[Chronique] Si tu me voyais comme je te vois de Nicholas Sparks

couv45826892Publié chez Michel Lafon – Juin 2016 – 491 pages

Merci à Livraddict et Michel Lafon pour cette lecture dans le cadre des partenariats

 

resumeColin Hancock joue sa dernière chance. À 28 ans, son passé est une succession de drames et de mauvais choix. Au moindre faux pas, c’est le retour à la prison qui l’attend. Bien décidé à changer de vie, il se consacre à corps perdu à ses études, du moins jusqu’à ce que l’amour s’en mêle.
Enfant d’immigrés, Maria Sanchez s’est faite toute seule et est devenue une brillante et ambitieuse avocate. Cette beauté brune peut être fière de son parcours sans faute. Pourtant, quand ressurgissent les blessures du passé, la voilà contrainte de tout quitter pour se réfugier auprès des siens.
Mais l’amour surgit sans crier gare… Une rencontre fortuite sur une route pluvieuse va bouleverser le destin de ces deux jeunes gens tourmentés. Face au spectre de la violence et de la haine, leur amour qui défie tous les pronostics pourra-t-il être assez fort pour les sauver ?

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[Chronique] Log Horizon – Tome 1 de Mamare Touno

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Publié aux Éditions Ofelbe – Novembre 2015 – 473 pages

resumeElder Tale est le MMORPG qui rassemble le plus grand nombre de joueurs sur le net, mais lors de la sortie de sa douzième extension, tous ceux qui s’étaient connectés se retrouvent prisonniers du jeu, dont 30000 rien qu’au Japon. Ignorant comment ils sont arrivés là et s’ils pourront en sortir un jour, beaucoup perdent la volonté d’avancer. Mais Shiroe, un des joueurs les plus connus et les plus respectés du jeu refuse d’abandonner. Aidé de ses fidèles compagnons Akatsuki et Naotsugu, il va tenter de convaincre les  » Aventuriers  » de ne pas se laisser abattre et de bâtir une nouvelle société dans ce monde virtuel qui est maintenant le leur… Lire la suite

[Chronique] Forever young de Charlotte Orcival

foreveryoungJe tiens à remercier l’auteur pour l’envoi de ce livre

Auto- édité – format ebook – 274 pages

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Forever Young, une histoire de vie, tourbillonnante et pleine de premières fois, qui va vous faire éclater de rire pour vous briser le cœur à la page suivante

En 1984, l’été de ses treize ans, Anna, la petite parisienne aux origines polono-ardéchoise, fan des Smiths en particulier et de tous les groupes anglais en général, voit sa vie transformée par deux événements majeurs. Premièrement, elle entre dans la phase mythique de l’adolescence et peut enfin espérer qu’une vie plus vivante ne commence. Deuxièmement, sa famille la déracine de son Paris d’enfance pour une Bretagne aussi exotique qu’hostile avec comme handicap supplémentaire de faire sa rentrée dans un collège où sa propre mère officie en tant que prof de maths. L’horreur.
Mais bientôt, Anna tourne cette nouvelle vie à son avantage et découvre ce que ça veut dire vraiment d’être adolescente. Tout est concentré, à cet âge-là, intensément vécu, tout a plus de couleur, de brillance, de noirceur. Et Anna va nous le rappeler, page après page. Voilà donc l’histoire de Anna et avec elle, de toutes les premières fois du monde qui, comme nous le savons tous, sont sans retour. Sauf que justement, au moment où nous les vivons, nous ne le savons pas encore, qu’elles seront sans retour…

Alors, est-ce que l’adolescence était différente avant les SMS, Snapchat etc ? Faites un voyage dans l’adolescence d’Anna et découvrez-le par vous-même.MONAVISV2

Cela faisait un bon moment que Charlotte Orcival m’avait présenté son livre mais je n’avais pas pris le temps de m’y pencher. M’ayant proposé une nouvelle version corrigée j’ai décidé qu’il était temps pour moi de le lire. J’avoue qu’étant née en 1982 je me disais que forcément ce livre pourrait me parler car après tout il n’y a que 12 ans de différence entre Anna et moi. Parce que moi aussi j’ai vécu mon adolescence avant les SMS (enfin j’avais un téléphone portable au lycée mais on était alors dans les débuts et tout le monde n’en était pas équipé). Parce qu’une histoire qui se passe en Bretagne ne pouvait être que dépaysante. Et parce qu’on fond on aurait aimé rester « forever young » n’est-ce pas ?

