[Chronique] Moi, Cali, Faucheuse de Sophie Cole

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Publié aux éditions Nouvelles Plumes – 28 décembre 2016 – 400 pages
Merci à France Loisirs pour cette lecture en avant-première

resumeDécédée accidentellement, Cali se voit interdire le paradis, la faute à 25 années d’égoïsme et de cruauté.
Sa seule planche de salut : devenir un démon faucheur. Mais répandre la mort se révèle une mission difficile, même pour cette peste de Cali !
Et ne manque plus que la rencontre avec Stanislas, fils de Satan, pour la faire basculer du mauvais côté. Cali devra se battre pour conserver son humanité et découvrir le sens de sa mort. Car contrairement à ce qu’on lui a fait croire, elle n’est pas morte par hasard…

Une balade dans le monde de la mort qui vous fera rire et frémir… On ne s’étonnera pas d’apprendre que Sophie Cole a exercé le métier de porteuse funéraire ! Le jury de lecteurs Nouvelles Plumes a adoré la vivacité de son style et l’originalité de son univers. Une vraie révélation !

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Ah les histoires de faucheurs, ce que j’aime ça ! Pourquoi, ne me demandez pas, mais c’est un registre qui peut être abordé de bien des manières. Et le moins que l’on puisse dire de l’ouvrage que je vous présente aujourd’hui, c’est que l’auteure, Sophie Cole, a choisi une voie bien à elle, différente et atypique. Elle signe finalement un livre qui vous fera rire, ne marquera pas de temps morts et vous entrainera dans des mythologies fascinantes ainsi que vers des rencontres des plus passionnantes. Si en plus on ajoute deux hommes, Dagon, démon faucheur, et Stan, fils de Satan, nous obtenons un savoureux mélange sur lequel vous allez pouvoir saupoudrer une pincée de sorcières. Oui. Tout pour me plaire. Alors, à votre avis, est-ce un essai transformé ?

Cali, notre anti-héroïne par excellence, va décéder accidentellement et pas de la façon la plus fun qu’il soit. Pourtant, elle comptait bien enquiquiner son entourage encore un moment. Parce que Cali est comme ça : cruelle, égoïste, elle se moque des uns, des autres, fait tout son possible pour blesser les gens qui l’aiment. Sa passion est donc d’être méchante. Comment pourrait-elle alors accéder au Paradis ? Même si nous découvrons très vite que sa mort ne doit rien au hasard et qu’elle aurait dû monter beaucoup plus tard, les choses sont faites et on ne peut rien faire pour les inverser. Seule solution pour Cali : devenir démon faucheur. Ensuite à elle de voir comment mener sa mission : en bien, tel que peut lui enseigner son séduisant et mystérieux formateur Dagon, ou en mal, très mal, comme le lui propose Stan, son second formateur et accessoirement fils de Satan. Quand on s’appelle Cali et que notre bonne morale et conscience se trouve très enfouie au fin fond du cerveau, il devient facile de basculer du mauvais côté… À moins qu’elle ait envie, pour une fois, de faire les choses bien.

Dès le début du roman, le ton est donné : Cali est ce qu’on appelle vulgairement une emmerdeuse. Brouillée avec sa famille, et même presque avec sa meilleure amie de toujours, Amelia, Cali aime blesser les autres et se tenir à distance. Se moquer est sa passion, par contre de la compassion, ne cherchez pas, elle n’en a pas. Mais tout va changer pour elle le jour où elle décède. Une mort accidentelle, bête, et elle l’apprendra plus tard, pas par hasard. Cali se retrouve aux mains d’un ange passeur et attend le verdict. Bien entendu, monstre d’égoïsme, elle n’accèdera pas au paradis et sa place se réchauffe déjà en bas. Mais Sytry, curieux personnage démoniaque, lui propose une autre solution : bosser pour lui en tant que démon faucheur. Elle peut ainsi, aux yeux des humains apparaitre toujours « vivante » bien que quelque peu transformée, et tuer les gens en « surbrillance ». Pour s’acquitter de sa tâche, toutes les méthodes sont permises, à elle de faire preuve d’inventivité. Cali accepte le deal et retourne chez elle. Elle ne s’attendait pas à rencontrer Dagon, un séduisant démon qui se propose pour la former. Pourtant Cali, plutôt mauvaise comme démon, n’apprend pas grand-chose. Si ce n’est qu’elle peut choisir de garder son humanité ou l’enterrer à jamais. En croisant la route du démoniaque et irrésistible fils de Satan, Stan, Cali doute et aura bien des décisions à prendre. Surtout qu’il semblerait que des épreuves vont la mettre à cran, et que son humanité veuille se révéler plus que lors de son vivant. Et puis, pourquoi est-elle morte plus tôt que prévu ? Pourquoi lui dit-on qu’elle n’aurait pas dû trépasser si jeune ?

Un roman de faucheur aussi rocambolesque, je n’en ai jamais lu. Les personnages que nous rencontrons sont travaillés à merveille et leur caractère haut en couleur. Au-delà de notre peste adorée, Cali, il devient impossible de résister au charme de Dagon, cet être qui s’entoure de mystère, y compris sur son âge. Seule certitude, il se lasse de cette existence et refuse de se dévoiler. Protecteur et intelligent, il se prend d’affection pour son élève. Seulement, celle-ci n’en fait parfois qu’à sa tête et il faudra beaucoup de patience au démon. Quand Cali rencontre un démon vraiment méchant, Stan, l’école du mal et de la destruction lui tend les mains. Ange ou démon ? Et si tout ne s’avérait pas aussi transparent ? Que cache Dagon ? Puis, débarque dans l’histoire les sorcières, via Amelia la colocataire, qui a toujours pensé qu’elle était sorcière. La révélation lui arrive d’un coup et son parcours d’initiation nous fascine. Son caractère évolue et elle n’hésite plus à remettre sa peste de meilleure amie en place, ce qui équilibre leur relation et ne fait que la renforcer. Nous rencontrerons également quelques créatures surprenantes, nous attachant aux uns et aux autres au fur et à mesure des chapitres.

