De l’art de bien bloguer…(featuring Vieux Flamant Aigri)

Bloguer moins pour bloguer mieux et bloguer justebienbloguer

Chers flamants,

Cet article au titre prétentieux (mais qui lui ne l’est pas) m’est inspiré par un fait divers du jour, fait tout à fait banal mais qui ne devrait pas l’être. On m’a alerté dans mes commentaires qu’un de mes articles était plagié. Je vais sur le blog en question et que vois-je ? Oh oui, c’est bien une partie intacte de mon texte qu’on a copié après les mots « mon avis » sur ce dit blog mais en plus, la personne en question (parce que désolée, mais on ne peut pas dire que ce soit une blogueuse) a eu le culot de me voler mon image utilité pour « Mon avis » (ma petite voiture…) mais aussi ma photo personnelle du livre en question. Sur son torchon de blog, quelques articles, 100% volés à droite et à gauche sur la blogosphère. Alors là, je dis non. Il semblerait que la personne en question soit jeune donc, je veux bien faire la « trop gentille » et croire en l’erreur de débutante, mais en même temps, désolée de faire mon vieux flamant rose aigri, les mômes d’aujourd’hui, ils grandissent avec internet…Donc il ne faudrait pas trop se moquer des passionnés que nous sommes. Alors un petit guide avec un peu d’humour à l’intention de TOI mais aussi de toutes celles et ceux qui seraient tentés de lancer leur blog en ne faisant qu’un vaste copier/coller (Wahouuuu tu es trop doué super nouveau blogueur, tu sais voler les autres, quelle créativité, quelle passion pour la littérature, je suis impressionnée!). (Note : je précise que je ne donne pas de leçon de blog, je n’ai pas la prétention de mieux bloguer que les autres). Lire la suite

Réflexion : vraie/fausse littérature et âge des lecteurs

vraiefausseIl y a un moment que ce sujet me trotte dans la tête et que je voulais vous le soumettre, amis lecteurs. Je vois parfois, sous des vidéos youtube principalement, des commentaires du genre « c’est pas de la vraie littérature ça ». Ou alors je vois des gens qualifier de « trop jeunesse » un livre justement jeunesse mais qui ne correspond pas à leur tranche d’âge à eux effectivement.

Récemment Margaud Liseuse, une booktubeuse que j’apprécie beaucoup a fait une vidéo très qualitative sur le sujet. Si vous avez 10 minutes devant vous, svp, allez la visionner car son point de vue est très pertinent et qu’elle expose de bons arguments, notamment en tant que libraire.

Si je m’en réfère au dictionnaire Larousse, voici la définition du mot littérature :

  • Ensemble des œuvres écrites auxquelles on reconnaît une finalité esthétique
  • Activité, métier de l’écrivain, de l’homme de lettres
  • Ensemble des ouvrages, des articles de journaux, etc., consacrés à quelqu’un, à un sujet : Cette affaire a suscité une abondante littérature

Si je vais sur Wikipédia, je lis une définition très intéressante puis un contexte d’application qui laisse une place à l’avenir numérique :

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux xviie ‑ xviiie siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes. Aujourd’hui, la littérature est associée à la civilisation des livres par lesquels nous parlent à distance les auteurs, mais elle concerne aussi les formes diverses de l’expression orale comme le conte (en plein renouveau depuis une trentaine d’années dans les pays occidentaux), la poésie traditionnelle des peuples sans écriture — dont nos chansons sont les lointaines cousines — ou le théâtre, destiné à être reçu à travers la voix et le corps des comédiens. La technologie numérique est cependant peut-être en train de transformer le support traditionnel de la littérature et sa nature

Alors, ce que j’aimerais comprendre, c’est à quel moment on peut dire d’un livre qui a su être publié et donc qui est passé dans beaucoup de cas par un éditeur qu’il n’est pas de la vraie littérature ? Qu’est ce que la vraie littérature ? Les classiques ? Pour moi il n’y a pas UNE littérature mais DES littératures et à chacun de trouver celle qui lui convient. Je ne vois pas en quoi quelqu’un qui lit que de la littérature jeunesse (vous voyez on utilise bien le mot littérature non ?) ne lirait pas de la vraie littérature. C’est un choix de genre littéraire. Qu’est ce que la fausse littérature ? Qu’est ce qui fait qu’un livre puisse être qualifier de fausse littérature ?

