[Chronique] La Passe-Miroir – Tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Publié aux éditions Gallimard Jeunesse – 1er juin 2017 – 496 pages
Merci à Gallimard pour cette lecture

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui, il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’information divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Enfin je peux vous en parler. Que l’attente fut longue pour moi. Mais il était hors de question de frustrer inutilement des lecteurs dans l’attente. Je me suis contentée de dire que ce livre est génial, que j’ai adoré, mais maintenant il est temps de développer. Je vais m’efforcer de ne pas spoiler ce tome 3, mais bien entendu, si c’est le troisième opus, attendez-vous à être spoilé de certains éléments des deux premiers tomes. Si vous ne les avez pas lus, passez votre chemin. Allez les avertissements étant faits, nous pouvons sauter dans un miroir pour rejoindre Ophélie et son écharpe taquine.

Je tenais à remercier de nouveau Gallimard – On lit plus fort pour cette agréable surprise dans ma boite aux lettres. Je ne vous explique pas le cri de joie à réception de l’ENC et si je m’écoutais je plaquais la lecture en cours pour m’y plonger deux minutes après l’ouverture de l’enveloppe. Mais non, je fus sérieuse et j’ai attendu un peu. Mais très peu et quel bonheur que de se replonger immédiatement dans l’univers de Christelle Dabos. Nous sommes de retour sur Anima où Ophélie s’ennuie plus que jamais. Plus de 2 ans, presque 3 même que Thorn a disparu et que la jeune femme espère le retrouver. Car si Ophélie a mis du temps à comprendre cet homme, les liens du mariage ne sont peut-être pas si blancs que le couple ne le pense. De plus, notre liseuse est bouleversée par ce qu’elle a appris du livre de Farouk et des esprits de famille du Pôle et se demande s’il reste quelque chose à faire. C’est ainsi qu’elle décide de se rendre sur une nouvelle arche, Babel et d’endosser une toute nouvelle identité. Fidèle à elle-même et à son caractère plutôt passif, Ophélie va devoir redoubler d’ingéniosité et de malice si elle veut déjouer les pièges qui l’attendent sur sa route. Mais la jeune passe-miroir est plus déterminée que jamais, car retrouver Thorn lui importe plus que tout.

Comme je tiens à faire de cette chronique un abri anti-spoiler je ne vais pas vous dévoiler plus que ce que la 4e révèle, en gros. Sachez que ce tome est une pure réussite, que j’ai plongé en un instant dedans et que j’ai tout mis en œuvre pour le faire durer tant l’histoire me fascinait. Pour ceux qui sont déjà convaincus par la plume de Christelle Dabos, rassurez-vous, son talent et son imagination sont plus que jamais au rendez-ici. Si le livre n’est pas dans l’action à proprement parler, il nous entraine à la découverte d’une nouvelle arche et donc d’un nouveau monde. Et vous savez à quel point notre auteure excelle à créer des univers inédits avec les propres règles, propres technologies. Si Babel est l’arche de la connaissance, ses lois sont strictes et il faudra à Ophélie beaucoup de savoir-vivre et de patience pour s’y habituer. Elle devra se méfier de la moindre personne et tout donner pour enfin accéder à ce qu’elle chercher. Ce nouveau monde sera bien entendu, comme les autres, imparfait et Christelle Dabos n’hésitera pas à en en pointer les injustices et imperfections. Côté esprit de famille, vous allez avoir de sacrées surprises. Et croyez-moi, ce qu’Ophélie va apprendre dans ce tome est incroyable et inattendu.

Les thématiques abordées via les aventures de notre animiste sont nombreuses et l’hommage à la connaissance, la lecture est retentissant. Toutefois, l’expérience de vie est sérieusement mise en avant et c’est appréciable de voir notre héroïne se développer comme elle a pu le faire depuis le début de l’aventure. Nous le savons, Ophélie, tout comme Thorn, sont loin d’être parfaits, ce sont même plutôt des anti-héros mais depuis la fin du tome 2 en particulier, ils ont mis le doigt sur quelque chose de bien plus gros qu’eux. Et s’ils étaient le dernier espoir ? Ophélie toujours maladroite et timide va vraiment devoir se surpasser et déjouer la moindre manipulation. Car si Babel se targue d’être le monde idéal il n’en est pas moins cruel et injuste. Y trouver sa place ne sera pas de tout repos. Les rencontres faites par notre liseuse sont fascinantes ou terrifiantes, certaines nous laissent sceptiques et d’autres nous mettent en confiance instantanément. Christelle Dabos sait laisser planer le doute en toute circonstance et cela donne un côté authentique à cette aventure pourtant fantastique. Je dois avouer que je suis subjuguée par ces mondes que l’auteure nous offre, son imagination semble sans limites, sans barrière et je me languis déjà de pouvoir lire l’ultime tome qui promet d’être explosif et certainement plus dans l’action.

Si j’ai déjà comparé Christelle Dabos à JK. Rowling, je me permets de le refaire ici. Pour moi, Christelle Dabos est tout simplement la JK Rowling francophone et sa saga mérite un succès retentissant. Certes, les univers Harry Potter et La Passe Miroir n’ont rien de semblable et demeurent incomparables, mais la puissance créative et l’imaginaire sont bel et bien au rendez-vous pour faire voyager les lecteurs. Ajoutons-y des complots et des ennemis invisibles et nous avons l’excitation ressentie à chaque épisode du sorcier à Poudlard. Les mondes décrits n’ont rien à envier à ceux d’Harry Potter car ils sont tout aussi riches et merveilleux, terrifiants ou saisissants, et le lecteur s’y projettent en un tour de page ! Reste quand même à ne pas avoir trop le vertige et aimer les Roses des Vents plutôt que le Poudlard Express ou la poudre de cheminette. Je vais m’arrêter là pour les comparaisons douteuses, mais je pense que vous aurez compris à quel point je suis admirative de cette femme, proche de ses lecteurs qui s’investit avec autant d’amour, de sérieux et de passion dans sa saga. Elle n’écrit pas pour remplir des pages, oh que non, elle nous offre des mondes et nous raconte des histoires. Quant à l’histoire entre Thorn et Ophélie, je vous laisse découvrir tout cela dans ce nouvel opus…

Un troisième tome parfaitement réussi et à la hauteur des deux précédents. De la constance dans une saga, c’est suffisamment rare pour être souligné. Les fans de La Passe-Miroir ne pourront qu’apprécier ce livre et en redemander. Intelligent, imaginatif et captivant, La mémoire de Babel apporte tout ce qu’il nous faut et nous n’attendons plus que le prochain et dernier tome. Coup de cœur, telle une évidence. Christelle Dabos s’impose réellement dans le monde de l’imaginaire.

 

18 réflexions sur “[Chronique] La Passe-Miroir – Tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

  1. J’annonce, je ne lis pas ta chronique. Le 2 m’attend encore au chaud le temps que je fonce acheter le 3, histoire d’en avoir toujours un de réserve ! Je n’ai même pas besoin de lire la suite pour être persuadée que ce sera probablement une de mes sagas chouchou pour toute la vie !

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