Le style de l’auteure se veut fluide, moderne et adapté aux situations. La narratrice n’est autre que Cali, ce qui ne manquera pas de donner du piquant à l’histoire avec ses remarques acides voire caustiques et ses jugements hâtifs ou mouvements de colère. Mais ce choix narratif permettra également au lecteur de mieux comprendre l’héroïne de cette histoire plutôt complexe derrière ses apparences plutôt légères à tendance humoristique. L’humour n’est là que pour caractériser nos personnages et donner du piquant aux joutes verbales, mais ne viendra jamais décrédibiliser l’univers solidement bâti par notre auteure. De même, les sentiments et émotions nous sont pleinement accessibles sans devoir aller gratter sous les apparences. Les descriptions nous immergent dans les lieux du moment et même certaines odeurs nous parviendraient presque aux narines (alors qu’on s’en passerait sans doute… vu le contexte). La Mort n’est pas vue comme une fin en soi, mais est valorisée d’une manière fascinante, idéale et je ne vous en dis pas plus pour vous laisser accéder par vous même à l’univers de Cali qui a fait chavirer mon cœur. Si les premières pages m’ont un peu fait peur, le tout se transforme en une histoire addictive qu’il nous est presque impossible de lâcher. Certes, j’aurais apprécié quelques petites explications de plus sur Dagon et notamment sur la révélation finale, mais je crois en une suite. Oui s’il vous plait. (Dagon, bookboyfriend ? Oui et oui, mais attention, ce n’est pas n’importe qui, à vos risques et périls mesdemoiselles et mesdames). Oh et précision utile : si vous cherchez de la romance, ce n’est pas ce que vous trouverez ici. Des sentiments oui, une histoire torride, non. Quoique la chaleur des enfers pourrait utiliser le mot torride dans son vocabulaire, non ?

Aucun temps mort n’est accordé à notre héroïne et donc aux lecteurs. Si nous prenons le temps d’apprendre le nouveau monde qui devient celui de Cali, ce n’est pas pour autant que nous assistons à des cours magistraux et l’humour ne manquera jamais de venir ponctuer les leçons et découvertes. Humour et humanité se côtoient dans un univers pourtant à tendance démoniaque, mais la sagesse et la bonté des sorcières comme Amelia permettent toujours de rééquilibrer le tout. Et puis, Dagon et sa philosophie de vie, ses cachoteries et ses mensonges viendront pimenter notre histoire, rendant parfois Cali totalement dingue et hors de contrôle. Stan ne manquera pas d’enfoncer le clou quand il le faut et ses menaces sont irrésistibles. Ce personnage nous apparait d’abord comme étant juste méchant, mais il s’avèrera que c’est bien plus compliqué que cela. Aussi, le lecteur sera fasciné par la théorie de la création du monde que nous propose ici Sophie Cole, avec toute son originalité et toujours un peu d’humour. Comment s’ennuyer dans un roman truffé de rebondissements, informations, rencontres, dangers et moments de complicité ? Une mythologie aussi solide que celle de Sophie Cole ne peut que faire succomber le lecteur à l’univers de Moi, Cali, Faucheuse et en réclamer encore. Car, oui, Sophie, votre fin nous met au supplice et nous laisse espérer une jolie suite à l’histoire de Cali que nous apprenons tout simplement à adorer. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, devenons capables de saisir toutes les nuances grises de ce monde et de ce qui le compose. Quant aux Enfers… rien ne me donne envie d’y faire un tour…

enbref

Un univers YA fantastique bien mené et nous découvrons un nouveau monde où sorcellerie et démons se côtoient dans un but plus ou moins similaire. Riche en rencontres et rebondissements, l’intrigue ne connaît pas de temps mort. De plus, l’héroïne, véritable peste, devient vite attachante ainsi que les êtres et créatures qui l’entourent. Une histoire palpitante du côté de la mort et de la vie, mais surtout de toutes les nuances du monde.

MANOTE

17/20

4flamants


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22 réflexions sur “[Chronique] Moi, Cali, Faucheuse de Sophie Cole

  1. Mais c’est qu’il a l’air vraiment cool en fait! x)
    ça fait longtemps que j’ai pas lu de bit-lit et les derniers que j’ai lu m’ont beaucoup frustrés (Cassandra Palmer -> série interrompu en France (merci Milady) et Hush, Hush, où on arrive pas à se remettre que l’histoire puisse se finir… >.<).

    Cette histoire de faucheurs, de morts et d'héroïne au caractère bien trempé me fait un peu penser à Charley Davidson (je crois). ça parle du même univers non? (La mort tout ça…)

    En tous cas, c'est tentant! 🙂

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    • Ah oui Charley Davidson, la saga que je me suis promis de commencer un jour :p
      Et les série non terminées m’en parle pas, je trouve cela horriblement frustrant.
      Dans les histoires de faucheuses/faucheur y a du choix mais là oui c’est humoristique sans être grivois, c’est COOL, tu as trouvé le mot !

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  2. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #69 | BettieRose books

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