[Chronique] Les 7 vies de Léo Belami de Nataël Trapp – Back to 1988 mais sans DeLorean

Publié dans la Collection R que je remercie pour cette lecture
19 septembre 2019
356 pages

Demain je vais mourir… et ce ne sera pas la première fois.

Léo, 17 ans, jeune homme solitaire et sans histoires, compte les heures avant la fin des cours. Il se prépare pour la fête du lycée, organisée cette année en hommage à Jessica Stein, une élève assassinée trente ans auparavant.
Mais lorsqu’il se réveille le lendemain matin, c’est dans la vie d’un autre, dans la maison d’un autre… en 1988.
Au gré d’allers-retours entre 1988 et 2018 dans des corps différents, Léo va tout tenter pour empêcher ce meurtre et découvrir l’identité du tueur. Pourra-t-il changer le destin ?
À la croisée de Riverdale et de Stranger ThingsLes 7 Vies de Léo Belami est un thriller dont vous ne ressortirez pas indemne !


Pointe d’humour qui m’a plu, dès la biographie de l’auteur, celui-ci serait né en 1982 et ne s’en serait pas remis. Étant née en 1982 également, je me suis de suite dit que lui et moi allions nous comprendre, niveau références 80s. Et en effet, j’ai un peu revécu mon enfance, même si, contrairement à une partie des personnages, j’étais plutôt adolescente des années 90. Notre narrateur s’appelle Léo, il a 17 ans, il a une vie banale, il est un gars totalement ordinaire qui tente d’avancer comme il peut sans trop souffrir et sans trop se questionner… Enfin du moins a-t-il le mérite d’essayer !

Une chose demeure intemporelle : la difficulté d’être un adolescent. D’avoir 17 ans. De s’intégrer. De trouver sa voie, penser déjà à son avenir. Supporter les cours et les discours moralisateurs. Léo a 17 ans et dans quelques jours déjà viendra l’heure de la fête de fin d’année. Ou le cauchemar quoi… Partout sur les murs le rappel de le date mais surtout ce #TrenteAnsDeja pour rappeler qu’à la même fête, en 1988, une jeune femme de 17 ans a perdu la vie. Personne n’a jamais rien su de son meutre, le coupable n’a jamais été identifié. Léo, lui, a ses propres traces dans sa morne vie familiale mais il fait de son mieux. Certes il aimerait mieux comprendre son père mais il se sent désemparé face à la détresse de celui-ci. Fils unique, il passe tout son temps libre avec son meilleur ami qui est bourré d’un humour typiquement adolescent. Et il pense à la fille qu’il voudrait tant inviter au bal…

Quand le lendemain matin il se réveille dans un autre corps et visiblement en 1988, Léo ne panique vraiment. Et il vaut mieux pour lui car à partir d’aujourd’hui il va enchainer bon nombre d’aller retours 1988-2018 et dans la peau de diverses personnes. Autant le dire de suite, les situations sont parfois cocasses et les clins d’oeil culturels aux 80s sont un régal absolu. Difficile de lâcher le livre tant on veut savoir ce qu’il en est de ce meurtre mais aussi tant Léo est attachant. Finalement, on va vite se rendre compte au travers de cette aventure que c’est un adolescent très intéressant et très concerné par ce qui l’entoure. Évidement, il n’a pas les réponses à tout mais il se pose des questions pertinentes qui parleront à tous, adolescent ou pas.

Ce n’est pas un simple thriller YA qui nous est offert ici mais aussi une véritable réflexion sur les tumultes de l’adolescences, des rôles endossés pour survivre à cette délicate transition, les questions qui s’offrent à ceux dont l’avenir les attend. C’est avec beaucoup d’intelligence et de justesse que l’auteur nous apporte ces éléments qui viennent donner de la profondeur au roman. Léo avance en 2018 mais aussi en 1988 et se pose alors une question cruciale : peut-il changer l’avenir ? Si oui, quel impact sur lui ? Peut-il sauver la belle Jessica Stein ? Puis les questions se font aussi philosophiques et évoquent parfaitement cette sensation d’errance quand il est temps de faire son choix professionnel. C’est un roman sur l’adolescence qui déculpabilise et ajoute un brin d’humour et de suspens dans la narration.

Pour autant, je me suis sentie parfois frustrée de ne pas bien comprendre comment notre jeune héros se retrouvait à voyager d’un jour à l’autre dans des époques différentes. Encore plus qu’il ne cherche pas vraiment à savoir pourquoi, quel phénomène serait à l’oeuvre. En revanche, c’est la psychologie, l’humanité qu’il va profondément chercher, notamment en comprenant chacun des personnages concernés. Le récul qu’il acquiert en 1988 trouve écho en 2018. Même si les références culturelles sont profondément différentes. À vous de juger si c’est mieux maintenant ou si c’était mieux avant…

Un roman YA super sympa et auquel il est difficile de ne pas s’accrocher. Même s’il n’est pas exempt de défauts, il a le mérite de nous faire passer un bon moment et de nous amener sur des pistes de réflexions pertinentes. De plus, on s’interroge sur notre adolescence et l’impact de nos décisions. Léo est un adolescent certes ordinaire mais avec un grand coeur ! Un joli moment.

2 réflexions sur “[Chronique] Les 7 vies de Léo Belami de Nataël Trapp – Back to 1988 mais sans DeLorean

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