[Chroniqu’Express] Acid Summer de Christophe Lamber, back to 69

Publié aux éditions Milan – Page Turners que je remercie pour cette lecture

Vendredi 15 août 1969, John Hudson, 18 ans, est en route pour Woodstock. Il prend en stop Penelope, blonde, délurée, et en tombe immédiatement amoureux. Mais la belle s’évapore. Comment la retrouver parmi le demi-million de spectateurs qui assistent au plus grand festival de l’histoire du rock ? 
Sa recherche éperdue va le mener de rencontre en rencontre, dessinant un portrait de l’Amérique en cette fin des années 1960.

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[Chronique] De l’autre côté du monde de Stephanie Bishop

Publié aux éditions Fleuve – 24 août 2017 -288 pages
Merci à Decitre, Fleuve et Netgalley pour cette lecture

Cambridge, 1963.
Une chambre à soi. Du temps pour peindre. Tel est le rêve de Charlotte après la naissance de ses deux filles. Son mari Henry, lui, ne supporte plus le climat anglais pluvieux et brumeux, et rêve d’un pays aride et ensoleillé comme l’Inde de son enfance. Une brochure, glissée dans la boîte aux lettres, semble apporter la solution : « L’Australie réveille le meilleur en vous. » Henry y croit.
Charlotte, en dépit de ses réticences, finit par céder, et peu après la petite famille embarque pour l’autre côté du monde.
Cependant, sous le soleil cuisant de Perth, la terre s’assèche tout comme leur relation dont la substance semble progressivement s’estomper. À l’image des aquarelles, les contours de leur vie précédente se brouillent, se perdent.
Lorsqu’un nouvel événement vient chambouler l’équilibre familial fragile, Charlotte décide de prendre en main son avenir, quitte à renoncer à ce qu’elle a de plus précieux…

« Elle sait désormais que ce n’est pas le fait de quitter un endroit le pire ; c’est, une fois arrivée à destination, de devoir vivre comme si son pays d’origine avait disparu. C’est cela la tragédie — au bout d’un certain temps on finit par douter de la réalité du lieu d’où l’on vient. Cette première existence, jadis pleine de sens, s’efface peu à peu. Sans faire de bruit, elle sombre dans l’oubli.» Lire la suite

[Chronique] La dernière lettre de son amant de Jojo Moyes

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Paru aux Editions Milady (Romance) – 2015 – 527 pages

resumeDeux époques, deux destins de femmes.
Jennifer vit dans une cage dorée sur la Riviera pendant les années 1960. Depuis son accident de voiture, elle a perdu la mémoire… jusqu’au jour où cette femme mariée redécouvre les lettres de son amant.
Quarante ans plus tard, Ellie retrouve cette correspondance amoureuse. Au fil de son enquête, la jeune femme va reconsidérer sa conception de l’amour et surtout son histoire avec un homme marié. La dernière lettre changera leur vie à jamais.

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La dernière lettre de son amant est le troisième livre que je lis de Jojo Moyes, après avoir succombé à Avant toi puis à Jamais deux sans toi. Encore une fois, le charme a opéré, la plume m’a envoûté et fait vivre des tas d’émotions et ce livre n’est pas passé loin du coup de cœur.

Le roman prend place dans deux époques différentes même si on peut dire que la plus grosse partie est consacrée à la romance des années 60. Et quelle romance ! Une romance découverte 40 ans plus tard par Ellie, notre journaliste qui se retrouve à devoir écrire un article pour célébrer le déménagement de son célèbre journal. Touchée par les lettres, sans doute en raison de l’écho que cette histoire produit en elle, elle se met en tête de réunir les pièces du puzzle pour comprendre à qui appartiennent ces lettres et si la dernière lettre qu’elle a trouvé est véritablement la dernière…Qu’est-il advenu du couple illégitime ? Peut-elle trouver un espoir pour sa propre histoire à elle qui est la maîtresse d’un homme marié dont elle est éperdument amoureuse ? Pourtant celui-ci a bien peu de considération pour elle, et Ellie ne parvient jamais à lui refuser quoique ce soit.

Années 60, Jennifer subit un grave accident de voiture. A son réveil, elle ne sait plus qui elle est, elle est amnésique. De retour chez elle, elle ne se sent pas bien auprès de son mari qu’elle ne parvient pas à aimer, dans cette cage dorée des riches de la Riviera, dans ces dîners pour laquelle elle est réputée, dans ces soirées mondaines qui n’ont plus de sens pour elle. Jennifer ne sait plus qui elle est ni comment agir dans cette société qui ne lui ressemble pas. Un jour, elle va tomber sur une lettre écrite par son amant dont elle n’a aucun souvenir, mais dont elle est persuadée être réellement folle amoureuse. Elle va alors se mettre en quête de retrouver le plus de lettres possibles et tout faire pour retrouver le mystérieux B. de ces lettres enflammées à l’écriture poétique et enivrante…Malheureuse dans son mariage, la jeune femme va s’accrocher à l’espoir d’une vie meilleure. Mais, sans vouloir rentrer dans les détails et sans vouloir vous spoiler, on peut dire que c’est une histoire d’amour maudite qui connaîtra tant d’obstacles…qu’elle nous arrachera des larmes…

Ellie de son côté met tout en oeuvre pour obtenir plus de son amant, pour avoir le droit à un amour officiel. Elle ne se rend pas compte de son erreur et pourtant s’attache à un mystérieux jeune homme des archives qui va tout faire pour l’aider dans son enquête. Elle s’apprête à faire des rencontres importantes, inoubliables et à découvrir des vérités, à ressentir des tas d’émotions. Elle est loin d’imaginer que cette correspondance retrouvée est sur le point de bouleverser sa vie.

