[Chronique] Ne pleure pas de Mary Kubica

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Publié aux éditions Harper Collins Noir – Janvier 2017 – 352 pages
Merci à Netgalley et Harper Collins pour cette lecture

resume

Chicago, en ville. Esther Vaughan disparaît du jour au lendemain. Inquiète, Quinn, sa colocataire, prend conscience qu’elle ne sait rien d’Esther : celle-ci a toujours refusé de parler de sa famille, et laisse derrière elle un fouillis qui ne lui ressemble pas – en particulier une lettre qui instille le doute dans l’esprit de Quinn « sainte Esther », comme elle la surnomme, n’est peut-être pas la personne qu’elle croit…Ailleurs, dans un petit port sur la rive du lac Michigan. Alex Gallo voit entrer une inconnue dans le café tranquille où il travaille. Le genre de jeune femme dont la beauté et le charme font qu’elle ne passe pas inaperçue et ne laisse pas indifférent. Alex a dix-huit ans ; il se laisse envoûter en toute innocence…

blablaIl y a des auteurs que vous avez aimés sur un ouvrage précédent. Tellement que vous vous dites que vous pouvez partir confiants sur les nouveaux titres, que vous êtes sûrs d’aimer. Et puis vous commencez le livre, heureux et tranquille. Au bout de quelques pages, rien ne vient vous faire vibrer, dépasser la centaine toujours rien, mais alors, quand est-ce que ça démarre… Et puis vous vous rendez à l’évidence, la lecture s’avère totalement décevante. En attendiez-vous de trop ? Sûrement. Mais est-ce que l’auteur ne se serait pas planté aussi quelque part ? Je le pense, même si ça me fait mal de le dire. Le roman est-il bien ficelé ? Non. Pourtant quand j’avais lu Une fille parfaite, je militais pour le roman. Je ne comprenais pas qu’on ne trouve pas l’intrigue fascinante. En fait, désormais, je comprends l’effet qu’il a pu faire. J’avais tellement aimé ce livre que je lui avais attribué la note de 17. C’est pour dire. Voici la conclusion que j’avais apporté sur Une fille parfaite « Un thriller psychologique mené en rythme grâce aux 3 voix et alternant le « précédemment » et le « après » et tourne uniquement autour du kidnapping de Mia. Des personnages à la psychologie bien développée. Une fin surprenante, voire inattendue. Un torrent d’émotions : angoisse, tension, malaise, tristesse, empathie. Une plume qui sait installer un climat de froideur avec justesse. » Alors, nous sommes d’accord je ne pensais pas lire le même livre, mais je m’attendais à une complication, des éléments pertinents et fascinants. Et rien des émotions et du suspens attendu n’est venu me cueillir à l’issue de ma lecture malheureusement. Voyons de plus près l’histoire d’une déception totalement inattendue.
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Un dimanche, à Chicago, Quinn se réveille après une nuit de fête. Curieusement, sa colocataire semble absente et cela n’est pas dans ses habitudes. Rapidement, la jeune femme va comprendre que sa meilleure amie a disparu. Mais a-t-elle été enlevée ? Est-elle partie d’elle-même? Pendant ce temps sur les rives du lac Michigan, le jeune Alex, serveur dans un café pour subvenir aux besoins de son père alcoolique, est hypnotisé par une jeune femme inconnue. Au fil des jours, il va se rapprocher d’elle. Pendant ce temps-là, Quinn a l’impression qu’Esther s’est jouée d’elle et qu’elle est en danger. Aidée par son collègue dont elle est amoureuse, elle mène l’enquête. Qui est vraiment Quinn ? Que mijotait-elle ? Du côté d’Alex, ce sera l’occasion de faire remonter une histoire ancienne, celle de la maison qui fait face à la sienne et dont tout le monde a peur. À lui aussi de s’interroger sur sa vie et cette mystérieuse jeune femme qui rentre dans son quotidien tout en se gardant de parler réellement d’elle. Qui est-elle ? Que vient-elle faire dans ce petit village où rien d’intéressant ne se profile ? Et pourquoi semble-t-elle particulièrement intéressée par le drame qui s’est joué dans cette vieille maison abandonnée ?

 

D’entrée de jeu, nous nous retrouvons confrontés à la disparition d’Esther et aux questionnements de Quinn. Elle qui est persuadée de connaitre son amie par cœur prend peur et s’inquiète. Mais il est bien connu qu’un adulte demeure libre de ces mouvements et qu’il est quasi impossible d’enclencher une enquête pour disparition. Quinn va donc devoir revêtir son costume d’enquêtrice et se débrouiller par elle-même pour comprendre ce qu’il se passe. Mais les indices qu’elle découvre soulèvent de plus en plus de questions jusqu’à former un puzzle plutôt alambiqué que Quinn ne saisit pas. Au contraire, elle commence à douter totalement de sa colocataire : est-elle fiable ? Est-elle celle qu’elle laisse voir ? Et puis pourquoi autant de secrets ? Car à fouiner dans la vie de son amie, Quinn va en découvrir un paquet de secrets. À l’aide de son collègue de bureau dont elle est secrètement amoureuse, elle va tenter de tout démêler et de tout faire pour retrouver son amie, à moins qu’il vaille mieux fuir, et vite ?
De l’autre côté, nous rencontrons ce jeune Alex de 18 ans que nous prenons de suite en affection. Il travaille dans un lieu qu’il déteste alors que tous ses amis sont en train d’étudier à l’université, il méprise sa patronne qui le malmène, mais il n’a pas le choix, il est le seul à pouvoir ramener de quoi manger et payer les factures chez lui. Depuis le départ de sa mère qui n’était pas faite pour être mère, son père, malheureux, est devenu alcoolique. À Alex d’assurer, et ce depuis le plus jeune âge. Alors en effet quand une mystérieuse et séduisante femme arrive dans le café où il travaille, Alex est perturbé, intrigué. Il va alors observer la jeune femme pour tenter de percer son mystère. Il est loin de penser au danger, ou alors il s’en moque. Toujours est-il que sa troublante inconnue aura bientôt fait de l’envouter… Quelles en seront les conséquences ? Que cache-t-elle vraiment ?

