[Chronique][Blog Tour Ragnar Jónasson] Sótt ou le huis clos glacial pour notre héros Ari Thór

Publié aux éditions La Martinière – Septembre 2018 – 343 pages
Traduction de la version anglais, d’après l’islandais, Ombeline Marchon
Merci à l’agence Anne et Arnaud pour cette lecture

SUPER INFORMATION en fin d’article : REMPORTEZ VOTRE EXEMPLAIRE

Au nord de l’Islande, dans le village de Siglufjörður, une épidémie de fièvre tient les habitants en quarantaine. Lorsqu’une mystérieuse affaire refait surface, cinquante ans plus tard, la peur se propage peu à peu.

En 1955, une jeune femme est retrouvée morte dans une ferme près de Siglufjörður. L’autopsie révèle un empoisonnement et l’affaire est classée sans suite. Mais aujourd’hui une photo tirée de l’oubli pourrait tout remettre en question. Ari Thór tente de recoller les morceaux : que s’est-il réellement passé ? Après tant d’années, peut-on encore compter sur les souvenirs des habitants ? Au même moment, un touriste atteint d’une fièvre hémorragique (« sótt » en islandais) meurt brutalement. Désormais la menace d’une contagion pèse sur la petite ville…

Ari Thór, jeune inspecteur de police récemment muté à Siglufjörður, a bien du mal à s’adapter à l’isolement de la petite ville. L’épidémie qui touche les habitants renforce son sentiment d’enfermement. Aussi, lorsqu’un cold case refait surface, il saisit l’opportunité d’échapper à l’atmosphère oppressante des lieux. Mais cela lui suffira-t-il à fuir ses propres angoisses ?

Isrún, journaliste découverte dans « Nátt », revient à Siglufjörður pour couvrir l’épisode de fièvre qui paralyse le village. Son ambition professionnelle finit par la détourner de ses recherches : l’enlèvement d’un enfant à Reykjavik lui assure le scoop qu’elle attendait. Mais Isrún a peut-être des raisons plus personnelles de s’attacher à l’affaire…

Tómas, chef de la police locale, organise activement le ravitaillement de Siglufjörður. Il s’accroche à son travail pour oublier son mariage qui s’étiole peu à peu. Les allers-retours à Reykjavik, où vit sa femme, l’épuisent. Il doit pourtant continuer à sauver les apparences pour le bien du village.

Et que vient faire dans tout cela Róbert ? Étudiant ingénieur de vingt-huit ans, il vit à Reykjavik avec sa petite amie. Suite à une grave blessure, il a été obligé de mettre fin à son rêve – une carrière dans le football. Pourtant sevré d’alcool depuis deux ans, ses idées noires demeurent et frisent la paranoïa…

Bienvenue à Sigulfjördur. Aujourd’hui, la température est de 7 degrés celcius et le soleil fait don de sa présence sur la ville. Toutefois, la neige sera de retour dès jeudi prochain. De là à ce que la ville se retrouve isolée…

Avant de me lancer dans cette chronique, je vous invite à consulter le site français de l’auteur, il est tout nouveau, tout beau. Si en plus de Ragnar vous aimez l’Islande, vous serez servis. Pour ma part j’ai adoré découvrir le top 5 Livres ou « Le panthéon de Ragnar Jónason ». Et j’aurais bien fait un tour au festival polar Iceland Noir mi-novembre. Pas de doute, il faut désormais compter sur l’auteur dans le paysage du polar islandais. Dans un pays où l’écriture fait partie de la culture, il faut pouvoir se démarquer. Et c’est son cas, la preuve, je viens vous parler du quatrième roman de sa série se déroulant à Siglufjörður avec le désormais célèbre policier Ari Thór.

