[Chronique] Les arpenteurs de rêve, tome 1 : Chimère Captive de Mathieu Rivero

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Publié aux éditions Les moutons électriques, collection NAOS – Août 2016 – 176 pages

resume

Fraîchement débarquée à Lyon pour ses études, Céleste regrette le climat d’outre-mer et la vie avec son père. Mais les choses commencent à changer le jour où elle découvre qu’elle peut naviguer dans les rêves des autres et les modifier, à l’instar de ses nouveaux colocataires.

Si vous pouviez changer les rêves d’autrui, le feriez-vous ? Si vous découvriez un un songe qui n’appartient à personne, le visiteriez-vous ? Et comment réagiriez-vous si vous viviez tout cela… dans la peau d’un gros labrador ?

blablaC’est l’histoire d’un livre voyageur. Douce ironie de voir que ce livre voyage de mains en mains, au fil des envois et des lectures, tout comme nos personnages, eux, voyagent et arpentent les rêves. Souhaitons-nous de faire de plus jolies rencontres que celles de nos héros et de transmettre ce livre avec bienveillance et joie de livre. Pour ce livre voyageur, c’est à Saefiel qu’en revient l’initiative, lancée dans son Club des Hiboux. Chacun d’entre nous prendra soin d’y exprimer sa créativité et également d’y annoter remarques et avis. Déjà, notre livre se pare de couleurs et de réactions, de dessins et de mots. Ce sera au final une sublime histoire complémentaire à celle de l’auteur. Est venu mon tour de le relâcher dans la nature (enfin chez un hibou), mais avant cela il fallait quand même que je vous en parle.

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Cela m’arrive rarement, mais aujourd’hui est le cas : j’ai bien du mal à formuler un avis clair et « ferme » sur ce roman. S’il m’a captivée dès le départ et que l’intrigue nous accroche du début à la fin, je n’arrive pas pour autant à déterminer si j’ai aimé, ou non, cette histoire. Une chose est certaine, Mathieu Rivero détient une plume en or capable de repousser les frontières de l’imaginaire et de nous offrir un univers onirique incroyable et sans fin. Cela tombe bien puisque ce livre nous propose justement d’aller explorer les rêves, en particulier ceux des autres. Rassurez-vous, la comparaison avec le film si brillamment réalisé par Nolan, Inception, s’arrête là. L’auteur ici a une autre conception du monde onirique.

Céleste vient d’arriver à Lyon pour ses études, laissant son père au loin. Là, elle retrouve son ami d’enfance, Keo, avec qui elle a grandi un temps. Il lui présente alors deux jeunes hommes, Val et Mano qui vont lui proposer une collocation d’étudiants. L’un est un artiste en herbe, l’autre se cherche encore. Mais ce qu’ils ignoraient en acceptant cette cohabitation avec Céleste, c’est qu’elle est comme eux : elle arpente les rêves. Elle peut aller de rêve en rêve, dans les siens ou ceux des autres et les modifier. Et puis il y a l’impénétrable grand songe que nos arpenteurs meurent d’envie de trouver et d’explorer pour en comprendre les mystères. Chacun a sa raison d’arpenter les rêves, business, curiosités, inspirations… mais aucun ne semble tenir compte des potentiels dangers. Céleste va se confronter à un monde onirique puissant où tout est malléable à l’envi. Pendant ce temps, Keo, laissé de côté se demande ce qu’il pourrait faire pour être lui aussi un peu « magique »…

Le point fort du récit est clairement cette entrée fascinante et franche dans le monde onirique. En effet, l’auteur ne perd pas de temps en présentations et étalages d’états d’âme des arpenteurs et nous lance directement dans le grand bain. Si cette expérience est fascinante, elle devient aussi parfois difficile à se représenter. Normal, il s’agit d’un rêve où l’impossible se transforme en possible, et, où rien n’a de sens. Nous nous retrouvons alors, nous lecteurs, un peu comme notre héroïne qui arpente les rêves sous la forme d’un chien et qui par conséquent ne peut que rarement s’exprimer. Ses sens sont en revanche mis en alerte et c’est avec grande curiosité qu’elle court dans ce nouvel univers. Mais le danger rôde et il se trouve difficile à saisir. Et d’un coup, en partant dans d’autres directions, l’auteur m’a perdue. Je me suis retrouvée, un peu comme Keo, sur le bord de la route à attendre mon tour, que la chance de vivre quelque chose me saisisse. Cette impression de chemin qui dévie à 180° avec des explications qui tombent de nulle part m’a vraiment semée, tout comme le peu d’informations dont nous disposons réellement sur la famille de Céleste et l’étendue de ses pouvoirs (car il est bel et bien question de cela).

Le principal point négatif pour moi réside dans la construction des personnages. Si nous en savons très peu sur eux, nous comprenons rapidement qu’ils sont égoïstes et qu’ils la jouent très perso, n’hésitant pas à s’abandonner les uns les autres au danger dans leur propre intérêt. Ainsi, nous voyons une amitié ancienne « pulvérisée » d’un geste égoïste et « hop il se débrouillera ». Certes, dans la vraie vie c’est souvent le cas, soyons honnêtes, mais il me semblait que l’expérience inédite vécue par nos arpenteurs leur conférerait un brin de solidarité, dans le monde onirique comme dans le monde réel. Reste alors à comprendre les enjeux de cette histoire et où l’auteur compte nous entrainer dans le prochain tome, que je lirai quand même très certainement pour mieux comprendre et avancer. Malgré tout, je suis contente d’avoir découvert ce livre, indéniablement l’auteur dispose d’une plume vigoureuse et créative, sans limites, et je reste persuadée qu’il peut nous en sortir un univers encore plus complexe et une toile mieux dessinée par la suite. Quant aux notes de magies dispersées ça et là dans le roman, je ne peux qu’approuver et remercier notre écrivain.

enbref

Chimère captive est un roman très surprenant, voir déstabilisant. Si j’ai dévoré le livre avec avidité, j’en ressors néanmoins mitigée avec cette difficulté rare de me prononcer clairement sur le récit. Les idées sont originales, mais je n’ai pas accroché aux personnages que j’ai trouvé fort égoïstes et lâches. Clichés peut-être volontaires ? À suivre tout de même pour mieux cerner l’univers.

MANOTE

13/20

3flamants

PS je ne connaissais pas l’auteur et j’irai voir avec plaisir ses autres écrits, l’expérience de Chimère captive me laisse penser qu’il maitrise une plume entrainante et des univers fantastiques à explorer.

15 réflexions sur “[Chronique] Les arpenteurs de rêve, tome 1 : Chimère Captive de Mathieu Rivero

  1. Je suis partagée. Je pense que si j’ai envie de lire ce roman c’est principalement à cause de la vie que lui a apporté les autres lecteurs alors que je suis une grande maniaque, une page cornée je me sens déjà défaillir hahaha !

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  2. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #73 | BettieRose books

  3. J’avais interviewé l’auteur pour le blog à l’époque de la sortie du livre, et comme ça m’avait également intrigué, je l’avais interrogé sur la famille de Céleste et sur les garçons. Il avait esquivé mes questions, le fourbe !
    Sinon, je te recommande Or et nuit pour son univers oriental.

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  4. Pingback: Calendrier de l’avent jour 10 – 10 décembre | BettieRose books

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