Des émotions. Oui un tourbillon d’émotions et de sensations, de frustration, de soulagement, de coeur serré et d’espoir, d’envies et de déceptions…voilà ce que roman parvient à nous faire ressentir. La plume de Jojo Moyes nous kidnappe et nous conte ces histoires d’amour avec douceur et brutalité à la fois. La douceur des sentiments, la brutalité de leurs interdits. La condition de la femme dans les années 60, les histoires d’adultères, les espoirs d’un jour meilleur, la peur de l’image sociale qui s’effondre…Peut on tout quitter pour son grand amour ou doit on préserver les apparences ? L’histoire de Jennifer et de son amant m’a terriblement touchée, bouleversée, fait pleurer. C’est une histoire d’amour sublime, à travers le temps, à travers les épreuves. Que peut-il rester de ces amants passionnées 40 ans plus tard ? Quelles leçons Ellie, et par conséquent le lecteur, peuvent-ils en tirer ? Au passage notons que l’amant de Jennifer est un homme formidable et tellement dévouée à la femme qu’il aime…

Ellie est une femme moderne, attachante et on a envie de la secouer, comme ses amis, pour lui faire réaliser qu’elle fait fausse route. Mais elle est aveuglée par ses sentiments et garde l’espoir qu’un jour, son amant quittera sa femme pour elle, ils sont si bien ensemble…Ellie a également du mal à se faire sa place au sein de l’équipe de rédaction et cet article est une chance unique pour elle de refaire ses preuves car sa côte de popularité est en chute libre. Descendant aux archives, elle fait connaissance d’un jeune homme formidable et attachant…un personnage qu’on pourrait qualifier d’électron libre, qui vit sa jeunesse et sa liberté comme il le peut. Jennifer est une femme très attachante. Nous avons envie de l’aider à retrouver la mémoire et son amant, qu’elle s’enfuie avec lui et soit enfin heureuse, elle qui est retenue dans sa cage dorée et dans un mariage sans amour, fait de mensonges et dissimulations. Son mari est un être profondément blessé par la trahison et se comporte comme un véritable salaud avec elle. Jennifer est une femme très courageuse dont nous apprenons beaucoup. Elle qui n’était qu’une petite bourgeoise d’intérieure se révélera en fin de compte une femme très forte, pleine d’ambitions et de courage.

Bravo encore une fois Jojo Moyes pour les frissons, les soupirs de frustrations, les coups cruels du destin, les espoirs, les sentiments, les émotions, les rencontres, les désillusions, les cœurs brisés et recollés, l’amitié, l’amour…toutes ces sensations peintes à merveille et avec justesse par la plume de l’auteur. Elle nous transporte dans les années 60 en un clin d’œil pour nous faire revenir dans les années 2000 tout aussi rapidement et nous ne voulons qu’une chose : tout savoir de Jennifer et B. et que cette histoire connaisse une issue heureuse tout en faisant écho à celle de Ellie. Des émotions fortes, une sublime romance. Je passe juste à côté du coup de cœur car il m’a manqué un tout petit quelque chose dans l’histoire d’Ellie. Jojo Moyes a l’art de nous faire pleurer à la lecture de ses livres et de créer des personnages qui restent « encrés » dans notre cœur.

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Le plein d’émotions et de sensations dans cette romance maudite et sujette aux coups du destin des années 60, le tout vu par l’oeil d’une femme des années 2000 qui y trouve un certain écho et de l’espoir par rapport à sa propre histoire. La quête d’une femme pour connaitre le destin d’un couple magique et qui nous fait rêver. Une romance qui vous happe et ne vous relâche qu’en ayant fermé le livre.

MANOTE19/20


Retrouvez mes deux autres chroniques des romans de l’auteure :

[Chronique] Funny Girl de Nick Hornby

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Paru aux Editions Stock – 432 pages

 

resumeDans les Swinging Sixties la nation tout entière est sous le charme de Sophie Straw, la nouvelle star de la comédie à succès de la BBC. Ça tombe bien, cette ancienne Miss Blackpool n’a qu’une ambition dans la vie : faire rire les gens. En studio comme à l’écran, l’équipe du feuilleton vit de grands moments. Les scénaristes, pour qui le genre comique est une religion, cachent tous deux un secret. Pur produit d’Oxbridge, le producteur est dévoué corps et âme à l’équipe en général et à Sophie en particulier. Quant à Clive, le premier rôle masculin, il a la tenace intuition que ce n’est qu’une parenthèse dans sa carrière… Lorsque la fiction rejoint la réalité de trop près et que le scénario épouse les péripéties de la vie, chacun doit faire un choix. Continuer ou changer de chaîne ? Une défense et illustration de la pop culture et du divertissement, pleine de fous rires et de tendresse.

