[Chronique] La petite herboristerie de Montmartre de Donatella Rizzati

À paraitre aux éditions Charleston – 9 mai 2017 – 464 pages
Lu dans le cadre de mon expérience Lectrice Charleston

Paris, novembre 2004. Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d’une herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante se conforte dans son choix d’étudier la médecine alternative, choix que n’a hélas pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l’amour en la personne de Michel. S’ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement d’un arrêt cardiaque. Bouleversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l’esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout avait commencé ?

Charleston nous a présenté ce roman comme le feel-good de cet été. Par conséquent, j’en attendais beaucoup, rêvant d’évasion, de romance et de bien-être. Car oui, si le titre parle d’une herboristerie et que notre héroïne, certes en deuil, est naturopathe, on ne peut que s’attendre à passer un instant presque cocooning. Eh bien, laissez-moi vous dire que c’est parfaitement réussi. Non seulement le livre se lit à une vitesse folle, mais en plus les personnages sont juste extraordinaires ! Petit bonus, véritable cerise sur le gâteau feel-good de ce roman naturopathique : des recettes de cosmétiques et traitements maison à faire soi-même ainsi que des fiches d’iridologie pour mieux comprendre cette science. Un livre deux en un quelque part : l’histoire de Viola, et ses conseils livrés sur de précieuses fiches riches en savoir.

Viola ne va pas bien, elle dérive et ne sait plus quoi faire pour encaisser la mort de Michel. Michel, son grand amour, son mari, malade et qui s’en est allé, laissant la jeune femme aux prises avec ses doutes, ses regrets et sa solitude. Viola se souvient avec nostalgie des échanges fascinants avec Michel dans leur cabinet. Elle en tant que naturopathe, lui et ses recherches fascinantes et controversées sur l’iridologie : la science de l’iris, à travers laquelle il cherchait à déceler, plutôt que des pathologies fonctionnelles, des incidences psychologiques. Viola n’y croyait pas beaucoup, trop rationnelle et élevée par un père médecin… Un père avec lequel elle est fâchée, qu’elle ne veut plus voir. Ses parents n’ont pas accepté ses choix. Et puis Viola se souvient de la jolie petite herboristerie dans laquelle elle est entrée à Paris il y a quelques années, à Montmartre. La patronne de la boutique Gisèle lui a tout de suite plue. Et si, elle retournait là où tout a commencé pour elle ? Si elle retrouvait Gisèle et ses doux et précieux conseils ? Si elle retrouvait Paris et son herboristerie nichée au cœur de Montmartre ? Mais ce que Viola ne s’attend pas du tout à trouver là-bas, c’est bien plus que Gisèle et son herboristerie… Saura-t-elle faire son deuil et commencer un nouveau chapitre aussi bien sur le plan personnel que professionnel ?

Avant d’aller plus loin, je voulais clarifier, au cas où, les fonctions d’un naturopathe. C’est un métier peu reconnu en France et c’est bien dommage. Recourir plus à cette médecine douce permettrait bien souvent d’éviter les médicaments basiques pour les rhumes, sinusites, stress etc. Bien entendu, le naturopathe ne peut se substituer à un avis médical en cas de pathologies sévères et il n’est pas un faiseur de miracles ni un magicien, encore moins une sorcière ou un hippie. Faisons simple et référons-nous à la définition efficace de Wikipédia :

La naturopathie est une médecine non conventionnelle qui vise à équilibrer le fonctionnement de l’organisme par des moyens jugés « naturels » : régime alimentaire, hygiène de vie, phytothérapie, techniques manuelles, exercices, etc. Elle fait partie des approches non conventionnelles qui se disent « holistiques ». Cependant, il faut noter que ses principes, issus de méthodes disparates, n’ont pas été scientifiquement validés – la naturopathie reste essentiellement considérée comme une pseudo-science.

Ajoutons que la phytothérapie désigne la médecine fondée sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels. Et parce que vous verrez notre héroïne en faire usage, le reiki est une méthode de soins non conventionnelle d’origine japonaise, fondée sur des soins dits « énergétiques » par imposition des mains. Quant à la discipline de Michel, l’iridologie, c’ est une technique utilisée en médecine non conventionnelle. Les pratiquants de cette médecine s’appuient sur les motifs, les couleurs et autres caractéristiques de l’iris pour examiner des informations sur la santé du patient.

Après cet interlude Wikipédia, revenons-en au coeur de notre chronique. 