Bien que je n’ai pas vécu mon adolescence de la même manière que l’héroïne de ce roman, on se reconnaît forcément dans cette histoire qui est une parfaite illustration de l’adolescence et du délicat passage à l’âge « adulte ». Anna passe en 4ème et c’est un véritable fossé, ni enfant, ni vraiment adolescente, elle doit trouver ses repères. Heureusement pour elle, elle sera vite prise en charge par un garçon vraiment dynamique et sympathique, Erwan et se fera très vite une meilleure amie au caractère affirmé, Laure. Dès le premier jour Anna a son premier coup de coeur pour un garçon plus vieux qu’elle, Julien. Et lui aussi semble l’avoir remarqué. Mais voilà, Julien ne peut pas s’empêcher de la rejeter…Qui est-il ? Pourquoi Anna est-elle tellement déstabilisée par ce regard ? A la façon d’un journal, Anna nous raconte son histoire, ses premières fois, celles qu’on ne vit par définition qu’une fois, même si on n’en a alors pas conscience, et qui marqueront notre existence à jamais. Anna met en avant la vie d’une adolescente ordinaire, ni riche, ni pauvre, une enfant « banale » et nous plonge dans l’intensité de cette période où se mêlent divers sentiments alors inédits. La découverte de ce qu’est vraiment l’amitié, les premiers amours, les premiers drames, grandir et tout vivre avec une intensité nouvelle.

J’ai eu l’occasion de voir que sur Amazon les avis sont très élogieux et que de nombreux coups de coeur ont été décernés à cette histoire. Malheureusement je ne fais pas partie de ces gens là. Si l’histoire est sympathique, elle reste pour moi trop « immature », je dois être un peu trop vieille pour. J’ai eu beaucoup de mal à m’identifier à Anna dans toute la première partie du roman. Certes, c’est très réaliste et je me souviens moi même avoir griffonné dans des cahiers des « aujourd’hui son regard a croisé le mien, je crois que ça veut dire qu’il m’apprécie car c’était intense » etc, mais toute la première partie de l’histoire manque de maturité. Bien évidemment c’est volontaire, c’est lié à l’héroïne qui grandit sous nos yeux. Une fois qu’elle prend en assurance et en maturité l’histoire devient plus intéressante. De même que la relation avec Julien qui est au début un peu trop « convenue » et ennuyeuse du genre « fuis moi je te suis » etc. Malgré tout c’est un roman extrêmement frais, émouvant, touchant. Une histoire qui nous propose des tas de références musicales sympathiques, suivant la passion d’Anna pour les groupes anglais. Les personnages sont « vrais », crédibles et leurs liens authentiques. On revit notre adolescence, on sourit lors de certaines anecdotes, on repense à notre propre parcours. C’est un hommage à l’âge des premières fois dont on n’a pas conscience, à l’âge où l’on se croit immortels et invincibles, jeunes à tout jamais. C’est aussi l’âge des premiers drames, de ceux qui marquent une vie pour toujours. Le choc, les larmes, les désillusions. L’amitié, la jalousie, la confiance, l’amour. Et puis grandir, voler de ses propres ailes, se détacher du cocon familial, mentir à ses parents pour faire ce qu’on a envie, trahir leur confiance sans douter une seule seconde d’un potentiel danger. L’innocence, l’âge où l’on découvre la vie.

Charlotte Orcival porte un regard touchant sur l’adolescence et nous décrit des adolescents auxquels on s’attache. Notre coeur bat en même temps que celui d’Anna quand Julien se rapproche. Notre coeur se déchire lors d’un évènement douloureux. Je regrette en revanche qu’on en sache pas vraiment plus sur la famille d’Anna. C’est presque comme si elle vivait seule. Certes on est à l’âge où on se fiche des parents et on ne veut qu’une chose : la liberté, l’autonomie et s’éclater. Malgré quelques petites coquilles (et des expressions qui m’ont parues peut être anachroniques mais c’est peut être moi qui me trompe), la plume est fluide, agréable et sincère. Nous avons vraiment l’impression de partager les déboires d’Anna et de la voir grandir, s’épanouir et vivre des premières fois, certaines magiques, d’autres terribles. Plus rien ne sera comme avant…Je pense que mon histoire personnelle m’a empêchée d’apprécier ce livre à sa juste valeur, j’ai eu du mal à vraiment m’identifier à ce groupe d’amis même si pourtant il est saisissant de réalisme. En revanche, on sent un véritable amour pour la Bretagne et une sublime hommage est rendu à Vannes et ses environs. On a qu’une envie : faire une petite virée là bas.

Petite remarque concernant l’épilogue :  je ne l’ai pas trouvé nécessaire et malheureusement un peu « cliché ». Certes, c’est une jolie conclusion mais qui pour moi n’était pas utile et j’aurais préféré terminer l’histoire sans, laissant l’imagination jouer son rôle et « construire » le futur d’Anna. enbref

Un roman touchant et léger sur l’adolescence et les premières fois dans les années 80. Des sentiments, des émotions, des découvertes, le tout décrit par une plume sincère et fluide. Quelques petites longueurs dans la première partie du roman, jusqu’à ce que l’héroïne grandisse un peu. Les première fois d’une adolescente racontées d’une manière juste et efficace.

