[Chronique] La lettre oubliée de Nina George

lalettreoubliéePrésente édition publiée chez Points – Format poche – 2015 – 403 pages

resumeIl a toujours un livre en tête pour soulager les maux de l’âme : dans sa « Pharmacie littéraire » installée sur une péniche, le libraire Jean Perdu vend des romans comme on vendrait des remèdes pour vivre mieux. Il sait soigner tout le monde – à l’exception de lui-même.
Cela fait vingt-et-un an, déjà, que Manon, la belle Provençale, s’est éclipsée pendant qu’il dormait en lui laissant pour tout adieu une lettre qu’il n’a jamais osé ouvrir. Mais voilà qu’arrive l’été, un été pas comme les autres qui verra Jean Perdu s’échapper de la rue Montagnard pour s’engager dans un voyage au pays des souvenirs, en plein cœur de la Provence, avant de revenir à la vie.
Une histoire pleine de chaleur, de réflexion et de drôlerie, racontée avec beaucoup de finesse, qui va tout droit au cœur du lecteur.MONAVISV2

J’ai lu ce livre dans le cadre du bookclub de My Pretty Books. J’avoue que je n’en avais pas entendu parler, une sortie à côté de laquelle j’était totalement passée et son édition poche toute récente nous a donc donné l’occasion de nous lancer dans cette lecture tous ensemble. C’est le genre de livre où on se dit qu’on va forcément passer un super moment. Et bien non. Raté totalement. Explications bien sûr ci-dessous.

Mr Perdu est un homme très…perdu. Bon déjà on pourrait contester le choix du nom mais bref. Jean Perdu a eu le coeur brisé il y a une vingtaine d’années et depuis il mène une vie plutôt austère, sans artifices ni sentiments, solitaire et presque reclus. Seuls ses clients de sa Pharmacie Littéraire lui servent de contacts sociaux dirons-nous. Le concept de cette Pharmacie Littéraire est le point de départ du livre et son plus gros point fort. En effet, Jean Perdu n’est pas un libraire comme les autres, il sait écouter les gens et déterminer leurs besoins. Il sait trouver au fond d’eux ce qui leur manque et leur conseiller LE livre qu’ils doivent lire en ce moment. Et cette librairie installée sur une péniche attirer les foules et les touristes. Jean Perdu semble plutôt épanoui dans son métier. Il vit dans un immeuble avec des gens assez…clichés mais très sympathiques. L’arrivée d’une nouvelle voisine va bousculer tout l’univers de Jean Perdu et démolir sa forteresse de solitude. Lorsqu’il trouve en plus une lettre « perdue » écrite par sa chère Manon, l’amour de sa vie qui l’a quitté du jour au lendemain c’est tout son univers et ses certitudes qui partent en éclats. En effet, Jean Perdu n’avais jamais voulu lire cette lettre, trop blessé par le départ de sa bien aimé. Il décide alors de tout quitter, détache sa pharmacie littéraire, embarque, malgré lui, l’auteur paranoïaque et en panne d’écriture qui vit dans son immeuble, les 2 chats de la péniche et ensemble ils décident de voguer et de s’oublier. Mais le but de Jean Perdu est de retrouver Manon, de voyager le long de ses souvenirs, de remonter le temps, de pardonner et se pardonner. Au cours de leur route, les deux hommes vont rencontrer d’autres personnages sympathiques qui vont alors les aider dans ce périple à destination de la Provence…

Si le début du livre est d’abord captivant, ce sentiment est vite terni. A partir du moment où la péniche quitte le quai et où le concept de pharmacie littéraire se ternit le livre devient d’un ennui profond et enchaine les lenteurs, les détails inutiles. Les rencontres nous permettent d’espérer du renouveau mais malheureusement chaque personnage est plus cliché que le précédent. Tout est cliché : les rencontres, les facilités à troquer, s’intégrer, se débrouiller. Tout sonne faux, tout est ennuyeux. Le voyage ne semble pas vraiment avoir de sens et la fameuse lettre perdue va vite passer aux oubliettes. Alors qu’elle devrait être le fil conducteur du récit elle se retrouve vite anodine. Certains moments du périples sont entrecoupés de pages du journal de Manon mais ces passages sont bien trop rares pour apporter un plus au roman et y donner de la profondeur. Le livre devient alors vite pénible à lire, on tourne les pages avec lassitude en se disant que ça va bien re-décoller quelque part…et bien non.

La plume n’est pas désagréable même si elle tombe trop facilement dans le cliché (je sais j’ai beaucoup utilisé ce mot), la facilité et les discours trop scriptés. En revanche elle sait nous décrire les paysage de Provence avec un amour sans faille et on sent la beauté des mots qui veulent rendre hommage à la beauté des lieux. Mais ce n’est certainement pas suffisant pour faire de ce roman un livre intéressant, captivant. Les personnages sont sympathiques mais vu qu’ils tombent vite dans des stéréotypes comportementaux agaçants on finit par ne plus vraiment les apprécier et à se détacher d’eux. Alors que l’intrigue de départ était pleine de promesses on sombre vite dans l’ennui et la platitude, dans un voyage sans émotions réelles. Certes il y a des moments drôles mais ils ne sont pas suffisant pour donner un rythme intéressant à l’ensemble de l’histoire qu’on finit par se contraindre à lire juste pour connaître le dénouement final qui est on ne peut plus mielleux et encore une fois sans grande originalité, préférant de nouveau la facilité.

enbref

Un roman qui part d’une lettre oubliée pour finalement n’en faire que peu cas. Une aventure humaine prometteuse mais bourrée de clichés et très vite on passe de l’excitation des débuts avec la découverte de la pharmacie littéraire à l’ennui dès que la péniche quitte son quai. Des personnages auxquels on pourrait s’attacher s’ils sonnaient plus « vrai » et un réel manque d’émotions dans cette lecture qu’il est même pénible d’achever. Trop de longueurs perdent le lecteur en route.

MANOTE

11/20

16 réflexions sur “[Chronique] La lettre oubliée de Nina George

    • Non, peut être pas une erreur. Y’a beaucoup d’avis négatifs certes mais y’a aussi des gens qui ont aimé. Et il a cartonné en Allemagne…Qui sait tu feras peut être partie des gens qui aiment. Au pire tu te diras « arf si j’avais su… » Rien de grave donc :p

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  1. J’ai eu exactement le même ressenti, ça partait très bien, je me suis emmitouflée dans mon plaid, ravie et bim ! La péniche part… Et c’est le drame ! Quel ennui… ça reste un bien mauvais souvenir, j’aurais du l’abandonner en cours de route mais je gardais l’espoir que quelque chose allait se passer, mais non hélas ^^

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    • Mon vilain blog te met en indésirable non mais ooooohhhh.
      Oué voilà c’est exactement cela, quel ennui. Moi aussi j’aurais du abandonner mais vu que c’est quelque chose que je fais rarement…Faut vraiment une giga déception pour que je laisse tomber et là le début était chouette…

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