[Chroniqu’Express] Rois de Cendres de K.Ancrum

Note : pendant quelque temps, vous allez retrouver beaucoup plus de format « Chroniqu’Express », tout simplement parce que j’ai pris du retard dans mes chroniques et que c’est plus facile ainsi pour moi.

Publié aux éditions Milan – Page Turners – 20 février 2019 – 336 pages
Traduction George Content
Merci à Page Turners pour cette lecture

August et Jack n’ont jamais fait partie du même monde.
August est discret, alors que Jack est la star du lycée. 
Pourtant, tous deux partagent bien des secrets, à commencer par leur amitié qui remonte à l’enfance.
Quand Jack semble envahi par des hallucinations inquiétantes, c’est le monde d’August qui s’effondre. 
Il réagit alors de la seule façon qui lui semble envisageable : en plongeant dans la folie de Jack.

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[Chronique] Dividing Eden, tome 2 de Joelle Charbonneau

Le Royaume des vents

Publié aux éditions Milan Page Turners – Février 2019 – 288 pages
Tradution : Amélie Sarn
Merci à Page Turners pour cette lecture

Andreus est enfin roi d’Eden. Mais loin d’être comblé, il est hanté par ce qu’il a fait pour accéder au pouvoir : il croit avoir tué sa jumelle Carys. Et sa culpabilité redouble quand il se rend compte que ses sujets sont toujours fidèles à la disparue. Pour couronner le tout, les vents sont retombés sur Eden et les moulins ne fabriquent plus d’électricité, le royaume est plongé dans l’obscurité ; il faut trouver au plus vite le moyen de sauver le royaume.
Et si Carys était la solution à tous ces problèmes ? Car Carys est en vie. Et elle compte bien revenir auprès de son frère, qu’il le veuille ou non.

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[Chronique] : PS : I like you de Kasie West

Publié aux éditions Hugo New Way – 8 juin 2017 – 368 pages
Merci à Hugo New Way pour cette lecture 

Un jour d’ennui en cours de chimie, Lily griffonne les paroles de sa chanson préférée sur son bureau. Lorsqu’elle s’assoit à la même place le lendemain, elle découvre que quelqu’un a écrit la suite…

Très vite, Lily et son mystérieux interlocuteur se lancent dans une correspondance enfiévrée. La jeune fille n’a jamais autant eu envie d’aller en cours – mais surtout pour y savourer sa lettre du jour ! Derniers groupes de musique indé à découvrir, secrets de lycée ou confidences plus intimes… tout semble les rapprocher.

Peu à peu, Lily réalise que son coeur s’emballe pour celui qui se cache derrière cette plume. Mais alors que l’identité de son amour épistolaire se dévoile peu à peu, Lily va découvrir que certains cris du coeur devraient peut-être rester silencieux… Lire la suite

Ces livres que nous devrions faire lire aux adolescents et enfants

Voici le moment d’inaugurer une nouvelle rubrique que j’ai choisi d’appeler « Ces livres qui » (peut être remplacé par « que » selon la suite de la phrase bien entendu). Pour ce premier opus, j’ai eu envie de vous parler des livres qui, pour moi, devraient être lus par les adolescents (ainsi qu’un pour les enfants). Pourquoi ? Et bien parce que les titres que je vous propose sont porteurs d’un message fort de tolérance et d’ouverture d’esprit et qu’ils sont de véritables romans d’apprentissage. N’hésitez surtout pas à compléter cette liste, en commentaire, avec vos propres suggestions, c’est ainsi que nous pouvons mieux échanger et découvrir.

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  • Le Silence de Mélodie de Sharon M. Draper

Je vous en parlais il y a peu de temps. Ce livre offre un regard nouveau sur le handicap et ses réalités. Au cours de son récit, la jeune Mélodie nous fera part des insultes, regards humiliants et de pitié qu’elle doit affronter chaque jour. Nous comprendrons également à quel point le monde est mal adapté au handicap et surtout que nous sommes plutôt ignorants en la matière. Cet ouvrage permettrait selon moi d’inculquer une notion de tolérance aux plus jeunes et surtout de les sensibiliser au handicap. Nous sommes tous différents, mais avant tout nous sommes tous humains. Je suis persuadée que le message pourrait être très porteur. À lire, je dirais à partir de 11 ou12 ans ce qui est d’ailleurs l’âge des protagonistes. Ma chronique.

