y identifier. Toutefois, on apprécie de suivre leurs aventures, certaines hilarantes, d’autres plus cocasses. Bref en lisant ce livre fantasmagorique attendez-vous à tout sauf ce à quoi vous vous attendez, OK ? Ah, surtout, ne soyez pas surpris, cette semaine, on saute le vendredi, mais promis la semaine prochaine il y en aura deux pour se rattraper.

enbrefCe roman est totalement loufoque, déjanté et c’est une jolie critique bien acide de notre société grâce à une belle maitrise du cynisme et de l’absurde. Une pointe de science-fiction, de burlesque et des personnages hors du commun donnent à ce livre une ambiance agréable. Toutefois, l’humour, parfois un peu lourd, peut dérouter le lecteur. Toujours est-il qu’on finit par passer un moment bien « sympathique » à Night Vale sous les yeux d’une agence gouvernementale aussi floue que menaçante. Bienvenue à Night Vale et profitez de votre voyage. Le retour n’est pas garanti.

MANOTE15/20

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[Chronique] New Victoria L’intégrale de Lia Habel

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Publié aux Editions Bragelonne, collection cuivre (la tranche est dorée) – 2014 – 792 pages

resumeNew Victoria : une civilisation high tech obéissant aux codes et aux modes de l’ère victorienne, dont les frontières sont menacées par des rebelles curieusement difficiles à tuer. Bien loin des combats armés, Nora, jeune aristocrate en crinoline, a un destin tout tracé : épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal. Faire honneur à la mémoire de son père, l’éminent docteur Dearly. Rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l’a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d’une faction rebelle. Et pourtant elle devra surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants… comme les morts.MONAVISV2

Ce livre paru dans la collection cuivre de Bragelonne (un livre objet magnifique) est une brique de 792 pages à l’écriture dense et occupant toute la largeur des pages. Autant vous dire que c’est un très beau pavé réunissant les deux livres de la saga. Cette saga aurait du être une trilogie mais l’auteur a abandonné, à priori son éditeur l’a laissée tomber et s’en est suivie une profonde démotivation. Dommage pour nous lecteurs, nous aurions aimé une conclusion à cette fabuleuse histoire mêlant habilement zombies et steampunk, victorien et technologies modernes.

Nous allons donc suivre l’histoire de Nora, héroïne de ce roman zombies-steampunk, fille du renommé Dr Dearly décédé il y a quelques années. Nora, orpheline est élevée par sa tante qu’elle n’apprécie que très peu. Son destin est tout tracé : elle doit faire un beau mariage. Et oui, Nora vit à l’ère Victorienne, un monde rempli de convenances et régi par l’aristocratie. Mais nous sommes loin d’un Victorien habituel : ici, l’humanité a décidé de faire la paix après une terrible guerre et de revenir aux valeurs et codes Victorien pour préserver leur entente. C’est donc dans une ère Victorienne high tech que vit Nora. Elle habite une sublime demeure dans les souterrains où tout est paré d’hologrammes plus vrais que nature pour donner l’illusion d’une vie à la surface de la Terre. Mais le monde subit une rébellion violente depuis longtemps. Il semblerait que tout le monde ignore la véritable menace. Alors qu’elle est kidnappée, Nora découvre l’existence d’une armée zombie et l’implication de son père dans toute cette histoire rocambolesque à laquelle elle a du mal à croire. Des zombies protégeant des humains ? Des gens morts mais qui combattent ? Elle va devoir dépasser ses craintes et ses préjugés et comprendre ce monde nouveau qui s’offre à elle. Elle n’est pas arrivée ici par hasard et ce sera pour elle l’occasion de vivre sa vie comme elle l’entend et de laisser toute sa rébellion éclater. Quand en plus elle commence à succomber au charme d’un jeune zombie, Bram, c’est tout son univers qui bascule…Et elle est loin, très loin d’être au bout de ses surprises.

Ce roman est addictif, entraînant, passionnant. Il est resté 6 mois dans ma PAL car j’hésitais à me lancer, de peur d’être trop frustrée par ce côté inachevé. Mais finalement il n’en est rien. Certes une vraie conclusion aurait été appréciable et quand un livre vous plait autant vous en redemandez, mais, j’ai tellement aimé ma lecture que je suis ravie de l’avoir sorti de ma PAL. Nora est une jeune femme un peu rebelle, qui n’est pas forcément à l’aise avec toutes ces convenances de la société Victorienne et qui a pour meilleure amie une jeune femme très pauvre. Elle se contenterait bien de ce genre de vie elle aussi. Sa meilleure amie, Pam, elle rêve de bal et saison, elle rêve d’entrer dans la Haute société et de faire un beau mariage. Pam et Nora sont très liées. Tout au long du roman il faudra compter sur cette amitié, même si bien sûr dans un tel contexte il y aura des hauts et des bas. Sans trop en dévoiler de l’histoire, nous allons assister à un affrontement entre deux camps zombies aux motivations différentes. Évidement des débordements vont faire que la population va vite être au courant de l’existence d’une terrible maladie qui tue et réanime les morts…Chacun va devoir faire le choix de condamner les zombies ou d’apprendre à vivre avec. Car, grâce aux recherches du Dr Dearly ils ne sont pas dangereux. Une monde donc Victorien, à la technologie high tech qui ferait rêver plus d’un geek et qui doit composer avec des zombies bien déterminés à continuer à vivre, le temps qu’il leur reste.