J’ai envie de commencer par vous parler de la plume de l’auteure qui a su totalement me charmer et me captiver. Si quelques petites longueurs peuvent parfois apparaitre au cours de l’histoire, cela ne gêne en rien l’intrigue qui se veut fascinante, palpitante et entrainante. Ce n’est pas qu’il y ait beaucoup d’action, mais plutôt de l’évolution personnelle. Nous sommes dans un roman feel-good, vous ne pouvez pas vous tromper et il remplira largement sa promesse. Mais il faut savoir que notre héroïne est totalement brisée, coincée quelques mois en arrière avec son défunt mari et rongée par les remords, les questionnements. Si c’est une femme à genoux que nous verrons pousser la porte de Gisèle, c’est une professionnelle au top de ses capacités et apportant beaucoup aux autres que nous attendons de voir fleurir auprès de sa vieille amie. Bien entendu, Gisèle ne peut pas résoudre tous les problèmes de notre jeune femme, mais aura toujours les bons mots au bon moment. Et puis, Viola va faire des rencontres plus que sympathiques, à commencer par le beau, mystérieux et arrogant Romain. Entre eux, un jeu du chat et de la souris va se mettre en place pour notre plus grand bonheur et Donatella Rizzati saura le rythmer, le corser et monter les égos. Elle donnera également une fabuleuse leçon d’humanité sur les préjugés et le poids des apparences. Quant à la pétillante Camille, elle deviendra une amie précieuse pour Viola qui est plutôt solitaire depuis le départ de Michel.

Si La petite herboristerie de Montmartre incarne le roman feel-good par excellence et induit une romance tant attendue, ce ne sera toutefois jamais dominant. Nous assistons plus à la reconstruction de Viola et à la résolution des problèmes du passé, l’installation de sa nouvelle vie et de ses nouvelles amitiés plutôt que de suivre un épisode romantique simple. Non, ici l’amour se fera complexe et nous donnera même des nœuds au cerveau. Sachez que Viola peut se révéler parfois bien agaçante et tombe très facilement dans l’inertie, le jugement et la rancœur. Mais peut-on vraiment lui en vouloir quand on connait son passé ? Et puis avouons-le, sa reconstruction va passer par de nombreuses épreuves, dont certaines particulièrement douloureuses, éprouvantes. Les personnages secondaires sont soignés et attachants. Je pense bien entendu à Gisèle et Romain ou encore Camille, Jacques et notre intrépide adolescente. Viola se perd parfois dans la passion et nous y plonge, et c’est en cela que les petites fiches recettes en fin de chapitre sont divines ! A nous de reproduire ses conseils et personnellement cela m’a donné envie de me remettre aux cosmétiques maisons, discipline que j’ai pratiquée un bon moment.

En plus d’être feel-good, le roman est donc instructif et nous ouvre les yeux sur ces médecines alternatives que beaucoup négligent facilement. Attention, nous ne sommes pas là pour vendre une autre forme de médecine ! Mais c’est justement fascinant de constater l’opposition entre médecine traditionnelle et médecine alternative. L’auteure a su donner à Viola une passion qui l’anime et la rend vivante et nous comprenons que si elle doute de son intuition et de ses capacités, ce métier est véritablement le sien. Quant à la petite herboristerie, nous nous y sentons comme chez nous, reniflons les bonnes odeurs et avons bien envie de boire une infusion à l’arrière-boutique avec Gisèle et sa bienveillance ou Viola et son attention toute particulière. Un roman qui incarne une ode à l’empathie, l’amitié, l’amour et la vie sous une forme naturelle, mais pas que ! Bref, un vrai régal à lire et, oui, il sera parfait pour votre été, n’hésitez plus 🙂

Poussez la porte de la vieille herboristerie, préparez-vous un thé et venez le partager avec Viola. Si elle vous regarde trop dans les yeux elle vous décryptera. Et vous pourriez bien repartir avec des recettes sur-mesure et le bonheur retrouvé et si communicatif de notre belle Italienne. Un brin de romance, d’amour, d’amitié et de rédemption, à laisser infuser et servir à volonté, car c’est la lecture feel-good de votre été.

Rendez-vous le 9 mai en librairie !

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22 réflexions sur “[Chronique] La petite herboristerie de Montmartre de Donatella Rizzati

  1. Le prénom Viola me donne des boutons, je trouve ça horrible d’appeler sa fille comme ça. (bon, le pire c’est « Violaine », t’as quand même Viol et Haine dans le même prénom). Bref, ceci étant dit, je suis curieuse de découvrir cette histoire à mon tour ! 🙂

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