  • Sweet Sixteen d’Annlise Heurtier 

Ici aussi, il sera question de tolérance et aussi d’histoire. Nous allons vivre aux côtés d’une jeune élève noire son intégration dans un lycée à l’époque où la ségrégation faisait encore rage aux U.S.A.. Ce livre apprend à s’ouvrir aux autres et à faire à nouveau preuve d’humanité. La couleur de peau ne change rien en l’humanité. Pour tous les adolescents qui n’ont pas eu cet enseignement et qui insultent ceux qui ne sont pas comme eux et font preuve chaque jour de racisme ordinaire. Ceci n’est plus tolérable et il est grand temps que les jeunes commencent à intégrer ces notions de respect. À lire à partir d’une douzaine d’années. Ma chronique. Dans le même registre, Des mensonges dans nos têtes qui inclut en plus une notion d’homosexualité.

  • Une île sous la pluie de Morgane Cadier et Florian Pigé

Destiné aux plus jeunes enfants, cet album magnifique enseignera lui aussi le respect et la tolérance. Ici, les personnages sont des chats aux modes de vie opposés. Quand un petit chat de l’île au soleil débarque sur l’île sous la pluie, les habitants le voient d’un mauvais œil, car il n’est pas comme eux. Pourvu d’une très belle morale, il permettra aux parents d’inculquer des valeurs importantes dès le plus jeune âge. Ma chronique. À partir de 5 ans.

  • Blacklistée de Cole Gibsen

Dans cet ouvrage, il est question du harcèlement scolaire et surtout du retour de bâton. Quand une harceleuse devient la personne harcelée, comment réagir ? Certes, la solution proposée dans cet ouvrage est un peu utopique, mais est très douce, très belle et peut être mise en place. Le roman nous rappelle le pouvoir de destruction des rumeurs et leur vitesse de propagation à l’heure où internet règne en maître dans les cours d’école.Une notion de tolérance, toujours, et surtout la dénonciation d’un véritable fléau. Ma chronique.

  • Le Passeur de Loïs Lowry

Cet ouvrage n’est peut-être pas le plus simple à aborder et à comprendre, mais offre un regard bien ouvert sur notre société, nos libertés et leurs limites. Dans le monde de Jonas, la notion d’individu n’existe pas et par ailleurs, aucune liberté, aucun choix n’est accordé. Un roman court, mais intense qui propose une vision alternative du monde et fait prendre conscience de notre réalité.  Un livre, enfin, qui nous rappelle la chance de nos sens, qui sont abolis dans cette société. À lire, je dirais aux alentours de 13 ou 14 ans pour bien en assimiler les subtilités. À découvrir sur Livraddict.

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Voilà pour cette première sélection, un top 5, vous pouvez constater qu’un seul titre est adapté aux plus petits. N’hésitez vraiment pas à proposer vos titres et m’expliquant pourquoi, ce sera alors avec un immense plaisir que j’éditerai cet article pour partager vos idées en vous citant bien entendu. Vous souvenez-vous d’une lecture particulièrement marquante à l’école et qui vous aurait ouvert les yeux sur notre monde ? Pour ma part, cela remonte au lycée avec la lecture de Si c’est un homme de Primo Levi. Un livre difficile sur la guerre et les camps de concentration qui est bouleversant et pourtant criant de vérité.

