[Chronique] Mirror, Mirror de Cara Delevingne (et Rowan Coleman)

Publié aux éditions Hachette- 4 octobre 2017 – 356 pages
Merci à Netgalley et Hachette pour cette lecture

Peut-être que je ne suis pas aussi réglo que je le croyais.
Peut-être que je suis vraiment un monstre.

Red a une mère alcoolique et un père absent.
Le frère de Leo l’entraîne sur une pente sombre et violente.
Rose se réfugie dans les bras des garçons et dans l’alcool pour noyer ses mauvais souvenirs.
Naomi fugue à la recherche d’une liberté qui lui échappe.
Ils sont seuls contre le monde… Jusqu’au jour où ils se réunissent pour former un groupe. Avec Mirror, Mirror, ils peuvent enfin être eux-mêmes.

C’est alors que Naomi disparaît. On la retrouve des semaines plus tard, au bord de la mort, dans la Tamise. La police pense à une tentative de suicide. Ses amis sont dévastés. Comment ont-ils pu ne pas remarquer qu’elle allait si mal  ? Connaissaient-ils vraiment Naomi  ? Se connaissent-ils vraiment  ?
Bientôt, une série d’indices sème le doute. La réponse n’est peut-être pas celle que l’on croit. Sur le chemin de la vérité, Red, Leo et Rose devront affronter leurs propres peurs et leurs propres secrets. À présent, rien ne sera jamais plus pareil  : nul ne peut réparer un miroir brisé. Lire la suite

[Chronique] La voleuse de secrets (Library Jumpers 1) de Brenda Drake

lavoleusedesecretsPublié aux éditions Lumen – Juin 2016 – 496 pages

resumeFervente lectrice, passionnée d’escrime, Gianna a perdu sa mère à l’âge de quatre ans. Elle visite pour la première fois l’Athenæum, l’une des plus anciennes bibliothèques de Boston, accompagnée de ses deux meilleurs amis, quand elle remarque le comportement étrange d’un mystérieux jeune homme. L’inconnu finit même par se volatiliser presque sous ses yeux, penché sur un volume des Plus Belles Bibliothèques du monde. Lorsque Gia s’approche à son tour de l’ouvrage, elle se retrouve transportée de l’autre côté du globe, à Paris, dans une magnifique salle de lecture dont une bête menaçante arpente les rayons, comme elle ne tarde pas à le réaliser avec un frisson…

La jeune fille vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage : une poignée de bibliothèques anciennes mène en effet vers un monde où magiciens, sorcières et créatures surnaturelles s’affrontent depuis des siècles pour éviter que le peuple des hommes ne découvre leur existence. Gia apprend qu’elle est l’une des Sentinelles chargées de protéger cette société secrète. Pire encore, qu’elle est la fille de deux de ces guerriers d’exception – une union interdite – et que sa naissance n’est autre que le présage de la fin du monde. Une malédiction qui lui interdit absolument de se rapprocher d’Arik, l’inconnu aux yeux noirs de l’Athenæum…

Bestiaire fabuleux, objets magiques, voyage entre les univers… Jamais plus vous ne regarderez un vieux livre poussiéreux du même œil ! Avec La Voleuse de secrets, Brenda Drake vous entraîne à la suite de Gia dans une quête initiatique périlleuse et riche en révélations. Lire la suite

[Chronique] Tout plutôt qu’être moi de Ned Vizzini

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Publié aux éditions La Belle Colère – 2016 – 397 pages

resumeDurant l’une des séances chez son psy, Craig Gilner apprend qu’il existe une maladie mentale appelée le syndrome d’Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer ; pour ne pas mourir asphyxiés, ils doivent se répéter sans cesse « respire, respire, respire ». La dépression, Graig va en faire l’expérience, c’est ce qui arrive quand on oublie de vivre.

Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est-on pourré au point où la pression tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s’offre à nous, c’est d’en finir ?

Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d’un séjour qu’il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini aborde ses propres démons, son long combat contre cette maladie qui l’accable depuis des années. D’un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, Vizzini crée un livre tout à la fois drôle et empreint d’espoir.

