[Chronique] Je suis ton soleil de Marie Pavlenko

Publié aux éditions Flammarion Jeunesse – 8 mars 2017 – 462 pages
Lu grâce à la Masse Critique Babelio

 

Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s’acharne à les dévorer. Mais ce n’est pas le pire, non.
Le pire est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d’une inconnue aux longs cheveux bouclés?
Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Quand on lit la 4e de couverture, on est obligés de la trouver totalement à l’opposée du titre. Pourtant, dans ce roman, tout est cohérent et authentique. Alors je vais être honnête avec vous, ce roman ne m’a pas complètement séduite ni happée, il m’a manqué un petit quelque chose, le coup de cœur n’a pas été proche, mais j’ai, malgré cela, passé un bon moment et c’est assurément de nombreux sourires et rires que vous offre ici l’auteure. Quoi de mieux que de lire un roman qui nous divertit, nous dépayse, nous émeut et nous fait rire aux éclats ? Et oui, tout cela.

Déborah est une adolescente ordinaire ou presque. Disons typique, dans la norme, et purement authentique, attachante. Elle doit rentrer en terminale et ne s’en réjouit pas vraiment. Mais bon, ce n’est pas le pire dans toute cette histoire. Elle en a ras le bol de devoir sortir le chien clochard que sa mère a recueilli et qui pue et déplace sa misère de pièce en pièce dans l’appartement. D’ailleurs, cet appartement : un père absent, une mère qui découpe des magazines jour après jour. Et puis soudain, le choc : que fait son père au bras de cette inconnue ? Pourquoi l’embrasse-t-il ? Et ce post-it sur le miroir de l’entrée ? Déborah déraille, sa meilleure amie semble la délaisser, mais de nouvelles rencontres sont en route. Une dernière année, un passage à l’âge adulte toujours prématuré et beaucoup d’épreuves à affronter. Heureusement, la jeune femme sait manier l’humour et l’autodérision. Mieux vaut cela que sombrer dans la même misère qu’Isidore ou de devenir la nouvelle Lady Legging du quartier. Debo se plonge dans la littérature et rêve d’ailleurs, sauf que la réalité va se rappeler plus que violemment à elle…

Je suis ton soleil décrit à merveille cette année qu’est la terminale. Cette dernière année de presque insouciance avant d’être lancé dans le bain du monde adulte et de devoir faire un choix de carrière alors qu’on ne sait même pas encore qui on est. Quand le soutien familial n’est pas au top, difficile de prendre des décisions. Débo fait sa rentrée avec d’horribles bottes grenouilles mais au fond, cela ne l’importune pas plus que cela. Elle tente de prendre les choses comme elles viennent, elle traine Isidore comme elle le peut. Heureusement, Déborah a sa meilleure amie Eloïse, mais un léger contretemps va les éloigner un peu… Alors elle se rapproche, bien malgré elle de Jamal « Mygale Man » et de Victor, le beau et si gentil Victor. Le trio qui se forme va vite devenir inséparable, pour le meilleur et pour le pire. Chacun soutient l’autre, s’accroche, aime et fait preuve d’un humour qui ne peut que nous rappeler notre propre adolescence avec certes des moyens de communication différents et des références un peu moins datées peut-être, selon votre âge.

Si Je suis ton soleil se destine à un public adolescent, il ne lassera pas pour autant les adultes, car de nombreux thèmes lourds y sont abordés également. Véritable roman d’initiation, c’est une histoire de vie riche et authentique que Marie Pavlenko nous délivre à travers les bribes humoristiques, les larmes et le quotidien. La vie au lycée ne vient jamais prendre trop de place, mais est réelle, palpable, véridique. Les vacances sont bien entendues les meilleurs moments de cette année charnière et l’occasion de démêler des fils. Et puis la majorité, sa célébration, les révisions, le bac en ligne de mire, prendre des décisions, tomber amoureux, souffrir, faire des erreurs, voir ses parents partir à la dérive. Tout autant d’épreuves qui font grandir Déborah, mais la rapprochent de ce qui n’avait alors été qu’un mirage lointain pour elle. Au travers des épreuves, le soleil. Et si l’aventure commence avec des bottes de pluie grenouilles, elle pourrait bien se terminer par un grand soleil dans le paysage de Déborah. Et d’Isidore, bien entendu, parce que même s’il pue, on l’aime ce bon Isidore.

Quant au style de l’auteure, je m’y suis retrouvée et c’est pourtant aussi ce qui m’a dérangée. Étrange sensation, mais je me souviens que j’avais eu le même ressenti lors de la lecture de La mort est une femme comme les autres. Comme quoi. En gros : j’aime la plume de Marie, je lirai d’autres livres d’elle, mais dans ses autres registres. Je pense que les deux romans que j’ai choisi de lire sont un peu trop teintés de dérision pour moi, même si cela reste largement agréable et que les choses sont traitées sous un angle pertinent, voire audacieux. J’ai aimé l’ensemble des thématiques abordées et elles sont nombreuses, presque trop, mais j’ai aussi apprécié qu’on ne verse pas dans la surenchère du drame et que l’innocence adolescente qui s’envole petit à petit et la solidarité amicale permettent d’appréhender le tout sans être lourd. Pour clairement exprimer ma pensée : si le style ne me convainc pas à 100%, il n’en est pas moins excellent et reste parfaitement maitrisé et fera apparaitre un immense rayon de soleil dans votre cœur.

De l’humour, un style mordant et efficace mais aussi des sujets sensibles liés à l’adolescence, voilà la recette de Je suis ton soleil. Nous passons un bon moment en compagnie de personnages attachants mais nous pouvons regretter le rythme parfois trop léger. A lire pour rire et pleurer, et même les deux en même temps. Et pour Isidore.

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10 réflexions sur “[Chronique] Je suis ton soleil de Marie Pavlenko

  1. C’est toujours bizarre ce truc indéfinissable qui fait qu’on n’accroche pas à 100% à un roman, alors subjectivement, on lui trouve énormément de qualités. J’ai toujours du mal à exprimer ce que je ressens quand ça arrive. Ça a en tout cas l’autre d’être une jolie histoire.

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  2. Au vue de plusieurs retours différent, voir globalement positif je ne sais pas encore, si je m’y laisserais tenter à voir 😉 Merci pour ton retour 🙂

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    • Je me demande si je n’ai pas un problème « personnel » avec l’écriture de l’auteure que je trouve, pourtant, excellente.
      J’avais eu du mal à accrocher totalement à La mort est une femme comme les autres. Mais vraiment, je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui bloque car la plume est bonne !

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