[Chronique] Sous le même toit de Jojo Moyes

Publié aux éditions Milady – 17 février – 576 pages
Merci aux éditions Milady pour cette lecture
Toutes les maisons de famille ont une histoire…
Isabel n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort quand elle perd son mari : Laurent lui laisse une montagne de dettes, et les créanciers sont à ses trousses. Cette violoniste talentueuse doit radicalement changer de vie pour assurer l’avenir de ses deux enfants. Elle quitte Londres pour s’installer à la campagne, dans une maison délabrée. Tandis que les murs s’effritent et que ses économies fondent comme neige au soleil, Isabel espère pouvoir compter sur le soutien de ses voisins. Elle est loin de se douter que sa présence réveille de vieilles querelles, et que la bicoque dont elle a hérité est un objet de discorde au village. Faire de cette maison le « home sweet home » dont elle rêve s’annonce dès lors comme un combat de chaque instant…

Oh qu’il était attendu ce nouveau Jojo Moyes ! Avec une grande impatience, d’ailleurs il ne m’a pas fallu longtemps pour le commencer une fois réceptionné. Pas de doute, c’est du Jojo Moyes tout craché, dans le moindre mot, la moindre aventure, la plus infime des émotions. Et qu’est-ce que ça fait du bien de retrouver l’auteure ! Alors même s’il ne m’aura pas autant touché qu’un Avant toi, par exemple, j’ai passé un excellent moment dans cette vieille bâtisse totalement délabrée dont tout le monde semble vouloir revendiquer la propriété. Face à l’appât du gain, les masques tombent et la vérité fait parfois très peur. Restent ceux dont l’intégrité ne changera pas, à nous de déceler qui est bon dans tout cela.

 

Comme dans chacun de ses romans, Jojo Moyes va accorder un soin bien particulier à ses personnages, leur forgeant une personnalité unique et bien à eux. Ainsi, chacun agira d’une manière bien différente, même si bien entendu, l’évolution reste possible au cours de l’histoire. C’est cette authenticité de chacun que j’aime dans les romans de l’auteure : nous pourrions très bien croiser ces personnes-là dans notre quotidien. Chacun évolue avec son vécu, son histoire et son caractère, qu’il soit bon ou mauvais. Isabel, notre héroïne, est loin d’être parfaite. Violoniste de talent, elle ne s’est que peu occupée de ses enfants jusqu’au décès de son si parfait mari Laurent. Oui, mais celui-ci est parti en lui laissant une montagne de dette. Pas le choix, elle doit vendre la maison de Londres. Mais il semblerait qu’elle soit l’héritière d’une vieille maison étrange perdue au fin fond de la campagne anglaise. Contrainte, Isabel s’y installe avec ses enfants, mécontents de quitter leur train de vie londonien. Mais, notre pauvre artiste qui vit dans son monde est loin de se douter des plans qui se jouent autour de sa maison. Le vieil homme acariâtre qui vivait ici a pourri la vie de ses voisins en leur promettant la maison… Et ces voisins n’ont pas du tout l’intention d’y renoncer. Pour cela, son charmant voisin à un plan machiavélique.

 

Même si j’ai aimé ce roman, je dois avouer que l’attachement aux personnages prend du temps. Isabel est en effet une femme bien particulière, artiste et presque bohème qui ne se préoccupe pas vraiment de la vie de ses enfants et qui est terriblement coincée dans son deuil. Toutefois, nous allons prendre plaisir à la voir évoluer et se transformer au contact d’autres personnes. Heureusement, l’adolescente Kitty va venir compenser le manque affectif et gestionnaire de sa mère et nous allons nous lier profondément à la jeune fille et à son mutique frère. L’histoire autour du mutisme du garçon est bouleversante et va venir changer beaucoup de choses dans la vie de notre veuve. Quant aux alliances à former au village, Isabel restera sur ses gardes, mais peut être pas toujours assez. Certains profiteront de sa faiblesse pour accumuler les coups bas et un certain personnage deviendra absolument détestable. L’humour nous sera apporté par les « cousins », couple d’épiciers du coin qui ont l’œil sur tout et savent faire régner la bonne ambiance quoi qu’il en soit. L’amour sera bien entendu abordé dans ce roman, mais d’une manière bien différente et presque détachée. Car désormais pour Isabel, ce qui compte c’est sa famille et elle n’a d’autre choix que de s’y atteler. La musique restera bien entendu au coeur de l’histoire tel un bel hommage.

 

Finalement, l’engouement que suscite la maison donne prétexte à créer des intrigues secondaires inattendues et l’auteure ne cesse de nous surprendre. Toujours versant dans des touches d’humour, Jojo Moyes parvient à dédramatiser des situations pourtant catastrophiques. Rien ne sera particulièrement fait pour que le lecteur, lui, tombe amoureux de la maison, mais le charme des lieux opérera sans aucun souci. Isabel va devoir apprendre à se débrouiller pour faire vivre sa famille qui passe d’une riche et confortable maison avec Nanny à une maison de campagne délabrée sans chauffage ni eau chaude. Elle devra aussi décider d’accorder ou non sa confiance aux différents vautours présents dans les environs pour s’emparer de sa propriété et créer les bons accords.

 

Une chose s’avère certaine : nous passons un agréable moment auprès de nos personnages dans cette vieille maison bien particulière. Si certains nous donnent envie de les étrangler, d’autres nous toucheront par leur sensibilité et fragilité. Les enfants sont très attachants et seront déterminés à tout faire pour faciliter la guérison de leur mère au travers de cette terrible épreuve d’un époux idéalisé et mis sur un piédestal. Le moment fort du roman permettra de faire tomber tous les masques et de tout remettre à plat pour l’ensemble du village et on se sentirait presque d’aller louer une petite maison par là bas, rien que pour faire nos achats à l’épicerie des cousins. Une histoire où on se sent bien, et peut être que comme moi vous vous attacherez au presque « sauvage » Byron, touchant et présent quand il le faut. En revanche, préparez-vous à détester Matt et à lui jeter des cailloux. `

 

Nous retrouvons ici avec enthousiasme la sublime plume de Jojo Moyes qui nous raconte une histoire d’amitié, d’amour et de seconde chance parfaitement agréable. Dommage qu’il faille autant de temps pour se rapprocher de notre héroïne et que la distance qu’elle instaure provoque un léger froid. Toutefois, les personnages autour d’elle sauront nous faire dévorer le roman !

 

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12 réflexions sur “[Chronique] Sous le même toit de Jojo Moyes

  1. J’avais beaucoup aimé « Avant toi », même si j’avais beaucoup pleuré… D’après ce que tu en dis, on dirait que ce roman-ci est moins triste, ça me ferait du bien. Tu donnes envie !

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  2. Une auteure que j’avais adoré avec son roman Avant toi et que je relirais les yeux fermés ! Je me suis acheté Sous le même toit sans hésiter une seconde 🙂 mais cela me fait un peu peur car tu n’es pas la première que je vois avoir du mal à entrer dans l’histoire…

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