[Chronique] Dumplin’ de Julie Murphy

dumplin'Publié, pour la version originale, chez Balzer+Bray – 2015 – 384 pages

La version française de ce livre est prévue pour mars chez Michel Lafon, un peu de patience donc si vous ne lisez pas en V.O.

resumeDubbed “Dumplin’” by her former beauty queen mom, Willowdean has always been at home in her own skin. Her thoughts on having the ultimate bikini body? Put a bikini on your body. With her all-American-beauty best friend, Ellen, by her side, things have always worked . . . until Will takes a job at Harpy’s, the local fast-food joint. There she meets Private School Bo, a hot former jock. Will isn’t surprised to find herself attracted to Bo. But she is surprised when he seems to like her back.
Instead of finding new heights of self-assurance in her relationship with Bo, Will starts to doubt herself. So she sets out to take back her confidence by doing the most horrifying thing she can imagine: entering the Miss Teen Blue Bonnet Pageant—along with several other unlikely candidates—to show the world that she deserves to be up there as much as any twiggy girl does. Along the way, she’ll shock the hell out of Clover City—and maybe herself most of all.

MONAVISV2

Commençons par un résumé en français du contenu de ce livre :

Willowdean, auto-proclamée « grosse » a toujours été surnommée « Dumplin' » (traduisez boule de pâte) par sa propre mère, ex reine de beauté. Mais cela ne l’a jamais empêché de se sentir bien dans sa peau. Sa conception du corps idéal pour porter un bikini ? Porter un bikini. Avec son amie Ellen, véritable reine de beauté américaine typique, les choses ont toujours bien été comme ça…jusqu’au jour où Willowdean rencontre à son travail dans un fast food, un élève de l’école privée locale, Bo. Un élève terriblement séduisant et sexy. Elle n’est donc pas surprise de ressentir une certaine attirance pour lui…en revanche, elle ne s’attendait pas à ce que cela puiss être réciproque. Au lieu de gagner confiance en elle et en son corps grâce à sa nouvelle relation avec Bo, Will va commencer à douter. C’est ainsi qu’elle décide de faire la pire chose qui soit dans ce cas, mais qui, elle en est certaine peut l’aider à retrouver confiance : s’inscrire au concours de beauté local annuel, Miss Blue Bonnet Pageant. Rejointe par d’autres candidates inattendues à ce genre de concours, elle veut montrer au monde qu’elle a tout autant le droit d’être là que les « brindilles » habituelles. Durant son parcours, elle va surprendre sa ville en bouleversant la vision de chacun sur les autres, à commencer peut être par elle même….(bon j’espère que vous comprenez ma traduction, suis pas bilingue)dumplin_julie-murphy_featured

C’est donc un livre qui aborde le sujet de l’obésité ou du surpoids, de la confiance en soi. Sujet délicat, particulièrement à l’âge adolescent où il est particulièrement difficile de se sentir bien dans son corps, surtout si on le compare à celui des copines qu’on juge « parfaites ». Willowdean est une jeune femme qui assume son corps et ses rondeurs. Il y a quelques mois, elle a perdu la femme la plus importante de sa vie, sa tante Lucy, femme obèse et à l’hygiène de vie douteuse, grande fan de Dolly Parton. D’ailleurs, le roman sera ponctuée par l’écoute de cette artiste que Will adore par dessus tout…En rencontrant Bo, Willowdean découvre l’amour, son premier baiser, ses premiers émois. Mais dès qu’il pose la main sur elle, elle est terrifiée. Terrifiée par son corps qu’elle juste gros, difforme. Alors que cette relation devrait renforcer la confiance qu’elle a en son corps, c’est tout le contraire qui se produit…Will fuit, Will ne sait plus s’assumer et perd tous ses repères. C’est ainsi qu’elle décide de participer au concours. Mais le chemin sera loin d’être facile.

Les personnages de ce livre sont attachants. A commencer par notre héroïne. Je suis en surpoids depuis l’enfance. Ca a toujours été ainsi. Je n’ai jamais assumé mon corps à l’adolescence contrairement à Will mais toutefois je me suis totalement retrouvée en elle : le regard des autres est cruel, assassin. Et même si vous, vous acceptez votre corps eux vous définiront toujours par le mot « gros » ou autres du genre. Et quand on découvre les premiers amours, la peur est présente : peur que l’autre finalement n’aime pas notre corps. Qu’en le découvrant il en soit dégoutté. Et peur du regard des autres encore et toujours : comment un garçon aussi sexy et mignon que Bo pourrait vouloir d’elle ? Dans la rue les gens vont forcément se poser la question de ce couple « atypique » ? Rien qu’à cause de son corps, elle ne le mérite pas. Voilà où vont les réflexions de la jeune femme, totalement perdue dans cette nouvelle aventure. Bo est un garçon très sympathique même s’il n’est pas parfait. Il devra prouver à Willowdean ce qu’il attend d’elle et devra jouer franc jeu également sur qui il est. Ellen est un peu plus compliquée, une adolescente un peu plus « cliché » qui veut se fondre dans la masse des gens populaires, ce qui la conduit à devenir amie avec l’insupportable Callie, parfaite petite américaine qui se moque des autres. Nous aurons aussi les « bullies » ou harceleurs et les touchantes autres concurrentes qui n’entrent pas dans les standards des concours, chacune se battant contre quelque chose de difficile à assumer aux yeux des autres.

