Coup de coeur pour la série de bandes dessinées Zombillénium par Arthur de Pins

Il y a quelques semaines, mais pas si longtemps que cela non plus, j’ai été contacté pour une proposition « inédite » dans mon domaine de prédilection livresque. On me proposait de découvrir une série de bande dessinée. Alors oui, j’en lis mais très peu, pas que je n’aime pas, mais j’ai tendance à prendre peur des séries à rallonge et je ne sais jamais quoi « lire ». Zombillénium me disait vaguement quelque chose, c’est vrai, mais cela restait très vague. Toutefois, le monde « Zombi » suffisait à me faire accepter, car mon mari étant un gros fan d’univers zombies, je me suis dit qu’au pire, si je n’aimais pas, lui apprécierait sans doute. Mais il n’en a pas encore lu la moindre ligne, je les ai mis de côté et ai décidé de les dévorer…

J’ai reçu de la part de Dupuis un magnifique colis que j’ai montré sur Instagram et je dois avouer que c’était vraiment chouette de découvrir l’univers de cette façon : tract syndicaliste, barbe à papa, bonbons yeux, billets pour le spectacle du tome 4, tatouages, écusson et Spirou, que demander de mieux. Le tout délicieusement accompagné des 4 tomes sortis jusqu’à présent. En effet, le tome 4, La fille de l’air est sorti en novembre, et il semblerait que les fans avaient hâte. Je les comprends. Pendant cette aventure, Arthur de Pins a également réalisé un film d’animation sur l’univers de la BD, et Dupuis m’a très gentillement offert le DVD que je vais visionner sous peu. J’avais peur de me spoiler en le regardant avant les 4 tomes. C’est donc sur la fraicheur de la lecture du tome 4 que je viens vous livrer mes avis sur chacun des tomes. Attention, ne vous spoilez pas en lisant par avance un avis qui risque de s’appuyer sur le tome précédent. Bien entendu, je ne dévoile que le nécessaire.


ZOMBILLÉNIUM

Au Parc d’attraction Zombillénium, on n’embauche qu’à durée indéterminée. Les critères de sélection ne sont pas trop durs, on refuse juste les simples mortels. Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise… Une comédie à l’humour noir impeccable, signée Arthur de Pins.


Tome 1 : Gretchen 

Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille le parc d’attractions Zombillénium. On n’embauche pas n’importe qui, chez Zombillénium : les simples mortels n’ont qu’à passer leur chemin, ici on ne travaille qu’avec d’authentiques loups-garous, vampires et momies. C’est ce que va découvrir Aurélien, un homme au bout du rouleau, trompé par sa femme ; et qui va se retrouver embauché malgré lui dans cette étrange entreprise. Gretchen, sorcière stagiaire, va l’aider à faire ses premiers pas…

Pas de perte de temps, dès les premières planches nous sommes immergés dans l’ambiance si propre à cette série et à la critique sociale version satyrique qui ne peut que faire écho en nous, du moins si nous avons joué le rôle une fois dans notre vie de l’ouvrier exploité ou quelque chose s’en approchant. Nous sommes donc dans le Nord et un parc d’un genre bien particulier accueille des milliers de visiteurs chaque jour. Au programme : la peur et les attractions tenues par… des morts ! Zombies, momies, squelettes, démons, monstre… et une sorcière, bien vivante elle. Aurélien n’a jamais demandé à faire partie de cette histoire, mais il n’a pas trop le choix… Gretchen va devoir le guider.

Pour vous donner une idée du style graphique, je vous partage deux planches. Je n’en mettrai pas pour les autres tomes histoire de ne rien spoiler. De même, je le rappelle, ne lisez pas les chroniques et les résumés des tomes 2 à 4 si vous voulez commencer la série. Je ne spoile pas le tome dont je parler alors mais forcément le point de l’histoire dévoile des choses ayant pris place dans un tome précédent.

