[Chronique] La fille idéale de Gilly MacMillan

Publié aux éditions Les Escales Noires – mai 2017 – 465 pages
Merci aux éditions Les Escales (Jade) pour cette lecture

Zoe est la fille idéale : élève brillante, enfant modèle, musicienne talentueuse… Pourtant, l’adolescente cache un lourd secret : quelques années auparavant, elle a été à l’origine d’un tragique accident.

Zoe tente à présent de se reconstruire. Sa mère, Maria, et elle ont emménagé dans une autre ville. Maria s’est remariée avec un homme qui ignore tout de leur passé. Pour la mère, l’accident et ses répercussions n’ont plus aucune place dans le cocon de la  » famille idéale  » qu’elle a créée.

Le soir où Zoe doit donner le concert pour lequel elle se prépare depuis des mois, la nuit tourne au cauchemar et un meurtre est commis. Alors que tous essayent de comprendre les raisons de ce crime, Zoe sait que la vérité n’est jamais aussi simple que l’on pourrait le penser et que les apparences sont souvent trompeuses.

Gilly MacMilan m’avait totalement convaincue avec son précédent roman intitulé Ne pars pas sans moi. J’avais aimé ce thriller au rythme plutôt lent et psychologique et dont les fils se déroulaient en douceur pour nous entrainer vers la vérité. Chacun est amené à se remémorer ce qu’il avait fait ou pu faire et le lecteur devenait soupçonneux envers chacun. Ainsi quand on m’a proposé de découvrir La fille idéale, je n’ai pas hésité bien longtemps et j’avoue avoir fait en sorte qu’il ne reste que peu de temps dans ma PAL. Si ce n’est pas un coup de cœur, il n’en incarne pas moins une excellente lecture et j’admire l’habilité de la plume à garder le suspens et rendre le lecteur captif du déroulé d’une soirée qui aurait dû être parfaite, mais s’est transformée en cauchemar absolu. Encore une fois, l’auteure nous prouve qu’un thriller peut reposer uniquement sur la psychologie et l’observation et que nul besoin de faire courir la police dans tous les coins du globe, le coupable n’est probablement pas loin. Réussi et addictif, même si j’ai ressenti un léger manque d’émotion, La fille idéale est un excellent roman pour les plus frileux du genre. Garanti sans horreurs ni frayeurs importantes.

Bienvenue dans la Famille Parfaite, dans la Vie de La Seconde Chance. Plus d’erreurs possibles, Zoe doit se montrer exemplaire, car la vie leur a offert une seconde chance plutôt incroyable. Zoe, à l’origine d’un terrible drame doit désormais jouer le rôle de la fille idéale et exceller dans son art, le piano. Vivant avec sa mère chez Chris, le second mari de Maria, et ayant pour demi-frère Lucas, un autre petit prodige du piano, Zoe tente de tout faire pour contenter sa mère et s’adapter à cette nouvelle vie. Le temps s’est écoulé, mais la douleur, la culpabilité et l’horreur demeurent. Alors que Zoe donne son premier concert depuis le drame, en compagnie de Lucas, le passé ressurgit de la manière la plus violente possible pour la jeune femme. Confrontées à ce cauchemar, les deux femmes vont devoir se confesser auprès de Chris si elles veulent préserver le bonheur de leur famille. Mais ce même soir, un meurtre est commis. Par qui et pourquoi ? Tout le monde l’ignore et finalement, chacun est suspect. Zoe, elle, sait que les apparences trompent le monde et souhaite aborder les choses d’une manière différente. Assaillie par les souvenirs douloureux et le nouveau traumatisme, la jeune fille tente de garder pieds.

Le roman alterne les points de vue et mêle passé et présent avec brio. Nous revivons avec chaque personne impliquée ce qui s’est passé au moment du concert puis jusqu’au fameux meurtre. Mais nous sommes aussi dans la terrible journée qui suit, celle où vous avez l’impression d’être dans du coton et que vous allez vous réveiller et comprendre que ce n’était qu’un cauchemar. Sauf que la mort est bien réelle et qu’il faut désormais un coupable. Mais qui aurait pu commettre ce crime ? Bien entendu, les soupçons se portent rapidement sur un individu, mais le lecteur, lui sait, que non, ce ne peut être cette personne. Ainsi nous allons suivre Tessa (la tante de Zoe), Zoe, Sam l’ancien avocat de Zoe (dans l’affaire précédente) et d’une certaine manière Lucas. Zoe et Tessa sont l’ancre du présent, Sam raconte l’histoire de l’adolescente qu’il a dû défendre et Lucas lui, expose ce qu’il sait sur son père Chris au travers d’un scénario qu’il a écrit. Si son père le force à jouer du piano, lui son truc c’est plutôt le cinéma. Enfin, nous rencontrons Richard, le mari dépressif et alcoolique de Tessa qui n’a plus refait surface depuis bien longtemps. Et puis au milieu de tout cela, il y a Grace, le bébé dont il faut continuer à prendre soin. Le lecteur tourne ainsi autour de cette scène où les apparences sont pesantes.

Si le suspens ne s’avère jamais intenable, il se présente en petites touches, car le lecteur ne sait jamais trop qui va avancer un pion et quand. À ce niveau-là, j’avoue que j’aurais apprécié un peu plus de frissons même si l’identité du coupable n’était pas forcément dans mes suspicions. Brillamment apportée par l’auteure, cette révélation pourrait bien changer le cours de choses. Mais Zoe est une adolescente à l’intelligence incroyable et sait tourner les situations à son avantage (bien qu’elle ne soit absolument pas égoïste et qu’il s’agisse plutôt ici d’un avantage collectif). Quand Zoe nous entraine dans son passé, nous comprenons la lourde charge qui pèsera à jamais sur ses épaules. Pourtant, Zoe veut avancer et revivre. Bien qu’elle admette son erreur, elle aimerait qu’on la croit sur le déroulé (je n’en dis pas plus) et qu’on lui pardonne. Car le pardon peut être la clé d’un nouveau bonheur, d’une autre chance. Reste à faire tomber le coupable…

La fille idéale est un roman sombre à la tension psychologique fascinante. Si le suspens manque un peu pour ce qui est du meurtre, l’auteure emporte son lecteur dans son histoire en un tour de main. Passé et présent se percutent pour former une entité froide et les illusions tombent en poussière. Une narration au top que nous tient en haleine jusqu’au verdict final. Brillant et efficace.


Pour retrouver ma chronique du précédent roman de l’auteure :

18 réflexions sur “[Chronique] La fille idéale de Gilly MacMillan

  1. J’avais bien aimé la plume de l’auteure je crois, mais je n’avais pas trouvé l’intrigue aussi bien que je l’espérais. Je ne suis pas certaine de me laisser tenter par celui-ci du coup même si ton avis éveille ma curiosité, le côté peu de suspense au niveau du meurtre ne joue pas en sa faveur 😉

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    • Ici aussi l’intrigue n’est pas ce que l’on espère, honnêtement. Mais j’aime justement ce que l’auteure est capable de développer en sortant totalement des codes du thriller.
      Quand je dis qu’il n’y a pas de suspens au niveau du meurtre c’est que tu connais la victime très vite. En revanche pour l’identité du coupable… suspens total !

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