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VOS PROPOSITIONS

  • Colorandbook nous propose Risk de Fleur Ferris

Pourquoi : « Il montre aux jeunes les dangers d’internet. Certes on peut faire de belles rencontres mais aussi des rencontres qui peuvent nous couter la vie. Dans le roman, les techniques utilisées par les prédateurs sont très bien abordées. On peut vite comprendre que l’on ne sait pas sur qui on tombe vraiment. Je pense que pour les ados les plus jeunes, c’est un excellent livre pour leur faire voir la vérité en face et leur permettre de plus faire attention. » Note de BettieRose : c’est en effet un sujet très pertinent et qu’il faut faire connaître. Je n’ai pas eu l’occasion de lire ce livre mais il figure dans ma wishlit. Merci pour ta contribution. Sa chronique. 

  • FéeLiseuse (La fouinothèque) nous a proposé sur Twitter Everything Everything de Nicola Yoon

Je peux dores et déjà vous dire que ce livre semble beaucoup plaire et qu’il aborde un sujet touchant, celui de la maladie et du premier amour. Pour en savoir plus. Et pour lire sa chronique.

[Chronique] Black Iris de Leah Raeder

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Publié aux Editions Prisma – 2016 – 453 pages

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Laney Keating est une adolescente marginale. Depuis que sa mère s’est suicidée, elle voit bien que son père est dépassé par les événements et, en dehors de la littérature et la poésie, son seul réconfort est son petit frère Donnie, qu’elle adore. Au lycée, elle est souvent moquée et les rumeurs courent sur sa sexualité. Entre alcool et drogues diverses, Laney, révoltée par l’hypocrisie du monde qui l’entoure, explore toutes les limites. L’année suivante, lorsqu’elle tombe dans un piège qui la ridiculise sur les réseaux sociaux et fait ressurgir les vieilles rumeurs, son univers bascule. C’est Armin, son seul ami, un garçon passé maître dans l’art de la perversion, qui la sauve. Laney nourrit alors une haine violente pour ceux qui l’ont attaquée et décide de se venger. Elle embarque dans sa virée sanglante Armin et la sensuelle et féroce Blythe dont elle est amoureuse. Puisque Laney est une bad girl aux yeux de tous, le trio infernal va se montrer à la hauteur de sa mauvaise réputation. Black Iris est le récit d’une vengeance terrifiante et machiavélique, et des dangers de la manipulation.MONAVISV2

J’ai mis un sacré moment à vous rédiger cette chronique. Pour tout vous dire j’ai lu ce livre fin janvier. Mais voilà, je ne savais pas vraiment comment vous en parler. Parce que ce livre, il vous met une claque et une sacrée bonne raclée même. Parce que vous percevez les choses d’une autre manière. Parce que l’héroïne n’en est pas une et qu’elle vous prévient de suite.

« Je ne suis pas l’héroïne de cette histoire. Et je ne cherche pas la sympathie. C’est la vérité. Je suis atteinte de troubles de la personnalité, perturbée grave. Je suis pleine de ressentiment. En fait, je garde ma haine en bouteille, le temps qu’elle fermente, devienne du poison, puis j’en sniffe les vapeurs. Je suis à fond anormale et bien comme ça, alors n’espérez pas une trajectoire classique de mon personnage aboutissant à la rédemption, la maturité et le changement, ou encore l’apprentissage du pardon envers moi-même et les autres. Rien à foutre du pardon ». Page 9 du livre. Vous êtes prévenus.

Classée dans le genre New Adult, cette histoire s’en démarque profondément par sa construction et la trame même de ce qu’il s’y passe. Cette romance LGBT est construite sur la vengeance et sur le sang, le sexe, l’alcool et la drogue. Laney prépare une vengeance terrifiante et sanglante, elle est prête à tout, elle n’a rien à perdre, même pas elle-même. C’est une adolescente marginale qui a eu le malheur de tomber dans un piège humiliant au lycée et qui est déterminée à faire payer jusqu’au dernier des crétins l’ayant ridiculisée sur les réseaux sociaux. Dirigée par sa haine, sa rancoeur, elle va parcourir un chemin surprenant pour tenter de prendre sa revanche. Un peu comme le conte de Montecristo ou encore Emily Thorne dans Revenge. Rien ne l’arrête. Elle n’a pas de sens moral, le roman est de toute façons totalement immoral. Mais que c’est bon. La plume de Leah Raeder vous capte dès le départ, elle vous embrouille, vous mâche et vous recrache qu’à la fin, vous laissant sans souffle. C’est brillant, magique, sanglant, sexuel mais aussi sensuel. Oui Leah Raeder nous conte une histoire de vengeance machiavélique orchestrée par une jeune femme profondément perturbée, accro à l’alcool, au sexe et à la drogue, qui n’a pas de sexualité définie, le tout avec une plume d’une sensualité inouïe. De la beauté dans le vulgaire, de la lumière dans la vengeance, de l’espoir dans le déséquilibre et aucune chance de rédemption ou de pardon.