A propos de l’auteur :692c226ae3cffc4e734368f7eeafcdb9

 

Né en 1981, Ned Vizzini commence à écrire pour la presse new-yorkaise, dont le Times, à l’âge de 15 ans alors qu’il est encore au lycée. Il publiera ensuite six livres dont Tout plutôt qu’être moi, qui sera adapté au cinéma. Parallèlement à sa carrière d’écrivain (il publie des articles dans le New Yorker et le Los Angeles Times, entre autres), il participe à l’élaboration de la série Teen Wolf, intervient régulièrement dans les librairies et les lycées pour expliquer comment l’art et l’écriture peuvent aider à surmonter les problèmes psychologiques. Le 19 décembre 2013, Ned Vizzini se jette du haut d’un immeuble de Brooklyn. Il a 32 ans, cela faisait des années qu’il se battait contre la dépression.

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« Quand te prend l’envie de te suicider, parler devient presque impossible. Rien à voir avec un quelconque problème mental – c’est physique, comme si tu étais incapable d’ouvrir la bouche. Les mots ont du mal à sortir ; on dirait des morceaux de glace pilée crachés par un distributeur et c’est plus fort que tout. 

Les gens normaux, eux, parlent de façon limpide, en parfaite synchronisation avec leurs pensées. Mais dans ton cas, les mots trébuchent et se bousculent au bord de tes lèvres dès que tu essaies de dire quelque chose. Alors, tu te tais »

Ainsi commence le roman. Le ton peut sembler donné, vous pourriez alors penser que ce roman, histoire d’une dépression va être particulièrement sombre et au fond…déprimant. Mais il n’en est rien. Si la souffrance relative à la dépression est relatée avec précision et véracité, l’auteur n’en oublie pas pour autant le sens de l’humour et la lumière dans le traitement de ce parcours. L’optimisme transpire au travers des pages, l’envie de vivre semble se battre contre chaque pensée négative au fur et à mesure de l’avancement du roman. C’est une histoire coup de poing sur un sujet très sensible et si peu reconnu. Pour beaucoup de gens, la dépression n’est pas considérée comme une véritable maladie, à tort. Ned Vizzini nous offre ici une vision « médicale » mais surtout vécue de la dépression, à l’âge où elle est sans doute la plus difficile à remarquer : l’adolescence. Comment peut-on faire la différence entre difficile passage à l’âge adulte et le petit pas qu’il y a à franchir pour sombrer dans la dépression?

Notre jeune garçon, Craig, subit une énorme pression sociale liée à ses études et aspirations futures. Il ne vivait que pour un concours et quand il finit par le décrocher et intégrer la prestigieuse école dont il rêvait son monde s’écroule. Ses résultats ne sont pas à la hauteur, il ne se sent pas à la hauteur. D’ailleurs, Craig a une estime de lui même très basse. Malgré le soutien d’une famille aimante il sombre et ses symptômes prennent de l’ampleur. Jusqu’au jour où Craig n’a qu’une envie : mourir. Ce serait si simple…C’est ce qui va l’amener à passer quelques jours en hôpital psychiatrique, séjour marqué par des rencontres et une envie de reconstruction. La plume de l’auteur est juste fabuleuse pour traiter avec finesse, humour et lumière d’un sujet aussi grave, aussi sombre que la dépression. Notre jeune dépressif garde un sens de l’humour à toute épreuve, de l’auto-dérision alors qu’il est au plus mal. Au fond, la dépression, c’est ne plus savoir vivre et Craig n’a qu’une envie : réapprendre à vivre. Comprendre qui il est, faire des choix, progresser, changer. Sortir la tête de l’eau, se trouver. La dépression qui est traitée ici n’est pas une simple ou ordinaire crise d’adolescence mais bel et bien une vraie maladie. Peu de gens savent que la dépression « ce n’est pas dans la tête » et qu’il ne suffit pas de vouloir s’en sortir pour y parvenir. Ici, l’auteur nous fait bien passer le message et ne néglige en aucun cas le support médical, le suivi psychothérapeutique et l’appui des médicaments le temps de remonter.