Nous saisissons aussi le thème douloureux du deuil qu’elle a à faire de sa tante Lucy qui lui apportait beaucoup de confort, de stabilité. Les relations avec sa mère sont plus compliquées et Will pense même que sa propre mère a honte d’elle. Avec sa meilleure amie cela n’a jamais été un soucis…mais quand cette dernière démarre sa vie sexuelle, Will se sent en retrait, à part. Jalouse et à la fois heureuse pour son amie, les jeunes femmes grandissent peut être à part. Pour Willowdean c’est un âge difficile et encore plus dans son rapport à son corps. C’est donc un roman qui saisit la complexité de l’adolescence et de l’acception de son corps, de ses différences. Car Willowdean ne sera pas la seule dans ce combat. Elle ne sera pas la seule candidate sortant des clichés ordinaires des reines de beauté. Son combat sera celui d’autres jeunes filles et ensemble elle peuvent réussir à prouver que la beauté ne se résume pas à la minceur et de sublimes dentitions, cheveux blonds et yeux pétillants.

Il est donc largement question de « body confidence » mais ne vous attendez pas pour autant à un livre qui vous donne les clés pour vous accepter. Ce n’est pas la question. Il s’agit de la vie de Will, de ses réflexions, ses complexes, ses avancées, ses rencontres déterminantes, ses premiers amours. Ce n’est pas non plus l’histoire d’une jeune femme qui décide de « se prendre en main » et de perdre du poids pour rentrer dans les standards de la mode. Ce n’est pas livre moral sur les problèmes de compulsion alimentaire ou autres choses du genre. Non, il est question d’amitié, de confiance en soi, d’acceptation de soi. C’est une jolie histoire, touchante, réaliste et qui ne manque pas de rythme ni d’humour. L’écriture est super agréable, le niveau d’anglais est largement accessible et nous passons un super moment dans cette petite ville paumée où seul le concours de beauté vient donner un peu d’animation…

A aucun moment le poids de Will ne sera mentionné dans le livre mais l’auteure a une réponse à cela, réponse que j’ai trouvé particulièrement saisissante de vérité  » I received an email asking me why I don’t blatantly state the size/weight of the main character in DUMPLIN’. My answer was simple. It is not up to me to define fat. When writing DUMPLIN’, my goal was for anyone who identifies as fat (or even just different in any kind of way!) to read about Willowdean and decide they connect with her on a mental/emotional level first and foremost. I have no interest in deciding what is just the right amount of fat or what is too fat. Is it a size 14? 22? 30? Willowdean isn’t shy about her body being fat (Hell! Neither am I!), and I think there are total benefits to a book saying Character X is Size X. Maybe I’ll write a book like that some day! But DUMPLIN’ is not that book » SOURCE

enbrefUn livre dans lequel toutes les femmes jugées ou auto-proclamées rondes ou grosses se reconnaîtront. Le combat d’une jeune femme pour résister à ses doutes quand elle découvre que quelqu’un peut être attiré par elle et vouloir l’aimer. Son entrée dans le concours de beauté va bouleverser la ville et les autres jeunes femmes du coin, les aidant à accepter qui elles sont. Une jolie histoire d’acceptation de soi, du respect des différences et du regard des autres. Un roman qui vous entraîne au cœur du Texas, d’un concours de beauté et d’une belle histoire d’amitié et d’amour, le tout sur des chansons de Dolly Parton.

MANOTE18/20


Je termine cette chronique par quelques citations, en version originale, et enfin, par LA chanson du livre, LA chanson de Willowdean.CITATIONS

  • « The word fat makes people uncomfortable. But when you see me, the first thing you notice is my body. And my body is fat. It’s like how I notice some girls have big boobs or shinny hair or knobby knees. Those things are okay to say. But the word fat, the one that describes me, makes lips frown and cheeks lose their color. But that’s me. I’m fat. It’s not a cuss word. It’s not an insult. At least it’s not when I say it. So I always figure why not get it out of the way ? »

 

  •  » « -Who the hell was that twiggy bitch ? » As soon as it’s out of my mouth I regret it. All my life I’ve had a body worth commenting on and if living in my skin had thaught me anything it’s that if it’s not your body, it’s not yours to comment on. Fat. Skinny. Short. Tall. It doesn’t matter. »

 

  •  » « -Wait. What’s my strength? » I ask. She smiles. « Your confidence, of course ». I zone out completely. How can she see something I can’t feel ? And what’s the point in acting confident if I’m not ? I never thought I cared about what  I saw in the mirror. But Bo ruined that. It’s supposed to be easier to like yourself when someone else likes you.

But that can’t be true. No matter how much I tell myself that the fat and the stretch marks don’t                 matter, they do. Even if Bo, for whatever reason, doesn’t care, I do. « 

willowdeanquote

GO BIG OR GO HOME

 

30 réflexions sur “[Chronique] Dumplin’ de Julie Murphy

  1. Je l’ai déjà repéré et il me fait carrément envie, d’autant plus après avoir lu ton avis ! Alors maintenant, je vais attendre sagement qu’il sorte en français lol

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  2. Voilà un livre que j’attends avec beaucoup d’impatience! Il a l’air génial et j’ai été touchée par la citation de l’auteur que tu as reprise sur le fait que ce ne soit pas à elle de définir la grosseur. Ca semble vraiment être un livre porteur d’un beau message.

    Aimé par 1 personne

    • Oui elle a écrit ce livre dans un super état d’esprit. Elle même semble avoir toujours vécu dans ce genre de situation. Mais je pense qu’une fille jugée « trop maigre » par la société peut aussi se retrouver dans ce roman. Car la question de normalité y est posée….

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  3. Ça me fait un peu penser à la série My Mad Fat Diary (qui est vachement bien d’ailleurs) (sauf que l’héroïne ne s’accepte pas bien avant que le «problème» du petit copain ne se pose). Je trouve ça bien que des livres / films / séries commencent à s’intéresser vraiment à ce genre de sujet.

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