[Chronique] Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes et de Loretta Nyhan

9782266256339Paru aux Editions Pocket – juin 2015 – 416 pages / Précédente édition brochée Belfond 396 pages

resumeEntre Iowa et Massachusetts de 1943 à 1946. Depuis que son mari a été appelé à rejoindre les forces alliées pour combattre en Europe, Glory Whitehall s’ennuie. Laissée seule avec son fils de 3 ans, enceinte jusqu’aux yeux, la jeune femme cherche une occupation pour tromper la solitude. Un beau matin, Rita Vincenzo reçoit la lettre d’une inconnue du Massachussetts…

Entre Glory, jeunette impulsive, et Rita, femme de poigne au grand cœur, se tisse une amitié au fil de la plume. Une correspondance entre deux femmes séparées par des centaines de kilomètres, accidentellement rapprochées par l’absence de leurs époux, partis sur le front.

Étayée d’instants complices, de joies, de peines, de drames, cette correspondance offre à chacune des deux femmes un moment de réconfort unique dans un monde bouleversé par les échos de la guerre qui menacent de saper leur courage. Comment vivre dans un monde sans hommes ? Comment égayer le quotidien lorsque tout est rationné ? À qui confier le mal-être, la souffrance de celles qui attendent, impuissantes et fébriles des nouvelles des époux, des fils qu’elles ont vus partir de l’autre côté de l’océan ? Trois ans de correspondance, autant de partage de recettes, de conseils de jardinage, de confidences inavouées… pour l’une des plus belles histoires d’amitié jamais écrites.MONAVISV2

IMG_6200Voici un livre dont je voulais vous parler depuis un bon moment. Le livre qui vous fait du bien et que vous gardez au fond de votre cœur pour les jours difficiles. J’ai choisi ce livre pour 3 raisons : je pratique la correspondance postale internationale (même si ces derniers temps j’ai du mettre en pause) depuis mon adolescence et des amitiés formidables en naissent; l’époque dont parle ce roman m’intéresse beaucoup ; je voulais lire un véritable roman épistolaire. Et je vais même vous donner une quatrième raison : les deux auteurs ne s’étaient jamais rencontrées avant la publication du roman, si ce n’est pas internet…leur amitié est née du monde virtuel (via le blog de Loretta si mes souvenirs sont bons) et avec cet ouvrage elles nous prouvent qu’il y a bien des façons de faire naître des amitiés, bravo à elles pour avoir réussi à écrire un aussi beau livre par ordinateurs interposés.

Nous sommes donc aux Etats-Unis pendant les années difficiles de la Seconde Guerre mondiale. Les maris partis au front, les femmes assument leur quotidien dans la solitude et l’incertitude d’un retour de leur maris, fils, frères partis au combat. C’est alors que certaines ont l’idée d’un « club » de correspondance, chacun se voyant attribuer par tirage au sort une correspondante, quelque part aux U.S.A. C’est ainsi que Glory et Rita vont être amenées à s’écrire, au départ très timidement, sans se douter de l’amitié merveilleuse qui les attend.

Glory s’ennuie et peine à gérer son quotidien entre son enfant de 3 ans et sa grossesse. Elle souffre vraiment de la solitude et c’est ainsi qu’elle se décide à écrire à Rita qui vit bien loin de chez elle. Rita est elle aussi seule chez elle, son mari et son fils sont partis au front eux aussi. Ces deux femmes partagent l’angoisse, l’incertitude du retour de l’être aimé, les restrictions de la guerre et la solitude. D’abord timides, pudiques, leurs échanges vont se faire de plus en plus intimes à mesure que la confiance se gagne et que l’amitié se développe. Entre conseils de jardinage et vie pratique, recettes de cuisine pour les temps difficiles et anecdotes du voisinage, ces femmes vont finalement se livrer et s’avouer des choses intimes, des pensées qu’elles regrettent…L’amitié qui naît entre elle est sublime, chacune mettant son coeur dans ses lettres, un peu d’elle et beaucoup de soutien, d’amour, d’espoir, de lumière. Peu à peu les lettres deviennent ce qui rythme le quotidien de ces femmes qui redoutent tant le funeste télégramme…Glory et Rita sont différentes, n’ont pas le même âge mais se comprennent et se complètent à merveille, chacune apportant à l’autre sa fraîcheur ou son expérience.

Et nous en tant que lecteur, nous plongeons dans cette si jolie amitié, dans le quotidien de ces femmes bercées de solitude mais dont chaque lettre réchauffe leur coeur. Il y a de l’émotion, des peines, des joies, et nous prenons plaisir à voir cette amitié prendre de l’importance, la pudeur des premiers échanges s’envoler pour rendre nos deux femmes intimes et véritables amies. Elles vont échanger sur leurs doutes, leurs peurs, leurs erreurs et les choix qu’elles auront à faire. Toutes deux vont passer par des phases difficiles mais pourront compter l’une sur l’autre et ce malgré la distance…Nous sourions en les voyant échanger leurs conseils de jardinage ou leurs recettes de cuisine et plongeons sans difficulté dans leur quotidien.

C’est un roman formidable et lumineux sur l’amitié. De l’espoir pour les temps durs. Les deux auteurs nous prouvent ici qu’il y a bien des façons de faire naître une amitié et que c’est quelque chose de précieux. La fin de l’histoire est sublime et nous arrache une larme. Ces deux femmes sont touchantes et attachantes, chacune à leur façon. Les deux plumes des deux auteures se mêlent parfaitement, en totale harmonie, reflétant parfaitement la personnalité de chaque femme, pour nous donner un récit qu’on dévore avec plaisir.

enbref

Un roman épistolaire touchant, plein d’espoir et de lumière pour les temps difficiles. Une histoire d’amitié à la sincérité pure, une relation plus forte que tout et ce malgré la distance. Des femmes qui apprennent à se connaître, à se soutenir. Deux plumes qui se mêlent avec douceur et élégance pour réchauffer notre cœur.

MANOTE

17/20

feelgood

Edit du 08 octobre : c’est encore plus feel good quand on lit dans de bonnes conditions et en bonne compagnie !

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29 réflexions sur “[Chronique] Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes et de Loretta Nyhan

  1. Ma meilleure amie vit au Japon, je l’ai connu sur internet, on ne s’est pas encore rencontré IRL, c’est encore différent mais ce sujet me touche beaucoup !
    C’est très important pour moi l’amitié, et ce livre me tente beaucoup, merci pour la découverte !

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  2. Une lecture qui faut bien envie même si le style épistolaire c’est pas vraiment mon truc.
    Je le garde pour la prochaine fois où j’aurai besoin de soleil dans ma vie
    Merci

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  3. Et les « temps difficiles », ce n’est pas ce qui manque…
    J’avoue, le côté épistolaire ne m’attire pas des masses – même si je n’ai aucun doute sur la possibilité de construire une amitié « à distance » 🙂 – mais un peu de bonheur en pages, après tout, pourquoi pas..?

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  4. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #13 | BettieRose books

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