MANOTE14/20

 

 

[Chronique] Les Brillants de Marcus Sakey

lesbrillantsPublié chez Folio Policier (poche) – 2016 – 568 pages

Livre lu en partenariat avec Folio et Livraddict, un grand merci pour leur confiance

Existe en grand format et le tome 2 sort le 18 février prochain – Trilogie

resumeIls sont dotés de facultés hors du commun. Ils représentent 1 % de la population mondiale. Ce sont les «Brillants». L’agent Nick Cooper, bien que lui-même Brillant, consacre sa vie à protéger les gens normaux en travaillant au sein du DAR, le département chargé de contrôler l’activité de ces surdoués. Pourtant, la traque de John Smith, le Brillant ennemi n° 1, va l’obliger à choisir son camp…

Autre résumé (celui du grand format)

Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers et engrange 300 milliards de profit en une semaine. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les «Brillants», et depuis les années 1980 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.
Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes. Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux. Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.MONAVISV2

Parmi les deux résumés que je vous ai proposé ici, celui qui me semble le plus pertinent est le premier. C’est vraiment celui qui accroche le regard et donne envie de se plonger dans ce thriller fantastique qui a de quoi vous rendre paranoïaque. J’ai passé un excellent moment avec ce récit et j’ai vraiment hâte d’en connaître la suite.

L’agent Nick Cooper est un homme bien. Depuis des années il travaille pour le DAR (Département Analyse et Réaction), une agence gouvernementale qui doit traquer les « anormaux » (autrement dit Les Brillants) dès lors qu’ils représentent un danger pour la population « ordinaire ». Cooper est lui même un Brillant mais a décidé de consacrer son existence à la protection des citoyens américains et est l’un des plus doués de son équipe. Divorcé mais très proche encore de sa femme et de ses enfants il consacre tout son temps à son travail, sans relâche et convaincu du bien fondé de ses actions et de son implication. Pourtant un jour, un évènement va précipiter les choses dans sa traque de l’ennemi numéro 1, John Smith, célèbre terroriste et Cooper devra suivre son propre chemin, faire ses choix. Dans un monde impitoyable, uchronique et où il est difficile de savoir à qui faire confiance, Cooper va devoir sacrifier certaines choses pour trouver la vérité.

Nous sommes en 2013, aux Etats Unis. Depuis 1980 des Brillants naissent et disposent de capacités que personne n’est en mesure de comprendre. Divisant le monde, certains croient en leur « utilité », d’autres les redoutent. C’est pour cette raison que l’agent Cooper fait son métier, il doit éliminer les Brillants qui deviennent des criminels et profitent de leurs dons pour accomplir de basses besognes ou tuer au nom de revendications. Mais Cooper est obsédé par sa principale cible, John Smith, activiste devenu terroriste et qui a déjà frappé très violemment le pays. Quand l’occasion de se lancer à sa poursuite se présente, Cooper n’hésitera pas. Il n’imagine juste pas qu’il lui manque tout un tas d’informations et qu’en trahissant « les siens », il prend des risques énormes.

Ce récit est dense mais addictif. Difficile de le lâcher et pourtant nous avons un joli pavé de plus de 580 pages à la police assez petite. C’est très complet et le monde uchronique qui nous est proposé est parfaitement mis en place. Nous comprenons que les U.S.A. que nous avons dans ce récit ne sont pas les U.S.A. que nous connaissons. Technologies plus avancées grâce aux Brillants, recherches plus développées grâce à ces anormaux, le monde vit partagé entre la « nécessité » des Brillants et la crainte, le danger qu’ils peuvent potentiellement représenter. Pourtant en minorité, certains citoyens et hommes politiques s’opposent à leur liberté et d’autres comme John Smith militent pour l’égalité. C’est donc dans un climat de tension extrême que Cooper est amené à traquer des Brillants qui préparent une horrible attaque sur le pays, promettant de faire couler le sang. Au nom de quoi ? Cooper l’ignore encore. Mais tout tourne mal et l’agent n’a pas le choix : il doit faire cavalier seul et retrouver ce John Smith. Cet agent est un homme auquel on s’attache immédiatement. Trentenaire, passionné par son travail, il nous fait vivre son pouvoir de l’intérieur, et ses capacités sont étonnantes, un sacré atout pour la traque qu’il s’apprête à mener. Militaire dans l’âme il n’a peur de rien ou presque et n’a pas grand chose à perdre. Sur son chemin il va rencontrer une surprenante anormale qui pourrait bien l’aider à y voir plus clair et le mener à sa cible. Mais est-il vraiment du bon côté ? Cooper a cette faculté épatante de se remettre en cause sans arrêt. Il doit sans cesse dominer ses émotions, ses réactions. Il doit toujours être en fuite mais aussi à l’écoute des moindres indices. Il est intelligent, forte tête et pas pour autant dénué de sarcasme. C’est un homme exceptionnel qui va vraiment devoir affronter sa nature et celle des siens afin de comprendre l’enjeu énorme de ce qui se trame.