Les personnages de cette histoire sont bluffants. Notre « héroïne » qui, rappelez-vous, n’en est pas une, est à la fois détestable et agréable. Il est assez facile de se laisser charmer, manipuler. Pourtant nous savons que toutes ses intentions sont mauvaises. A moins qu’elle ne tombe sur une étape non prévue…Laney est déjantée, elle se fiche de tout, elle se drogue, boit et aime le sexe. En quête d’identité sexuelle, incapable de se définir à ce niveau là, elle rejette les gens qui cherchent à la mettre dans une case. Le livre de Leah Reader nous parle alors d’homophobie, d’homosexualité, d’hétérosexualité, de la plurisexualité, elle dépasse les limites avec excès de drogue et d’alcool. Elle peint des scènes d’une intensité exceptionnelle. Et c’est là tout son talent. Réussir à nous faire aimer un livre profondément violent et immoral. Nous accrocher tout au long d’une sombre histoire de vengeance orchestrée par une jeune fille totalement malsaine. Aucun personnage de cette histoire n’est bon. Pas de « mec » parfait pour lequel succomber. Pas de « super copine » qui a la solution à tout. Pas de parents exemplaires. Pas de sauveur. Pas de rédemption. Pour personne. Non, chaque personnage a un mauvais côté, sombre mais exposé, assumé et volontaire, ou parfois enfoui mais éblouissant malgré tout. Aucun n’adopte un comportement « normal » aux yeux de la société, vivant dans les excès et le mensonge, la manipulation et la trahison.

Le style narratif est déroutant, perturbant et colle parfaitement à cette histoire. On alterne entre passé et présent. On a des bribes de moments puis d’autres, au début on s’y perd avant de comprendre le fil tordu de l’histoire. C’est surprenant et rend le récit encore plus addictif. On apprend à connaître Laney et, même si elle est machiavélique, on a envie de la voir atteindre ses objectifs. Oui, on veut la voir assouvir sa vengeance et surtout comprendre comment elle veut s’y prendre. Qui sont les coupables ? Pourquoi ? Comment ? Les révélations seront à la hauteur du roman, explosives et sanglantes. C’est un roman profondément sombre qui vous entraîne sur une piste vertigineuse que vous ne pouvez vous empêcher de descendre tant c’est un terrain glissant, éblouissant et captivant. A l’instar de Free Fall, Leah Raeder nous propose de l’amour dans les ténèbres, de l’espoir sans rédemption et des personnages mauvais et qui s’assument comme tels. C’est une plume grandiose qu’il faut découvrir car si vous accrochez au style, vous succombez et en redemandez. Alors que Free Fall ressemblait à un film plein de couleurs, ici vous plongez aussi dans un univers cinématographique démesuré et malsain, et les couleurs plus sombres ressortent à merveille sous l’écriture talentueuse de l’auteure.

L’intrigue est bourrée de surprises pour le lecteur alors que nous savons bien que Laney a tout orchestré, observé, calculé, préparé. Elle est championne de manipulation et même nous on est pris au piège de ses mensonges et manoeuvres jubilatoires pour obtenir gain de cause. Les deux autres personnages importants dans l’histoire, Armin et Blythe nous captivent. Ils transpirent le mal-être assumé, le sexe, la drogue, l’alcool, la sensualité. Tout est exacerbé, comme sous exctasy ou autres drogues consommés par les personnages. C’est vif, c’est éclatant, c’est percutant, bluffant. Bref, lisez-le, je ne veux pas en dire plus parce que ce serait vous gâcher une histoire exceptionnelle d’une intensité rare et d’une violence sensuelle exceptionnelle.

