[Chronique]Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper de Horation Clare

Horacio Clare, livre jeunesse Publication aux éditions Pocket Jeunesse – 15 mars 2018 – 155 pages
Traduction Catherine Nabokov
Illustrations Jane Matthews
Merci à PKJ pour cette lecture

 

Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été ou son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais !

C’est mercredi, parlons littérature jeunesse et plus particulièrement de ce magnifique livre qui sortira chez PKJ le 15 mars prochain. Je vous en parle déjà, car c’est un livre fabuleux, qui m’a énormément touchée et que j’ai vraiment envie de vous inviter à découvrir. Nous sommes d’accord que je parle bel et bien de littérature jeunesse, celui-ci semblant se classer dans la collection 6-9 ans, même si je pense qu’un lecteur un peu plus expérimenté, entre 9 et 12 ans par exemple, saura mieux en profiter. Après, encore une fois, les âges ne sont que des indications, tout dépend du lecteur. Ce n’est pas un sujet joyeux qui est abordé, mais absolument nécessaire et tout est fait pour que l’histoire prenne une visée éducative et optimiste. C’est bien là d’ailleurs la force même de l’ouvrage.

Comment un écureil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper

Casper est un petit garçon comme les autres, même s’il a toujours été un peu turbulent. On raconte d’ailleurs qu’à sa naissance, il criait tellement fort que la sage-femme en perdit ses boules quies et que l’alarme de la voiture d’un médecin se déclencha. À quatre ans, Casper fit une peur bleue à ses parents et aux voisins, je ne vais pas vous en dire plus, mais disons que cela implique une automobile et celle juste devant. Bref, Casper est un peu turbulent, mais c’est un enfant aimé et aimant. Mais voilà qu’un jour, Jim, son père ne semble pas au mieux de sa forme. L’homme ne mange plus, ne sourit plus et ne va même plus travailler, lui qui adore son métier. Casper en est sûr, on lui a jeté un sort. Avec l’aide des animaux de la forêt derrière chez lui, Casper va tout mettre en œuvre pour redonner le sourire à son père, la joie de vivre !

Vous l’aurez sans doute compris via le résumé, mais Jim, notre père de famille est en dépression. Si le mot n’est pas véritablement cité comme tel, et si un NOM inventé vient donner forme au monstre qui attriste l’homme, le roman va bel et bien s’axer sur la lutte contre la maladie. Appelée ici le YOOT, la maladie de Jim évolue et malheureusement pas dans le bon sens. Les amis animaux de Casper vont alors mettre tout en œuvre pour aider ce pauvre professeur en mal de vivre. Ainsi, un écureuil, un héron et une chouette vont se relayer et comme Casper, ne jamais laisser tomber Jim. Casper est un enfant intelligent et débrouillard, et sa capacité à parler aux animaux lui permet en effet de trouver des solutions. Cependant, on le prévient que le YOOT ne peut être tué et qu’il faudra ruser et réfléchir à d’autres plans pour secourir son père. C’est en effet pertinent puisque la dépression n’est pas « palpable »‘, il ne s’agit pas d’un virus ni d’une tumeur, mais bel et bien d’un désordre chimique dans le cerveau et les médicaments ne parviennent pas toujours à stabiliser les patients.

Même si c’est un sujet lourd qui est abordé ici et qu’on nous montre clairement que Jim n’a plus envie de vivre, de se battre, la douceur du monde animalier et de l’amour de Casper pour ses parents viendra apaiser l’ambiance, lui conférant une atmosphère familiale drôle et douce. Car oui, beaucoup d’humour surgira au détour des lignes, beaucoup de tendresse et d’amour et surtout une grande écoute. Là est la force de notre jeune garçon ; turbulent oui, mais s’il faut se poser et écouter pour aider son père, pas de problème. Il sait alors faire preuve d’une sagesse incroyable et même garder son sang-froid dans les situations les plus dangereuses.

Les illustrations sont de belle qualité et viennent donner vie à l’histoire, nous permettant d’imaginer aisément les situations. Les phrases sont simples, mais pas non plus de niveau débutant et les traits d’humour nécessiteront peut-être quelquefois, une explication par un adulte. En tout cas, il est assuré que le jeune lecteur passera un moment éducatif et merveilleux avec ce roman. Car, si la dépression est invisible, elle n’en reste pas moins possible à combattre et le livre évite les clichés sur le genre. Enfin, je dois avouer que je fus totalement bouleversée par ce roman et sa façon si sensible et si juste d’aborder le sujet. Je me suis toujours demandé comment expliquer les maladies psychologiques et leur évolution aux plus jeunes, ce livre s’en tire haut la main à base de métaphores et d’images grandement pertinentes. Je le recommande véritablement si vous ressentez le besoin de faire comprendre à votre enfant ou un enfant de votre entourage ce qu’est cette détresse pourtant invisible.

La conclusion du roman est positive et belle, encourageante et permet de rester sur tout l’humour et toute la joie que Casper et ses amis les animaux nous transmettent au cours de l’histoire. C’est un livre relativement court, mais intense, une aventure plutôt inattendue et inédite et des animaux drôles ou d’une grande sagesse. Ainsi est la vie, pleine de secrets et de mystères, et peut-être que le YOOT peut abandonner sa proie…

Ce livre destiné aux jeunes lecteurs a tout pour leur plaire : un héros intrépide, des parents aimants et des animaux qui parlent ! Même si l’on aborde ici un sujet délicat, mais tellement révélateur de la vie quotidienne, les traits d’humour et la tendresse viennent toujours remettre les choses en perspective pour l’enfant. Soulignons la qualité des illustrations qui accompagnent à merveille l’écriture enchanteresse. Un joli conte où le grand méchant loup s’appelle le YOOT…

Pour donner une note à un roman jeunesse, je me remets toujours à hauteur de ce que l’on peut souhaiter lire plus jeune et de ce qu’un parent attend d’un livre pour son jeune adolescent ou enfant. Ici, la mission est pour moi remplie, même si la 4e ne stipule pas clairement de quoi il s’agit. Toutefois, que l’enfant soit à l’aise ou pas avec la notion de dépression, rien ne viendra entacher la lecture grâce aux métaphores incroyablement bien trouvées par l’auteur. Un moment riche en perspective.


4 réflexions sur “[Chronique]Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper de Horation Clare

  1. Laura dit :

    Coucou,

    L’histoire est vraiment géniale et ce livre a l’air de l’être tout autant, mais c’est vrai que je vois mal mon 6 ans le lire, il est assez gros, écrit assez petit pour lui, je pense effectivement que c’est plus adapté dès 9 ans.
    Malgré tout, il m’a l’air bien sympa alors je lui lirai peut-être !

    Belle soirée,
    Laura – Bambins, Beauté et Futilité

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  2. NatieAK dit :

    Il s’agit de Père Casper et voilà que mon esprit déclenche la musique de Père Castor. il ne faut pas chercher à comprendre par contre, je risque d’avoir la musique un moment en temps !
    Pour en revenir au livre, c’est un sujet particulier qui méritera d’être expliquer à l’enfant avant je pense. Après ta notation est excellente, ce qui implique un livre bien écrit et d’ailleurs ta critique va dans ce sens . Un bon bouquin !,

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