Les autres personnages sont également très intéressants. Quinn, son ami de longue date est quelqu’un de loyal et très professionnel. Dickinson son ennemi est le classique agent insupportable prêt à tout pour faire tomber son rival. Son directeur est un homme meurtri par la mort de sa femme et qui se bat pour sa cause, menant son agence d’une main de fer. Sharon est une femme pétillante, séduisante et pleine d’humour, elle déstabilisera notre agent Cooper grâce à son talent mais aussi son caractère incroyable. Les rencontres faites au cours de leur traque et lors de leur parcours jusqu’au Wyoming leur fera rencontrer des gens très différents, et les pièces d’un puzzle qui dépasse Cooper viendront alors s’emboîter petit à petit, au fur et à mesure qu’il approche de John Smith.

Suspens, action, rebondissements, trahison, manipulation, complot, politique, terrorisme, illusions, confusion et paranoïa, voilà tout le panel d’émotions et de sensations que le lecteur va être amené à ressentir au cours de sa lecture. Il faut commencer par bien comprendre le monde qui nous est présenté et ses dangers potentiels. Faire connaissance avec les Brillants. Comprendre qui il sont avant de saisir ce qui se passe réellement. Nous avançons en même temps que Cooper, et apprenons les choses en même temps que lui. Parfois le récit nous propose des interludes avec des articles de journaux ou « publicités » pour l’intérêt des anormaux. Nous rentrons vraiment dans le monde des Brillants et la plume sait nous cueillir dès le début. Intensité et lucidité sont au coeur de cette écriture « brillante » et palpitante. Attention quand même à bien s’accrocher à ce récit car l’univers est assez complexe et une fois lancés, vous n’aurez pas vraiment l’occasion de reprendre votre souffle. Etes vous prêts à rencontrer le plus grand terroriste, l’ennemi numéro 1 des Etats Unis, le Brillant le plus recherché ? Etes vous capables d’affronter la vérité ? Serez-vous aussi fort que Cooper ? Préparez vous à affronter une réalité alternative qui n’est peut être pas si éloignée que cela de notre monde.

NB : petit désaccord concernant l’avis donné en 4ème de couverture par Hubert Prolongeau pour Télérama, je cite, « Des superhéros  entre X-Men et la série Heroes. » Pour ma part je n’adhère pas à cette comparaison car les capacités parapsychologiques de Brillants sont bien différentes (pas de laser dans les yeux, pas de contrôle de la météo, pas de gens qui volent…ou alors on les a pas encore rencontrés dans ce premier tome) de celle des histoires citées. C’est nettement plus « réaliste » à mon sens que les capacités des X-Men (j’adore les films mais je n’ai jamais lu les Comics) ou encore Heroes. 

enbref
Un excellent premier tome qui vous mène dans un monde uchronique où « s’affrontent » les normaux et les anormaux. Un zeste de complot, un soupçon de trahison, une pincée de fantastique et une poignée de mensonges, mélangez le tout avec de l’action sans relâche et vous obtenez ce livre palpitant porté par une plume extrêmement efficace. Immersion garantie aux côtés de Cooper, personnage charismatique et tiraillé qui devra faire des choix capitaux.

MANOTE

18/20

[Chronique] Les gardiens de l’Océan de Irene Salvador

gardiensdeloceanPublié aux Editons Michel Lafon – 2015 – 220 pages

Reçu en partenariat avec Livraddict et Michel Lafon, un grand merci aux équipes.

resumeEn plongeant pour sauver son père de la noyade, Marco, 14 ans, découvre qu’il a l’incroyable capacité de respirer sous l’eau. Mais son émerveillement est de courte durée car il apprend bien vite la vérité : il appartient à un peuple millénaire, les Gardiens de l’Océan, et l’apparition de ses pouvoirs a fait de lui une cible de choix pour ceux qui souhaiteraient empêcher la naissance d’un nouveau protecteur des mers. Afin de préserver les siens, il doit les quitter, et partir apprendre à contrôler ses nouveaux dons à Acqualys, la cité des Gardiens. Mais avant d’en devenir un à part entière, il devra affronter des pirates, explorer les fonds marins et braver le seul interdit qu’on lui a imposé… un interdit qui porte le nom de Laura.

MONAVISV2Que je déteste devoir écrire une chronique négative. Surtout pour un livre que j’attendais vraiment. Quand j’ai vu les annonces de parution de Zodiaque et de ce livre j’ai tout de suite su que je voulais les deux. Les couvertures magnifiques, les 4ièmes de couvertures tentatrices…Bref, si ce fut un coup de coeur absolu avec Zodiaque, ce fut une réelle déception avec Les Gardiens de l’Océan. Mon but sur ce blog est d’être honnête envers mes lectures et mes lecteurs, donc je vais vous expliquer ce qui n’a pas marché pour moi dans ce livre.

