[Chronique] Elia, la passeuse d’âmes, tome 2 : Saison froide, de Marie Vareille. Une suite à la hauteur !

 
Publié aux éditions Pocket Jeunesse – Janvier 2018 – 416 pages
Illustration couverture Alexandre Chaudret (clic)
Merci à Marie Vareille et PKJ pour cette lecture

En rentrant avec Solstan au Conclusar, le centre de détention pour mineurs du Palatium, Elia n’a qu’un seul objectif, sauver sa soeur. Mais elle est loin d’imaginer les dangers qui l’attendent derrière les murs de béton où le secret de ses origines ne doit être découvert à aucun prix ! Dans un monde impitoyable où l’ennemi n’est pas toujours celui que l’on croit, Elia survivra-t-elle ? Arrivera-t-elle à sauver sa sœur et à retrouver ses amis ? Elia, Solstan, Tim et Arhia sauront-ils défendre leurs idéaux jusqu’au bout, quel que soit le prix à payer ?

/!\ ATTENTION : TOME 2 ! NE LISEZ PAS CETTE CHRONIQUE SI VOUS N’AVEZ PAS LU LE TOME 1 ET COMPTEZ LE FAIRE  – SPOILERS INCLUS SUR LE TOME 1 /!\

Ma lecture du premier tome remontant à un sacré moment déjà, c’est à dire pas loin de deux ans, j’avais plus que hâte de lire ce roman. Et puis, je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé, je l’ai reçu et il est « tombé » au fond de ma PAL de proximité (pour rappel l’immensité que j’aime avoir près de moi) et je l’ai oublié. Et puis, je pensais à Marie (je vous rassure, je ne suis pas une psychopathe qui rêve des auteurs de manière étrange, c’est juste que je devrais enfin la rencontrer au Printemps de Montaigu), et là je me dis « OMG Elia ! J’ai oublié Elia, ce n’est pas possible! » Donc hop, je comble mon retard et mes lacunes au sujet du Palatium, Conclusar et Ville Éphémère, me saisit du tome et le dévore.

Bien évidemment, avec un long moment de passé entre deux tomes, je crois qu’il me manquait certaines bases, car j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’intrigue de ce tome 2. Pourtant, pas de perte de temps, on fonce direct dans le vif du sujet. Je rappelle une dernière fois que nous sommes dans le tome 2 et que, par conséquent, certains éléments que je vais mentionner ici peuvent vous spoiler le contenu du tome 1. Donc vous avez encore le temps de zapper cette chronique. Reprenons où nous en étions, c’est exactement ce qui est proposé dans cette suite qui ne manque ni d’action ni de pistes de réflexion pertinentes. Nous retrouvons au début de ce roman Sol et Elia qui se sont enrôlés au Conclusar, pour suivre la formation de Défenseurs. Si vous vous souvenez bien, la véritable raison c’est que notre jeune rousse veut sauver sa sœur de l’enfer de cet endroit où règnent violence et torture. Si Sol la suit, c’est dans l’espoir de la protéger. Et puis parce qu’on a bien compris que ces deux-là ressentaient quelque chose d’un peu plus fort que de l’amitié.

De son côté, Tim doit faire face à la pire des épreuves et abat tellement de travail qu’il n’est plus vraiment lui-même. Sol et Elia lui manque terriblement et il a cette crainte constante de ne pas être à la hauteur pour protéger sa petite sœur. Bien entendu, il voit toujours Arhia, mais pour la jeune chanteuse, les choses ne sont pas faciles. Elle a beau être la nièce d’Herxhorn, la tension monte de plus en plus et le gouvernement prend des mesures anti-nosobas drastiques. Car, dans ce gouvernement absolument pas démocratique, s’est infiltrée et bien installée, une Passeuse d’âme sans pitié et qui est prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut. Toutefois, Tim va être confronté au danger et rencontrera une personne qui lui redonnera beaucoup d’espoir, celui de retrouver ses amis, mais surtout celui d’un monde nouveau. La révolution serait-elle une solution ?

Nous suivons donc notre galerie de personnages, tour à tour, certains plus que d’autres. Marie Vareille a su ménager son suspens au sujet du sort des personnages, mais aussi concernant les secrets qui sont gardés précieusement dans le but d’un avenir radieux. Elia va vivre des choses terribles pendant ce tome, inimaginables même, sauf quand on connait la cruauté des dirigeants de cette communauté. L’hiver règne et décime la population et les productions pendant que le gouvernement augmente tarifs et diminue le rationnement. La colère pourrait gronder si les Nosobas en avaient le droit. Toutefois, les coulisses nous présentent toute autre chose. Là où Marie Vareille va plus loin et assure brillamment la tâche, c’est sur les réflexions que le roman apporte au lecteur, sur cette notion de bien et de mal, de bonheur commun, d’actions aux conséquences dramatiques qui peuvent être nécessaires ou pas… On ressort du roman totalement perdus dans une réflexion intense et on se demande où le prochain tome nous conduira.

