[Chronique] Serre-moi fort de Claire Favan

Serre-moi fort Claire Favan

Publié aux éditions Robert Laffont – Collection La Bête Noire – 11 février 2016 – 368 pages

Lu grâce à Netgalley et La Bête Noire, merci à eux.

resume

Méfiez-vous de qui vous tend les bras…  » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…MONAVISV2

Je crois l’avoir déjà dit ici ou sur les réseaux sociaux mais ayant été conquise par les trois premières parutions de La Bête Noire chez Robert Laffont, je suis de près leurs actualités. Alors à chaque nouveau titre je n’ai qu’une envie : le découvrir. Parce que La Bête Noire sélectionne des titres de qualité et que pour moi c’est un critère important. Parce que j’ai lu 5 livres maintenant de La Bête Noire (Tu tueras le Père, Les Fauves, Tout le monde te haïra, Coeur de Lapin et donc Serre-moi fort) et qu’aucun ne m’a déçu. Ils ont tous quelque chose en eux qui fait qu’on retient ces livres. Serre-moi fort est ce genre de roman sombre, noir violent qui vous met une claque mémorable, croyez moi.

Le livre est divisé en plusieurs époques et deux personnages. La première, celle du jeune lycéen Nick qui vit dans une famille brisée par la disparition de sa grande soeur, Lana. Les parent de Nick ne juraient que par Lana et sa disparition ne va rien arranger. Nick va devenir totalement transparent aux yeux de ses parents. Sa mère sombre dans une dépression sévère, son père dans l’alcoolisme. Leur vie reprend un léger sens quand ils deviennent obsédés par la quête de vérité. Ils veulent savoir ce qu’est devenue leur fille et s’associent à d’autres familles qui sont dans le même cas. Nick ne compte plus. Nick veut vite partir d’ici et construire son avenir.

Puis nous sommes au près de Adam Gibson, lieutenant qui enquête sur un charnier découvert dans une grotte qui comporte 24 victimes. 24 femmes à qui il va devoir rendre leur identité. Et la pièce centrale de la mise en scène, piste périlleuse, dangereuse. Adam est brisé par le drame familial qu’il vient de vivre, par la rupture que ce drame a engendré. Obsédé par son travail, ce dernier est son seul moyen de fuite. Mais Adam va connaître une épreuve horrible qui va l’entraîner dans les griffes du plus impitoyable des tueurs, celui qu’il traquait sans jamais le trouver. Un duel psychologique commence…

Ce livre est profondément sombre. Les personnages ne sont pas particulièrement sympathiques, ce ne sont pas des anges. Chacun a des choses à se reprocher. Chacun a dérapé à sa façon. Chacun est brisé à sa manière, portant le fardeau d’un sort qu’ils n’estiment pas avoir mérité. Le duel psychologique qui se met en place entre Adam et le tueur en série est effroyable. Sombre, effrayant, glaçant. Nous y assistons en étant impuissant. C’est violent et réaliste à la fois. Oppressant et captivant. La plume est, à l’image du roman, sombre mais ensorcelante. La beauté et la dureté des mots se mêlent pour peindre des tableaux psychologiques profonds : celui d’un jeune homme en quête d’identité et d’amour de ses parents, celui d’un couple totalement obsédé par la disparition de leur fille, celui d’un excellent flic à la dérive sur le plan personnel et familial. L’auteure ne fait rien pour nous rendre ses personnages attachants, à l’exception d’Adam pour qui on ressent une certaine empathie dans certains drames. On le sent être le jouet du tueur et c’est terrible de constater qu’il est impuissant. Pourtant, Adam est courageux et déterminé. Son affaire est omniprésente dans sa vie.

C’est un livre qui vous met mal à l’aise. Mais c’est un roman qui vous tient en haleine du début à la fin et vous ne pouvez pas lâcher ce livre sans en connaître le dénouement final. Claire Favan part d’une histoire « banale » de disparition pour nous apporter d’un seul coup sans que nous puissions le voir venir un revirement d’une rare intensité, d’une violence subjuguante. Et alors commence le duel, commence un affrontement qui se veut rude et sombre d’un point de vue psychologique. Il faut bien comprendre que cette auteure a une plume d’une finesse incroyable car jamais elle ne fait dans le gore mais toujours dans un registre de violence psychologique inouïe. C’est bluffant. Elle instille les émotions des personnages en nous, les terreurs, leur inertie, leur rage, leur violence, leur peine. Nous passons par des états émotionnels variés et intense. Et quand elle nous délivre c’est avec encore plus de violence, plus de malaise. La fin est juste…Non je n’en dis pas plus, lisez-le et vous comprendrez.

enbref

Un roman sombre à la violence psychologique perverse qui vous plonge dans un univers jamais glauque mais parfaitement maitrisé. La tension psychologique monte crescendo et nous sombrons dans la noirceur de l’âme, dans l’affrontement entre deux hommes, le tueur et le policier. Loin des clichés du genre, ce roman est une pépite à découvrir de toute urgence et dont vous ne ressortez pas indemnes.

MANOTE

19/20

31 réflexions sur “[Chronique] Serre-moi fort de Claire Favan

  1. Rhhooo comme ça donne envie !! Un roman pile comme je les aime.
    Je crois bien que je ne vais pas attendre longtemps avant de me le procurer.

    merci pour cette chronique.

    J'aime

  2. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #31 | BettieRose books

  3. je l’ai acheté hier à l’aéroport… j’ai adoré la 4ème de couverture et la couverture direct j’étais hypnotisée, il me le fallait ! J’aime beaucoup ce que tu en as ressorti « Le duel psychologique qui se met en place est effroyable », du coup ça me donne envie de laisser tomber ce que je suis entrain de lire pour me jeter dessus ! Mais je serais forte ^^

    J'aime

  4. Pingback: [Bilan mensuel] Février 2016 | BettieRose books

  5. Pingback: Prix littéraire des Chroniqueurs Web : la sélection des livres | BettieRose books

Un petit mot ? Une réaction ? Une émotion à partager ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s