En ce qui concerne la couverture, je maintiens ma position elle est sublime et donne envie de plonger dans le roman pour découvrir cet univers sous marin. Je me souviens du bonheur et de l’excitation ressentie à la lecture de la saga Waterfire de Jennifer Donnelly (Deep Blue et Rogue Wave) qui nous faisait vraiment voyager dans un univers magique, plein de nouveau mots et de concepts. Ici, tout est effleuré et nous restons vraiment à la surface…Je sais que nous n’avons pas les capacités de Marco pour respirer sous l’eau mais nous aurions aimé aller plus en profondeur de nombreux aspects.

L’histoire part pourtant d’un concept très sympathique et attrayant : Marco, suite à un accident (son père qui se noie) découvre qu’il n’est pas celui qu’il pense et qu’il a des capacités hors du commun. Il appartient à la société très secrète des Gardiens de l’Océan, qui préservent la planète de catastrophes écologiques du mieux qui le peuvent et est essentiel auprès des siens. Il doit donc quitter sa famille pour partir avec un mystérieux inconnu dont il ne connait rien…Là déjà premier hic, la famille le laisse partir sans discuter « si c’est ton destin ». Bref, on s’attendait déjà ici à un peu plus de réflexion et surtout à un peu plus d’introspection de la part de Marco. Oui il ressent l’appel de l’Océan au plus profond de lui mais c’est balayé en quelques mots…

Marco rejoint donc Cyrus, son nouveau mentor et part à la découverte d’une sublime cité qui leur permet d’asseoir leurs actions. Va alors commencer pour lui sa formation durant son « éclosion ». Il sera accompagnée de deux ados de son âge pendant ce temps là : Diamant une énigmatique jeune fille, et Léo, le fils de Cyrus qui le déteste (enfin jusqu’au moment où il a un déclic venu de nulle part genre « wahouuu t’es mon frère pour la vie). Au début, nous découvrons cet univers avec envie, avec plaisir. Mais tout n’est qu’effleuré. L’écriture, la plume s’enlise et le style rend le tout plutôt désagréable et pénible à lire. On saute d’un truc à l’autre sans transition aucune…Et on se perd (est-on sous l’eau ou en surface là maintenant ?).

L’apprentissage de Marco se fait sur des années mais le gros problème de ce livre reste la temporalité : on ne saisit pas bien le temps qui passe, c’est confus, perturbant et on a du mal à se repérer dans le temps. On passe de 6 mois d’apprentissage à deux ans en une ligne, on se perd et finalement on ne voit pas Marco grandir, s’épanouir et acquérir son apprentissage. Je crois que la cerise sur le gâteau a été l’épreuve soit disant la plus « redoutable, terrible et dangereuse qui pourrait coûter la vie au jeune homme » qui ne nous sera pas expliquée…l’auteur justifiant que c’est quelque chose que chacun garde pour soi…Le lecteur est mis en retrait et même si Marco est attachant, sympathique, dynamique et volontaire il ne sera pas évident de saisir sa psychologie….Il passera de l’ado ordinaire au super héros des mers sans que le lecteur soit réellement impliqué dans cette transition, sans vraiment comprendre le concept réel de son éclosion, ses entraînements et apprentissages…

Quand débarque un semblant, ou plutôt ersatz de triangle amoureux vite avorté c’est le truc de trop…On comprend bien que Marco soit amoureux de sa jolie Laura, dont on ne saura rien d’ailleurs, à quoi bon ? Les combats contre les « méchants » sont totalement confus, on ne comprend pas grand chose si ce n’est leur capacité à se planter et à tomber en échec. Pourquoi ? Ben à vous de me le dire…Quant aux voyages dans l’océan etc, ça occupe une ligne et hop on est où ? Hein quoi ? La mission ? Facile, il fait ça, il survivra pas mais si en fait…bref.

C’est profondément frustrée et déçue que je ressors de ma lecture. Alors que le concept de base est génial, alors que l’univers aurait pu être captivant, le tout n’est finalement qu’effleuré, laissant le lecteur dans la confusion et le doute. La plume manque de piquant, parvient difficilement à nous accrocher et en plus de nous perdre, le style confus finit par ennuyer le lecteur. Peut-être est-ce lié à la brièveté du roman ? 220 pages ne suffisent peut être pas à nous faire plonger dans un univers s’annonçant pourtant fantastique ? Toujours est-il que notre expérience des Gardiens de l’océan laisse un goût amer en bouche d’inachevée, de « pas assez développée ». Je reste persuadée pourtant que le concept initial de l’auteure est fantastique et qu’on peut en tirer vraiment quelque chose. Je ne sais pas si une suite est prévue, mais vu comment cela se termine, ce serait judicieux. Dans ce cas, si un second tome voit le jour, je lui donnerai une chance pour voir si enfin nous avons matière à être captivés et entraînés au fond de l’océan.