Nora est une héroïne attachante, captivante et on peut facilement se retrouver en elle. Elle est orpheline et ses parents lui manquent beaucoup, en particulier son père dont elle était très proche. Elle déteste sa tante et cela semble réciproque. Sa rencontre avec Bram va changer tout son monde car bien qu’au départ elle est affolée par l’histoire de ces morts vivants elle va apprendre à les connaitre, à comprendre leur mode de fonctionnement et succomber au charme de Bram. Une magnifique romance va s’installer entre nos deux héros et Nora se liera aussi d’amitié avec d’autres membres de l’équipe. L’équipe de Bram est jeune, dynamique, courageuse et bourrée d’humour. Le lecteur passe ainsi de supers moments en leur compagnie et ce même dans les moments les plus dangereux. L’humour zombie est cultivé de manière légère et subtile, sans jamais faire dans les clichés gores ou lourds. Dans ce roman la mort nous est présentée telle qu’elle est mais sans descriptions hideuses. La mort est presque belle, ces zombies ayant gardé l’intégralité de leur conscience et sentiments. On est donc très loin de l’image zombie classique qui avance d’un pas hésitant en gazouillant et cherchant à tout prix à mordre, se nourrir.

Bram est aussi un personnage auquel il est bien difficile de résister. Succombant rapidement à Nora il se posera beaucoup de questions sur l’avenir de leur relation et l’avenir du monde. Soldat malgré lui il est pourvu d’un esprit d’action et d’une combativité à tout épreuve. Il est également très stratégique et un compagnon parfait pour Nora. La romance entre eux est « simple », naturelle même si l’une est vivante et l’autre mort. Même s’ils n’appartiennent plus vraiment au même monde. Bien évidement tout le monde n’appréciera pas cette histoire et il faudra compter là dessus. De même, le quartier si chic de Nora n’appréciera pas forcément l’apparition de zombies dans leurs rues. Il y aura donc des affrontements, des conflits, des intérêts médicaux, politiques, une soif de pouvoir, bref un monde ordinaire qui finalement n’a pas trouvé la paix derrière ses apparences chics et technologiques.

Le monde des zombies, leur évolution, leurs capacités et leur réflexion est conduit d’une manière pertinente et captivante. Même si le lecteur n’est pas amateur des histoires de zombie, il se laisse entraîner dans cet univers nouveau, où le zombie a gardé ses capacités humaines et est prêt à tout pour continuer à vivre et même à faire partie d’une armée qui défend l’humanité. Le côté médical et militaire apporte beaucoup de sérieux à l’affaire et laisse entrevoir des possibilités comme les plus grands vices des humains qui seraient en quête d’immortalité. Du zombie moderne, humanisé et pourvu d’humour sans jamais faire dans le cliché vu et déjà vu c’est ce qui nous rend accro à ce récit et sa construction.

Du point de vue de la narration il est impossible de s’ennuyer dans ce roman tant il alterne les points de vue et donc les situations. Chaque personnage nous apportera son regard sur la situation et ne se situera d’ailleurs pas forcément au même endroit au même moment. Cela nous donnera donc une vision globale du monde et de la situation, des enjeux et des complots, des intérêts personnels et gouvernementaux. Le tout donne un rythme parfait à ce récit qui est quand même conséquent et dense. Il y a peut être parfois quelques longueurs ou quelques répétitions mais qui sont vite oubliées grâce à d’ingénieux rebondissements. A noter toutefois que le premier tome est bien plus rythmé et plus captivant que le second (comme souvent dans les trilogies) qui lui traîne un peu en longueur au début.

enbref

Un livre qui mélange habilement steampunk, high-tech et zombies et nous entraîne dans des aventures captivantes pour la survie de l’humanité et des zombies. Une intrigue parfaitement menée et bourrée d’actions et de rebondissements qui ravira les fans de steampunk mais saura aussi conquérir les non connaisseurs en matière de zombie. Une jolie romance qui est loin d’être clichée et des conflits pour une nouvelle vie viennent ponctuer cette histoire malheureusement inachevée…

MANOTE

17/20

Si ce livre était achevé il aurait peut être pu bénéficier d’un coup de coeur.