Je ne vais certainement pas être la plus douée pour chroniquer une BD, je rappelle que ce n’est pas ce que je lis régulièrement mais je plaide de suite coupable, Zombillénium vient de me donner envie de découvrir d’autres titres du genre. Comme je le disais, nous sommes plongés dans l’histoire tout de suite en rencontrant nos premiers personnages récurrents ou principaux. L’originalité ou singularité de cette histoire, en dehors du sublime parc d’attractions tenus par des morts, c’est que l’ensemble des planches et donc dessins est réalisé sous Adobe Illustrator. J’ai cru comprendre que dans le milieu ce n’est pas une chose très commune, mais en tout cas pour ma part, j’ai totalement adhéré à l’esthétisme et au « trait » donné par Arthur de Pins. C’est propre, original, les émotions et actions sont très claires et l’humour ressort à chaque ligne, véritable parodie assumée du monde du travail et de notre société moderne. Ce premier tome est sorti en 2010, il a d’abord fait ses premiers pas dans le magazine Spirou auquel il est d’ailleurs très attaché. La famille, tout ça. 

Finalement, j’ai dévoré ce premier tome, et je me retrouve sans rien à lui reprocher. J’ai craqué pour l’originalité des traits et de l’histoire, pour le parc et ses visiteurs mais surtout pour ses employés hauts en couleurs et la diversité qui y est alors exprimée. La barbe à papa prend le goût de la mort dans notre tête et on se pose la question : mais alors nous, quand on sera morts on sera aussi exploités ? Humour, ou pas. Ce qui est formidable avec cet univers et sa diversité, le tout contenu dans un immense parc, c’est que tout est possible, exploitable, « diffusable ». L’auteur n’a comme limites que son imagination à la conception et cela se confirmera dans les tomes suivants qui iront toujours un peu plus loin dans les rouages d’une entreprise pas comme les autres mais aussi dans la philosophie de « vie » de chacun.

Je conclus sur ce premier opus en résumant : coup de coeur pour les dessins, très nets, beaux, aux couleurs agréables et les émotions des personnages pourtant pas humains sont nettement dessiné. Au top. Ensuite l’histoire est prenante, il y a de l’action et de la découverte à chaque page. Enfin, on ne s’ennuie pas et on veut lire aussitôt la suite, retrouver nos personnages préférés et cette ambiance fun et décalée pleine d’humour et de critiques pétillantes de notre société moderne. À lire si vous aimez l’humour, l’originalité, les dessins plein d’émotions ou d’explications et un peu, si si, un peu les zombies. 


Zombillénium, extrait d’interview d’Arthur de Pins 

« C’était le formidable point de départ d’une histoire dans laquelle je voulais créer une inversion : les monstres sont les gentils et les humains, les méchants. Pour le Parc d’attraction, c’est venu d’une réflexion, peut-être un peu débile, sur « si les monstres était parmi nous, est-ce qu’ils payeraient des impôts ? ». La réponse était oui, car tout le monde paye ses impôts ! (rires) Ensuite, je me suis demandé quels genres de travail ils pourraient faire et dans quels emplois ils seraient à visage découvert. J’avais donc les monstres, la thématique du parc, la vie en entreprise, etc. Au début, j’étais plutôt parti sur de petites chroniques au sujet de la vie de bureau. Mais très vite, l’envie d’en faire plus a pris le dessus, car je savais déjà que j’allais faire plusieurs albums. Avec surtout de l’aventure, du drame et des petites touches d’humour par-ci, par-là. »

« En fait, j’avais imaginé plusieurs catégories de monstres, et pour les implanter dans l’entreprise, j’ai imaginé que chaque catégorie correspondait à une catégorie professionnelle. C’est-à-dire les ouvriers étaient les zombies ; ensuite, les cadres sont plutôt des loups-garous ; les dirigeants sont des vampires et le PDG, le diable. Les zombies étant la main-d’œuvre, les emplois précaires, ils sont donc plus nombreux. Seuls, ils ont moins de pouvoir, mais leur force est d’être tous ensemble. » (Cliquez pour lire l’itw complète.)