Tout est beau dans ce livre, de l’histoire de Craig aux rencontres qu’il fera. Des sentiments naissants, à l’abnégation. Craig va beaucoup évoluer au cours de ce roman et toucher profondément le coeur du lecteur. Bien sûr quand vous connaissez le tragique destin de l’auteur, le roman n’en est que plus poignant. Alors que ce livre parle de guérison, d’espoir et de combat pour la vie, alors que l’auteur faisait des conférences sur la guérison de la dépression grâce à l’art, nous savons qu’il a perdu le combat face à de nombreux assauts de la maladie et qu’il a mis fin à ses jours en 2012. Mais, ce sujet n’étant absolument pas évoqué dans le livre, ce n’est pas ce que vous retenez de votre lecture. Non ce qui transperce l’ombre, la noirceur du monde et du quotidien brumeux de Craig c’est un rayon de soleil qui prend bien des formes. L’amour, les premiers sentiments, les rencontres, les différences, les contacts, l’art, trouver ce pour quoi il est fait, s’accepter, lâcher prise, respirer, vivre.

La structuration du récit est très pertinente en plus d’une narration à la première personne. En effet, l’histoire de Craig est divisée en « étapes » : Là où j’en suis, Comment j’en suis arrivé là, Baboum, L’hôpital puis chaque journée passée dans cet hôpital. La plume de l’auteur est captivante, et on sent vraiment la (malheureuse) maîtrise du sujet. Nous ressentons les émotions de Craig, nous les palpons, les comprenons. Pour les lecteurs ne connaissant pas la dépression, ce qu’elle induit, ce qu’elle est et ses conséquences sur le quotidien, l’auteur répond avec justesse à toutes les questions que l’on pourrait se poser. Les personnage secondaires apportent tous une contribution intéressante à l’histoire, à l’évolution de la maladie (qu’il sombre ou qu’il avance) de Craig et nous livre une formidable leçon de vie. L’auteur passe un message d’espoir au travers des moments sombres de son héros tout en y affrontant ses propres démons. Il est très rare qu’un livre parle aussi bien d’un sujet aussi dur, lourd et même tabou dans notre société où la performance est de mise, dans un monde qui ne nous laisse plus le temps de nous poser pour l’essentiel : vivre. Au travers des choix de Craig, de ses découvertes et de son évolution, le lecteur est touché, s’attache à ce jeune homme et garde espoir pour lui et son avenir. Les patients de l’hôpital ont aussi pour certains une histoire à nous transmettre sans leçon de morale ni récit sombre. Tout sonne incroyablement juste, vrai. Souhaitons à notre jeune Craig une meilleure fin que celui qui l’a crée mais vu le récit, c’est à n’en pas douter. Se battre, la joie de vivre vaincra.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce livre. C’est vraiment une histoire que j’avais besoin de lire et que je relirai. Même si pour l’auteur l’écriture n’a pas suffi à être salvatrice (nous ne savons pas ce qu’il vivait donc aucun jugement dans cette phrase), nous pouvons apprendre beaucoup de ce roman aux notes de vécu. A lire par les parents qui s’inquiètent pour leurs adolescents, à lire par les adolescents qui s’interrogent sur ce qu’ils ressentent, à lire par vous qui voulez comprendre cette maladie qu’elle vous touche ou touche vos proches. A lire par ceux qui veulent lire un fabuleux roman traitant d’un sujet lourd sans jamais oublier l’espoir. A vous qui culpabilisez d’être malade, vous n’avez pas à le faire. A vous qui pensez que vous n’avez aucune raison d’être dépressif et ne comprenez pas votre maladie, lisez ce livre, il n’y a pas besoin d’un contexte horrible pour être malade.

