[Chronique] Babayaga de Toby Barlow

9782246811015-001-XParu aux Editions Grasset – 464 pages

Livre lu grâce à Netgalley et aux éditions Grasset

resumeParis, 1959. Un homme est retrouvé empalé sur la grille d’un jardin public. La Ville Lumière plonge dans les ombres, envoûtée par les babayagas, sorcières venues du fond des siècles et des steppes russes. L’inspecteur Vidot enquête. Mais qui se frotte aux babayagas s’y pique, et voici bientôt notre Colombo des faubourgs transformé d’un coup de baguette magique… en puce, contraint de poursuivre sa diabolique et charmante ennemie en sautant de chien en rat. Son chemin croisera celui du naïf Will Van Wyck, jeune publicitaire américain expatrié travaillant à son insu pour la CIA et empêtré dans un imbroglio dont seule l’ensorcelante Zoya semble pouvoir le sortir – à moins qu’il ne soit sa prochaine proie…
Après une entrée fracassante en littérature avec une épopée en vers libres sur des meutes rivales de loups-garous à Los Angeles (Crocs), Toby Barlow détourne cette fois le roman d’espionnage et les contes folkloriques. Fable délirante menée tambour battant, entre Kafka etRatatouille, Boulgakov et La Panthère rose, Babayaga est aussi un grand roman sur les pouvoirs surnaturels de l’amour et, à sa manière retorse, un grand roman féministe.

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Un homme est retrouvé mort dans une situation difficile à expliquer. L’inspecteur Vidot en charge de l’enquête remarque un détail qui le mènera tout droit chez Elga. Ce qu’il ignore c’est qu’Elga est une sorcière, une Babayaga. Elle n’est pas l’auteur du meurtre mais sa compagne de sorcellerie, Zoya a mené, malgré elle, l’inspecteur sur cette piste. Le défaut de Zoya ce sont les hommes. Elle est belle et séduisante même si elle est pourtant très vieille et quand les hommes commencent à se poser des questions sur sa beauté parfaite et son éternelle jeunesse, elle s’en débarasse…Elga, en colère va alors transformer Vidot et son coéquipier en puces…S’ensuite une folle aventure, rocambolesque et loufoque qui part dans tous les sens sans jamais laisser de temps mort. Sur son chemin, Vidot va croiser le naïf publicitaire américain, Will, qui travaille, à son insue pour la CIA et qui non seulement se retrouve mêlé à une histoire à laquelle il ne comprend rien mais s’avère être la prochaine proie de Zoya.

Vous l’aurez compris, ici, on est en plein mélange des genres et pas qu’un peu. Le roman d’espionnage rencontre le folklore russe et la sorcellerie, tout en utilisant une plume assez féministe, des personnages naïfs ou cruels, le tout nous forme une fable délirante employant à tour de bras le sarcasme et l’humour. Les Américains, de la CIA, infiltrés pour de l’espionnage dans le Paris élégant des années 50 donnent un ton sympathique au roman même s’il est parfois un peu difficile de comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire et la responsabilité de chacun. Il est aussi question d’amour vu que Zoya va croiser l’innocent Will et en faire sa prochaine proie mais qui sait…

En parlant des sorcières, Babayagas, elles semblent chacune avoir un animal totem, ainsi nous verrons Elga sniffer de la poudre de peau de serpent ou Zoya fumer des boulettes de chouette…ah quand le folkore slave se mèle à l’histoire cela nous donne des résultats surprenants. Les personnages d’Elga et Zoya sont suffisamment approfondis pour qu’on en saisisse le caractère et l’histoire. Les autres personnages du roman sont un peu laissés de côté, à l’exception de Vidot et Will dont nous verrons aussi le quotidien. Le rat Max est un personnage plutôt présent également avec une histoire disons très particulière.

En faisant quelques petites recherches sur l’origine des « Baba yagas », il s’avère qu’elles sont une figure marquante du conte russe, particulièrement slave. Elles pourraient aussi être dénommées femmes serpents et leurs origines mythologiques sont bien plus effroyables que dans le livre de Toby Barlow, merci. Autre anecdote, il semblerait que l’auteur, à l’image du personnage de Will, soit lui aussi un publicitaire originaire de Detroit…

Ce roman est plein de rythme et surtout nous fait rencontrer plusieurs personnages pour alterner sans cesse les points de vue sur l’affaire mystérieuse du meurtre puis de la disparition de Vidot…Apparaissent alors les Américians de la CIA qui vont mettre un peu le bazar dans la vie de notre innocent Will, qui en plus va rencontrer Zoya…Imaginez le mélange, la fluidité des histoires qui finissent toutes par s’imbriquer…Nous avons là donc un livre atypique, orignal et incomparable. Une plume loufoque et humoristique, sarcastique et même parfois féministe qui nous mêle situations délirantes, roman d’espionnage, folkore russe et le Paris des années 50. Un pari risqué, qui apparaît d’abord très déroutant mais avec lequel nous passons un moment sympathique

enbrefUne fable délirante, une plume sarcastique, humoristique et féministe. Des situations loufoque et des personnages atypiques, le tout dans un Paris des années 50 où débarquent sorcières russes et américains pour semer quelque peu la zizanie dans le quotidien morne de l’inspecteur de police Vidot…Un moment drôle et agréable en perspective, grâce à une combinaison de genre menée avec pertinence.MANOTE

15/20

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Une réflexion sur “[Chronique] Babayaga de Toby Barlow

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