Tomes 2 à 4 – ATTENTION AUX SPOILERS –

RESSOURCES HUMAINES

« Tags sur les murs, avertissement du curé du coin : visiblement les esprits s’échauffent autour de Zombillénium. Quand on n’embauche que des morts (ou des sorcières !) dans une région où le taux de chômage est à 25%, il faut bien s’attendre à quelques frictions. 
Si l’on ajoute à ça des visiteurs une miette pénibles et des employés qui, pour être morts, n’en aimeraient pas moins prendre des vacances, on comprend que ce n’est pas trop le moment de venir parler revendications salariales à Francis Von Bloodt. 

Un deuxième tome qui vient étoffer le casting de Zombillénium avec Astaroth, le démon adolescent, et qui confirme, s’il en était besoin, le talent tout particulier d’Arthur de Pins à manier un humour noir totalement jubilatoire.

Que dire ? Ah oui, ce tome 2 m’a encore plus séduite. Allant plus loin encore dans les travers de l’humanité (et des morts, cela s’entend), l’auteur n’hésite pas à proposer des choses difficiles mais toujours contextuelles et avec le même humour. L’arrivée du personnage d’Astaroth rend le tout encore plus fun et on est parti sur de l’humour noir de folie, le tout avec des dessins toujours aussi agréables et une esthétique globale vraiment agréable à l’oeil, sans doute surtout pour une novice comme moi. J’ai ri, souri et vraiment aimé ce deuxième round dans l’enfer de Zombillénium. 


CONTROL FREAKS

C’est l’effervescence au parc Zombillénium. Envoyé par Behemoth lui-même, le vampire Bohémond Jaggar de Rochambeau est officiellement censé seconder Francis dans sa gestion du parc. Inquiets, les employés s’attendent au pire : ne le décrit-on pas comme un authentique tueur ? D’autant qu’à y regarder de plus près, les motivations de sa venue semblent bien moins anodines qu’annoncées. Sa mission, c’est de faire du chiffre, pour les actionnaires, certes, mais surtout pour Behemoth qui, lui, attend son comptant d’âmes. Francis, ulcéré, est obligé de courber l’échine devant ce consultant tout-puissant, bien décidé à prendre le pouvoir et à pervertir les règles de Zombillénium. Tandis que se préparent pour le parc de sombres moments, Aurélien traverse une mauvaise passe. Déprimé par sa condition d’immortel et par l’absurdité de sa vie… pardon sa mort, il fait un burn out. Et un burn out, chez un démon aussi puissant, cela peut être dévastateur. Retenu in extremis par Gretchen, il évite le pire. Et cela tombe bien, car Gretchen a un projet pour lui… Un nouvel épisode de Zombillénium particulièrement mordant, dans lequel on découvre les dessous du parc d’attractions le plus monstrueux du monde.

Oh que ce tome fut jubilatoire ! Si vous avez travaillé en entreprise, étant le « maillon » le plus bas qui engraissait le patron, alors vous allez forcément vous reconnaitre, vous, vos collègues et les boss dans ce tome. Véritable satyre du monde de l’entreprise, les lois impitoyables du management s’appliquent donc même au morts, qu’importe pourvu qu’on ait le pognon en haut. Ou une autre forme de pognon pour le big boss. Mais les employés sont solides, pas forcément solidaires, mais solides pour des morts. entre dépression, perte du goût au travail, burn-out et complots, il pourrait bien y avoir du tri chez les zombies et autres monstres du parc. Un tome qui peut aussi écorcher vos coeurs si vous vous êtes attachés à certains personnages. Et de bien jolies révélations ! J’ai adoré encore une fois et j’ai hésité quelques heures avant de me jeter sur le suivant mais « ultime » pour le moment…


LA FILLE DE L’AIR

Le parc Zombillénium ne s’est jamais aussi bien porté : sa cote de popularité atteint des sommets suite aux réformes démoniaques opérées par Behemoth, qui décide alors de jouer sa propriété au cours d’une compétition bien spéciale… Un sabbat de sorcières !