Bien sûr, il y a des prix littéraires. Mais ces prix sont aussi fonction du genre littéraire dont il est question ! Il y a les prix estimés très prestigieux tels que le Goncourt, mais les livres jeunesse ou fantastiques ou encore polars ont leurs propres prix aussi. Ils sont récompensés pour leurs qualités et donc finalité « esthétique » non ? On récompense bien leur art ?

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Je lis de tout. Mais quand je lis un livre je ne me dis jamais « Ecoute BettieRose, c’est pas sérieux ton Harlequin/ton YA/ton NA là, tu vas pas me dire que c’est de la vraie littérature ? » Non, je lis de la littérature qui est elle même distinguée en différents genres. Chacun aime le ou les genres qu’il souhaite, ce choix incombe aux lecteurs uniquement. En lisant le lecteur fait un choix : celui de s’évader et de se cultiver. Quand je lis un livre jeunesse je me cultive, même si ce dernier n’a pas reçu le dernier Goncourt et n’est pas « digne » des grands critiques littéraires.

Mais sérieusement, à quel moment peut on dire qu’un livre n’est pas de la vraie littérature ? De quel droit ? On peut aimer ou ne pas aimer un genre, un livre, un auteur, mais de quel droit peut on le qualifier de fausse littérature ? Le monde évolue, la culture avec. Soyons ouverts, respectons la liberté de chacun de choisir SA littérature. Exemple : ma maman adore les romances de Noël, moi c’est pas ma tasse de thé. Vais-je lui dire pour autant que c’est pas de la vraie littérature ?  Non. C’est juste que ce n’est pas la littérature que j’ai choisi moi. La « vraie littérature » devrait elle se limiter aux prix littéraires, aux œuvres classiques et aux ouvrages de la rentrée littéraire ? Parce que dans ce cas, en effet, je ne lis pas de « vraie littérature ». Bien évidement les livres ne vont pas apporter les mêmes choses ni nourrir le lecteur de la même façon selon leur genre ! Si je prends un exemple dans mes dernières chroniques : lire Superglu ne m’a pas apporté du tout la même chose que lire Camille, mon envolée ou que lire 22/11/63. Pourtant, tous ces livres m’ont apporté quelque chose et ont nourri mon esprit, mon âme. D’une manière plus ou moins profonde, avec plus ou moins d’émotions, avec des phrases qui m’ont plus ou moins parlé, touché. Mais je ne peux pas dire que parce que Superglu est plus « léger » dans son écriture/style ou sujet qu’il est de la fausse littérature. Non, si on s’en réfère à la définition propre de la littérature il est dedans et je suis ravie de l’avoir lu.