 

enbref

Un roman tout en émotions et optimiste traitant de la dépression d’un adolescent qui nous raconte son séjour en hôpital psychiatrique où il réapprend à vivre au contact des autres. Une histoire poignante sur un sujet dur mais traité avec humour et lumière. Bien sûr quand on connaît le destin de l’auteur on ne peut s’empêcher d’être bien plus ému et touché par ce récit qui sent le vécu dans les sensations et descriptions de la dépression.

MANOTE

20/20

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Je tenais à adresser un petit coucou à Léa et My Pretty Books grâce à qui j’ai découvert ce roman et eu envie de le lire mais aussi grâce à qui j’ai découvert une maison d’édition dont le concept me plaît énormément. Je peux déjà vous dire que j’ai fait l’acquisition d’un autre ouvrage de la collection. 


 

CITATIONS

NB : j’ai noté beaucoup de citations de ce roman. Ceux ou celles qui connaissent ou ont connu la dépression s’y retrouveront forcément. Il est évident que l’auteur savait vraiment de quoi il parlait en écrivant cette histoire et qu’on y retrouve son vécu, indéniablement, même si le personnage est autre que lui même.

  • « – Les pensées suicidaires ?

J’ai de nouveau hoché la tête. Le docteur Barney m’a regardé droit dans les yeux, en faisant la moue. Pourquoi prenait-il les choses tellement au sérieux ? Qui n’a jamais pensé au suicide étant gosse ? Comment peut-on grandir dans ce monde et ne pas y penser une seule fois ? C’est une voie que beaucoup de gens célèbres ont choisi d’emprunter, après tout : Ernest Hemingway, Socrate, Jésus…Et d’ailleurs même avant le lycée, j’avais pensé que ce serait la seule chose à faire si je devenais célèbre un jour. […]

– Je pensais que… tant que vous n’aviez pas envisagé le suicide, vous n’aviez pas vraiment vécu, ai-je expliqué. Je me disais que ce serait bien d’avoir un bouton reste dans la vie, comme dans les jeux vidéo, pour pouvoir tout recommencer à n’importe quel moment en empruntant un autre chemin.

– J’ai l’impression que ça fait longtemps que tu te bats contre cette dépression, a fait remarquer le docteur Barney.  »

  • « – Sais-tu comment fonctionne la dépression ?

– Oui. » L’explication était fort simple. « Il y a des substances chimiques dans le cerveau humain qui transportent des messages d’une cellule cérébrale à l’autre. On appelle ça des neurotransmetteurs. Et l’un d’eux s’appelle la sérotonine.

– Très bien.

– Les scientifiques pensent qu’il s’agit du neurotransmetteur lié à la dépression…Les gens avec un déficit de sérotonine ont plus de chances d’être sujets à la dépression. […] Et donc ai-je continué, après que la sérotonine a passé son message d’une cellule à l’autre, elle est aspirée par la cellule cérébrale de départ afin de pouvoir être réutilisée. Mais le problème, c’est que parfois les cellules du cerveau sucent trop – je glousse- et ne laissent pas assez de sérotonine dans votre système pour véhiculer les messages. Il existe des drogues pour corriger ça, des inhibiteurs sélectifs de recapture de sérotonine qui empêche le cerveau d’en aspirer trop. On se sent mieux en les prenant. »

  • « On ne guérit pas de la vie […] On la gère »
  • « Alors bientôt, les gens auront des crises encore plus jeunes. On peut même imaginer que les médecins ausculteront chaque enfant à la naissance en se demandant s’il est apte à vivre dans le monde, s’il est équipé pour surmonter ces épreuves ; s’ils décident qu’il n’a d’ores et déjà pas l’air heureux, ils le mettront sous antidépresseurs, et l’entraineront sur la voie de la consommation à outrance. »

NedVizzini

Ned Vizzini

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[Chronique] Rêves de garçons de Laura Kasischke

9782253123644-TresumeA la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d’une Mustang décapotable dans l’espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar.MONAVISV2Ce livre m’a été offert dans le cadre de l’opération 2 poches achetés 1 offert. Ayant eu une expérience un peu décevante avec l’auteur et son ouvrage Esprit d’hiver (ma chronique est disponible en cliquant sur le lien) j’ai eu envie de lui donner une seconde chance. Malheureusement avec moi ça ne prend pas et cette seconde lecture me laisse à penser que les livres de Laura Kasischke ne sont pas pour moi. Pourtant ici, la 4ième de couverture me captivait. Je m’imaginais déjà une lecture très angoissante, sombre et intriguante. Mais il n’en fut rien.