Livre lu en décembre 2015

Une mise en page soignée et une tranche dorée à laquelle il est difficile de rendre justice en photo.bramnewvictoria

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Ces sorties qui font envie : le mois du cuivre chez Bragelonne

Bon me revoilà pour présenter des sorties qui me font envie.

sortiesenviesLa semaine dernière lors du Top Ten Tuesday je présentais déjà 10 sorties à ne pas manquer en 2016. Mais ça c’était avant que je tombe sur la sélection cuivre de Bragelonne. Vous le savez sûrement mais Bragelonne a une tradition : publier des romans version « cuivre » (la tranche est dorée) chaque mois de février. Et les 4 sorties programmées pour cette année me font TRES envie.

  • Lucifer Box, tome 2 : L’Ambre du diable de Mark Gatiss
    ambrediable

« L’irrésistible dandy anglais est de retour ! Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis les événements scandaleux relatés dans Le Club Vesuvius.  Lucifer Box, le plus sulfureux des agents secrets de Sa Majesté, est en mission à New York, où sévit un messie fasciste aux desseins purement diaboliques. Du Manhattan des années 20 aux sommets enneigés suisses, Lucifer Box s’embarque dans un périple décoiffant, avec sa décontraction légendaire »

J’ai déjà le tome 1 dont la lecture est prévue en janvier, il me faudra donc absolument la suite !

  • Le Manuel steampunk de Jeff Vandermeer
    manuelsteampunk

« Un planétaire vintage actionné par une machine à vapeur, une veste rococopunk décadente fabriquée avec des matériaux de récupération, des instruments de musique, des éléments d’intrigues pour des histoires steampunk : cet ouvrage complet offre des conseils et des sources d’inspiration liées à ce mouvement à la fois tourné vers le futur et rendant hommage au passé »

Celui-ci, c’est mon homme qui le veut absolument ! En même temps, il semble être un guide très complet sur l’univers steampunk et son écriture. Intéressant donc.

  • Homunculus de James Blaylock
    HOMUNCULUS

« Londres, fin du xixe siècle. Une compétition acharnée oppose une bande de scientifiques géniaux à une sinistre ligue constituée d’un milliardaire débauché, d’un savant aussi dément qu’amoral et d’une horde de morts-vivants. L’objet de leur lutte ? Un homuncule, créature fantastique à l’existence tenue secrète et dotée de tous les pouvoirs, capable de triompher de la mort et du temps. Et celui qui réussira à s’en emparer régnera sur l’éternité… reste à savoir quel camp l’emportera le premier ! »

En dehors d’une couverture sublime, l’histoire semble également très intéressante !

  • Bioshock : rapture de John Shirleybioshock

« Après avoir miraculeusement survécu au crash de son avion, un homme découvre une cité sous-marine Rapture ! Cette utopie a été créé par Jack Ryan, un homme qui souhaitait donner corps aux théories rationalistes d’Ayn Rand (« l’objectivisme » dont le concept central est l’ « égoïsme rationnel »). Quelques années plus tard, les luttes de pouvoir et l’avidité ont gangrené la cité a un point tel qu’elle est devenu le théâtre d’une guerre civile permanente. La seule question qui subsiste est de savoir qui mérite réellement de survivre à ce chaos créé par une science devenue omnipotente et incontrôlable. »

Bon bah celui-ci est déjà pré commandé. Mon homme avait joué au jeu vidéo et totalement fondu pour l’univers steampunk. Annoncé ici comme un prequel, je sens qu’on va se régaler !

 

Alors le mois du cuivre, vous êtes tentés ?

Pour en savoir plus sur les parutions Bragelonne du premier trimestre 2016 CLIC !!

[Chronique à 4 mains] Seul sur Mars de Andy Weir

seulsurmarsmiladyL’ouvrage vient de paraître en version poche aux éditions Milady – 7€90 – 480 pages

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Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.
Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre. Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

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Pour la première fois, voici une Chronique à 4 mains, réalisée conjointement avec mon mari, puisque nous avons fait notre première Lecture Commune sur ce livre. Globalement nos avis se rejoignent mais chacun va pouvoir apporter sa petite touche à la chronique. La publication de cette chronique intervient pas mal de semaines après notre lecture, mais en raison de la forte actualité du « livre », ce n’en est que plus pertinent. En effet, Milady vient de le sortir en version poche et le film sort en salles mercredi.