Après Snjór (neige en Islandais), Mörk et Nátt, voici donc le quatrième livre nous entrainant aux côtés du policier Ari Thòr, toujours en poste dans la petite ville du Nord de l’Islande. Une petite commune qui peut vite se retrouver coupée du monde et qui dans les moments enneigés devient vite un petit enfer pour le jeune homme. Pourtant, il parvient à s’y faire et à apprécier son poste. En fait, Ari Thór n’est pas forcément un personnage optimiste et il se laisse parfois aller à imaginer comment les choses pourraient s’améliorer. C’est sûr que ce n’est pas l’épidémie potentielle de fièvre hémorragique (sótt en islandais) qui va lui permettre de beaucoup s’évader. Et puis il y a toujours Kristin dans ses pensées. Toutefois, un cold cas attire son intérêt et là, c’est un retour dans les années 50 qu’il s’offre. Pendant ce temps-là, à Reykjavik, la capitale, des choses se passent. Dans un pays à la criminalité quasi inexistante, l’auteur parvient à nous donner des frissons et ces derniers ne sont absolument pas liés au froid de l’hiver…

« Ari Thór ressentit à nouveau un léger malaise. Il se rappelait très bien à quel point les montagnes qui encerclent Siglufjördur l’avaient marqué lors de son arrivée deux ans et demi plus tôt. Un sentiment de claustrophobie l’avait envahi pour ne pas le quitter – il faisait de son mieux pour y échapper. »

J’ai eu un grand sourire en apprenant que l’importateur du virus de fièvre hémorragique était un touriste, français ! Eh oui. Le tourisme en Islande est aujourd’hui devenu assez problématique pour la nature alors voilà, j’ai souri. J’ai pourtant moi-même fait partie de ces touristes. Notre policier préféré (je rappelle que l’on retrouve Ari Thór dans d’autres épisodes) se retrouve à assurer seul avec son supérieur Tómas, les permanences du bureau de police. Autant dire qu’avec la quarantaine imposée, il ne se passe vraiment plus grand-chose. Personne ne sort de chez lui, personne ne veut prendre le risque d’être contaminé. C’est bien pour cela que le dossier de la femme empoisonné dans le fjord voisin devenu désertique depuis l’intrigue. Le mystère nous serait presque présenté comme surnaturel, d’autant plus que du côté de la grande ville, des évènements particuliers se déroulent également. Mais quel lien entre Ari Thór qui vit dans l’attente d’une information qui pourrait changer toute sa vie, Isrun la journaliste qui veut monter les échelons, Tómas dont le couple bat de l’aile et ce citadin, Róbert qui semble inquiet et paranoïaque… Une intrigue qui nous laisser imbriquer chaque partie avec l’autre avant de nous arracher le travail… pas de doute, Ragnar est bien et bien en place !

« Avant de le suivre, Ari Thór prit le temps de contempler une dernière fois, fasciné, l’étendue du fjord sous le ciel étoilé. Quelques mois auparavant, au creux de l’hiver, il s’était rendu tout spécialement à Hédinsfjördur dans l’espoir de voir une aurore boréale. Il avait eu la chance d’assister à ce merveilleux spectacle offert par la nature, et avait passé quelques minutes à observer, éberlué, leurs splendeurs évanescentes. Il pouvait presque les visualiser maintenant. »

Siglufjorður n’avait jamais été une ville trépidante, mais elle était aujourd’hui morte. Il n’y avait pas un chat dans les rues. Ari Thór se sentit comme le dernier habitant d’une ville fantôme. Personne n’osait plus sortir, il n’y avait plus aucun signe de vie nulle part, partout régnait un silence assourdissant. Ce que j’aime avec cet auteur c’est sa capacité à rendre ses personnages très humains. Soyons honnêtes, Ari Thór est bien loin d’être parfait ou séduisant, ni même joyeux ou enthousiaste. Pourtant, c’est comme cela que nous l’apprécions et que nous suivons ses pensées. Les autres personnages dont nous suivons la progression dans des chapitres alternés sont aussi plutôt intéressants et là encore très humains : des failles, des défauts, des secrets. L’ambiance huis clos est mise en place de manière à refermer les portes de la ville, mais l’auteur nous laisse quand même prendre l’air à Reykjavik. Le rythme est toutefois soutenu, ce n’est pas la neige ou l’épidémie qui vont venir la ralentir. En effet, comme nous sommes sur plusieurs affaires en même temps, il n’est pas bien difficile de s’occuper en creusant tout ce qui a pu être dit et/ou fait. Une manière aussi d’en apprendre plus sur l’Islande, car les personnages rencontrés sont tous très différents, à l’instar de l’homogénéité de toute population. Pas de clichés, nous sommes bien en face d’un auteur connaissant le pays, et c’est pour le mieux.

