[Chronique] Là où tu iras j’irai de Marie Vareille

Publié aux éditions Mazarine – Mars 2017 -358 pages
Merci à Marie et aux éditions Mazarine pour cette lecture !

Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : prometteuse en théorie, catastrophique en pratique.
Le jour où elle refuse la demande en mariage de l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue, avec pour toute fortune vingt-quatre euros sur son compte en banque. Elle est alors forcée d’accepter le seul travail qu’on lui propose : utiliser ses talents de comédienne pour séduire Jan Kozlowski, un jeune veuf sur le point de se remarier.
La voilà donc partie en Italie, dans la maison de vacances de la richissime et déjantée famille Kozlowski. Seule ombre aux deux semaines de dolce vita qui se profilent : pour exécuter en toute discrétion sa mission « séduction », Isabelle devra jouer le rôle de l’irréprochable nanny anglaise de Nicolas, 8 ans, qui n’a pas prononcé un seul mot depuis la mort de sa mère cinq ans plus tôt. Isabelle est bien loin d’imaginer à quel point cette rencontre improbable avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.

Une comédie pétillante, pleine d’humour et d’émotions.

Ah mes petits flamants, aujourd’hui c’est vendredi, il fait peut être gris. Si vous n’allez pas chasser les oeufs de Pâques qui se transforment en kilos superflus (oups), vous pouvez rester dans votre canapé à lire tranquillement ! En tout cas moi, c’est ce que je préfère… le chocolat passe bien après la lecture. Et j’ai le livre idéal pour une bouffée d’air frais, de rires, de sentiments et de feel-good. Ce livre, c’est le tout dernier roman de Marie Vareille que vous avez sans doute déjà croisé avec JE peux très bien te passer de toi ou encore Elia la passeuse d’âmes (petit bijou). Marie et Mazarine m’ont très agréablement envoyé un exemplaire dédicacé (et surprise) de cette dernière publication et je peux vous dire que je l’ai dévoré à la vitesse grand V et qu’il m’a fait un bien fou au moral ! J’ai ri, j’ai crié (enfin dans ma tête hein), j’ai ragé, j’ai halluciné, j’ai pouffé, j’ai senti mon coeur battre… Bref, la super nanny n’a qu’à bien se tenir, Isabelle Lecul est dans la place !

Je pense que vous l’avez remarqué, je lis peu de comédie, pas beaucoup de feel good, presque pas de chick-lit. Mais de temps en temps, une bonne comédie permet de souffler et de reprendre de l’énergie. C’est tout à fait ce que ce roman m’a offert. Si j’ai mis un peu de temps à apprécier le personnage d’Isabelle, toutes ses péripéties, gaffes et autres maladresses s’avèrent hilarantes. Isabelle a donc 32 ans et niveau travail, c’est le calme plat. Elle est actrice et enchaine les refus suite à des auditions; après avoir brillé dans un film, c’est plutôt le sol ou les éviers qu’elle fera alors briller dans des publicités ou encore les surfaces du McDo où elle travaille. Pourtant, Isabelle est bien entourée : Quentin l’homme dont elle partage la vie depuis 5 ans est fou d’elle et se plie en quatre pour la satisfaire et ses deux meilleurs amis Alexandre et Amina sont d’une franchise déconcertante et d’un sarcasme percutant. Tout va basculer pour notre trentenaire quand Quentin la demande en mariage : elle ne veut pas d’enfant et lui, si. Alors, autant en rester là n’est-ce pas ? C’est en tout cas au cœur du désespoir qu’Isabelle va recevoir une proposition de travail peu ordinaire : séduire le réalisateur Jan Kozlowski avant qu’il ne passe la bague au doigt à sa nouvelle compagne. Ce veuf passionné de cinéma n’a que peu de temps à consacrer à ses enfants et sa nounou habituelle (et formidable) doit se faire opérer… Isabelle va donc devoir la remplacer au pied levé et jouer son rôle. Elle qui déteste les enfants. La voici coincée dans une sublime villa italienne avec une grand-mère pour la moins stricte, deux adolescentes qui se déchirent au quotidien et un petit garçon mutique depuis la mort de sa mère. Pourtant, l’expérience pourrait bien transformer Isabelle en même temps que l’adorable petit Nicolas… Et si le Monde qu’elle croyait le sien était tout autre ?

Soulignons la première et excellente performance de Marie Vareille dans ce livre : se déjouer des clichés du genre et construire une histoire bien plus solide et profonde, s’affranchissant alors de toute superficialité. Car le séjour d’Isabelle va bien plus loin qu’une simple mission et comme l’on peut s’en douter c’est une quête identitaire voire initiatique qui attendre notre trentenaire coincée à l’âge adolescent. Oui, l’héroïne de Marie n’arrive pas vraiment à quitter l’enfance et son insouciance. Il lui est terriblement difficile d’agir en adulte et d’assumer des responsabilités. Mais nous savons tous que l’on ne peut fuir éternellement. Et auprès de cette famille, Isabelle va comprendre qui elle est et affiner ses exigences superficielles. Isabelle, très volubile, occupe l’espace comme l’attention et ses interventions viendront sans cesse nous surprendre. Entre gaffes et sarcasme, disons que notre demoiselle est armée contre l’ennui, mais pas vraiment équipée pour se fondre dans le moule. Et c’est aussi ce qui la rend attachante : Isabelle, derrière son côté « éternelle adulescente » n’en est pas moins pourvue d’un cœur et d’une sensibilité à fleur de peau. Si elle enchaine les faux pas, elle excelle dans d’autres domaines sans même s’y attendre… pour preuve sa relation très touchante avec le benjamin de la famille qui semble, enfin, s’ouvrir de nouveau au monde extérieur. Comme je le disais, si j’ai eu du mal à apprécier cette femme insouciante et parfois égoïste dans ses décisions, petit à petit, Marie Vareille nous aide à aimer et comprendre la jeune femme. Finalement, c’est une chouette personne et nous envions ceux qui la connaissent, mais nous pouvons aussi jalouser l’amour de ses amis envers elle.