Gretchen, Aurélien et Von Bloodt ont quant à eux monté un réseau d’évasion clandestin afin d’offrir aux damnés la chance d’une reconversion, loin des neuf cercles de l’Enfer. Des opérations périlleuses, sous le manteau, qui ne font pas du tout les affaires des dirigeants. Déterminés à y mettre un grand coup de balai, ils s’offrent les services d’une redoutable enchanteresse qui donnera du fil à retordre à sa rivale attitrée : Gretchen. Sous terre comme dans les airs, le combat promet d’être épique !

Voilà, je suis terriblement frustrée. On nous laisse sur une fin explosive, mêlant révélation, inversions de rôles, pertes de pouvoir… Zombillénium n’a jamais été aussi menacé et l’idée du sabbat de sorcière n’est probablement pas celle du siècle. Pendant ce temps un réseau clandestin d’évasion se monte mais toujours avec le risque d’atterrir au niveau -9 qui s’apparente véritablement à l’enfer. Des histoires d’âmes, une nouvelle sorcière redoutable que prend de suite en grippe Gretchen… et on comprendra bien pourquoi. Ça bouillonne à tous les niveaux dans le parc, et vivement la suite pour connaitre l’avenir du parc d’attractions le plus morbide du monde et de ses employés auxquels nous sommes irrésistiblement attachés. En tout cas, la nouvelle venue ne me plait pas vraiment… Le meilleur tome selon moi, même si le premier, bien introductif arrive presque au même niveau de satisfaction de la lectrice novice en BD que je suis. 

Vous l’avez compris,  je me suis régalée avec ces 4 albums et maintenant je harcèle mon chéri (un peu débordé) pour qu’il les lise à son tour. Je pense bien en offrir aussi, quand on aime il faut faire connaitre. Tout m’a plus de A à Z et, pourtant, je l’avoue, si je ne lis que rarement des BD c’est toujours par crainte de ne pas bien comprendre (ce qui est parfaitement ridicule, je lis des mangas…). Hum, et maintenant, on lit quoi en BD ?

Avez-vous des séries BD à me conseiller ? Pas avec 100 numéros svp, mais quelques tomes ? 

Merci infiniment à Dupuis. Je termine sur une galerie de photos et vous invite, amis lecteurs, à en découvrir plus en cliquant par ici.

7 réflexions sur “Coup de coeur pour la série de bandes dessinées Zombillénium par Arthur de Pins

  1. Angelakoala dit :

    J’ai récemment lu le premier tome et je comprends enfin l’engouement pour cette BD, elle est vraiment géniale en tous points!! J’ai adoré les références aux autres parce d’attractions, la petite blague sur Vulcania m’a fait éclater de rire!
    Sinon je te conseille « Les ogres-dieux » en seulement deux tomes (je n’ai lu que le premier pour le moment mais j’ai vraiment adoré à la folie, les dessins sont très sympa et l’histoire est vraiment originale.

    Aimé par 1 personne

  2. Frédéric Dessault dit :

    J’avais beaucoup aimé Zombillénium et j’adore le travail d’Arthur De Pins, son dessin, ses scénarios, son originalité, son humour. Il faut absolument que tu lises la trilogie « La Marche du crabe », du même auteur, c’est juste génial. 🙂

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  3. Audrey dit :

    Découverte par hasard, j’avais adoré cette série et attendais avec grande impatience la sortie du tome 4 ! J’ai maintenant un peu peur de le lire et d’attendre avec encore plus d’impatience le tome 5 🙂

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