Finalement, ce qui est remarquable dans ce thriller, c’est son atmosphère. Cette ambiance glaçante et oppressante et presque surnaturelle. On se pose beaucoup de questions et les réponses semblent enfouies bien loin. Qui est untel ? Pourquoi s’est-il passé ça ? La tête pleine de question, la neige pour la refroidir et les découvertes ou coups de sœur de chacun. Ragnar n’a pas hésité à y mêler les sphères politiques habituellement intouchables, mais bien victimes aussi de l’enfermement. Huis clos et enquête font toujours bon ménage et il se pourrait bien que certaines vérités éclatent au grand jour de la petite ville tranquille.

Soulignons le (tout aussi) remarquable travail de traduction qui nous est offert, car tout semble retranscrit à merveille et les autres tomes nous donnaient la même impression. Je pense sincèrement que l’on peut juger de la plume de l’auteur et pas seulement de la traductrice. Ragnar sait étoffer ses personnages, leur offre des émotions et modes de fonctionnement puissants, nous les rend attachants ou agaçants, et joue des mots et des contextes tout au long de son histoire.

La série Siglufjorður

Je ne voudrais vous en dire trop, je vous conseille plutôt de vous le noter pour vos prochains achats livresques. Un thriller en huis clos glacial dans la beauté de l’Islande, comment résister ? D’ailleurs, je l’ai mentionné un peu plus tôt mais notre policier Ari Thór apparait dans quatre romans (en France à l’heure actuelle). S’il n’est pas indispensable de tous les lire, je le conseille quand même, c’est là que vous verrez tout le talent de Ragnar avec les ambiances, atmosphères, personnages, des intrigues imbriquées. Bref, encore une belle réussite signée Ragnar !

Encore une réussite ! Le thriller islandais peut désormais compter sur un autre nom, celui de Ragnar Jónasson ! Devenu maitre dans l’art d’installer des ambiances, les frissons sont garantis et les intrigues imbriquées vont nous tenir éveillés bien longtemps. Vivement le prochain !

BLOG TOUR RAGNAR JONASSON 

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Toutefois, si vous n’avez pas Instagram, j’accepte aussi vos participations sur le blog jusqu’à dimanche midi. Si vous avez joué sur Instagram, vous pouvez jouer ici aussi mais attention la question est différente. Pour résumer, lorsque je ferai le tirage au sort ce week-end, je prendrai l’ensemble des noms ici et sur Instagram et je tirerai au sort parmi toutes les participations. Participations acceptées jusqu’au samedi 20 octobre 2018, 18h00.

Comment jouer

  1. Rendez-vous sur la page internet de Ragnar Jónasson car c’est là que vous trouverez la réponse à la question qui vous attend ci-dessous
  2. Où se situe la petite ville de Siglufjorður : Sud de l’Islande ou Nord de l’Islande ?
  3. La politesse est requise, c’est le minimum ainsi qu’une adresse e-mail valide. Les partages du concours seront appréciés mais n’entreront pas en compte dans mon système de participations. Bonne chance à tous !
Et si je retournais en Islande, tiens ? Je vais aller voir si on trouve quelques enquêtes dans ce pays où la criminalité est quasi inexistante…

bon plan : surveiller bien le site internet de ragnar la semaine prochaine. mon petit doigt me dit qu’une intégrale des histoires d’ari thór ainsi qu’un mug seraient à gagner ! Je dis ça…

2 réflexions sur “[Chronique][Blog Tour Ragnar Jónasson] Sótt ou le huis clos glacial pour notre héros Ari Thór

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