Merci à Cindy Van Wilder pour m’avoir conseillé ce livre, vraiment. 

enbrefUn roman captivant et profondément immoral. Des personnages perturbées et accros à l’alcool, au sexe et à la drogue. Une soif de vengeance inouïe et une anti héroïne prête à tout pour y parvenir. Une réflexion pertinente sur la sexualité et l’absurde nécessité de la définir. Un livre qui vous colle une claque, vous emporte violemment et vous n’en ressortez pas indemnes. Un bijou de violence, sombre et sensuel qui laisse passer la lumière dans les ténèbres.

MANOTE17/20

 

[Chronique] Invincible de Amy Reed

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A paraître aux Editions Mosaïc (Harlequin) le 28 octobre 2015 – 336 pages

Livre lu en partenariat avec Netgalley et les éditions Mosaïc

resumeTout le monde prévoit de mourir. Mais qui prévoit de SURVIVRE ?
Je ne vous apprends rien : l’hôpital, ça craint. Surtout quand on pense qu’on va mourir et qu’on voit les autres qui ont toute la vie devant eux.
Alors vous allez me trouver sacrément ingrate si je vous dis que finalement, la maladie ne m’a pas eue, que je suis bien vivante, et que pourtant je suis sonnée. A terre. Agressive. En colère.
Parce que je n’avais pas prévu ça. VIVRE.
Parce que tout le monde attend de moi que je sois heureuse.
Ce que je suis ? Une fille qui cherche sa route. Et le seul qui me prend telle que je suis, c’est Marcus…
Le 1er volet de l’histoire d’Evie.
Le parcours cash et poignant d’une adolescente en quête de bonheur

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Evie nous accueille dans son monde : l’hôpital, dans le secteur des adolescents. Evie le sait il lui reste quelques semaines à vivre, et elle refuse tout traitement tant ses chances sont minces de s’en sortir. Le cancer a gagné et Evie dit au revoir à sa façon à tous ses proches. Un soir, sa meilleure amie d’hôpital, Stella décide, à l’aide de son petit ami, de faire une surprise à Evie et de l’emmener dans un endroit magnifique…Evie est loin d’imaginer que ce moment d’innocence, de pur bonheur et de liberté va bouleverser sa vie. Quelques jours plus tard, l’impossible se produit : le cancer d’Evie a totalement et mystérieusement disparu. Evie passe subitement du camp des mourantes à celle des survivantes. Sauf qu’elle n’avait pas prévu de vivre et qu’elle n’est plus la même. Alors que tout le monde s’attend à ce qu’elle reprenne sa vie là où elle l’avait laissée tout en la surprotégeant, Evie explose, dérive, va mal…ne trouve plus sa place dans ce monde qui était pourtant le sien, ni dans sa famille, ni auprès de sa meilleure amie et encore moins dans les bras de Will son petit ami qui ne l’a jamais laissée tomber même en la sachant condamnée.

Ce livre aborde bien sûr le thème lourd et tragique des vies jeunes déjà détruites par la maladie. Dans les premiers temps de l’histoire nous découvrons la formidable amitié entre Evie, Stella et Caleb. Tous sont condamnés et se soutiennent, se comprennent et n’ont plus peur de la mort. Evie est fasciné par le caractère impulsif, rock’n’roll et rebelle de Stella et comme elle, elle veut vivre sa vie à fond, profiter des derniers instants même si elle a toujours été la parfaite petite fille sage pour ses parents et son entourage. Quand Evie quitte l’hôpital, elle est totalement chamboulée par cette vie dont elle ne veut plus. Elle peut nous paraître ingrate et parfois on a envie de la secouer et de lui dire « mais réveille toi, tu as une chance, tu es une miraculée », et c’est précisément ce qu’elle ne supporte pas d’entendre. Pourquoi elle et non Stella ? Pourquoi a-t-elle une seconde chance et comment est-elle censée la saisir ? Evie se perd et tombe bas, très bas dans un gouffre d’addiction. Sa rencontre avec Marcus pourrait tout changer dans un sens, comme dans l’autre…

