[Chronique] Chroniques saignantes d’une enseignante de Karine Degunst

chroniques saignantes« 50 nuances de craie »

Publié aux Editions La Boite à Pandore – collection Témoignage et Document – 2015 – 187 pages

Merci à La Boîte à Pandore pour ce Service presse

resume« Chroniques saignante d’une enseignante ou 50 nuances de craies  » est un livre qui croque le métier d’enseignant et le statut d’élève de la maternelle au collège. L’auteur dissèque ses débuts dans l’Education Nationale, sans langue de bois, avec un humour féroce. Elle analyse sa pratique, relate les réactions de ses élèves et autopsie, à travers ses chroniques notre époque.

Fous rires garantis !

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Chroniques saignantes d’une enseignantes, 50 nuances de craie est un livre qui va vous faire passer un sacré bon moment. L’auteure, enseignante a décidé de nous raconter ses aventures professionnelle au travers de son expérience, au travers le portrait d’élèves. Avec une plume bourrée d’humour, de sarcasme, d’autodérision mais aussi d’un minimum d’amour pour son métier elle nous croque le quotidien d’une enseignante du 9-3. La première partie du livre s’intéresse ainsi à son expérience en collège, dans une classe SEGPA, la seconde quant à elle s’intéresse à sa seconde expérience : la maternelle. Au travers des portraits de ses élèves elle va nous faire mourir de rire avec ses anecdotes croustillantes. Parfois langue de vipère, et elle s’en excuse, nous ne pouvons pourtant qu’approuver son style, véritable défouloir, thérapie anti-déprime de ce métier mal jugé, mal payé et éreintant. Elle a fait le choix de l’humour pour parler de conditions difficiles et d’un métier parfois pénible et mal jugé, et elle a bien fait car nous, on passe un moment de détente et de rires (et on se dit « Pauvre France » aussi mais ça…).

Elle va également casser bon nombre de clichés du métier (les vacances, le peu d’heures de travail etc). Elle n’hésitera pas à faire des « cas » de ces élèves qui deviennent de vraies illustrations de son quotidien. Au lieu de nous raconter ses journées de manière banale, l’auteure s’arrange pour nous faire rentrer dans sa classe et nous avons l’impression d’assister aux joutes verbales des élèves, aux réponses dénuées de sens, aux gaffes ou aux mots mignons des petits quand il s’agit de maternelle. Mais au delà de l’humour et des critiques acerbes, au delà de ce défouloir thérapeutique pour ne pas craquer, elle parvient à nous transmettre la passion, l’amour d’un métier pourtant bien difficile, confronté aux dures réalités du quotidien, des élèves pas faciles à gérer et des caprices de l’Education Nationale.

Mais ce livre est aussi une photographie de notre société actuelle. J’ai particulièrement aimé la comparaison Génération années 80 vs Génération PussyCatDoll/Kanye West qui décrypte une différence générationnelle qui parlera parfaitement aux enfants des années 80…Enorme fou rire aussi au moment elle doit rédiger le bulletin scolaire et nous présente ce qu’elle aurait aimé écrire versus ce qu’elle a écrit réellement. Au fond, on sent que notre enseignante aime son métier, et ce, malgré ses difficultés et les conditions de travail et qu’elle s’attache à chaque élève. A des degrés différents…

Quand on lui demande pourquoi passer du collège à la maternelle ? Là aussi réponse hilarante  « j’ai eu envie de calme relatif et de « T’es belle maîtresse » à la place de « Je vais niquer la prof avant la fin de l’année »[…] Qui de mieux que ces gentils petits lardons de maternelle pouvaient effacer l’ardoise émotionnelle conséquente que m’avait laissé le souvenir de la SEGPA » . Car oui, même si notre prof a choisi l’humour, il n’en reste pas moins que le quotidien d’un enseignant de SEGPA, dans le 9-3 n’est pas tout rose. Son passage en maternelle devait donc lui permettre de reprendre son souffle…mais la description d’une journée type en maternelle reflète à quel point ce travail est difficile…et quand notre charmante maîtresse d’école se retrouve à devoir gérer un enfant hyperactif tout en souriant et en restant diplomate envers les parents nous sentons tout son malaise et le sang froid dont elle doit disposer. Alors oui, un enseignant a soit disant beaucoup de vacances…mais c’est bien mérité non avec tout ce que les charmantes têtes blondes leur font subir à longueur de journée non ?

enbref

Un livre « hilarant « qui croque le métier d’enseignant à travers les chroniques d’une femme du métier qui utilise l’écriture comme défouloir et thérapie anti-craquage. Derrière l’humour et le sarcasme nous découvrons aussi les réalités du métier, au collège dans une section SEGPA puis dans une maternelle où l’enseignante pensait trouver un peu de calme…La fin du livre nous laisse sur un suspens au sujet de la carrière de l’auteure mais je lui souhaite tout le meilleur, qui sait peut-être est-elle « passée du Coca light ? ^^ »

Un livre à offrir à tous les enseignants que vous connaissez…ou aux futurs enseignants, au moins ils seront prévenus !

MANOTE17/20


CITATIONS

« Le SEGPA est une initiation, soit tu passes l’année, soit tu plies et tu démissionnes, c’est arrivé à nombre de mes collègues »

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« Vu et entendu salle 202 – 10h30

-Qui peut me citer des peintres célèbres ?

-Ouais, y en a un là, il fait une meuf avec une tronche chelou, elle rigole un peu et se prend pour une sainte, jcrois que celui qui l’a photographiée – sic – c’est pi…euh, c’est…Ah ouais, c’est Pikachu ! »

———-

« Plus c’est petit, plus c’est esquintant, plus c’est mini, plus c’est vampirisant, je vous le dis »

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(NB : SEGPA veut dire « Section d’Enseignement général et professionnel adapté ». L’auteure nous précise en introduction ce en quoi cela consiste réellement ) :

« Bref, en gros ce sont des classes de collèges où l’on met les élèves qui sont faibles, avec lesquels il faut reprendre les bases en lecture, écriture, mathématiques, enfin un peu en tout, en plus des matières générales. On y met aussi les élèves très perturbateurs, les non fancophones, les laissés pour compte etc. Ca donne des classes très anxiogènes, euh hétérogènes, pardon. »

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8 réflexions sur “[Chronique] Chroniques saignantes d’une enseignante de Karine Degunst

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