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Nous suivons donc des jeunes filles lors de leur camp d’été de cheerleaders et plus particulièrement Kristy. Un jour, profondément ennuyées par leur cours d’abdos, Kristy, sa meilleure amie Desiree et une nouvelle connaissance Kristi (ouais déjà deux prénoms identiques ça m’a même pas amusé…Ça m’a même paru lourd) décident de prendre le large le temps de l’après midi à bord de la décapotable de Kristy afin d’aller nager au Lac des Amants, lac réputé sans fond. Mais sur leur route elles vont croiser deux ados à qui Kristy (avec un Y, ne la confondez pas avec celle avec un I) va sourire, conformément à ses habitudes de « Soeur Sourire ». Elles vont alors être prise de panique à l’idée que ces garçons puissent les suivre et s’en prendre à elle…

Voilà le sujet est posé. A partir de là je m’attendais à une ambiance très angoissante, voir peut être à une séquestration ou je sais pas des tentatives d’intimidations…Certes Kristi prétend qu’ils rôdent mais Kristy-avec-un-y- semble s’en moquer éperdument. Et il ne se passe rien…nous nous contentons de suivre le morne quotidien de pom-pom girls en vacances avec leurs petits tracas habituels et des souvenirs de Kristy, nous apprenant un peu plus qui elle est, à savoir une ado plutôt banale…L’auteure nous peint un décor de vacances d’été plutôt charmant, sous fond d’été américain, de lacs et de baignades.

Le livre est court et se concentre donc sur les relations entre les filles du camp, sur la meilleure amie qui drague le maître nageur et sur la seconde Kristi qui est assez inquiète suite à la rencontre brève avec les garçons. Tout au long du récit j’attendais qu’il se passe quelque chose et que l’angoisse monte. Mais ce n’est jamais monté. La fin, certes surprenante et qui arrive sans s’annoncer tient sur quelques pages. Et on est donc censés aimer ce livre à partir de cette conclusion. Il en était un peu de même dans Esprit d’hiver où la fin vous chamboulait totalement et remettait toute l’histoire en question, mais là pour moi ça n’a pas pris. La fin est glaciale mais ne m’a rien fait ressentir. Et encore moins l’épilogue que personnellement j’ai trouvé quelque peu inadapté et presque inutile. Toutefois la plume de Laura Kasischke reste qualitative et trouvera son public, on ne peut nier qu’elle est extrêmement cinématographique.

enbrefUn roman qui promet du suspens mais qui ne prend pas. C’est lent, heureusement qu’il est court. Une fin totalement surprenante mais qui ne suffit pas à remonter l’ensemble. Une 4ième de couverture qui nous attire sur une fausse piste. Un livre toutefois porté par une plume cinématographique.

MANOTE10/20

[Chronique] Tes mots sur mes lèvres de Katja Millay

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Paru aux Editions Fleuve Noir – Territoiresresume

Ancienne pianiste prodige, Nastya Kashnikov désire aujourd’hui deux choses : traverser sa période de lycée sans que personne n’apprenne rien de son passé, et faire payer le garçon qui lui a tout pris – son identité, son âme, sa volonté de vivre.
L’histoire de Josh Bennett n’est un secret pour personne. Chaque être qu’il a un jour aimé lui a été pris, jusqu’à ce qu’à 17 ans, il ne lui reste personne. Désormais, il veut qu’on le laisse seul, et les gens le font car quand votre nom est synonyme de mort, tout le monde est enclin à vous laisser votre espace.
Tous… sauf Nastya, cette mystérieuse nouvelle fille à l’école qui a commencé à venir le voir et ne veut plus s’en aller, s’insinuant dans chaque aspect de sa vie. Mais plus il apprend à la connaître, plus elle devient une énigme. Alors que leur relation s’intensifie et que des questions sans réponses s’accumulent, il commence à se demander s’il apprendra un jour les secrets qu’elle cache… ou même s’il le souhaite réellement.