Les personnages sont toujours aussi bien dessinés, sculptés dans les lignes et leur psychologie parfois bien complexe nous apparait au fil des pages. Nous rencontrons de nouvelles personnes et ne cessons de nous interroger sur leurs intentions. Nous observons des vies brisées par l’enfer du Conclusar et nous nous indignons de cette violence et d’une telle cruauté. Pendant ce temps, la drogue (Redmoon) continue de circuler et de faire tenir les pauvres mineurs qui descendent à des niveaux indécents. Et le phosnium plus que jamais imprègne l’air de sa toxicité. Au-delà des problèmes sanitaires et de la vague de froid saisissant, les Nosobas doivent encaisser encore plus d’exploitation, de contrôles d’identité et de violences. Arhia sera particulièrement tiraillée entre sa famille et ses valeurs, mais ne sera pas pour autant si active que cela. Ajoutons à cela que faire le moindre pas en dehors des heures légales peut vous coûter très cher.

Globalement, je dois avouer que ce tome est très sombre, mais c’est justement une qualité puisque dans le monde d’Elia, les remous sont palpables et il devient difficile de faire confiance à qui que ce soit. Nous comprenons parfaitement la manipulation du Palatium, la révolte qui enfle en silence sous peine de mort immédiate, les conflits d’intérêts et les sources du pouvoir ainsi que la réelle dictature imposée aux citoyens, surtout ceux de caste « inférieure » de par la naissance. Tolérance zéro et violence totale sont au rendez-vous et pour survivre de manière incognito, mieux vaut être bien préparé. Elia apparait assez peu dans ce tome, mais c’est pour une meilleure mise en place d’éléments et informations qui viendront sans crier gare vous briser le coeur. Juste un peu… Bref, vivement le troisième tome, ce second est une excellente suite pleine de suspens et de retournements de situation, de personnages intéressants et complexes et de portes ouvertes sur un avenir peut-être différent… Reste à savoir ce qu’il en coûtera à chacun et s’ils sont prêts à payer le prix nécessaire.

Mais n’oubliez pas :  » Trop réfléchir nuit gravement au bien commun. »Proverbe kornésien

Un second tome mené de main de maître et qui alterne brillamment et intelligemment les points de vue de nos différents personnages. Si Elia et Solstan sont peu présent dans cet opus, ce n’est pas pour autant qu’ils ne traversent pas de sacrées épreuves. L’intrigue est riche en révélations et retournements de situation, chaque twist intervenant pile quand il le faut et surprenant le lecteur par sa direction. Addictif, haletant, cliffhanger de malade, vivement le tome 3 ! 

Eh oui, vous l’avez compris, je vous recommande chaudement cette saga. Bien souvent les tomes 2 ne sont pas à la hauteur du tome 1, ici Marie Vareille vous prouvera tout le contraire, avec ce petit quelque chose qui n’appartient qu’à elle ou plutôt à sa plume. Les messages sont nombreux et importants et finalement cette fiction fait froid dans le dos… Que se passerait-il si notre monde, après un grand chaos venait à connaitre un tel régime politique et une telle abolition de la liberté individuelle ?


Ma chronique du tome 1 

17 réflexions sur “[Chronique] Elia, la passeuse d’âmes, tome 2 : Saison froide, de Marie Vareille. Une suite à la hauteur !

  1. Coucou,
    Cette saga a l’air pas mal mais c’est dommage si tu as eu dû mal à rentrer dans l’intrigue du tome 2, perso ça ma rebute pas mal en général ^^
    Après tu dis que c’est un tome sombre alors à ne pas lire le soir pour moi je dirais ahah ! Mais il y semble y avoir pas mal de suspens, c’est toujours appréciable ça 🙂
    Des bisous !

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  2. Quel monde épouvantable ! Rien que d’y penser, ça fait froid au dos comme tu dis !
    Ce qui est intéressant est que son auteure à l’air de bien gérer cette histoire. Bon, on y aimerait pas y vivre,c’est certain mais ça permet ça permet de donner quelques frissons . ^^

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    • C’est qu’en fait, je manquais d’implication. J’ai honte de le dire mais je crois que j’ai pas fait d’effort, que j’attendais à ce qu’on me sorte tout dès le début ! Mais ce n’est pas comme ça que ça marche les sagas quand même :p
      Mais oui, l’auteure est créative et si jamais la dystopie young adult ne te tente pas, tu peux la découvrir dans ses autres romans, notamment Là où tu iras j’irai 🙂

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  3. En lisant le titre je me suis dit « ouh la la, ça doit être un livre qui fait peur », mais finalement l’histoire me plaît bien et je trouve aussi la couverture magnifique !
    C’est totalement le genre de livre que je pourrais lire 🙂

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    • Oh non il ne fait pas peur, enfin dans le sens pas terreur. Après, c’est une interprétation du futur qui peut faire froid dans le dos, comme beaucoup de livre post apo ou futuriste ou dystopique. Mais fonce, il est génial et avec une plume comme celle de Marie Vareille, ce n’est que du bonheur.

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