Car le second point fort de cette histoire demeure l’amitié ! Marie Vareille a excellé à créer un trio exceptionnel et que rien n’ébranle. Ils peuvent compter les uns sur les autres à tout moment et chacun fait avec les défauts ou excentricités de l’autre. La relation avec Alexandre et Amina nous fascine et nous comprenons aussi tout ce qu’Isabelle représente et tous les atouts qu’elle ignore posséder. Quentin, même s’il apparait peu, incarne l’homme idéal à la patience en or. Il a cédé à bien des caprices dont le dernier ressemble à rat punk et se nomme Woody-Allen. Quant aux personnages de la résidence Valentini, disons que nous n’aurons pas fini de nous ennuyer. Entres adolescentes agressives, future belle mère totalement peace and love, grand-mère vieux jeu et homme de maison aux allures de mafieux, Isabelle va vite se faire des films. Et avec quel humour ! Marie dispose de la plume idéale pour conter ce genre d’histoire, et ce sans jamais être lourde ! Bravo ! Pour moi, qui déteste l’humour trop lourd ou trop répétitif ou encore trop superficiel dans la littérature, j’ai trouvé ici le style idéal. Tout passe bien, sans faux pas. Mais attention, Marie Vareille sait aussi gérer les émotions et les larmes, les scandales et les coups d’éclat et les scènes d’actions atypiques sur une Vespa orange et j’en passe. Je ne vais toutefois pas vous en dévoiler plus, mais je suis sûre que ces passages vous feront sourire.

Là où tu iras j’irai est également une formidable ode à la vie et l’amour, à l’amitié et à la communication. Chaque personnage va tirer une leçon de cette expérience pour le moins bancale et va alors nous montrer sa véritable personnalité. L’histoire de Nicolas est très touchante, émouvante, et l’auteure nous la raconte sans jamais rentrer dans du mélodramatique. Enfin, sachez que cette comédie romantique et pétillante vous fera passer un moment excellent, à tel point que vous ne verrez pas le temps s’écouler. Je vous confie un truc : cette Isabelle que j’ai eu du mal à cerner, et bien maintenant, elle me manque. Parce que mine de rien on s’y attache et je me serai presque crue amie avec la joyeuse troupe. Quant à l’issue de l’histoire, sortez les mouchoirs et les cris de joie, c’est plein d’humour, d’émotions et l’auteure nous offre un épilogue qui vaut le détour ! Vous le savez, je ne suis pas friande d’épilogues en général, mais celui-ci m’a tellement fait rire et sourire que je l’ai relu deux fois. J’ai ensuite refermé le roman, l’ai serré contre mon cœur en poussant un grand soupir d’aise. Eh oui, le temps de cette histoire, tout le sombre, tous les ennuis ont disparu. Un roman absolument lumineux et à lire pour passer un bon moment tout en légèreté. Mais souvenez-vous que cette légèreté ne rime pas du tout pas avec superficialité, car Marie Vareille possède un style parfaitement affuté et étoffé, prêt à nous faire basculer d’une émotion à l’autre en un claquement de page ! Merci, Marie, pour tous ces merveilleux moments Harry Potter, mais aussi pour le chien, les soirées (trop) alcoolisées et le rebondissement final digne d’une enquête palpitante !

Là où tu iras j’irai incarne la parfaite comédie hilarante et pétillante, grâce à laquelle le lecteur passe par de multiples émotions. Des situations rocambolesques, d’autres, plus sensibles ou délicates, mais toujours une plume intelligente et parfaitement maîtrisée pour nous offrir un roman qui nous fait du bien et qu’on referme avec un immense sourire. Un vrai Kinder Surprise.

 

24 réflexions sur “[Chronique] Là où tu iras j’irai de Marie Vareille

  1. J’adore la couverture, les chaussures me font penser à mon fils ^^
    Et ton avis me donne super envie ! J’ai déjà noté parce que je l’ai déjà vu quelque part je ne sais plus où et je suis sûre que ça me plairait !

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  2. Encore un livre qui se trouve dans ma PAL, et je ne suis pas déçu qu’il y soit. Merci pour ton blog plein de couleurs livresques. C’est grâce à des blogueurs passionnés comme vous qu’on découvre de belles lectures et qu’on partage. J’ai ouvert mon blog il y a quelques jours, j’espère toucher des gens comme tu le fais et partager… Merci pour ces découvertes. Elaurie.

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  3. Pingback: Top Ten Tuesday : 10 livres pour cet été (#1) | BettieRose books

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