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Ne laissez personne vous dire que ce que vous lisez est mauvais. Lisez pour vous, pour vous faire plaisir, pour vous évader. Ne laissez personne vous dicter ce que vous devez lire. Ne laissez personne vous dire que vous lisez trop. La lecture est un formidable moyen de s’évader, de grandir, de vivre plusieurs vies, de comprendre des choses, d’ouvrir notre cœur et notre esprit à toutes les cultures du monde, de comprendre des choix, de voyager, de rêver…Ne laissons personne gâcher notre plaisir par des commentaires négatifs. Partageons nos points de vue mais respectons toujours le choix littéraire des autres. A nous de juger ce qui POUR NOUS vaut la peine d’être lu ou non. Personnellement on m’a obligée à lire Les Confessions de Rousseau au lycée, j’ai trouvé cela exécrable alors que c’est pourtant considéré comme une grande oeuvre littéraire. Si c’est ça la « vraie littérature » alors en effet, j’ai rien compris à l’univers du livre que je croyais en perpétuel mouvement, libre et artistique. N’ayez jamais honte de vos lectures ! Exemple : certaines personnes n’osent pas avouer avoir aimé lire Twilight ou 50 nuances de Grey, je trouve ça rude de pas pouvoir assumer ses choix de peur d’être la risée des autres. Pour ma part, je n’ai pas du tout aimé Grey, que ce soit l’histoire ou le style de l’auteur, c’est pas pour autant que je vais qualifier cela de fausse littérature. Juste dire que moi je n’ai pas aimé. Et vu l’engouement et le nombre de lecteurs, c’est bien qu’il y a quelque chose dedans qui parle aux lecteurs qui l’ont choisi non ? J’assume d’avoir lu Twilight et à l’époque aimé (les 3 premiers tomes surtout). J’assume d’avoir lu After et de me dire accro à cette série et son personnage masculin. J’assume aussi d’adorer les écrits de Poppy Brite qui pourtant pour beaucoup sont durs, choquants. J’assume aussi de ne pas aimer 50 nuances de Grey et les livres de Laura Kasischke.

En bref, pour moi, il n’existe pas de vraie ou fausse littérature. Il y a LA littérature et celle-ci se divise en différents genres. A chacun de trouver SA littérature et ses genres. Donc je vous pose la question à vous, chers amis lecteurs : Qu’est ce que la vraie littérature ? Existe-t-il une vraie et une fausse littérature ? Ou comme moi pensez vous qu’il existe une multitude de littératures et qu’à chacun d’y faire ses choix ?


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Autre point que je voulais soulever avec vous : l’âge. Il m’est arrivé de lire sur des blogs ou vidéos booktube des commentaires désobligeants du genre « c’est pas de ton âge » ou « à ton âge il va peut être falloir arrêter la littérature young adult ». Mais en quoi notre âge doit déterminer nos choix livresques ? N’est-on pas libres de nos choix de lectures ? J’ai 33 ans alors j’ai pas le droit de lire la littérature jeunesse ? En quoi ? Je suis trentenaire alors je dois lire les prix Goncourt ? Ou les livres qui correspondent soit disant à mon âge de par leur définition ? Je dis non, je refuse qu’on me dicte mes choix en fonction de mon âge.

De même quand je lis dans des critiques de trentenaires (par exemple) qu’un livre jeunesse est « trop jeunesse » là j’ai envie de dire…comment peut-il être trop jeunesse ? Par rapport à quoi ? Si c’est un livre pour les 13-15 ans, est-il trop jeunesse pour cette tranche d’âge ? Qu’il le soit pour un trentenaire je veux bien, mais ce n’est pas un défaut du livre…peut-être plus de choix ? Il m’est arrivé de lire des livres jeunesses que j’ai trouvé un peu trop jeunesse POUR MOI, mais je ne l’ai pas évoqué en défaut du livre puisqu’il correspond parfaitement à la cible…exemple pour moi : La Maison de la Nuit que j’ai trouvé trop jeunesse POUR MOI, pas trop jeunesse de manière générale, tout est question de point de vue !

Ne laissez personne vous dire que vous êtes trop vieilles/vieux pour lire tel ou tel livre. Ne laissez personne vous dire que c’est pas de votre âge et qu’il faut grandir.

En conclusion : restons libres de lire ce que nous voulons et ne laissons personne nous dicter nos choix et les remettre en question. La lecture est et doit rester un plaisir, un loisir que l’on dirige à notre sauce et ne jamais devenir une contrainte. On lit pour soi, pas pour les autres. Respectons les choix de chacun, respectons nous, tout simplement. Si on aime pas le livre du voisin, on est en droit de dire pourquoi mais ne dites jamais « c’est de la merde », développez vos arguments, discutez, étayez votre propos. C’est comme pour tout, c’est affaire de goût, mais ne dénigrons jamais le choix des autres.

Je vous laisse maintenant la parole, j’ai hâte de connaître votre point de vue sur le sujet. 

Je vous laisse avec un chaton !

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Sources images de l’article : pexel ou we heart it