 

Ces deux récits vont donc s’alterner, laissant au lecteur le temps d’élaborer sa théorie. Si certains éléments nous paraissent presque trop facilement identifiables, c’est bien souvent que nous partons sur la mauvaise piste. Au début du récit, nous nous prenons au jeu de l’enquête et tentons de comprendre avec Quinn qui est vraiment Esther au fil des indices et des interrogations de la jeune femme. Elle se remémore certains moments avec son amie, qui nous permettent de semer le trouble entre la personnalité à priori quotidienne de la jeune femme et celle qu’elle semble être réellement selon les indices. Toutefois, tout nous est donné par le biais de la subjectivité de Quinn et nous ne savons pas si nous pouvons nous fier ou non à son ressenti. Certes, elle connait sa colocataire, mais les doutes sont-ils justifiés? Dans son isolement et son obstination à la recherche de sa colocataire, c’est un véritable tourbillon de questions ou plutôt remise en question qui déferle dans l’esprit de Quinn et peu à peu s’installe la paranoïa. Pendant ce temps-là, Alex apprend à connaitre celle qu’il a surnommée Pearl et pour lui aussi les choses prennent un tournant particulier quand des questions et indices s’emboitent dans un engrenage périlleux. Le lecteur assiste plutôt passivement à tout cela et l’action est quasi inexistante. Heureusement, les révélations viennent assurer un peu le travail pour maintenant notre attention. Mais, malheureusement, ce sera insuffisant pour sauver une intrigue bien trop plate.

 

Dommage, car le sujet aurait pu être juteux, machiavélique ou terrifiant, mais l’auteure en a fait ici un roman sans fond, avec une intrigue presque cousue de fil blanc. Si le suspens est ménagé jusqu’à la fin, le final, jouissif de révélations, ne sera que de courte durée et les explications vites balancées aux yeux du lecteur. Seule cette fin m’a tenue en haleine, mais disons que ce fut le temps d’un petit quart d’heure, histoire de comprendre si j’avais bien tout saisi. Et finalement, je me suis rendu compte que je tenais une bonne grosse partie de la vérité en mains quasiment dès le départ. Avec une histoire au potentiel sans fin, Mary Kubica aura pu signer le thriller de ce début d’année, mais malheureusement, il ne restera pas en mémoire bien longtemps. C’est regrettable quand on connait les capacités de l’auteure à concocter des intrigues surprenantes. Ici, avec un air de déjà vu, nous déplorons vite qu’elle n’ait pas plus ménagé ses effets et que les fils soient aussi gros et évidents, déterminant presque chaque mouvement de fin des personnages. Quant à la note de romance qu’elle a cru bon d’ajouter, autant dire qu’elle n’a pas grande utilité si ce n’est tenter de pimenter l’histoire. Je ressors donc très mitigée de ma lecture, il y a des éléments pertinents, intéressants, l’intrigue s’avère être un sacré sac de nœuds, mais aux fils trop gros et bien trop facilement décelables et on se retrouve au bord de l’ennui quasiment pendant tout le roman.

Ne pleure pas ne s’avère donc pas à la hauteur de mes attentes, mais peut se lire de manière parfaitement agréable pour les non-amateurs de thriller, car les amateurs s’ennuieront aussitôt. Notons toutefois que le style de Mary Kubica, sobre et épuré, se retrouve totalement entre les lignes et qu’elle construit une intrigue en douceur, pièce pas pièce, pour venir, comme dans son premier roman, assembler un puzzle fait de ramifications complexes et exploitables. Ici, un manque d’exploitation fait tomber l’intérêt du lecteur, mais pour ma part, cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de l’auteur en espérant y retrouver la « magie » que j’avais tant appréciée dans Une fille parfaite.

enbref
Ne pleure pas n’aura hélas pas répondu à mes attentes. Si globalement l’expérience de lecture se veut agréable, l’intrigue est malheureusement trop plate et prévisible. Les personnages sont attachants et leurs questionnements sèment le doute dans l’esprit du lecteur jusqu’à un final qui s’avère presque explosif. Péniblement, il ne suffira toutefois pas à relever le tout. À lire sans avoir de grandes attentes, l’écriture reste qualitative et les idées pertinentes.
MANOTE
12/20
3flamants
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14 réflexions sur “[Chronique] Ne pleure pas de Mary Kubica

  1. Je n’ai pas encore lu les 2 précédents livres de l’auteure. Pourtant, Une fille parfaite se trouve dans ma PAL !
    C’est tellement dommage que tu aies été déçue par ce thriller 😦 Le résumé est super alléchant en plus et donne terriblement envie de nous plonger dans cette histoire ! Je vais voir avec d’autres avis mais le tien ne m’encourage pas vraiment :-/

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  2. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #72 | BettieRose books

  3. Comme toi j’avais adoré Une fille parfaite (17 aussi ^^) et je me suis donc jetée sur son suivant L’inconnue du quai, pleine d’espoir et d’appréhension. Il n’est pas aussi réussi que le 1er, mais il est tout de même sympathique. Il est long à démarrer, mais j’ai complètement accroché à un personnage, qui « fait » le roman.
    Le résumé de celui-ci, je ne sais pas pourquoi, m’a laissé dubitative dès le début, et ton avis me confirme que j’ai bien fait d’attendre. Je le lirai sans doute à l’occasion.

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