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Livre lu grâce à NetGalley et Editions Stock, merci à eux. 

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Photo par Greg Dutein

1964, dans le Nord Ouest de l’Angleterre, Barbara vient d’être élue reine de beauté, Miss Blackpool. Mais en quelques instants Barbara rend sa tiare et son titre car ce n’est pas cette vie qu’elle souhaite. Son rêve à elle ? Devenir la nouvelle Lucie Ball, faire rire les gens et jouer dans un des programmes de comédies de la BBC. C’est ainsi qu’elle part pour Londres, trouve une collocation et un job de vendeuse de parfums avant de courir les castings, sous son nouveau nom de scène : Sophie Straw. Un jour, sa rencontre avec une drôle d’équipe va venir changer sa vie et la propulser au rang de star du petit écran et de la comédie en lui donnant (grâce à sa franchise, son culot, sa beauté et son talent) le premier rôle dans une toute nouvelle série Barbara (et Jim) qui va alors conquérir le pays et enchaîner les succès.

Ce n’est pas un livre où nous apprenons beaucoup des personnages, juste ce qu’il faut pour les comprendre et saisir les interactions entre eux. D’ailleurs nous avons un « casting » assez réduit de personnages : Sophie, Clive (Jim), Bill et Tony (les scénaristes) et Dennis (le producteur). Ensemble, ils travaillent pour produire des épisodes de qualité et faire rire les gens. Nous assistons ainsi à leurs réflexions, aux difficultés d’écrire un scénario, aux limites budgétaires, le tout dans une ambiance d’équipe tellement agréable et remplie de mots d’humour que nous avons l’impression d’assister aux réunions. Chacun apporte quelque chose et le duo Bill et Tony est redoutable, inséparable.

Barbara/Sophie est une jeune et belle femme qui sait ce qu’elle veut, dotée d’une grande franchise, pleine d’ambition et de talent. Nous ne savons pas grand chose de son passé si ce n’est que sa mère n’a jamais été présente pour elle. Clive est un peu le macho typique des sixties, rêve de gloire, de premier rôle, de femmes mais nous fait beaucoup rire par ses réflexions. Bill et Tony sont un duo qui fonctionne mais qui cache un secret. Tony est marié, mais Bill assume sans complexe son homosexualité dans un contexte où cela était encore passible de peine d’emprisonnement…Dennis est le caractère le plus posé, le plus rationnel, très attaché à Sophie et malheureux en ménage. Ces cinq personnages apprennent à se connaître, à s’aimer et à travailler ensemble tout en jouant d’un humour sans limite.

C’est un livre bourré d’humour, porté par une plume dynamique, drôle et percutante. Mais l’auteur sait aussi nous rappeler des points essentiels du contexte des sixties tels que la position de la femme dans la société et la prohibition de l’homosexualité. Nous plongeons dans l’ambiance des années 60 Londonienne sous fond sonore de Beattles. Alternant humour et tabous, Nick Hornby parvient à rendre son roman à la fois drôle et profond, et les quelques photos qui agrémentent le livre nous plongent encore plus dans l’ambiance. L’écriture nous montre vraiment ce qu’était la production d’une série, l’ampleur que prenait la télévision et la comédie à l’époque, au détriment de choses plus intellectuelles ou plus philosophique. N’oublions pas que les années 50 puis 60 ont permis aux gens de célébrer l’après guerre et de s’amuser même si bien sûr tout n’était pas fête et bonheur. Nous suivons avec plaisir les différentes saisons de la série Barbara (et Jim) et c’est presque comme suivre notre série préférée hebdomadaire, ce qui rend le tout très addictif. Entre humour, sarcasme, paillettes, célébrité et tabous, l’auteur nous entraîne sur un rythme dynamique au cœur des swinging sixties et du monde télévisuel. Sans trop en dire j’ai adoré la fin du roman qui nous emmène 50 ans plus tard et c’est un régal de retrouver nos personnages adorés, nos héros de la TV d’un autre temps. Et moi j’aimerai beaucoup voir ces fameux épisodes de Barbara (et Jim) ^^

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Un exemple d’illustration

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Une comédie pétillante, un humour britannique au point, dans un contexte socio-culturel de l’Angleterre des années 60 décrivant honnêtement la position de la femme et de l’homosexualité dans la société. Un tableau réaliste du monde de la télévision de l’époque, insistant sur l’ampleur que ce média a pu prendre dans la vie des gens. Du rétro, de l’humour, des personnages sympathiques, le tout à Londres, c’est un mélange qui prend et nous fait passer un excellent moment.

MANOTE

18/20