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C’est typiquement le genre de livre sur lequel je ne me suis pas penchée plus tôt à cause de la couverture. Couverture qui soyons clair ne rend pas du tout hommage à la jolie pépite qu’est ce roman. Je suis donc très heureuse d’en avoir autant entendu de bien et de lui avoir donné sa chance. En revanche, même si j’avais pu constater l’enthousiasme des lecteurs, je n’en connaissais pas vraiment l’histoire et à peine le résumé. Ce fut une magnifique surprise et j’ai dévoré les 500 pages très rapidement tellement je voulais avancer et découvrir ce qui était vraiment arrivé à Nastya.

Nastya est une jeune femme brisée. Elle est morte, revenue à la vie sans la possibilité de faire tout ce pour quoi elle vivait : jouer du piano. De pianiste prodige elle passe à jeune femme torturée. Quand elle se souvient de ce qui lui est arrivé, elle décide de ne plus parler. Elle ira même jusqu’à changer de lycée et d’apparence pour ne plus jamais avoir à souffrir ni communiquer avec qui que ce soit. Elle se déteste et est terriblement en colère.

Josh Benett est solitaire. Tous les gens qu’il aimait sont morts et il vit seul. Personne ne l’approche et il s’en accommode très bien, va même jusqu’à cultiver son isolement. Son seul ami est Drew, le tombeur du lycée. Quand Nastya décide de pénétrer dans la bulle de Josh, bulle que personne n’ose franchir, ils vont devoir apprendre à communiquer, à se comprendre. Mais si les démons de Josh sont connus de tous, ceux de Nastya restent une énigme et bien que les sentiments entre nos deux lycéens se renforcent, il est très difficile pour Josh de comprendre ce qui a pu se passer.

Ces deux personnages principaux sont touchants. Grâce aux chapitres alternant leurs points de vue nous rentrons dans leur intimité, leurs pensées et tentons de les comprendre. Nastya nous laisse entrer dans son univers que par petites touches et nous mettons beaucoup de temps à apprendre ce qui lui est réellement arrivé et d’où provient cette colère, cette tristesse et ce mal être. Connaitre son histoire est le fil rouge de ce roman. Les personnages autour d’eux sont également très intéressants et bien plus complexes qu’il n’y parait. Ainsi, Drew, le don juan du lycée n’est pas si mauvais que cela et cache même un coeur énorme, rempli de bons sentiments et de bonnes intentions. Sarah, la famille Leighton, Clay ou encore Margot, tous ont une personnalité attachante. Nastya va-t-elle se sentir capable d’affronter ses démons ainsi entourée ? Alors qu’elle s’ouvre peu à peu à Josh, son mystère reste entier et lourd.

L’écriture est simple et plutôt percutante. Nous n’avons aucun mal à ressentir les émotions. Le style est mature, tous comme les lycéens du roman. On est loin, bien loin même du cliché romance adolescente. Ici, la relation met le temps à s’établir et se construire au fur et à mesure que les personnages apprennent à se connaître et à se faire confiance. Tes mots sur mes lèvres est une histoire très triste, avec un sujet plutôt lourd, mais est également plein d’espoir. L’espoir de se reconstruire, de renaître et de savoir qu’un jour, ça ira mieux. Bien sûr la romance est présente mais elle est douce, naturelle, émouvante. Quand deux âmes perdues se rencontrent, le résultat peut être si fort.

enbref

Une histoire dramatique qui prend aux tripes. Un roman touchant, émouvant et que vous refermez les larmes aux yeux. Des personnages complexes, une plume sensible, les 500 pages étant la juste longueur nécessaire pour nous inviter dans le monde torturé de Nastya.

MANOTE

18/20