[Chronique] Une évidence d’Agnès Martin-Lugand, rendez-vous en bord de mer

Publié aux éditions Michel Lafon – 21 Mars 2019 – 372 pages
Merci à Michel Lafon et Camille pour cette lecture

Reine mène une vie heureuse qu’elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant.
Une vie parfaite si elle n’était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats…

Faut-il se délivrer du passé pour écrire l’avenir ?

Agnès Martin-Lugand fait partie de ces autrices dont je n’aime pas louper une sortie. À l’exception d’un roman, présent dans ma PAL, je les ai tous lus. Et aimés. J’aime la plume, l’ambiance, les personnages, les histoires. Certains romans furent pour moi de véritables révélations, d’autres m’ont clairement bousculée, sortie de ma zone de confort. Je suis incapable de dire quel roman fut mon préféré mais je me souviens parfaitement du premier : Les gens heureux lisent et boivent du café. Que j’ai enchainé tellement rapidement avec les autres déjà publiés à l’époque ! Bref, Agnès Martin-Lugand est une incontournable annuelle. Elle est à sa façon… une évidence.

Pourtant en commençant ce roman, je ronchonnais dans mon coin. Je ne sais pas exactement pourquoi mais je n’étais pas transportée. Je ne ressentais pas grand chose. Reine, l’héroïne, m’agaçait. Je ne comprenais pas ses sentiments, ses émotions. Son fils de 17 ans, Noé, me paraissait trop parfait. Et que dire de son tout aussi parfait collaborateur qui lui a offert la carrière de ses rêves. Mais, et je dois l’admettre, cette premier partie est très certainement nécessaire au basculement qui attend Reine. Cette dernière a bâti sa vie sur un mensonge, et quand la vérité la rattrape, elle pourrait bien basculer dans un gouffre de douleurs.

Reine a un poste de rêve dans une agence de communication qu’elle gère avec son meilleur ami et premier employeur. Elle vit avec son fils Noé et le père de celui-ci est absent depuis toujours. Pour Noé, l’année est charnière puisqu’il va passer son bac. C’est ce moment que choisit Paul pour envoyer son amie en déplacement à Saint Malo, la ville dont rêve son fils depuis bien longtemps. Là bas, elle va d’abord faire une rencontre totalement déconcertante et passionnelle. Mais elle ignore que le pire bouleversement est à venir. Surtout, elle n’est pas prête à ce que tout le monde tombe avec elle pour un mensonge sur lequel est fondée sa vie. Une fois que la révélation est faite, la vérité doit ressortir.

L’histoire ne m’a pas emportée de suite et pourtant, tout y est. La passion, le métier aussi passionnant, le fils adorable mais quand même en quête de repères auprès d’un père inconnu et qui se « rabat » sur les figures masculines les plus proches, l’inconnu mystérieux qui ne tient pas en place et appartient à Saint Malo, le chef d’entreprise qui s’est construit une vie parfaite, la famille aimante et aidante. Mais ce n’est que lorsque la tornade, pourtant totalement prévisible, vient déboussoler tout ce petit monde que j’ai enfin accroché. Un début laborieux donc. Il m’en aura fallu du temps pour accrocher au personnage principal. Pour tout vous dire, j’étais plus fascinée par Pacôme ou Noé que par les émotions intérieures d’une femme qui ne vit qu’à travers son fils et parfois le boulot.

J’ai cependant passé des moments émouvants et forts. J’aurais aimé que la psychologie de Noé soit moins « clichée » et plus élaborée puisque finalement, l’histoire est autour de lui en quelque sorte. Paul, le collaborateur, m’a beaucoup plu mais de la même façon, j’ai eu l’impression de rester trop en surface, la vague ne m’a pas emportée. Les embruns les plus puissants étaient sans doute ceux du Malouin le plus convaincu. Globalement, les autres personnages souffrent des clichés d’un roman du genre et il m’a fallu dépasser tout cela pour vraiment m’accrocher.

Cependant, quand j’ai terminé le roman, les larmes aux yeux, j’ai mieux compris le « plan » de l’autrice. Comment elle nous faisait céder face aux défauts de chacun, comment elle tentait de nous mettre à la place des personnages et de leurs bonnes ou mauvaises décisions. J’ai un regret immense concernant les émotions que je n’ai pas su ressentir comme je l’aurais aimé, je n’arrive pas exactement à mettre le doigt sur ce qui m’en a tenu éloignée. Peut-être simplement le fait de ne pas être mère ? Ou juste une héroïne qui n’a pas fonctionné avec moi. Une évidence n’en demeure pas moins un magnifique roman sur l’amour, le pardon, la renaissance. Agnès Martin-Lugand nous fait naviguer sur les eaux tumultueuses d’une existence parmi tant d’autres, mais de personnes qui, ensemble, forment une évidence…

Pour une fois ce n’est pas un coup de coeur, mais je pense aussi que je n’étais pas dans la période la plus favorable à cette lecture (Noé vit quelque chose qui me parle trop, quelque chose que j’ai réussi à laisser partir après plus de 25 ans de lutte. Et ce quelque chose, si il est parti c’est que je n’ai pas connu le même dénouement).

7 réflexions sur “[Chronique] Une évidence d’Agnès Martin-Lugand, rendez-vous en bord de mer

  1. Angelilie dit :

    Merci pour cette chronique. j’ai adoré les livres de Agnès Martin-Lugand comme les livres : « les gens heureux lisent et boivent du café » ou « la vie est facile, ne t’inquiète pas ». Ils sont très émouvants et nous embarquent dans l’histoire.

    J'aime

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