[Chronique] Vivre vite de Philippe Besson

philippe-besson-vivre-vite_5501939Publié pour le format poche aux Editions 10/18 – 2016 – 212 pages

resume« Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre. » James Dean

Si célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d’un garçon de l’Indiana, inconsolable et myope, turbulent et d’une beauté irrésistible, qui s’est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.MONAVISV2

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Lady’s blog et vous pouvez retrouver sa chronique en cliquant simplement ici. D’ailleurs je vous invite à faire le tour de son blog aussi. 

James Dean. Qui ne connait pas James Dean ? Un nom, une légende, un personnage, la fureur de vivre. Entré à tout jamais dans la légende grâce à une carrière fulgurante et un décès brutal, mais pourtant inévitable, en pleine gloire. Des biographies sur le beau Jimmy il y en a, mais ici, Philippe Besson ne tombe justement pas dans la biographie, il nous propose un véritable roman chorale faisant intervenir une trentaine de personnages et romance leurs pensées, souvenirs ou anecdotes, des plus intimes aux plus professionnelles concernant le génie d’Hollywood.

« Je pense qu’on ne survit pas à la mort de sa mère. Bien sûr, on continue à respirer de l’air, à grandir, à sourire. Mais c’est mort à l’intérieur. On a quelque chose de mort à l’intérieur »

Vivre vite nous met devant un habile mélange de styles au travers mêmes des différentes personnalités qui « interviennent » pour nous conter Jimmy. Toutes ces voix sont orchestrées d’une manière habile et avec une parfaite maîtrise par un auteur qui s’attache ici à nous présenter le James vivant et insouciant, le James myope et adulé par les femmes, attiré par les hommes, ses colères et coups d’éclats mais aussi son génie, son charisme et sa fureur de vivre. Nous y découvrons d’abord l’enfant dont la mère est morte trop tôt, le jeune qui s’épanouit plus dans l’art que dans le sport, le jeune courageux, celui qui est prêt à tout pour réussir mais aussi pour vivre, quitte à prendre des risques, ce jeune homme colérique parfois ingérable même mais talentueux, vivant et aux comportements parfois suicidaires. Ce jeune homme qui aime les hommes et que les femmes aiment. Ses insomnies, son combat pour briller, ses colères, ses écarts et la vitesse, toujours, la vitesse comme ligne de fond, comme ligne de vie.

« Cette trop grande sensibilité, cet orgueil parfois mal placé, ce n’était rien d’autre que de la fragilité. On n’a rien compris à James Dean si on n’a pas compris sa fragilité. C’était du verre. »

Vivre vite est un livre qui justement se lit vit, très vite, pied au plancher, comme si nous étions à côté de Jimmy dans sa Porsche Spider 550, en 1955, comme si nous avions que peu de temps pour le connaître avant le choc, avant la mort prématurée. Dès le début, nous le savons, nous n’aurons que de trop brèves années pour apprendre à connaître Jimmy mais suffisamment pour nous rendre compte de ses blessures, de ses forces, de son éclat, son charisme, son talent et sa satanée fureur de vivre vite.

L’enfant terrible mais surdoué du cinéma nous est présenté sous sa sphère la plus intime, tel que ses proches et rencontres l’ont vu, connu ou entraperçu. Tel un animal sauvage, il n’est pas aisé d’apprivoiser la fougue du jeune acteur, passionné de vitesse et entièrement consommé par sa passion du jeu, du cinéma. Cet homme destiné à fouler les planches des plus célèbres studios mais à les quitter tôt, très tôt et à mourir en légende. 3 films, 1 star. Une carrière fulgurante qui nous est retracée ici sans jamais plonger dans trop de détails ou dates précises, mais vraiment en nous faisant vivre les choses. Une fin brutale et inévitable. Comme s’il n’aurait jamais pu en être autrement du jeune Jimmy.

James-Dean-la-legende-photographiee

 

enbrefPhilippe Besson signe ici un ouvrage très touchant et différent sur celui qui voulait devenir acteur pour être quelqu’un d’autre. Sur celui qui voulait vivre vite et mourir jeune. Au travers des voix de sa famille, de ses amis, collègues, réalisateurs, amants et maîtresses, l’auteur nous fait succomber encore plus au charme de Jimmy, à jamais dans les légendes. Brillant et émouvant, marquant et fulgurant. Tout simplement fascinant, à l’image même de James Dean.

MANOTE18/20

JD

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17 réflexions sur “[Chronique] Vivre vite de Philippe Besson

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