En tout cas, je n’ai pas accroché à la plume de l’auteure et j’en suis bien navrée. Je n’ai pas non plus adhéré à la confusion, le manque de cohérence entre les chapitres et les importants problèmes de temporalité qui rend vraiment difficile le suivi de l’évolution de Marco qui grandit mais nous laisse dans le trouble. Il aurait été bon de nous en dire plus sur la cité d’Acqualis et sur le rôle exact des Gardiens de l’Océan, leurs origines etc. Car comme je le disais plus haut, rien n’est approfondi et on doit se contenter de brèves et imprécises descriptions et explications. Il y a quelques jolis moments poétiques comme la nage avec les dauphins, la découverte de merveilles de la nature mais cela ne suffit pas à rattraper le reste de l’histoire trop superficielle. Difficile aussi de comprendre pourquoi les moments les plus importants de l’histoire sont si vite bâclés pour passer à des choses plus légères et naïves, ce qui est très frustrant…Quand aux pensées, vocabulaire et discussion il y a parfois un certain manque de naturel et beaucoup de « naïveté ».

enbrefUne véritable déception. Alors qu’on part d’un concept fabuleux et original, l’auteur n’a rien su exploiter de ce dernier et laisse son lecteur à la surface de l’océan au lieu de le faire plonger dans les profondeurs de son récit. Tout est expédié rapidement, aucune place laissée aux détails et réelles descriptions ce qui fait qu’on reste vraiment en retrait de cette mythologie et de son potentiel pourtant infini. Une plume trop brouillonne qui ne gère pas la temporalité et frustre donc le lecteur dans sa progression. Au final, un roman un peu pénible à achever…

MANOTE10/20

Merci à Livraddict et aux Editions Michel Lafon pour cette lecture

[Chronique] Des Mensonges nécessaires de Diane Chamberlain

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Paru aux Editions Mosaïc (Harlequin) – septembre 2015 – 480 pages

Merci à Netgalley et aux Editions Mosaïc pour cette lecture 

resume1960. Dans les champs de tabac de Caroline du Nord, Jane Forrester et Ivy Hart ne pourraient mener des existences plus différentes. A quinze ans, Ivy travaille dur pour faire vivre sa famille, notamment « bébé William », âgé de deux ans qui souffre d’un retard mental. Au contraire, Jane est confortablement mariée et rien, dans son milieu bien-pensant, n’exige d’elle qu’elle donne de sa personne. Sauf sa conscience et sa sensibilité. Bravant son mari et les conventions sociales, elle s’engage au service des pauvres – au service de la famille d’Ivy Hart. Une proximité qui lui ouvre les yeux sur des secrets insoupçonnables et un scandale humain qui devient sa bataille.

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Voilà un livre qui m’a bouleversé et ouvert les yeux sur des choses que j’ignorais jusqu’alors. Vous le savez, je me passionne des années 50 mais aussi 60 et j’aime lire des livres dont l’histoire s’y déroule. A chaque lecture, je découvre bien évidement des faits révoltants. Bien sûr, nous ne vivons toujours pas dans une société parfaite où tout le monde dispose des mêmes droits, mais le sujet soulevé dans Des mensonges nécessaires est, à mes yeux, révoltant. Le 4ième de couverture du livre ne m’indiquait à aucun moment dans quoi je m’engageais en me lançant dans ce livre. Je pensais à une belle histoire d’amitié, de solidarité, je me disais que Jane allait se révéler dans sa carrière de travailleuse sociale. Mais je faisais fausse route. C’est une histoire bien plus dramatique que la pauvreté et l’aide sociale qui nous est peinte à travers ce livre. Si vous voulez garder toute surprise ne lisez pas ma chronique. Je ne vais pas spoiler ce qui arrive à qui ou ce qu’il se passe dans le livre exactement mais je vais vous parler du sujet principal, douloureux et révoltant que le 4ième de couverture n’évoque pas. Ce mensonge « nécessaire » mais révoltant.

C’est le premier livre de Diane Chamberlain que je lis et ce même si j’ai un de ces titres dans ma PAL. Nous sommes de suite plongés dans les années 60. Le récit se fait à deux voix : celle d’Ivy, jeune fille pauvre de 15 ans vivant dans les champs de tabac avec sa grand-mère, sa soeur et son neveu de 2 ans que sa soeur a eu à l’âge de 15 ans. La vie d’Ivy est loin d’être idéale : Mary Ella, sa soeur de 17 ans est jugé très simple d’esprit, leur père est mort, leur mère est internée et c’est leur grand mère jugée cas limite par les services sociaux qui est à la tête du foyer. L’arrivée de bébé William, petit garçon adorable mais qui semble très en retard sur les apprentissages n’a rien arrangé à leur vie. Ivy, est une fille simple mais pas bête. Elle est très amoureuse, en secret, de son petit ami (un garçon bien) et a de l’espoir pour son avenir. C’est une jeune fille battante, aimante, réfléchie même si son éducation n’est pas parfaite. Elle a bon fond et est dévouée à sa famille. L’autre voix est celle de Jane, qui ose s’opposer à son tout jeune mari et décide de travailler un peu avant de fonder une famille. Elle se retrouve donc « travailleuse » sociale. Mais ce qu’elle ignore c’est que sa rencontre avec la famille Jordan, mais surtout la famille Hart va bouleverser sa vie à jamais. Incapable de prendre le recul émotionnel nécessaire à ses fonctions, Jane, une femme forte, courageuse, aimante va tout faire pour protéger Ivy et sa famille d’une horreur qu’elle ne croyait pas possible : la stérilisation forcée ou programme eugénique. Là bas, les travailleurs sociaux peuvent décider de retirer aux femmes leur droit à procréer. La plupart du temps ces femmes sont stérilisées à leur insue. Les mensonges sont intolérables pour Jane…Elle est loin d’être au bout de son parcours, ce mensonge intolérable qui va devenir son combat.