Nous allons donc suivre les aventures de survie de Mark Watney, astronaute et ingénieur botaniste qui se retrouve seul sur Mars avec très peu de vivres et très peu d’espoir de survie,  après qu’une terrible tempête de sable a obligé l’équipage à quitter précipitamment la planète. Blessé pendant la tempête il est laissé pour mort.  Totalement isolé et coupé du monde, son équipage ainsi que l’équipe au sol et sa famille restés sur Terre le pensent mort. Mais Mark Watney ne veut pas être le premier homme à mourir sur Mars mais plutôt le premier homme à pouvoir vivre sur Mars, cette terre hostile où rien ne pousse, rien ne vit. Bien évidement, le but de Mark n’est pas réellement de vivre sur Mars, plutôt de rentrer parmi les siens, mais vu qu’il n’a pas le choix, il va tout mettre en oeuvre pour prolonger son existence sur la Planète Rouge. Ingénieux, persévérant, sarcastique et optimiste il va nous livrer son récit jour après jour ou plutôt sol après sol (un sol correspond à une journée martienne) pour laisser sa trace, celle du premier homme à avoir vécu sur Mars, tout sauvetage étant impossible avant des années.

Avant de lire ce récit nous imaginons un journal de bord tenu uniquement sur Mars mais il n’en est rien. Nous aurons droit à des allers et retours entre Mark isolé sur Mars et l’équipe sur Terre qui va se rendre compte qu’il est encore en vie. Nous serons aussi quelques fois à bord du vaisseau de ses coéquipiers ce qui va rendre le récit très dynamique. Alors que l’on pourrait s’attendre à un récit ennuyeux d’un quotidien morne il en est tout autre. L’incroyable personnalité de Mark, homme plein d’humour et de joie de vivre nous entraîne dans ses aventures sans jamais nous ennuyer. Il est intelligent, malin, un peu le Mc Gyver de l’espace et nous sentons que derrière le solide entrainement qu’il a reçu à la NASA avant de partir en mission Mark a aussi la rage de vivre. Pour certains lecteurs, il semble impossible que Mark ne craque jamais et continue de « s’amuser » de sa situation et de tourner chaque problème en dérision une fois cela résolu. Rappelons toutefois que Mark ne nous livre pas un récit CHAQUE jour mais aux moments clés, qu’il a eu le temps de décompresser et relativiser la situation et que surtout, ce qu’il souhaite laisser comme témoignage c’est celui d’un homme qui s’est battu et non celui d’un homme qui s’apitoie sur son propre destin à l’issue probablement tragique.

La plume de l’auteur est dynamique, nous entraîne au fil des pages et des sols, nous abreuve de connaissances scientifiques sans en faire des éléments barbants mais plutôt indispensables à la bonne compréhension des actions de Mark. Le personnage de Mark est incontestablement un geek et l’auteur nous fait cadeaux de jolies références, à vous de les trouver (et de mesurer ainsi votre propre potentiel geek). Andy Weir sait ménager son suspens du début à la fin, nous fait passer par des émotions et des craintes diverses et variées, et rend son personnage terriblement attachant et sympathique. Nous sommes forcément pris d’empathie pour le très drôle et très futé Mark et suivons avec fébrilité toutes les manœuvres mises en place pour sa survie.

enbref

Un récit drôle mais non humoristique qui nous fait vivre le quotidien d’un homme qui se bat pour survivre seul sur une planète hostile. Un personnage ou plutôt un héros hors du commun, intelligent et malin, animé par sa rage de survivre. Un thriller dans un univers spatial et de science fiction qui vous tient en haleine du début à la fin grâce à une plume directe et rythmée.

MANOTE

Pour BettieRose : 18/20 

Pour Greg : 19/20 (le 20 ou coup de cœur absolu aurait pu être atteint s’il y avait eu plus d’approfondissements sur les expéditions de Mark)

ADAPTATIONCINE

Sortie en salles le 21 octobre – Par Ridley Scott – Acteur jouant le rôle de Mark : Matt Damon. Attention, nous trouvons que la bande annonce du film contient des spoilers majeurs. Nous reviendrons éditer cette chronique avec nos impressions sur le film. 

 

UPDATE DU 06/11/2015 suite à visionnage du film. C’est aussi un avis à 4 mains car  nous avons eu la même sensation.

En soi c’est un excellent film, très beau, bien réalisé, un Matt Damon plus que convainquant et le casting autour est au top aussi. Mais si vous avez lu le livre avant, vous ne pouvez pas vous empêcher d’être un peu déçus…Par exemple il en chie pas beaucoup dans le film comparativement au livre…il accède sans soucis au lieu de rendez-vous, il essuie beaucoup moins d’ennuis…On ne voit pas assez l’équipage d’Hermes ou du moins ses personnages ne sont pas assez approfondis. Quant aux 5 dernières minutes du film, quel intérêt ? La fin du livre est largement préférable.

Donc le film est bon mais en dessous du livre. Paradoxalement on voit plus les émotions du héros dans le film alors qu’il a moins de soucis que dans le livre.