[Chroniqu'Express] Show Stopper de Hayley Barker, la dystopie au coeur du spectacle

Publié aux éditions Bayard Page Turners que je remercie pour l’envoi
20 novembre 2019 – 450 pages
Traduction Laurence Bouvard

Londres, 2045.
La société est divisée en deux clans.

Les Bâtards, réduits à l’état d’esclaves, n’ont aucune valeur.
Les Purs forment l’élite qui a accès à tous les privilèges.

Le Cirque de l’horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent avec délectation l’accident mortel qui leur procurera le grand frisson.
Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d’Hoshiko, la funambule star du spectacle. Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l’horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage ?


Cela faisait un moment que j’avais envie de lire une dystopie qui change, qui prenne sa source dans un univers original et moderne. Dans le monde du spectacle ? Encore mieux ! Et puis je me suis dit que j’allais me révolter à la lecture de ce roman devant ces clans qui accordent avantages ou mort aux uns et aux autres. Avouons aussi que j’ai totalement succombé à la beauté de cette couverture et que j’aime l’objet livre tel qu’il est. Alors forcément, je suis peut-être partie avec disons… trop d’attentes. D’espoirs. Et ma lecture n’a pas du tout comblé ces attentes mais je t’explique pourquoi. Ce n’est pas non plus un abandon… mais un peu laborieux tout de même. 

Je m’attendais à ce que ce roman aborde d’une manière intelligente le clivage présent entre Purs et Bâtards. Ceci évoque forcément le racisme, la suprématie, l’esclavage mais aussi toutes les notions autour de la discrimination. Avec deux clans aussi distincts on ne peut que s’attendre à une réflexion poussée de la part des personnages Ben et Hashiko quant à leurs différences et ce que la société fait d’eux. Mais non. Ils tombent amoureux et hop ils changent sans se poser de questions finalement. Hashiko est jolie ? Alors un Pur peut être du côté des Bâtards. Oui, je caricature presque. Presque seulement parce que malheureusement cette romance, qui aurait pu me combler dans un tel univers, n’est que peu intéressante… Où sont les questionnements inhérents à toute relation ? Et surtout entre deux personnes que tout est supposé opposer ? Passés à la trappe… simplement. Tout comme le contexte historique et architectural de cette dystopie. Rien ne ressort, si le monde du cirque est très intéressant, on s’arrête là. On ne va pas chercher plus loin dans la construction d’une telle société, dans ses fondements sociologiques, historiques, philosophiques. Pourtant, avec un monde rempli d’esclaves, il y aurait sûrement eu beaucoup à dire. 

Pour ce qui est de l’univers du cirque, on se régale. C’est bien présenté, bien amené mais aussi violent. On sent toute l’horreur du spectacle venant divertir les riches. Mais même en refermant le livre on ne comprend toujours pas pour les Purs se sentent si supérieurs, ce qui a fait la construction d’une telle société. Les personnages ne sont pas bien fascinants, manquant d’un cruel approfondissement eux aussi. Alors, peut-être que le prochain tome répondra plus à mes attentes ? Car il y a vraiment de la matière, beaucoup à faire ici pour nous emporter dans cette histoire. Dommage que pour ce premier tome cela se soit avéré si laborieux. Le style n’est pas du tout désagréable, c’est fluide sauf quand viennent d’éternelles redondances qui alourdissent alors le tout. À aucun moment je n’ai pu m’attacher aux personnages. Ben est juste creux, ennuyeux, trop facile, trop cliché. Hachiko a un peu plus de charisme et encore…

En bref, une lecture vraiment moyenne qui pourtant était tellement prometteuse… mais si l’univers nous donne l’impression qu’on va passer un moment hors du temps, nous sommes plutôt plongés dans uns spirale monotone et bien creuse. Incohérences et clichés se mêlent, pour le meilleur et pour le pire. Espérons que le meilleur soit à venir pour cette série… Et que nous allons enfin comprendre la richesse d cette dystopie. Notons que le message politique et/ou militant m’a semblé bien terne ou brillant par son absence. En attendant la suite, allons donc déguster du pop corn mais si nous allons au cirque, optons pour un sans cruauté ni animaux. 

2 réflexions sur “[Chroniqu'Express] Show Stopper de Hayley Barker, la dystopie au coeur du spectacle

  1. Minimouthlit dit :

    Je dois avouer que ce roman me semble complètement survendu depuis sa sortie… et généralement, ça ne me rassure pas. Je testerai peut-être, mais je crois que niveau dystopie à notre époque, le choix ne manque vraiment pas de toute façon !

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