Nous suivons donc ces deux femmes, que 7 années séparent en âge. D’un côté la fille pauvre qui trime pour son quotidien, de l’autre la femme bien sous tous rapports épouse d’un pédiatre et qui n’a pas besoin de travailler. Mais chacune va apprendre de l’autre et un rapport de confiance va s’établir. Mais Jane s’expose à des risques en dépassant le cadre de ses fonctions…Diane Chamberlain a une plume fluide, simple, douce, qui pousse à l’introspection et à la réflexion en douceur. Elle adapte son écriture à la personnalité des deux femmes, chacune ayant un vocabulaire bien différent, bien propre à son mode de vie et ses origines.

Le point fort de ce livre est sans conteste ses personnages. Ces deux femmes sont formidables. Elles sont courageuses, ce sont des battantes, elles sont fortes et admirables. Bien sûr, le récit est articulé autour de faits dramatiques : l’eugénisme, ou la stérilisation forcée. C’est révoltant et Jane ne tolère pas qu’on ne laisse pas le choix à ses femmes. Rappelons que nous sommes au début des années 60, que la pilule fait tout juste son apparition et que l’éducation sexuelle n’est pas vraiment au programme d’études des gens les plus pauvres. Nous suivons une bataille, un combat pour ses opinions, pour la confiance, pour l’aide, pour la révolte, pour le droit des femmes. Nous restons admiratifs de Jane et d’Ivy et ressortons émus de cette lecture. Bien des choses vont venir rythmer le récit et vous ne vous ennuierez pas une seule minute.

enbref

Un sujet révoltant et bouleversant. Des personnages exceptionnels, des femmes qui, bien que fictives, laissent une trace et qu’on oubliera pas de sitôt. Une histoire d’amitié touchante, poignante. Un combat pour la liberté et pour les droits…Un roman qui nous rappelle des pratiques pas si anciennes que cela. Un livre qui nous ramène aux droits des femmes et au parcours accompli…et qu’il reste à accomplir à travers le monde.

MANOTE

19/20

ALLERPLUSPLOIN

Quelques brèves d’après les notes de l’auteur : « de 1929 à 1975, la Caroline du Nord a stérilisé plus de sept milles de ses citoyens. Le programme visait les « déficients mentaux », les « faibles d’esprit », les pensionnaires des institutions et écoles professionnelles, les personnes souffrant d’épilepsie et d’autres encore dont la stérilisation était considérée comme « relevant de l’intérêt général ». »

Alors que beaucoup d’Etats, gènés par le rapprochement avec le programme eugénique de l’Allemagne nazie se sont vus stopper le programme, la Caroline du Nord, elle, a continué d’accroître son taux de stérilisation. Seule la Caroline du Nord donnait à ses travailleurs sociaux le droit de prendre la décision de la stérilisation. Stérilisation forcée rappelons-le. Les victimes encore en vie auraient du être dédommagées financièrement mais le « projet » est encore en suspens. Rappelons de toutes façons que rien ne pourra jamais réparer le préjudice subit et que chaque femme doit avoir le droit de disposer de son corps comme elle l’entend.

Définition Wikipédia générale de l’eugénisme L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à intervenir sur le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait ».

Et un article complet sur l’eugénisme aux Etats-Unis

Encore merci à Netgalley et aux Editions Mosaïc pour cette lecture

[Chronique] Et ton absence se fera chair de Siham Bouhlal

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Paru aux Editions Yovana – Août 2015- 222 pages

resume« Qui se souviendra de ces moments si je ne le fais pas ? »
Le premier roman de Siham Bouhlal nous fait voyager autour des thématiques universelles de l’amour, du deuil et de la nostalgie. L’auteure nous livre ses sentiments, bruts, fruits d’un vécu, d’un amour passionné et d’une blessure à jamais ouverte. Avec l’issue tragique comme axe d’une narration magistrale, Siham Bouhlal nous plonge dans l’intimité de sa relation fusionnelle avec feu Driss Benzekri, personnalité politique marocaine de renommée internationale, homme follement aimé avant tout. Elle nous livre bien davantage qu’un chant de tristesse ou qu’un cri de colère contre l’injustice fondamentale de sa perte : son intolérable deuil s’entremêle à la chronique poétique, sensuelle et envoûtante d’un amour qui déplaçait les montagnes.