Dans ce roman, la psychologie et les pensées d’Evie sont au coeur de l’intrigue grâce à une narration à la première personne. Nous apprenons à connaître Evie et à ressentir une forte empathie pour elle. Même si parfois on trouve ses choix égoïstes ou qu’on trouve qu’elle manque de reconnaissance on ne peut s’empêcher de se demander ce que cela fait réellement de passer du monde des morts au monde des vivants. Evie déconne, Evie tombe dans l’addiction pour ne pas avoir à affronter cette réalité, cette nouvelle vie dont elle ne veut plus. Evie et le cancer formaient un duo destinés à la mort, et désormais Evie est guérie mais psychologiquement au plus mal. Elle ne sait absolument plus qui elle est mais une chose est sûre : elle n’est plus celle qu’elle était, même si cela serait beaucoup plus simple. Le personnage d’Evie est celui d’une adolescente perdue qui commence à faire n’importe quoi pour trouver son chemin…

Les autres personnages ont une psychologie moins développée mais sont tous très attachants et intéressants. Bien sûr il est facile de s’attacher à Stella et Caleb, ces deux ados condamnés et la personnalité exubérante de Stella la rend irrésistible. La famille d’Evie est vraiment une famille ordinaire et pour eux c’est un miracle qu’elle soit là. Elle ne s’entend pas avec sa soeur et avec ses parents cela devient compliqué au fur et à mesure de l’avancée d’Evie. Will, son petit ami est un vrai prince charmant, tout ce dont Evie ne veut plus dans cette vie. Marcus, qu’elle rencontre par hasard a un goût de liberté, de drogue et d’alcool, d’insouciance et Evie veut tout oublier auprès de lui…Mais Marcus n’est peut être pas celui qu’elle croit ? Marcus est un garçon attachant, pas si différent d’Evie et ensemble ils se sentent compris, ils se sentent bien. Mais Marcus a vécu des choses qu’il s’est promis de ne jamais revivre.

La dérive de cette adolescente est extrêmement touchante à suivre. La plume est cash, sans détours, sans faux sentiments. La colère, l’agressivité et la dérive d’Evie nous sont exposées sans détours. Evie nous apparaît parfois ingrate, méchante, égoïste mais nous sommes forcément pris d’empathie et voulons qu’elle s’en sorte, qu’elle trouve qui elle est et qu’elle laisse la maladie derrière elle. Quand on vous enlève quelque chose qui faisait partie de vous, il faut vous reconstruire, Evie le sait et fuit la pitié et les regards surprotecteurs de son entourage. L’auteure nous délivre un récit plein d’émotions, un regard sur la maladie et le quotidien des enfants malades, mais également une vision de l’adolescence et de la difficulté de trouver sa place. Il est question bien sûr de rémission et de retour à une vie « normale » alors qu’on se préparait à la quitter, cette vie… On termine le livre sur un événement qui nous incite à vouloir lire la suite vite, très vite.

enbref

Le parcours poignant d’une adolescence qui pensait mourir et repasse soudainement dans le camp des vivants, mais qui n’y trouve plus sa place. La maladie l’ayant changée, Evie est une adolescente encore plus perdue que les autres et tombe dans une spirale auto-destructrice que nous suivons avec angoisse, et avec l’envie qu’elle s’en sorte. Une lecture touchante, des personnages bien sculptés, un roman addictif, vivement la suite. Une plume simple, cash et évoquant parfaitement la colère d’Evie mais pleine d’émotions.

MANOTE

19/20

Merci à Netgalley et aux Editions Mosaïc pour cette lecture