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Quand les éditions Yovana m’ont contacté pour me proposer cette lecture, je n’étais vraiment pas certaine que ce soit pour moi. J’avais peur qu’on y parle trop politique (et il n’en est rien), mais j’avais vraiment envie de m’ouvrir à cette lecture et je peux vous dire que je ne regrette pas une seule seconde, c’est une pépite, un joyau sculpté à base de mots, de lumière et d’amour…Ma chronique aujourd’hui va être un peu différente car je ne vais pas vous parler d’intrigue, de personnage, de rythme…ce n’est pas ce dont il est question aujourd’hui.

Et ton absence se fera chair est un livre sur l’amour, la fusion, la lumière, la sensualité, la pureté des sentiments, la perte, la douleur, le deuil, le manque. Nous lisons une histoire à la senteur de thé à la menthe, à la douceur des caresses des amants.  Siham le dédie à son amour « A toi Driss Benzekri, voici notre histoire, romancée ou bien rêvée ».

Et ton absence se fera chair ce sont les mots sublimes et parfaitement combinés d’une femme qui aime et souffre de la perte de l’homme avec qui elle partageait cet amour passionnel. Son écriture est douce, poétique, chaude, sensuelle et charnelle. Elle nous entraîne dans un tourbillon d’émotions…Elle ne se contente pas de raconter leur histoire, elle lui rend hommage. C’est un hommage à l’homme qu’elle aime et dont l’absence lui est toujours intolérable, c’est une déclaration d’amour à la poésie merveilleuse.

J’ai dévoré ce livre en une soirée, subjuguée par la magie des mots, ébahie par tant de lumière, d’amour, de sensualité. J’ai aimé connaitre un peu Siham bien sûr et le tableau qu’elle nous peint de Driss. Mais jamais nous n’entrons dans du voyeurisme, jamais nous entrons dans ce qui ne regarde qu’eux. Driss œuvrait pour les droits de l’homme au Maroc, c’était un homme bon et courageux. Siham l’aimait pour ça mais pas seulement. C’est son âme qu’elle chérit, qu’elle embrasse autant que sa chair a pu l’être de son vivant. Elle alterne les moments de présence, de vie avec ceux d’absence, de la mort et du deuil. Leur amour est beau, autant physique, charnel, sexuel, sensuel qu’intellectuel et poétique.

Je m’excuse pour cette chronique décousue, mais mes mots ne sont pas à la hauteur de la poésie et des maux de Siham. Cette lecture va rester gravée dans mon cœur longtemps et je vous invite vraiment à découvrir cette pépite, faites connaître ce livre, c’est si beau…De la lumière dans les ténèbres du deuil.enbref

Un livre hommage, une déclaration d’amour plus que sublime, une écriture douce, poétique, sensuelle et charnelle. Un deuil intolérable où priment les souvenirs de douceur, lumière, sensualité et amour…Une fusion amoureuse touchée par la tragédie et les sentiments de celle qui reste, un hymne à l’amour même après la mort. Merci Siham Bouhlal de savoir si bien écrire et de nous toucher en plein cœur.MANOTE

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CITATIONS
« Je voulais comprendre comment ta présence pouvait changer la signification de mon corps, et ton absence maintenant l’anéantir. »

« Nous transportons nos morts comme le cristal de notre imagination, nous les enfermons dans nos souvenirs, nous entendons leurs pas fouler le terreau de nos pensées, où ils poussent comme une herbe miraculeuse dans un désert de caillasse et d’asphalte. Frais, parfumés, ces morts, nous les portons en nous ».

« Quand pour la première fois, j’ai vu ton âme, senti le souffle qui t’animait, la vie qui bouillonnait en toi, la chaleur de ton sang a éclaté dans mes veines. J’ai compris alors que cette forme que je revêtais, mon corps qui déambulait dans le monde, avait un emploi : t’aimer à plus soif ».

« La mort emporte avec elle tout intimité et refuse le droit à la solitude, à la retraite. On est spolié de tout. L’identité ne se résume plus qu’à cette inscription qu’on a même pas choisie. Une stèle rien que pour soi, qui dit presque « Enfin raide, mort, fini! »

« Tu es le jardin qui fleurit dans mes veines, la saveur de la plénitude dans ma gorge, le coeur qui bat quand le mien cède au désespoir, les yeux qui me guident quand je ferme mon regard, la main à moi tendue quand je tombe, quand je n’avance plus, tu es l’astre dans les chemins ténébreux, le chant dans les vaisseaux de mon âme »

Je m’arrête là pour les citations, j’en ai relevé beaucoup, mais je préfère vous inviter à lire ce livre, découvrir le talent de cette femme de lettres et découvrir par la même occasion une nouvelle maison d’édition. Merci aux Editions Yovana pour la lecture de ce chef d’oeuvre, merci de votre confiance, merci Julien.

En savoir plus sur Siham Bouhlal 

Siham Bouhlal